24 septembre 2007

Ni d’Eve Ni d’Adam D’Amélie Nothomb

Ni d'Eve ni d'AdamVous avez aimé La métaphysique des tubes et Stupeur et tremblement, jetez-vous sur Ni d’Eve ni d’Adam car ça se confirme : les meilleurs Nothomb se passent au Japon. Et forcément l’experience est encore plus forte quand on y a mis les pieds en vrai et que, comme Amélie, on a le Mont Fuji dans les tripes et dans la tête. Sa relation fusionnelle avec la grosse montagne décrite avec ses mots c’est à peu de chose près ce que j’ai ressenti depuis le lac Kawaguchi (l’ascension s’avérant a priori difficilement faisable pour moi maintenant). Et le coup de la montagne fumante en moins (ceux qui ont lu comprendront). Du haut de ce chapeau blanc, plusieurs milliers d’années nous contemple.
Bien-sûr ça ne parle pas que du Mont Fuji sinon le titre n’aurait rien à voir avec la choucroute. Pour résumer, c’est la rencontre de la culture européenne d’Amelie Nothomb avec la culture japonaise de Rinri et d’une histoire d’amour à la Amélie Nothomb façon étonnement lucide et de Rinri façon grands romans qui se cristallisent. Tout ça avec beaucoup d’humour et une certaine recherche de la formulation qui aboutit à ce genre de choses :

Je bénie l’inventeur des fiançailles. La vie est jalonnée d’épreuves solides comme la pierre ; une mécanique des fluides permet d’y circuler quand même. La Bible, ce superbe traité de morale à l’usage des cailloux, des rochers et des menhirs, nous enseigne d’admirables principes pétrifiés, « que Ton verbe soit oui ? oui, non ? non. Ce que l’on ajoute vient du malin » – et ceux qui s’y tiennent sont ces êtres inentamables et d’un seul tenant, estimés de tous. A l’opposé, il y a les créatures incapables de comportements granitiques et qui, pour avancer, ne peuvent que se faufiler, s’infiltrer, contourner. Quand on demande si oui ou non elles veulent épouser untel, elles suggèrent des fiançailles, noces liquides. […]

Le livre en fourmille. Un vrai régal. Puis ça tombe bien, y a 100 pages de plus cette année, c’est Byzance :) (Et ça absorbe bien l’ascension de la deuxième montagne qui pour le coup est pas tip-top et aurait pu être coupée… ça c’est le point noir mais il est vite oublié.) Bref, tout le monde en dit du bien en ce moment et c’est pour une bonne raison.