3 avril 2014

Variations autour d’une couverture 24

Posté initialement le 13 septembre 2011
Edit du 25 septembre 2011 : rajout de Zombie Don’t Cry de Rusty Fisher.
Edit du 3 avril 2014 : Ajout du visuel d’un morceau de musique et de l’image originale

La couverture du 8ème tome des Merry Gentry vient d’être dévoilée par Amazon et mon esprit à fait tilt tout de suite. Voici donc Péchés Divins de Laurell K. Hamilton vs Ghost Town de Rachel Caine (édition anglaise) vs Vampire Disco + Stock.

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15 février 2011

Avis : Midnight Alley (Morganville Vampire 3) de Rachel Caine

Spoiler : Oui si vous n’avez pas lu le tome 2.

 

Synopsis : La ville universitaire où vit Claire Danver est peut être dirigée par les vampires mais une trêve entre les vivants et les morts garantit un certain niveau de sécurité. Pour un temps en tout cas. Des cadavres sont découverts, un psychopathe harcèle Claire et un très ancien suceur de sang lui propose des cours privés. Dans quel but ? Claire devra le découvrir. L’expression « cours du soir » va prendre une toute autre signification pour elle.

 

Avis : La toute dernière image de The Dead Girl’s Dance ne laissait pas de doute possible. Le choix de Claire l’amènera dans ce tome à explorer le côté obscur de Morganville. Plus de retour possible en arrière, il faudra en découvrir les secrets pour espérer s’en sortir. C’est d’ailleurs le thème récurrent de ce livre car la ville n’est pas le seul élément à dissimuler des mystères. Nombreux sont les personnages, dont Claire, qui sont en possession d’informations secrètes qui vont changer définitivement la donne pour la suite. Et au fur et à mesure qu’on les découvre, parfois avec surprise, les choses deviennent plus claires, tout particulièrement la raison de l’existence même de Morganville. L’explication apportée est sensée et très séduisante et place Claire dans une situation encore plus délicate. Plier ou sacrifier. Les habitants de la ville -et ses amis- et les vampires ou le reste du monde. Un choix cornélien qui n’en est pas vraiment un finalement. En tout cas, la nouvelle situation de Claire entraîne des changements de comportement autour d’elle, qu’il s’agisse de ses amis, à qui il va falloir faire avaler la pilule, que de Monica qui est encore plus flippante quand elle essaye d’être gentille. Claire devient le centre d’attraction de la ville car tout le monde veut savoir pourquoi Amélie lui a donné son patronage et ce qu’elle attend d’elle. C’est un plaisir de voir Claire enfin mettre en pratique sa si grande intelligence plutôt que de l’entendre répéter sans cesse que les cours sont d’un ennui mortel. Au moins, là, elle a un vrai défi à relever et il n’est pas des plus simples et est clairement des plus fascinants du point de vue du lecteur.

 

Claire continue en parallèle à vivre sa vie malgré les dangers environnants (et, il faut l’avouer, la jeune fille est un aimant à psychopathes en tout genre). L’ambiance dans la maison n’est pas encore au beau fixe au début du livre, toujours et encore à cause des secrets de certains et des choix des autres. Mais cette zizanie permet d’offrir aux lecteurs une scène d’une grande intensité au cours du chapitre 6. Comment en vouloir à Shane ? Comment ne pas être en admiration devant Michael qui encore une fois prouve à travers son intelligence et sa maturité qu’il est la voix de la sagesse de notre petit groupe d’amis ? Comment ne pas tomber de haut en apprenant plus tard son plus terrible secret ?
La population de Morganville continue à se préciser. Des personnages déjà connus sont approfondis, des nouveaux dont on pouvait soupçonner l’existence font leur apparition et sont une source de danger supplémentaire pour nos amis. Myrnin, le savant fou, fascine et inquiète. On veut tout savoir de ce que son esprit renferme mais chaque rencontre est comme une toile d’araignée dont on n’est pas sûr de sortir indemne. Et bien sûr l’électron libre qu’est Jason continue à hanter les ruelles sombres. Il est sans doute le protagoniste le plus terrifiant de l’histoire car complétement imprévisible, il apparait et disparait, se vante de ses crimes et est capable du pire comme il le prouvera dans ce tome. Difficile de se débarrasser de l’image de cette scène d’une grande violence qui fait suite à la soirée décadente chez Monica où notre bande d’amis avait enfin pris sa revanche. Un réconfort de courte durée avant que les éléments ne se déchaînent à nouveau.

 

Il aura fallu attendre le 3ème livre pour en savoir beaucoup plus sur la mystérieuse ville de Morganville mais ça en valait vraiment la peine et avec ce tome, on semble enfin rentrer dans le vif du sujet et l’ambiance s’en ressent. Il reste encore des choses en suspens mais les pièces se sont mises en place et l’histoire prend une toute nouvelle dimension. Comme pour les tomes précédents, la dernière scène sert de tremplin au tome suivant et inutile de dire qu’il est assez difficile de se jeter dessus.

I’ve got friends. I need allies.

Monica

Note :

4 février 2011

Avis : The Dead Girls’ Dance (Morganville Vampire 2) de Rachel Caine

Résumé de l’éditeur : Les vampires voient d’un mauvais œil le retour à Morganville de Frank Collins, le père de Shane. Ce dernier est déchiré entre sa loyauté envers son père et son amitié pour Claire, Eve et Michael. Car la soif de vengeance de Frank risque de compromettre la protection des colocataires face aux vampires, à grand peine contenus par leur alliée Amelie. Mais lorsque les vampires enlèvent Shane pour tendre un piège à son père, Claire et ses amis vont devoir mettre tout en œuvre pour le sauver… (Black Moon)

 

Avis : The Dead Girl’s Dance reprend exactement là où s’arrêtait Glass Houses. Les choses ont plongé soudainement dans le chaos avec l’arrivée tonitruante du père de Shane et ce n’est que le début. Difficile d’imaginer comment tout notre petit monde va pouvoir retrouver la paix et la vie revenir à la normale. En tout cas ça ne sera pas pour ce tome car d’un cauchemar, on passe directement à un autre. La vieille demeure qui est censée est un havre pour nos héros est sans dessus dessous et la relation amoureuse naissante de Claire est déjà compromise. Autant dire que rien n’est gagné d’avance.

 

Dans cet opus, on sort du train-train de l’aller-retour entre l’université et la maison. La ville commence à vraiment se matérialiser et ses habitants aussi par la même occasion. Pas encore vraiment les humains même s’il arrive d’en croiser de temps en temps, mais surtout les vampires et leurs conflits internes. Le tome 1 était clairement manichéen sur le sujet : les vampires c’est le mal, les humains sont les uniques victimes. Comme on pouvait s’y attendre, les choses sont plus complexes et au fur et à mesure que l’on découvre les dessous de Morganville, on se rend bien compte qu’il est très difficile de choisir en qui avoir confiance quand les règles sont différentes de partout ailleurs. Les brimades que subit Claire deviennent presque un élément du paysage à côté de toute la violence qui va se déchaîner autour d’elle dans ce tome. Rachel Caine va aller jusqu’à pousser le lecteur dans ses derniers retranchements à ce petit jeu mais d’un autre côté le lecteur en a vu d’autres et pouvait s’attendre à certains des retournements de situation. En tout cas, c’est un vrai plaisir de faire plus ample connaissance avec certains personnages comme la fascinante Amélie qui possède la même cruauté qu’un chat jouant avec une souris, mais aussi Oliver et Sam. Il en va de même pour Shane qui, à cause de la présence hautement perturbante de son père, va être forcé d’en dire plus sur son passé.

 

En parallèle, se mettent en place plusieurs intrigues avec notamment le meurtre d’une jeune fille. Il aurait semblé logique (surtout vu le titre en anglais) qu’il s’agisse de la colonne vertébrale de ce tome ; ce qui n’est pas le cas et qui est d’ailleurs assez frustrant et troublant. L’auteur semble clairement avoir une vision beaucoup plus large de son histoire et il paraît clair maintenant que les livres sont faits pour être lus comme un tout tellement il reste de choses en suspens à la fin de celui-ci.
Bien sûr la sensation persistante que rien ne sera résolu est un des points noirs de ce tome mais il présente aussi globalement plus de défauts que le premier. L’écriture tout d’abord semble aussi chaotique que l’histoire et l’accumulation de petites incohérences au début et sur la toute fin donne un peu mal à la tête. Le fait que beaucoup trop de fils conducteurs soient lancés en même temps tend à diluer la tension dramatique tant il est difficile de savoir où donner de la tête. Au même titre, certaines situations ont beau être intenses, on sait pertinemment que tout va bien se passer. Et enfin une mention spéciale à la scène de la cuisson des pâtes qui est totalement ridicule. Les pâtes, c’est l’alimentation de base de l’étudiant et ça n’est pas crédible pour un sou de ne pas savoir les cuisiner à 16-18 ans.

 

Au final, ce tome sert surtout à présenter et estimer les forces en présence en ville, à mettre en place la suite des événements et à explorer le passé et la relation de Shane avec son père. Bien qu’on sente de plus en plus que le noyau dur est constitué par les 4 jeunes adultes, Claire occupe toujours la place de choix et c’est presque incroyable qu’elle ne soit pas déjà en thérapie à ce point du récit quand on voit le talent certain qu’elle a à attirer les ennuis. Et on ne peut que se demander quelles sont les motivations d’Amélie à lui tourner autour comme cela. Il faudra sans doute lire le tome 3 pour les découvrir.

Note :

22 janvier 2011

Avis : Glass Houses (Morganville Vampires 1) de Rachel Caine

Résumé de l’éditeur : Claire est le souffre-douleur de la reine de la fac de Morganville. Pour fuir le campus universitaire, elle s’installe dans une étrange maison déjà habitée par Eve la gothique, Shane le dur au cœur tendre, et Michael le musicien noctambule. Grâce à eux, elle découvre que les vampires règnent sur Morganville. Entre amitié et amour, les quatre colocataires vont devoir unir leurs forces pour lutter contre la menace grandissante… (Black Moon)

 

Avis : Ce qui glace sans doute le plus le sang dans ce tome d’introduction à la série des Morganville Vampires, c’est la méchanceté gratuite et la cruauté dont est victime Claire. Avant de nous plonger dans le fantastique, Rachel Caine nous rappelle à quel point le monde peut-être dur quand on est considéré comme un vilain petit canard et qu’on ne fait pas partie de la masse des anonymes qui passent inaperçus. C’est à travers ces événements très désagréables que le lien se crée entre Claire et le lecteur, donnant aussi bien des frissons dans le dos que de furieuses envies de vengeance. Face à cette violence, plutôt que de baisser les bras et fuir la ville, un réaction logique, Claire va s’obstiner pour préserver ce qu’elle est et échapper à une certaine forme de conformisme. Car à Morganville, tout le monde est conforme. Les vampires dirigent la ville et ce ne sont pas des enfants de cœur. Loin de la tendance actuelle qui fait des vampires des êtres romantiques, protecteurs de la jeune fille en fleur, ici ils sont les vrais méchants de l’histoire et le cou du petit électron libre qu’est Claire semble fort appétissant à leurs yeux. Le reste de la population vit sous leur coupe et malheur à ceux qui n’auraient pas su se placer sous la protection d’un vampire car les gens disparaissent facilement et fréquemment.

 

Se réfugiant loin du dortoir et loin de ses tortionnaires, Claire trouve dans cette grande demeure à mi-chemin entre Autant en emporte le vent et Les Monstres une étrange petite bande d’exclus aux lourds passés avec qui le courant passe tout de suite et qui ne tarderont pas à devenir des amis dévoués, voire plus si affinités. L’ambiance enjouée et décontractée qui règne dans la maison fait un bien fou à tout le monde. Un contraste bienvenu face à toute la violence du monde extérieur. Et puis c’est bien connu, l’union fait la force. Mais dans une ville comme celle-ci, ça n’est pas forcément suffisant et au fur et à mesure que les choses se corsent pour Claire et ses amis, la noirceur envahit les esprits. Jusqu’à provoquer des actes désespérés et irréfléchis, menant à une scène finale très tendue où rien n’est gagné.

 

L’écriture de Rachel Caine est propre et carrée, jamais transcendante mais tout est réuni pour que la simplicité du style mette en avant une histoire qui se dévore littéralement. Elle donne même l’impression d’être bien plus maîtrisée et plus sombre que celle de Richelle Mead dans son Vampire Academy qui abordait également avec une certaine justesse le thème de l’adolescence. Claire d’ailleurs n’est pas une adolescente typique puisqu’elle entre à l’université avec quelques années d’avance. Elle a beau être très intelligente sur le papier, elle sort à peine du cocon familiale où elle a été un peu trop couvée et elle se jette parfois un peu bêtement dans la gueule du loup pour se prouver à elle-même et aux autres qu’elle peut s’en sortir seule. Elle respire une certaine innocence qui lui va finalement assez bien et ne la rend pas insupportable. Il ne fait pas de doute qu’elle ne pourra que joliment évoluer dans les tomes à venir. Ses acolytes sont tout de suite attachants, Shane et Michael jouant le rôle de grands-frères et Eve celui de la fofolle gothique de service pas bien méchante et souvent rigolote mais dont le masque cache sans doute une personne tout aussi torturée que ses colocataires. Claire n’est donc pas seule au centre du livre même si c’est son point de vue qui nous sert de guide. L’avenir de ses amis nous tient aussi à cœur et dans une ville comme Morganville où le danger guette à chaque coin de rues, on se demande bien comment ils vont faire pour survivre le temps d’une douzaine de tomes (9 actuellement) voire plus. Il y a certainement matière à vouloir en savoir plus en tout cas.

Note :