26 avril 2010

Avis : Urukyu de Nami Akimoto

Initialement publié sur Cinemasie le 28 août 2002 avec la note choupinette de 3/5

Léger et franchement très drôle

A l’origine, je n’avais absolument pas l’intention d’acheter ce manga que j’avais classé a priori dans la catégorie « cul-cul la praline puissance 10 ». Finalement, arrivée dans le rayon, ma conscience professionnelle (!) m’a fait prendre le premier volume. Maintenant, je peux avouer que je ne le regrette pas du tout. J’ai bien du avoir au minimum une réaction par page allant du sourire à l’éclat de rire. Pourtant le scénario basé sur ces deux demoiselles en quête d’amour n’a rien de bien innovant. Sauf que là, on se demande comment elles font pour être amies vu qu’elles sont les trois-quarts du temps rivales face aux garçons et que ça se finit toujours par des crêpages de chignons et des ramens à l’ail pour Ami. Certes l’humour n’est pas ce que l’on peut qualifier de haut niveau mais ça marche. Pour ceux qui ont vu Entre Elle et Lui, ils retrouveront des caractéristiques de Miyazawa dans le personnage d’Ami (qui est la vraie narratrice de l’histoire) avec des métamorphoses en lapin et des grimaces en pagaille. Ami n’arrête pas une seconde de faire le clown. Forcement présenté comme ça, ça n’est peut-être pas vendeur, alors rajoutons que le rythme de la narration est rapide avec une alternance constante de délires et de passages plus sérieux où les amourettes progressent (ça n’est pas forcément gai tout le temps d’ailleurs). Ça ne laisse jamais vraiment de répit et c’est assez prenant.

Le dessin est très sympa aussi avec un trait fin, des grands yeux qui reflètent la lumière et des pommettes rougissantes à souhait. Les pages paraissent parfois un peu surchargées à cause du découpage qui part dans tous les sens mais ça colle parfaitement au style. Le seul hic c’est que visiblement Vegetal Manga s’est oublié sur certaines bulles qui restent désespérément blanches alors qu’on y attend clairement du texte. Cela n’empêche pas de profiter pleinement de cette histoire pas prise de tête, pleine d’énergie et dont l’héroïne est rigolote comme tout malgré les mésaventures qui lui arrivent. A conseiller d’abord aux jeunes filles (shôjo oblige) mais aussi à ceux qui aiment bien l’humour décalé de Karekano.

24 avril 2010

Avis : IT de Toshiki Yui

Initialement publié sur Cinemasie le 28 août 2002 avec la note perplexe de 2/5

Fausse réussite ou vrai ratage

Que dire après une lecture et une relecture pour essayer d’y comprendre quelque chose : eh bien pas grand chose justement. Cela dit je ne connais pas l’auteur en particulier, je n’ai pas lu Kirara pas plus que ses œuvres plus «adultes» dont je ne suis pas cliente. Alors de là à savoir si Toshiki Yui est capable de mener à bien une histoire de ce type … Au résumé de ses autres œuvres, on sait qu’il aime les situations comiques et coquines teintées d’un peu de fantastique. Ici il s’est visiblement égaré dans une histoire que certains qualifient de rencontre entre Ghost in the Shell et Neon Genesis Evangelion. Je ne suis pas convaincue par cette approche. Malgré des pseudo ressemblances dans le fond (l’échappé d’une entité mal identifiée sur le réseau) et dans la forme (une sorte d’ange blanc immobile au milieu de la ville), on n’atteint jamais un niveau aussi élevé de réflexion. Certes, c’est limite s’il ne faut pas prendre des notes pour s’y retrouver : entre les perso qui ont plusieurs noms, les avatars, ceux qui sont coupés en deux et qui lorsqu’ils ne forment qu’un ont encore un autre nom, plus ceux qu’on ne voit pas, il est facile de se perdre. Comme si cela ne suffisait pas pour rendre les évènements difficiles à comprendre, l’auteur a trouvé bon de ne pas permettre aux lecteurs de distinguer de façon sûre ce qui est flash-back, voyages dans le temps, rêves, scènes virtuelles et scènes réelles. Il en ressort parfois une impression de scènes accolées les unes aux autres sans rapport entre elles et au final l’impression d’avoir raté une tonne de détails explicatifs. D’où la nécessité d’une deuxième lecture pour se convaincre qu’on a bien raté quelque chose. Les choses s’éclairent un peu plus alors mais cela reste bien insatisfaisant, comme si l’auteur n’avait pas jugé bon de donner plus d’explications. J’en suis même venu à me demander s’il n’y avait pas eu des problèmes de traduction de certains termes mais ça je ne pourrais pas le vérifier. Résultat je n’ai plus aucune envie de me forcer à relire ce manga une troisième fois tellement j’ai l’impression que je ne trouverai pas de réponse et que de toute façon l’histoire telle qu’elle semble se présenter n’est pas si révolutionnante que ça.

Renoncement à une nouvelle lecture accentué par le fait que je ne suis pas fan du style du dessin. Certes c’est travaillé surtout en ce qui concerne les décors. L’auteur aime faire de la 3D avec son ordinateur et ça se voit même si souvent c’est un peu trop lourd et visible. La structure de la pseudo-ville à la fin est tout de même impressionnante de complexité. Ce qui me plait le moins ce sont sans doute les personnages dont je n’arrive pas à trouver les visages jolis surtout à cause de leurs yeux qui sont souvent trop écartés ou mal dessinés. Cela dit chacun ses goûts. En plus de ça, qui dit Toshiki Yui, dit filles à poil. (Forcement tout le monde ne peut pas se targuer d’avoir écrit Hot Tails !) Quand il s’agit d’histoires visant un public majeur, je peux comprendre qu’il y ait des filles dénudées pour de bonnes raisons mais ici je n’ai toujours pas compris à quoi cela servait. Ça n’a pas d’influence sur les évènements et de toute façon les autres personnages n’ont pas l’air de remarquer grand chose (surtout dans le tome deux) donc que faut-il y comprendre. On va dire que l’auteur se fait plaisir.

En résumé, Toshiki Yui a voulu se lancer dans une histoire de SF dont on se demande s’il la maîtrise lui-même et quel pouvait bien être son but en l’écrivant vu, qu’au final, il reste encore beaucoup de questions en suspens et du fouillis dans les esprits des lecteurs. Peut-être que les fans de longue date y ont compris plus de chose. Personnellement, je laisse tomber et je range les deux tomes dans mon armoire.

20 mai 2009

Avis : Nouvelles de Litterature Japonaise de Ryoichi Ikegami

Initialement publiée sur Cinemasie le 1er août 2002 avec la note engageante de 4,25/5

nouvelles de littérature japonaise Un livre qui donne envie d’en lire d’autres
Dans la multitude de mangas qui sortent en France, il arrive que l’on tombe un peu par hasard sur une perle. C’est définitivement le cas pour ce magnifique Nouvelles de littérature japonaise. Très bonne idée de la part de Ryoichi Ikegami d’avoir voulu illustrer quelques nouvelles du début du siècle. Car non seulement son dessin colle à merveille aux différentes histoires mais en plus son choix est très bon.

Dans la postface, il est dit que le point commun aux 5 nouvelles est l’amour sous toutes ses formes. C’est vrai et celui-ci est à chaque fois poussé à l’extrême. Mais on trouve aussi beaucoup de cruauté comme dans les 2 premières histoires. Une cruauté d’une immense froideur. Forcément je ne peux pas révéler le fond de l’histoire sinon je gâcherais tout mais dans les deux cas, on a à faire à des personnes qui sont prêtes à tout pour obtenir la chose qui assouvira leur désir le plus grand. Dans la première histoire, on joue sur les faux-semblants : le seigneur apparaissant au peuple comme un être d’une immense générosité et le peintre comme ayant un esprit suffisamment tordu pour peindre des œuvres représentant les pires atrocités de la vie. Pourtant le plus monstrueux n’est pas celui que l’on pense et le dénouement est terrible. C’est aussi pour cette raison que j’ai choisi cette image parmi toutes les autres. Si vous lisez le manga, vous n’oublierez pas le regard de cette femme qui d’anodin devient d’un seul coup diabolique. La dernière histoire est plus empreinte de fantastique et de mysticisme. Il s’en échappe une impression étrange bien que je la trouve moins forte que les précédentes du point de vue des sentiments. Elle n’en est pas moins fascinante.

Dans cette même postface, on apprend que l’adaptation est très libre. Malgré cela, les histoires arrivent à avoir une vie propre dégageant chacune des sentiments très forts, qu’ils soient agréables ou, le plus souvent, désagréables. Le dessin d’Ikegami est toujours aussi travaillé mais peut-être pas encore aussi abouti que dans Strain. Un grand intérêt est porté au jeu des regards. Ces yeux sont impressionnants de réalisme dans le sens où on peut lire parfaitement le fond de la pensée des différents personnages.

Ce manga est surprenant, hors du commun et en plus il donne envie de s’intéresser de plus près aux auteurs qui ont servi de base aux histoires. Une œuvre à ne pas laisser passer.

18 mai 2009

Avis : Candy Candy de Kyoko Mizuki et Yumiko Igarashi

Initialement publiée sur Cinemasie le 30 juillet 2002 avec la note scintillante de 3/5

candy Un shojo comme on n’en fait plus
Ah Candy ! Le cauchemar de mes jeunes années. Absolument aucun idée de l’âge que je pouvais avoir à l’époque mais ce dont je me souviens c’est que je détestais Candy (contrairement à mes petites camarades). Cucul, pleurnichard et tout en longueurs. Voilà comment je qualifierais la série. Et la chose la plus insupportable chez elle était, à mes yeux, le fait qu’elle n’avait pas de pied mais des espèces de parallélépipèdes rectangles en guise de jambes qui laissaient des traces en forme de carré sur le sol. Alors qu’est-ce qui a bien pu me pousser dans cette lecture, me direz-vous. Connaître la fin bien-sûr :)

Première bonne surprise : le dessin. Quand on se souvient de la tête blonde de Candy et de celles de ses camarades dessinées avec simplicité dans la version animée, il est agréable de trouver ici un dessin de très bonne qualité. Certes, les nez sont pointus, les larmes sont rondes, les bouches en triangle et l’effet colgate resplendit dans les yeux des jeunes gens mais là est tout l’art du shojo et c’est plutôt une réussite dans ce style (oserai-je dire que c’est une référence en la matière ?). Parfois les scènes de flashback, sur une seule page avec plein d’images superposées, sont un peu trop surchargées et ne rendent pas forcément bien mais le trait est suffisamment fin pour ne pas gâcher le plaisir des yeux.

Côté scénario, il est appréciable de ne pas avoir à subir toutes les longueurs infligées par la Toei sur la série (rappelons que la série compte 115 épisodes !). L’histoire est fluide, se lit rapidement malgré le fait qu’il y a près de 1800 pages et devient même passionnante par moment. Bon, il ne faut pas oublier non plus que ce manga s’adresse à des jeunes filles donc on retrouve la traditionnelle histoire d’amour impossible avec un beau garçon. D’ailleurs comme dans Lady Georgie, Candy fait craquer tous les jeunes hommes qui gravitent autour d’elle. On voit donc Candy grandir de l’âge de 6 ans où elle rencontre pour la première fois son prince de la colline à environ l’âge de 16 ans (très peu d’éléments permettent de replacer les évènements dans le temps) où elle découvre la véritable identité de son prince. Entre temps, il lui arrive moult aventures.

Mais là où l’histoire est plus dure que pour les Sakura et consœurs, c’est que l’auteur n’hésite pas à faire mourir des personnages qualifiés de principaux. Ainsi, le premier grand drame sentimental que devra surmonter Candy est la mort d’Anthony (cousin d’Alistair et Archibald) dans un accident de cheval que la grand-tante autoritaire (classique) ne cessera de reprochera à Candy. Ce qui fait le charme de Candy est sa force de caractère et la façon dont elle tire de grands enseignements de tous les malheurs qui lui arrivent. Le plus beau c’est qu’elle ne semble pas connaître la haine et préfère jouer de sa bonne humeur comme quand les pestes Neil et Elisa ne cessent de lui tendre des pièges pour la faire partir de chez eux. Une grimace et elle repart. Elle profite toujours à fond des moments de bonheur que lui offre la vie et se refuse à verser trop de larmes dans les moments difficiles. Par contre le but est clair, la jeune lectrice, elle, doit pleurer du triste sort de l’héroïne et, à mon avis, ça doit bien marcher tellement certains moments sont poignants. De temps en temps, Candy part. Certains pourront dire qu’elle prend en main son destin (c’est sûrement ce que l’auteur voulait faire passer comme message), moi j’ai plutôt l’impression qu’elle cherche à fuir ce qui est un peu en contradiction avec le caractère apparent de Candy. Alors faute, pas faute ? Il faut bien essayer de trouver des faiblesses à cette demoiselle si parfaite à qui au final tout sourit.

Ce qui donne un caractère plus sérieux à ce manga c’est également le contexte dans lequel se situe l’histoire, en l’occurrence, la première guerre mondiale dont la pression en arrière plan ne cesse de grandir jusqu’à finalement éclater et être fatale à un autre des héros. Cela donne un peu plus de consistance au manga qui n’enferme pas Candy dans un monde clos. Rajoutons à cela, Terry qui tombe dans l’alcoolisme à cause de sa partenaire de théâtre que perd une jambe en le sauvant et qui exige qu’il lui soit redevable à vie, ce qui le pousse à s’éloigner de Candy et là vous allez commencer à songer à aller chercher une corde… Mais rassurez-vous, ça se finit par un beau happy-end qui, cependant, en laissera certains sur leur faim.

En conclusion, ce manga s’adresse exclusivement aux filles de préférence encore très jeunes ou aux curieux (dont je suis). Il faut avouer que dans le genre shojo, Candy, en dehors d’être un précurseur, s’en sort très très honorablement. Il y a des pincements de cœur, des éclats de rire et des moments de bonheur et le traitement qu’il en est fait dans le manga rattrape le mauvais souvenir que j’avais conservé de la série. Le seul problème c’est qu’en dehors des bouquinistes, Candy n’est plus édité et ne le sera peut-être plus jamais, tout comme la série ne sera peut-être plus jamais rediffusée non plus. Pour en connaître les raisons, je vous conseille d’aller faire un tour sur cette page : Candy Neige. Comme quoi Candy c’est vraiment un cas à part.