26 septembre 2010

Avis : As Shadows Fade (Gardella Vampire Chronicles 5) de Colleen Gleason

Spoiler alert : Difficile de faire sans.

Synopsis : Descendante directe du premier tueur de vampire de la famille Gardella, Victoria sait qu’elle doit perpétuer la lignée pour que l’humanité continue à avoir des protecteurs contre les vampires. Sebastian Vioget semble être à la fois le parfait guerrier et le parfait amant pour garantir l’héritage Gardella mais Victoria ne peut oublier Max Pesaro -l’ancien venator toujours hanté par l’obsession que Lilith la reine des vampires nourrit pour lui.
Et si cette obsession pouvait sauver toute l’humanité… Les démons, ennemis communs des mortels et des vampires ont trouvé une brèche pour envahir le Monde. Pour les vaincre, les vampires et les venators vont devoir lutter côte à côte. Mais Lilith veut Max en échange de sa coopération -un petit prix pour le bien de tous mais bien trop élevé pour Victoria.

Avis : C’est avec une certaine fébrilité que j’ai ouvert ce 5ème tome. Vu l’effet dévastateur de la fin du tome 4, ça ne pouvait annoncer qu’un drame. As Shadows Fade est le grand final, l’auteur n’a pas l’intention de continuer l’aventure même sous forme de spin-off donc tout ce qu’il reste à conclure doit être conclu en quelques 350 pages. Encore une fois, vu la densité d’informations, d’action, de révélations, le livre se dévore à toute vitesse et avec beaucoup de plaisir. Comme je l’ai fait remarqué dans mon avis sur When Twilight Burns, Colleen Gleason avait prévu énormément de choses depuis le début et avait soigneusement glissé des indices à droite et à gauche. Il faut en arriver à cette confrontation finale avec les démons pour découvrir enfin à quoi allaient servir ces anneaux de cuivre que l’on croisait régulièrement. L’humour se fait soudainement moins présent et en dehors de la géniale scène où les venators sont dans « leur habitat naturel », il y a peu de moments de pure détente (hors scènes romantiques). Une nouvelle prophétie annonce un drame. L’action se déplace en Europe de l’Est, en territoire doublement ennemi. Chaque combat se mène jusqu’au sang, les démons s’avèrent encore plus redoutables qu’une armée de vampires et les venators sont mis à rude épreuve dès le départ. Il y a de l’espoir, on sait qu’on va s’en sortir mais toute l’intrigue réside dans le comment et surtout qui sera sacrifié au passage pour que la mission soit accomplie. Tout nous prépare au coup de théâtre final qu’on n’a à peine le temps de voir venir avec tout ce qu’il se passe dans ce tome.

L’action est omniprésente mais les révélations sont aussi au rendez-vous, comme à chaque livre. Vous vous demandiez comment un humain lambda devient venator et en quoi consiste le test. Vous aurez votre réponse. On apprend également qui est vraiment Wayren, même si finalement l’accepter avec sa part de mystère était suffisant à mon avis. Ça constitue néanmoins une bonne surprise, assez inattendue. Sebastian et Max continuent eux-aussi à se dévoiler alors qu’on pensait déjà tout savoir d’eux. Encore des choses bien dramatiques et surprenantes d’ailleurs. Max est compliqué et imprévisible, mais on le découvre enfin sous son vrai jour et c’est avec un immense soulagement qu’on le voit finalement évoluer. L’auteur maîtrise vraiment l’art de construire des personnages complexes et tourmentés et d’en tirer parti quand ça sert l’histoire au mieux.

Quant à notre belle Victoria, ce tome est celui des dilemmes pour elle. Elle a définitivement pris en mains ses responsabilité d’Illa Gardella. Elle donne des ordres et prend des décisions justes mais elle n’a pas encore été confrontée à un choix comme celui que Max a dû faire dans le tome 2. Un choix qui n’est dicté que par le devoir et plus par le cœur. En parallèle, sa vie sentimentale la met au pied du mur et elle devra trouver un moyen d’aller vers celui pour qui son cœur bat alors que la raison lui dit que les choses pourraient être plus simple en choisissant l’autre homme de sa vie. Non, je ne dirai pas qui elle choisit au final, ça gâcherait la lecture. Je dirais juste qu’il y a une scène de baignoire hautement sensuelle (décidément !) et un mariage à la fin. Encore une fois, préparez les mouchoirs. Il y a un trop plein d’émotions qu’il faut évacuer dans les dernières pages. C’est à la fois beau et triste, injuste et satisfaisant, logique et rageant. Mais c’est néanmoins la fin d’une belle histoire d’amour mouvementée et d’une grande aventure passionnante.


Pushing, whirling, punching, shoving… she found the thrill of the battle coursing through her in a way she had been missing for a while. The spray of spilled drinks, the dull sound of wood crashing into flesh, the smell of undead ash, the satisfaction of seeing the vampire’s red eyes widen just as the stake thrust home… this was her world. Her moment.

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25 septembre 2010

Avis : When Twilight Burns (Gardella Vampire Chronicles 4) de Colleen Gleason

Spoiler Alert : Le résumé en lui-même en dit déjà trop. Alors la critique, n’en parlons même pas.

 

Synopsis : Ruinant le retour au pays de Victoria, un vampire rôde dans les rues de Londres…en plein jour. Non seulement Victoria n’est pas capable de détecter le vampire avec ses sens ultra-développés, mais elle est victime d’une machination qui fait d’elle la suspecte de choix derrière tous ces meurtres.
En parallèle, son cœur est toujours déchiré entre l’énigmatique Sebastian Vioget et son camarade chasseur, Max Pesaro. Le duel est d’autant plus difficile qu’elle doit subir les conséquences de l’empreinte laissée sur elle par un vampire… qui la force à se battre contre le mal sur deux fronts : celui d’une nouvelle espèce qui terrorise Londres et celui qui grandit en elle.

 

Avis : Aussi exceptionnel que surprenant, je suis rentrée dans ce tome dès la toute première page. Il faut dire que le précédent volume laissait Victoria en bien mauvaise posture et qu’il aurait été difficile de ne pas plonger dans la suite directement. D’ailleurs le prologue est la suite immédiate du tome 3. Encore une fois, la donne change et les règles du jeu sont modifiées après les évènements terribles de The Bleeding Dusk. Victoria se retrouve avec un nouveau partenaire pour nettoyer les rues sombres des monstres aux dents pointues et ça n’est pas une tâche si évidente que ça quand la belle brouille elle-même les pistes (où comment en dire trop mais pas assez). Bien sûr la présence de Sebastian dès le début n’est sans doute pas étrangère à l' »effet glue ». Non seulement, le combat de coq aussi délicieux que subtil démarre très vite entre Sebastian et Max mais on découvre aussi enfin la raison de leur longue inimitié. Et c’est une sacrée révélation qui explique beaucoup de choses et ouvrira une porte de sortie pour la suite. Car oui, il ne peut en rester qu’un et même si Victoria participe avec beaucoup de verve aux joutes verbales hautement sarcastiques entre les trois, c’est dans ce tome que tout se joue pour notre trio. Et là, attention sortez les mouchoirs. Colleen Gleason dit aimer les héros torturés et, en effet, elle est loin de les ménager les pauvres. Max est vraiment rongé de l’intérieur et ça s’exprime par de la colère et de la haine qui font très très mal à ceux qui l’entourent. Et tout comme Jeaniene Frost, Gleason arrive à nous faire ressentir la douleur de Sebastian à travers le regard de Victoria sans que celle-ci s’en rende compte. Honnêtement, la fin m’a dévastée mais c’est tellement bien écrit et bien amené qu’il est impossible d’en vouloir à l’auteur pour son choix. Enfin si, je lui en veux un peu quand même mais je reconnais la logique de ce choix.

 

Mais assez parlé des choses qui rendent triste. Avec le retour à Londres après l’escapade italienne, l’autre partie de l’histoire est encore une fois la suite directe du tome précédent puisque l’on apprend précisément à quoi sert la potion dont la recette était l’enjeu de la chasse au trésor. On avance de fil en aiguille et c’est le moment de faire revenir sur l’échiquier LA grande ennemie des venators : Lilith, la reine des vampires. L’orchestration est parfaite. L’auteur avait placé judicieusement ses pions depuis le début et s’apprête à faire échec et mat au lecteur. Le danger vient de toute part et Victoria se retrouve véritablement cernée en plus de devoir lutter contre ses démons intérieurs. Même ses amis proches vont être lourdement touchés et le sang va couler abondamment. L’intrigue est vraiment dense et prenante, pleine de rebondissements et de révélations à couper le souffle et ce qu’il vaut mieux ne jamais oublier, surtout ici, c’est que la vengeance est un plat qui se mange froid… voire glacial. Beaucoup de détails prennent soudain une toute nouvelle dimension et même en apportant une conclusion finale à plusieurs pistes, Gleason garde encore sous le coude de quoi relancer l’histoire pour le 5ème et ultime tome.

 

Ayant lu As Shadows Fade, je peux d’ores et déjà dire que ce tome 4 est sans aucun doute mon préféré de la série. Les 100 dernières pages sont particulièrement douloureuses et intenses. Ce livre est le contraire des autres qui commençaient trop lentement pour coller aux doigts par la suite. Celui-là démarre sur les chapeaux de roues, prend aux tripes et finit en apothéose. J’avoue avoir un peu sous-estimé cette série au début. Elle ne fait que se bonifier au fil des tomes et ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi bouleversée par un livre. Au point de ne pas pouvoir y repenser sans avoir un franc pincement au cœur.

What would be the point? Sebastian, Zavier, Beauregard, James Lacy… I have no desire to be one of many, Victoria.

Max à Victoria

He must have understood her desire, for he glanced at Kritanu. « Would you care to surrender the blade to Victoria? I do believe she wishes to stab me. »

Max

Lilith was still horribly elegant, still skeletally slender with the whitest skin marked by an occasional blue vein. Her eyelids were onionskin thin, colored bluish-purple, and her lips the gray-blue of someone who cannot get warm. Five dark marks dotted the side of her face, creating the path of a half-moon’s curve.
But her hair and her eyes… they burned, in horrible contrast to the frigidity of her flesh. Brilliant copper, her curls fell about her like a glorious nimbus, and her eyes: Victoria glanced at them just long enough to see the sapphire blue ringed by red.

Description de Lilith lorsqu’on la revoit pour la première fois dans ce tome.

Self. The seed of everything evil begins with self.

Note :

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19 août 2010

Avis : The Bleeding Dusk (Gardella Vampire Chronicles 3) de Colleen Gleason

Résumé : Alors que Rome se prépare pour le carnaval, la nouvelle chef des chasseurs de vampires de la ville, Victoria Gardella Grantworth de Lacy, doit montrer qu’elle mérite vraiment son titre. Pour mettre la main sur les secrets d’un légendaire alchimiste, les vampires de Rome se sont associés à des créatures aussi démoniaques et avides de sang qu’eux.
A contre-cœur, Victoria se tourne vers l’énigmatique Sebastian Vioget pour obtenir son aide alors que Maximilian Pesaro revient pour porter assistance à ses camarades chasseurs et est prêt à tous les sacrifices. Le désir de Victoria la pousse vers Sebastian et sa loyauté la lie à Max mais peut-elle vraiment leur faire confiance ? Particulièrement quand un séduisant vampire tente de l’attirer vers l’ombre…

 

Avis : J’ai eu dans l’espoir qu’avec cette chasse aux reliques qui est introduite très tôt, l’histoire démarrerait plus rapidement que dans les 2 tomes précédents. Ça n’est pas le cas et encore une fois, il faut passer un bon tiers du livre pour avoir soudainement beaucoup de mal à le lâcher. Et bien-sûr à la fin, on n’a qu’une envie, c’est de sauter sur le suivant. Je devrais avoir pris le pli maintenant mais j’ai toujours un mal de chien à rentrer dans l’histoire, même en sachant que le livre va m’emballer passé un certain point. Ce que j’ai par contre particulièrement apprécié dans ce début, c’est qu’enfin Rome prend vie plutôt que de rester un cadre un peu flou qui pourrait être n’importe quelle ville. La scène du carnaval et de la bataille de bougies qui s’y déroule réussit parfaitement à plonger dans l’ambiance propre à l’époque et au lieu, contre-balançant le fait que Victoria a une vie mondaine très peu développée par rapport à Londres où elle croule sous les obligations dues à son rang. A Rome, seule ou presque, elle dort le jour et vit la nuit, prenant très au sérieux son nouveau grade d’Illa Gardella et chapeautant les autres Venators de la ville. D’ailleurs, bien que très rapide, la progression de la jeune Victoria est tout à fait crédible. On l’a découverte débutante dans le tome 1, Venator convaincue dans le 2 et maintenant Illa Gardella responsable.

 

Elle trouve aussi le moyen d’accumuler les prétendants. Déjà que je vois d’un mauvais oeil les ambiguïtés entre elle et Max, l’apparition de Zavier dans la périphérie est un peu de trop. Sans compter tous ceux que sa mère veut lui présenter pour la remarier. Je milite pour Sebastian, le vilain garçon, et heureusement pour moi, il occupe toujours le devant de la scène de belle manière (ah la délicieusement perverse scène du cachot (soupir) !) Mais autant dire tout de suite que le tome 4 promet beaucoup au niveau du triangle amoureux compliqué qui se dessine. En parlant de pimenter les choses, Sebastian se dévoile enfin sous son vrai jour à l’occasion d’une scène extraordinaire, qu’on pouvait avoir senti venir en faisant attention aux détails dans les tomes précédents et qui une fois dévoilé donne l’occasion de découvrir l’histoire depuis son point de vue à lui. Une première très appréciable qui révèle une partie de l’intrigue sous un nouveau jour. D’ailleurs sur la fin, Victoria est complétement mise en retrait et ce sont Sebastian et Max qui prennent les choses en main de manière assez surprenante, ce qui permet de faire monter la tension dramatique d’un cran jusqu’à arracher un frisson et une larme au lecteur dans les dernières pages. Tant qu’à parler des personnages, un mot rapide sur Max, qui même s’il n’est pas l’élu de mon cœur pour Victoria, reste un protagoniste très intéressant et complexe, dont on découvre un peu plus le passé dans ce tome… notamment comment il est tombé dans les bras de la Tutela à 16 ans. Il est accessoirement associé à une nouvelle prophétie funeste dans ce tome et son sort reste en suspens tout du long : est-t-il vraiment prêt à s’adonner à un acte de propitiation salutaire en rapport avec les évènements du tome 2 ? Le fait que Colleen Gleason n’hésite jamais à faire certains sacrifices est vraiment l’un des points forts de la série. (Tremblez lecteur ! Il faudra le lire pour avoir le fin mot de l’histoire)

 

Quant à l’intrigue, puisqu’il n’y a pas que la recherche du grand amour dans la vie, elle reprend bien la suite des événements du tome 2. Au début ça peut paraitre un peu capillotracté sur les bords de rebondir la-dessus mais admettons. Ça permet effectivement de se lancer dans une chasse au trésor, chose toujours très ludique à suivre et pleine de rebondissements. Reste que la scène dans la villa au milieu n’apporte fondamentalement rien et ne sert que de loooong prétexte à faire se croiser certains personnages, ce qui utile par contre pour la suite. L’enjeu même de la chasse est beaucoup plus intéressant et aura des conséquences dans les tomes restants quand Lilith fera son grand retour. Préserver le grand méchant pour la fin, même si on la connaît depuis le tout premier tome est une autre très bonne idée, ça la rend beaucoup plus redoutable que si elle avait été tuée dès le départ. Et il n’est pas peu dire que la conclusion de ce tome change à nouveau la donne, ouvrant la porte à une nouvelle évolution de l’héroïne alors que sa perception des vampires tend déjà de plus en plus vers le gris et qu’elle se pose des questions.

Victoria sank down into the chair on which his coat hung. She had so many questions, such a swarm of emotions, that she didn’t know where to begin.
He must have understood, for he stood over her, abashed and sober, so uncharacterisistic of the brash Sebastian she knew that Victoria nearly softened. He was like a young boy who’d been discovered swiping biscuits from the kitchen, ashamed and hesitant.

Scène où Victoria découvre la vérité sur Sebastian

Note :

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4 mai 2010

Avis : Rises the night (Gardella 2) de Colleen Gleason

Résumé : Lady Victoria Gardella Grantworth de Lacy est tueuse de vampires depuis un peu plus d’un an, alliant sa vie sociale et sa dangereuse tâche qui la mène à parcourir les rues sombres armée d’un pieu à la main à la nuit tombée. Elle a appris de manière brutale et dévastatrice que certains sacrifices lui seraient demandés pour protéger l’humanité des dangers qui la menace. Et pourtant elle est restée fidèle à sa vocation.
En Italie, un vampire puissant est en train d’amasser le pouvoir nécessaire qui lui permettra de contrôler les esprits des morts. Alors que Victoria traverse l’Europe pour stopper ce qui pourrait devenir une terrible armée à la puissance jusqu’alors inégalée, elle se retrouve affublée d’un compagnon de fortune qui n’est autre que Sebastian Vioget, un homme aussi tentateur que peu digne de confiance. Mais quand elle découvre qu’elle a été trahie par son allié le plus fiable, la vérité va mettre à l’épreuve tous ses convictions de Venator mais aussi de femme…

 

Avis : Après les terribles événements de la fin du tome 1, il était évident que la donne aurait changée pour Victoria. Il s’écoule d’ailleurs 1 an entre le prologue et le vif du sujet. Un an qui lui permet de se retrouver et de refaire surface dans tous les sens du terme. Victoria a grandi, elle n’est plus la jeune femme un peu innocente qui rêvait de conjuguer amour avec devoir. Elle est plus déterminée et, malgré tout, est toujours doté d’un humour certain. Le doute la saisit encore régulièrement mais rien ne l’a détourne plus de son objectif. Victoria est une héroïne qu’on prend un réel plaisir à voir évoluer. Surtout au contact de Sebastian Vioget, qui avait laissé un chaud souvenir et qui effectue ici un beau retour. Attention ambiance romance puissante 10 ! Victoria a de nombreux prétendants dans ce second tome mais c’est Sebastian qui retient toute l’attention. Avec lui, Victoria montre sa maîtrise de l’art de la répartie et aussi sa sensualité. Difficile de ne pas devenir fan de la relation entre ces deux-là. Ils se cherchent, se tournent autour, se tentent, s’effleurent et se refusent. Même quand ils sont tous deux prêts à se sauter dessus, ils trouvent encore le moyen de faire durer les préliminaires. Autant le premier tome avait été très soft niveau sexe, tout suggéré, rien montré. Là ça n’est plus le cas. Et heureusement car il y a des limites à la torture.

 

Mais assez parlé de Sebastian le dragueur. Sebastian est aussi manipulateur et fourbe, on l’avait bien compris dans le premier tome. Il n’agit jamais sans arrière-pensée et il amène sur scène avec lui un personnage dont l’ombre planait sur l’histoire depuis le début : le célèbre Polidori. En plus de jouer sur la frontière entre fiction et réalité, le rôle de ce dernier est essentiel puisqu’il permet d’introduire le nouvel ennemi de Victoria, celui qui va d’ailleurs initier son voyage en Italie, entre Venise et Rome. La Tutela est une société secrète parmi tant d’autres, avec ses codes et ses rites mais elle a l’originalité d’allier humains et vampires. Le danger devient alors aussi bien diurne que nocturne pour Victoria et ça complique bien des choses quand on n’a pas les cheveux qui se hérissent à la base du cou pour signaler la présence d’un ennemi à proximité. Et celui-ci est redoutable puisque Max a disparu mystérieusement en tentant de le combattre.

 

Ce voyage est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les Venators et leur société tout aussi secrète. L’univers des Gardellas gagnent en profondeur à travers ce tome, les ennemis et alliés sortent enfin de l’ombre. L’histoire étant principalement racontée du point de vue de Victoria cette-fois, il est moins évident de prendre de l’avance sur le scénario en tant que lecteur et surtout le doute s’installe. Qui croire ? En qui avoir confiance ? La seule chose dont on est sûr, c’est qu’à un moment ou à un autre, il y aura une grande révélation mais on ne sait pas ce qu’elle concernera ni qui. En tout cas, il y a indubitablement une tension qui monte à partir de la moitié du livre. Heureusement d’ailleurs car l’un des reproches que l’on pourrait faire à ce tome, comme au premier d’ailleurs, c’est d’être très lent à démarrer. C’est vraiment une histoire qui se construit sur la longueur et cela sur plusieurs tomes. On n’entre pas réellement dans le vif du sujet avant la moitié du livre, ce qui est largement trop long. Surtout que la suite en vaut la peine. Le chapitre 15 apporte son lot de petites bombes et de « je ne l’ai pas vu venir du tout ». Quant au chapitre 18… La scène à l’opéra est à la fois très drôle et emplie d’une tension à couper au couteau. Sans doute la meilleure scène de tout le livre. Des frissons, de la sensualité, des révélations ! Un vrai feu d’artifice ! Des chapitres comme ça, ça donne envie de dévorer la suite sans reposer le livre. Et de se prendre quelques claques au passage. Un grand regret cependant et un souhait aussi : que Rome soit plus comme Londres et pas comme Venise au niveau des descriptions et de l’ambiance. Car Venise a été une bien cruelle déception, surtout quand on connait les lieux en vrai. Rien ne laisse transparaitre le charme du lieu. Venise est anonyme et triste. L’intrigue semble vouloir se développer à Rome par la suite et Rome mérite mieux que l’anonymat. Vraiment. Il faut espérer aussi que cette histoire de démons prendra forme ; pour l’instant il s’agit plus d’un cheveux sur la soupe qu’autre chose tellement elle est sous-exploitée.
La série des Gardella est encore loin d’être parfaite mais ça reste une lecture très divertissante qui réserve de bonnes surprises et qui systématiquement à la fin de chaque tome donne envie de se jeter sur le suivant. A suivre donc.

– Tut, tut! Don’t ask why, my dear. A man must have some secrets.
Some secrets? Sebastian, there is nothing about you that is not secretive.

Sebastian et Victoria.

Note :

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9 mars 2010

Avis : The Rest falls away de Colleen Gleason (Gardella Vampire Chronicles 1)

Résumé : Les vampires ont toujours vécu parmi eux, attaquant sournoisement aussi bien les débutantes peu soupçonneuses et les lords dandy que les conducteurs de calèches et les modistes de Bond Street. S’il n’y avait pas les tueurs de vampires de la famille Gardella, ces créatures immortelles auraient pris le contrôle du monde depuis bien longtemps.
A chaque génération, un Gardella est appelé à accepter l’héritage familial et cette fois c’est Victoria Gardella Grantworth qui est choisie, à la veille de ses débuts dans la société, pour arborer le pieu. Alors qu’elle évolue entre les salles de bal bondées et les dangereuses rues sombres, le cœur de Victoria est déchiré entre le célibataire le plus populaire de Londres, le Marquis de Rockley, et sa tâche. Quand elle se retrouve face à face avec le vampire le plus puissant de l’histoire, Victoria doit faire un choix entre ses obligations et l’amour…

 

Avis : Encore une nana qui se bat contre les vampires me direz vous. Eh bien oui mais pour une fois ça n’est pas de l’urban fantasy au sens stricte puisque que l’histoire se déroule dans l’Angleterre du début du 19ème siècle, visiblement quelques années après la parution du Vampire de Polidori (1819) vu comme cette œuvre hante les esprits de la haute société dans ce livre. Les vampires y sont d’ailleurs très old school. Ils ne peuvent traverser un cours d’eau, ils n’aiment pas l’ail, ni l’argent et craignent et le soleil et les pieux. J’ai presque été envahie par un sentiment de nostalgie en découvrant ça. Pour la petite histoire, ces vampires-là sont des descendants de Judas Iscariote d’où l’aversion pour l’argent. Mais revenons à notre nouvelle héroïne. Victoria ou comment devenir Venator (ie chasseuse de vampires) dans le monde guindé de l’aristocratie londonienne. Le résumé laisse deviner qu’il pourrait s’agir d’un buffy-like avec son histoire de « à chaque génération » et c’est exactement ça. Dès le départ, j’ai très bien ressenti le côté Buffy et j’ai eu un peu de mal à passer outre l’impression qu’il s’agissait d’un livre pour jeunes adultes. Bien que Victoria ait 19 ans, soit parfaitement brune et certainement plus futée que Buffy à ses débuts, elle a les mêmes habitudes que la tueuse de Sunnydale : entrainement physique, ronde de nuit et scènes d’action pieu en main. Elle dégage aussi une certaine fraicheur et innocence alors qu’on la voit aller de bal en bal pour être courtisée et trouver un mari. Là s’arrête la comparaison. Avoir 19 ans au 19ème siècle implique beaucoup de choses notamment de se trouver un bon parti et de lui assurer une succession. Et être Venator c’est maîtriser l’art de se battre en jupons, planquer des pieux dans sa coiffe et savoir aussi bien faire illusion auprès des prétendants que des vampires. Autant dire que la tâche est ardue et que c’est là-dessus que repose tout le premier tome. Victoria y découvre sa nouvelle fonction, ses nouveaux pouvoirs, ses nouveaux alliés et ennemis tout en essayant de mener sa vie de débutante dans la haute société. Un parcours initiatique express dont elle ressortira définitivement plus mature tout en ne perdant pas son très mordant sens de l’humour et sa tête bien faite.

 

Une chose dont je commence à perdre vraiment l’habitude, c’est de lire des livres où l’histoire est racontée de plus de 2 points de vue. Ici tout le monde a le droit de donner sa vision des choses et il y a même un pseudo chœur « à la Shakespeare » qui nous informe régulièrement des dernières rumeurs et perceptions des événements par le commun des mortels (Winifred, Melisande et Petronilla en l’occurence). Ça permet vraiment d’avoir une perception plus globale de l’intrigue et de se rendre compte des petits détails dont l’héroïne n’a pas conscience mais qui donnent des pistes pour le tome 2. Qui dit livre en costumes, dit aussi travail au niveau du style. Ça pourrait passer pour pompeux mais j’ai trouvé ça plutôt charmant et ça aide bien à rentrer dans l’époque. La façon dont les gens s’adressent les uns aux autres est plus subtile, ça change. Pour tout dire, il n’y a qu’un gros écart de langage (enfin 2 mais l’autre est moins notable) et je l’ai reporté dans les quotes ci-dessous tellement il m’a fait sourire par son incongruité. Malheureusement (ou heureusement), tout n’est pas que combats, bluettes et querelles entre Victoria et son alter-ego masculin Max, il y a aussi une trame hautement dramatique qui je l’avoue me pince un peu le cœur quand j’y repense. C’est un passage nécessaire, inéluctable mais au combien dur. Et c’est ce petit truc pas très drôle qui me fait dire que, malgré les quelques longueurs du début, ce livre vaut plus que 3/5 (j’ai mis 4 sur Goodreads). J’ai les doigts qui commencent à me démanger et je lirais bien la suite mais chaque chose en son temps. En plus j’ai un problème. Je me suis spoilé les yeux toute seule en cherchant le 3ème tome sur Amazon (saleté de résumé qui dit tout) et je ne suis pas sûre d’aimer la direction prise par la suite. J’ai peur que certains passages à venir dans le tome 2 soient très douloureux. A suivre.

« How does one address… the master of the vampire executioners? My lord ? Your grace? Your stakeness? »

[…]Victoria plotting how she would slip the Salvi to Phillip, and Phillip thinking about how he was going to slip something into Victoria.

« There is enough evil perpretated by man that we don’t need to invent paranormal beings to blame it on. »

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