30 décembre 2010

Avis : Hunting Ground de Patricia Briggs (Alpha & Omega 2)

Synopsis : Anna et Charles viennent juste d’être enrôlés pour participer à un sommet et présenter la proposition très controversée de Bran : que les loups révèlent leur existence aux humains. Mais l’alpha le plus craint d’Europe s’acharne contre ce plan et il semblerait qu’il ne soit pas le seul. Quand Anna est attaquée par des vampires utilisant la magie de la meute, c’est à dire des pouvoirs que seuls des loups-garous devraient être capables d’utiliser, Charles et Anna vont devoir allier leurs facultés pour retrouver qui se cache derrière tout ça… au risque de tout perdre…

 

Avis : Le premier tome, Cry Wolf, avait laissé un bon goût en bouche et rien que l’introduction de Hunting Ground où Anna joue dans la neige avec Charles et Bran laissait présager un deuxième volume du même acabit. Le même ton semblait au rendez-vous en tout cas. Triste constatation : il faut vraiment être en phase avec l’auteur pour se laisser happer par l’ambiance cette fois-ci. Les 150 premières pages sont riches en informations, en rencontres mais il faut l’avouer, il ne s’y passe pas grand chose. Les bases du sommet pour la divulgation de l’existence des loups-garous au grand public sont posées ; les gens se croisent, se jaugent, se parlent beaucoup mais en dehors de bien définir les nouveaux personnages pour leur donner vie (ce qui est très réussi d’ailleurs mais on en vient à douter par la suite de l’utilité de ce procédé), c’est tout simplement plat et long.
Pourtant il y avait du potentiel et quelques scènes clés qui sortent du lot. Avec l’arrivée de tous ces loups, Seattle devient une vraie poudrière et la politique compliquée des garous conditionne le moindre mouvement. Autant dire que c’est très très tendu. De même, la scène où Anna joue du piano est superbe et chaleureuse mais renforce bien l’idée qu’il s’agit d’un récit qui retranscrit des ambiances successives. C’est très bien écrit comme d’habitude avec Briggs mais le hic c’est qu’il faut vraiment être d’humeur pour ce type de voyage-là. La relation entre Charles et Anna gnognotte passablement et on aurait presque souhaité la voir évoluer un peu plus vite maintenant qu’ils sont unis par les « liens sacrés de la meute ». Ils semblent avoir encore besoin de beaucoup d’ajustements au contraire. D’un côté, Charles doit se contrôler pour ne pas l’étouffer à vouloir la surprotéger. On le découvre aussi plus fragile qu’il ne le laisse paraître aux yeux de tous et il n’y a que le regard d’Anna pour nous le faire partager. De l’autre côté, Anna nous prouve à quel point elle est futée et nous montre comment elle séduit les gens naturellement grâce à ses talents d’oméga. C’est subtile et plaisant. Dans ce tome, Anna n’est plus un être craintif qui a peur de son ombre comme on l’a connue dans la nouvelle et le tome 1. Elle est plus offensive et effectivement non soumise face à une horde d’alphas. La scène face à Chastel en est une belle preuve. Elle se repose néanmoins beaucoup sur son loup intérieur et ce qui semblait être une force jusqu’à présent se révèle être aussi un inconvénient, surtout vis à vis de Charles et de son loup. Ou comment arriver à faire cohabiter, en fait, 4 personnalités. Tout ceci se construit par petites touches mais ne suffit pas à redonner du peps à une histoire qui en manque cruellement.

 

Ce n’est qu’à 100 pages de la fin que l’histoire prend enfin de l’ampleur et que l’on voit mieux où l’auteur nous mène, chose qui n’était pas très claire jusqu’à présent. Avec la chasse (qui aurait pu être LA scène du livre) et tous les évènements qui s’en suivent, les pages filent à grande vitesse et on regrettera juste que ça n’ait pas été initié plus tôt car c’est vraiment le cœur de l’intrigue. Les pièces du puzzle se mettent en place et on se retrouve face à un ennemi bien tordu qui aurait mérité bien plus de lumière. Dommage aussi que Bran ne soit pas plus présent, c’était un vrai plaisir de le découvrir dans Cry Wolf et il est difficile de ne pas vouloir en savoir plus sur lui maintenant.
Au final Hunting Ground, n’est pas désagréable à lire mais n’est pas non plus prenant comme on pouvait s’y attendre. Comme si l’inspiration de l’auteur n’était pas au rendez-vous au début de l’écriture de ce tome et qu’elle avait du elle-même attendre qu’elle revienne sur la fin, sachant grosso-modo où l’histoire allait mais pas comment s’y rendre avec plus d’entrain. En espérant que le tome 3 prévu pour fin 2011 tienne mieux la route.

It had felt good to defend herself against Chastel, even if it was only with words. She was tired of being afraid of her own shadow—and for a little while she hadn‟t been afraid at all. She liked it.

Note :

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