13 avril 2010

Avis : Silver Borne / Le Grimoire d’argent de Patricia Briggs (Mercy Thompson 5)

Spoiler alert !! Je ne peux pas résister à l’envie d’en faire alors attention à vos yeux.

 

Résumé : Mercedes Thompson, garagiste et coyote, unie à Adam, l’alpha de la meute de loup-garous locale se retrouve embarquée dans 3 aventures pour le prix d’une. Tout d’abord elle essaye de rapporter le livre magique à l’ami d’un ami qui a curieusement disparu. Elle a aussi du mal à s’intégrer dans la meute et surtout son co-locataire, Samuel, s’enfonce dans son malheur d’être un loup solitaire. Elle sera confrontée à des situations intenses dont un incendie, une tentative de suicide, une condamnation à mort et les retrouvailles entre deux anciens amants.

 

Avis : Le tome 4, Bone Crossed, m’avait laissé un fort sentiment d’insatisfaction. Heureuse je suis de pouvoir dire que ça n’est pas le cas du tome 5 des aventures de Mercy Thompson. Ça ne traine pas pour jeter le lecteur dans l’action. En quelques pages on y est. De manière assez scolaire, les 3 premiers chapitres s’attachent respectivement à présenter les 3 intrigues principales du résumé ci-dessus. Chapitre 1 : la disparition. Chapitre 2 : les soucis de Mercy avec la meute. Chapitre 3 : la tentative de suicide de Samuel. A partir du chapitre 4, on rajoute une menace supplémentaire et on mélange le tout pour donner un livre qu’il est très difficile de lâcher. Et malheureusement qui se lit bien trop vite.

 

Pas l’ombre du bout de la canine d’un vampire cette fois mais notre Mercy a quand même du pain sur la planche. Elle qui gère encore sa canne magique et ses crises d’angoisses, se retrouve avec la meute et des faes sur le dos. Égale à elle-même, elle prend très vite les choses en mains, ne tardant pas à faire les premières déductions sur l’affaire et c’est bien pour ça que j’apprécie tout particulièrement cette héroïne. Ici encore, elle est particulièrement à la hauteur. Puis c’est tellement beau de la voir être si expéditive avec son flingue :p Et le plus agréable dans tout ça c’est qu’Adam est à 100% avec elle. Ce mâle me ferait presque croire au romantisme tellement il sait se mettre en phase avec Mercy. Et puis c’est beau de ne pas faire de demande de mariage mais de l’imposer comme ça : “You had your chance to run, coyote. It’s too late now.” C’est tellement reposant d’avoir à faire à un couple pour qui tout va bien (enfin presque mais c’est de l’ordre du détail). Même Samuel trouve sa place dans la vie de Mercy, malgré le fait qu’il soit définitivement hors compétition depuis deux tomes. Un nouveau triangle avec Adam se constitue, non pas pour le cœur de Mercy mais pour sa loyauté. Et Samuel a le bénéfice de l’ancienneté sur ce coup, mettant à l’épreuve la confiance que Mercy et Adam ont l’un en l’autre. Le problème de Samuel permet d’explorer bien plus en détails ce qui avait été vaguement évoqué par avant : l’aspect schizophrène des loups-garous avec vraiment deux personnalités cohabitant dans le même corps et dont l’une doit obligatoirement contrôler l’autre sous peine d’être condamnée. J’avoue avoir été très agréablement surprise par la façon de voir les choses de Patricia Briggs. De plus, on sent bien que l’auteur aime les animaux (enfin elle ne fait que le confirmer une fois de plus) et s’amuse à reproduire sur le papier le comportement des vrais. La scène où Sam met des traces de truffes sur le pare-brise sonne tellement vrai que je voyais très bien un certain chien de mon entourage le faire en vrai. Du coup, le capital sympathie du personnage explose vraiment dans ce tome (même si la comparaison de sa maîtrise de la stratégie avec celle de Rommel fait sérieusement grincer des dents). Ce problème épineux permet par ailleurs de mettre aussi le Marrok dans une situation délicate. Comment appliquer la loi quand c’est la vie de son propre fils qui est en jeu ? C’est là que la politique des garous arrive en force et se combine aux problèmes de légitimité de Mercy au sein de la meute. Le tout donne vraiment une base très solide à ce tome et malgré mon grand amour pour les vampires, je préfère largement que Mercy soit confrontée à ses camarades à 4 pattes.

 

L’autre grosse intrigue de Silver Borne a un rapport direct avec le titre justement. Je ne vous dirai pas ce qu’est le « Silver Borne », ni sa fonction, ça serait trop en révéler sur l’objet qui fait s’agiter les faes. En tout cas, ces derniers sont très présents et représentent un danger jusqu’alors inégalé. La fin est vraiment tendue comme un string et j’ai franchement craint le cliffhanger bête et méchant qui m’aurait fait jeter le livre contre un mur (surtout que le tome 6 n’est pas prêt d’être écrit). C’est bien-sûr l’occasion de rencontrer de nouveaux personnages forts intéressants, notamment la grand-mère de Phin qui a un très gros rôle mais ça encore je ne peux pas en parler. Juste une remarque sur l’introduction du personnage d’Irina qui peut paraitre un peu facile surtout vis-à-vis de la situation avec Samuel mais il n’empêche qu’elle est tout de suite très attachante et que son histoire est tout aussi dramatique que belle. Un petit quelque chose me fait dire qu’on sera amené à la revoir à l’avenir (juste une impression comme ça) et c’est tant mieux.

 

Tout n’est pas parfait pourtant. Si quelque chose m’a bien chiffonnée, c’est le côté très linéaire de l’ensemble. Tout est trop facile par moment, tout le monde y trouve son compte à la fin. Je faisais le reproche inverse au tome 4 où justement l’enchainement des événements était plus qu’anarchique par moment et là je dis que ça ne l’est pas assez. Difficile de trouver le bon équilibre et je pense qu’un petit tome 6 entre les deux ne serait pas un mal. Puis je veux en savoir plus sur Ben et la tension palpable avec Mercy de toute façon. Rendez-vous le 25 janvier 2011, c’est ça ?

Mercy takes care of herself; I just get to clean up the mess afterward.

Adam répondant à Samuel.

I touched Adam’s arm. “He’s my hero.”
[…]
“That is the most romantic thing I’ve ever heard you say,” Bran said. “Be careful, Adam, or you’ll turn her into a real girl.”

Mercy et Bran.

Have you ever noticed that everyone who knows Mercy eventually needs saving?

Mary Jo.

– I don’t think an apology will do, Mercy. Because an apology implies that you wouldn’t do it again. And, under the circumstances, you wouldn’t do anything differently, would you?
– No.

Adam et Mercy.

Note :

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