10 octobre 2009

Avis : The Devil’s Due / Confiance Aveugle de Jenna Black (Morgan Kingsley 3)

The Devil's Due - Jenna Black Résumé : Morgane est contactée par une mère à bout dont le fils, dit-elle, a été possédé contre son grès. Elle souhaite qu’il soit exorcisé mais il y a un os : le fils en question a fait toutes les démarches légales nécessaires pour héberger un démon en lui… alors qu’il faisait parti de « la Colère de Dieu », un groupe extrémiste prêt à tout pour renvoyer les démons dans leur monde.

 

Avis : Après le second tome, j’étais regonflée à bloc, motivée pour lire la suite. Oublié le tome 1 et ses maladresses ! Vive Lugh, Adam, Dominic et Raphael !!!! Et paf pastèque ! Le tome 3 est mauvais. Pas aussi mauvais que le premier, c’est difficile de reproduire toutes les erreurs du début mais il n’empêche qu’il est mauvais. Tout d’abord, c’est très lent à démarrer même si l’appel de la mère intervient dès le premier chapitre. Les premiers chapitres sont surtout des discussions et des explications mais au final il ne s’en dégage pas forcément d’informations utiles. L’auteur meuble les pages et ça n’avance pas vite. Au chapitre 9, mon cerveau s’est éveillé momentanément quand Morgane se décide à aller faire une visite à Shae au Seven Deadlies (le club SM du premier tome). Shae : voilà un personnage intéressant et mystérieux qui au moins ne fait pas sa sainte-nitouche quand elle voit une paire de menottes en fourrure rose. Car notre Morgane, grande cochonne aguerrie auto-estampillée garce, nous prouve à nouveau lors d’un scène chaude avec Brian à quel point tout ceci est du vent ; tout en continuant à porter des jugements sur les pratiques des autres bien-sûr. Son petit couple en devient d’un ennui inimaginable et l’auteur me semble même aller complètement à contre-courant de ce que recherchent les lectrices d’urban fantasy en règle générale. Du coup LE couple du livre ne me semble plus du tout être Morgane/Brian mais bien Adam/Dominic dont les préoccupations sont au centre des scènes les plus « fortes » de ce tome.

 

Le plus irritant à la longue c’est sans doute que l’héroïne est stupide et pas si utile que ça sauf quand il s’agit d’exorciser un démon. Elle pense à plein de choses mais au final ça n’est jamais elle qui a « l’idée ». Quand elle agit c’est par impulsion alors qu’elle sait que ça n’amènera jamais rien de bon ; pas grave elle y va quand même sans penser aux conséquences ou à la suite des événements. C’est comme ça qu’elle se retrouve à parcourir la ville au hasard à la recherche d’Adam alors qu’on lui avait dit de ne pas bouger et tout ça pour quoi ? Pour rien, elle finit par rentrer chez elle bredouille (ou broucouille comme on dit dans le Bouchonois). Le pire c’est que la fois où elle prend une vraie initiative en choisissant de révéler des « secrets » à Shae, ça pourrait bien s’avérer être une bourde monumentale dont les conséquences seront potentiellement très lourdes dans l’avenir. Heureusement qu’il y a l’aspect Lugh en elle qui prend la main de plus en plus souvent maintenant et qui offre à l’auteur un challenge d’écriture intéressant à la limite de la schizophrénie. Un Lugh qui commence à mettre en place ses pions sur l’échiquier. On sent bien que la grande bataille n’est pas pour demain mais au moins c’est une partie de l’histoire qui avance dans le bon sens et à un bon rythme. Mon secret espoir maintenant serait qu’on ait un moyen d’avoir un aperçu de ce qui se passe dans l’autre monde un jour voire même que Morgane puisse y faire un tour. Techniquement difficile à faire mais ça pourrait pimenter les choses.
Décidément les histoires des démons sont bien plus passionnantes que la petite vie de Morgane. C’est pourtant l’aspect très personnel du 2ème tome qui avait donné un coup de fouet à la série et en faisait un livre très riche en rebondissements et révélations. The Devil’s Due bénéficie malheureusement d’un scénario qui tient sur une feuille de papier cigarette avec beaucoup de broderie autour. La baudruche s’est bien dégonflée et je suis soudain moins motivée pour attaquer la lecture du 4ème tome dans la foulée.

 

Il y a aussi ce petit truc qui me gène beaucoup et sur lequel j’ai eu du mal à mettre le doigt jusqu’à aujourd’hui. Dans le monde de Morgane, comme je l’avais dit dans le premier avis, un majeur averti peut se porter volontaire pour héberger un démon. En général, ce démon deviendra pompier, policier ou tout autre métier susceptible de servir la population. C’est légalement encadré, pas de soucis. Enfin si justement. Il est répété à plusieurs reprises que la personnalité propre de l’hôte se retrouve réprimée par la présence du démon et que le démon mène alors sa vie comme bon lui semble en prenant soin ou non de l’hôte (physiquement et psychiquement). Comment se débarrasse-t-on de son démon ? En théorie on ne le peut pas. Un démon peut passer d’un hôte à un autre par contact mais il faut dans ce cas que le nouvel hôte ait lui aussi signé un « contrat d’hébergement » sinon le démon devient un démon illégal. Il faut donc attendre la mort naturelle ou non de l’hôte pour voir partir le démon. Sauf si le démon pète un câble et traverse hors des clous. Exemple : notre humain hanté n’ayant plus sa personnalité propre se retrouve avec un mort sur la conscience parce que son démon a donné un coup de poing un peu trop puissant à quelqu’un. C’est la peine de mort directe pour le démon et là, soit l’exorciste fait son boulot (laissant dans 80% des cas l’hôte dans un état proche du légume) soit tout le monde passe au bûcher (si, si) parce qu’on est sûr que ça marche à 100%. Doit-on comprendre qu’il y a une clause dans le contrat d’hébergement où le futur hôte majeur et vacciné accepte toutes les conséquences des actes de son démon et renonce à sa vie par défaut ? Comment fait-on pour passer d’un acte volontaire à une exécution sans préavis ? Pourquoi ne pas proposer ce type de contrats à des condamnés à mort plutôt ? Pour l’instant, je n’ai vu personne soulever la question des problèmes éthiques que ça représente et même s’il s’agit de fiction, l’auteur tend à faire de ce monde un monde proche du notre…sauf que ça ne tient pas la route si on y regarde de plus près. En comparaison, Laurell K Hamilton a beaucoup plus creusé le sujet et revient régulièrement sur l’évolution des lois en rapport avec les créatures surnaturelles qui peuplent ses romans. Comme quoi écrire des fantaisies urbaines, ça n’est pas si simple :p