13 juin 2011

Avis : Hit List (Anita Blake 20) de Laurell K. Hamilton


Attention chéri, ça va spoiler !

Synopsis : Un tueur en série chasse au Nord-Ouest des États-Unis, assassinant ses victimes de manière aussi horrible que spectaculaire. La police locale suspecte l’implication de « monstres » et, pour attraper le tueur, ils font appel à Anita Blake et Edward, sous son identité de Ted Forrester, qui en savent très long sur le sujet.
Mais certains monstres sont bien réels. L’Harlequin est le croque-mitaine du monde des vampires depuis plus de 1000 ans ; il représente un secret tellement obscur que le simple fait de prononcer son nom peut entraîner une condamnation à mort. Il est désormais aux États-Unis, traquant les tigres-garous et la police humaine.
L’Harlequin est au service de la Mère de Toutes Ténèbres, le tout premier vampire. Elle était censée être morte mais seul son corps a été détruit. Maintenant elle doit en trouver un nouveau et elle a décidé que le corps d’Anita était celui qu’elle voulait. Edward pense que les meurtres en série sont un piège pour attirer Anita plus près du vampire le plus dangereux qu’elle a jamais combattu. Les vampires surnomment Edward « La mort » et Anita « L’exécutrice » mais la Sombre Mère arrive pour en tuer un et prendre possession de l’autre… et elle se moque bien du nombre de morts qu’elle laissera dans son sillage. (Trad de Tan)

Avis : Quand un Anita Blake s’ouvre sur une scène de crime bien saignante, on est en raison de penser qu’il s’agira d’un bon cru. Après tout, en dehors des 30 dernières pages, Skin Trade avait été une très bonne surprise et débutait avec une tête coupée envoyée par la poste à Anita. Là c’est notre Anita qui est en déplacement à Seattle sur la piste d’un tueur en série surnaturel. Qui plus est, elle n’est pas seule puisque qu’Edward est de la partie dès le premier chapitre. Ça fleurait bon. Puis il y avait cette ambiance de vieux briscards un peu usés par le métier qui se connaissent depuis tellement longtemps qu’un seul regard suffit à passer une information. Edward fait des confidences sur sa vie qui surprennent tellement on est habitué à son personnage froid et mystérieux. Et chose merveilleuse, Anita est enfin à l’autre bout du pays sans une horde de gardes du corps qui servent tout aussi bien à la protéger qu’à nourrir l’ardeur ; signe qu’elle contrôle enfin ce pouvoir synonyme des pires heures de la série. Espoir, espoir.

Espoir qui commence malheureusement à s’envoler dès le deuxième chapitre avec l’arrivée de Raborn : le flic cliché par excellence qu’on retrouve dans tous les tomes, plein de préjugés et avec qui la situation va s’envenimer tout de suite. Il semble impossible à Anita d’aller où que ce soit sans qu’on lui colle sous le nez sa réputation de chaudasse qui couche avec tous les monstres qu’elle croise. Curieusement ça n’est jamais sa réputation touchant à son efficacité qui leur revient aux oreilles ; toujours ses histoires de coucheries. Sauf qu’il y en a marre, c’est toujours, toujours le même discours qui ne mène à rien sauf à d’interminables discussions où le flic démontre qu’il est un gros beauf stupide et où Anita répète les mêmes arguments en boucle à quelqu’un qui de toute façon ne l’écoute pas. Au même titre que les descriptions sans fin de personnages que l’on connait depuis longtemps, Laurell K. Hamilton devrait proscrire ce genre de scènes de ses livres dorénavant. Elle commence à ressembler à une production Besson où les flics sont tous des branques. Le pauvre Newman, qui n’est pas un mauvais garçon à la base, sous prétexte d’être un Marshal vierge de toute affaire sur le terrain, apparaît comme un personnage complètement niais et absolument pas crédible. Vu le niveau des questions qu’il pose, il est fort peu probable qu’on lui ait accordé son badge à la sortie de l’Académie. Mais le plus pénible dans ces histoires de police c’est sans doute tout le tintouin autour du transfert de mandat. C’est l’enjeu des 21 premiers chapitres, la moitié du livre : il faut qu’Anita et Edward récupérèrent ce fameux mandat pour pouvoir mener l’enquête à leur sauce sinon ils seront toujours assujettis à des incapables ignorants qui ne se rendent pas compte de l’ampleur de l’affaire. 21 chapitres où il ne se passe pour ainsi dire pas grand chose. L’enquête n’avance pas vraiment, Edward et Anita ne sont pas libres de prendre les choses en mains donc ils se contentent de limiter les dégâts et il en faudra des dégâts pour qu’enfin ce mandat leur tombe dans les mains. Et après ? Rien. Pas de chasse folle lancée à travers tout le pays. On vous l’a dit dans le résumé qu’il s’agissait d’un piège pour attirer Anita loin de chez elle de toute façon donc l’enquête ne sert à rien et le mandat non plus par déduction. Tout n’est que broderie pour amener à cette confrontation finale avec Marmée Noir. Le clou du spectacle qui sera expédié beaucoup trop vite naturellement et fait plus que frôler le ridicule.

En matière de broderie, LKH s’est surpassée avec Hit List et contrairement à ce qu’on pouvait imaginer, elle ne recourt même pas aux désormais traditionnelles scènes chaudes qui polluent tout ce qu’elles touchent. Il y a en tout et pour tout une scène (pour 320 pages) ; pas trop mal écrite en plus mais qui donne envie d’aller vomir une boule de poils à la fin. Dommage aussi qu’elle implique encore un nouveau personnage que l’on va devoir trimballer par la suite. A force de nous abreuver de descriptions et de nouveaux venus, l’auteur arrive à tuer l’intérêt qu’ils pourraient éventuellement susciter. Le lecteur n’a pas soif de chair fraîche, il est nostalgique du temps où la liste des amants d’Anita se résumait à un gentil triangle amoureux tout ce qu’il y a de plus standard pour ce genre. Là, dès l’arrivée des gardes, tout n’est que jalousie, compétition pour attirer l’attention d’Anita et concours de bites au sens propre (Sans rire ! D’ailleurs ça n’est pas drôle, c’est désespérant). Le summum du ridicule est atteint à la sortie de l’hôpital. Cette scène ne donne qu’une envie : lancer le livre contre un mur et le piétiner. Tous ces gens n’ont-ils donc rien d’autre à faire que de fricoter ? Hit List est une longue succession de scènes sans intérêt où Anita se retrouve souvent avec un homme collé le long du corps qui lui expose les misères de sa vie. Anita, l’archétype de la femme qui est uniquement attirée par les hommes auxquels elle pense être la seule à pouvoir apporter le bonheur. Sainte Anita, priez pour nous ! Elle s’étonne de ne pas arriver à se concentrer sur l’affaire (cf citation plus bas)… on s’étonne que Laurell qui partait de si haut en tant qu’auteur ait pu tomber si bas. Rien de neuf au niveau des thèmes abordés non plus : intolérances, racisme, bêtise humaine, Cynric… On tourne en rond, il n’y a plus rien de neuf, Anita et Laurell gnognottent.

Un peu de positif pour finir tout de même. En dehors de la scène d’introduction où on retrouve avec plaisir un cadavre et Edward, la scène de course poursuite dans les bois et en voiture est réussie. On retrouve l’ambiance des premiers Anita l’espace de quelques pages. Anita n’a pas le temps de commenter ses actions, elle est dans l’action, Edward sort l’artillerie lourde et ça fait du bien soudainement. Ça prouve que LKH a toujours ça quelque part au fond d’elle, même si elle ne semble plus disposée à en faire usage. De même, quand sur la fin, on passe enfin au nœud de l’intrigue, il y a comme un soulagement après tant de scènes inutiles et creuses. Ce qui aurait pu être positif mais n’est qu’une illusion au final, c’est la participation de Bernardo et d’Olaf. Olaf était passé à la vitesse supérieure dans Skin Trade et donnait vraiment des frissons dans le dos mais d’un seul coup, Laurell semble ne plus savoir où aller avec lui, elle le fait intervenir mais n’a pas de réelle utilité pour lui dans l’histoire. Il n’apparaît que dans les scènes dites creuses et donc ne sert à rien. Encore une bonne idée sous-exploitée et maltraitée. Soupir.

Hit List est clairement la deuxième partie de Bullet que LKH n’avait pas eu le temps d’écrire l’année dernière. Avec plus de temps pour l’écrire et pas de Merry à rendre entre temps, il aurait pu s’agit du retour aux sources : une enquête surnaturelle, Edward comme on l’aime, pas beaucoup de sexe et de l’action, de la vraie. Mais l’auteur n’avait visiblement rien d’intéressant à raconter et s’est retrouvée à meubler comme elle pouvait avec des niaiseries et des faux-débats, syndrome Dragon Ball en guise de conclusion pour achever le lecteur. L’espoir ni est plus. Anita c’était mieux avant… au siècle dernier.

“Cop years are like dog years, Karlton, multiply by seven.”

Anita

What the hell was wrong with me? I was losing focus in the middle of a case, that wasn’t like me.

Anita

PS : A noter que ce tome contient des inconsistances notables comme le fait qu’Anita prononce haut et fort le nom de l’Harlequin a un moment et sans conséquence alors que tout le reste du temps elle arrive à se rattraper. De même, Ethan se retrouve magiquement avec 3 et plus 4 formes alors que c’est justement la 4ème qui a toute son importance dans l’histoire.

Note :

26 décembre 2010

Avis : Micah (Anita Blake 13) de Laurell K Hamilton

Synopsis : Il y a de nombreuses raisons pour vouloir relever un mort, certaines privées, d’autres publiques. Dans cette affaire, le FBI avait un témoin qui est mort avant de pouvoir témoigner. Ils veulent le relever pour prendre sa déclaration. Donc me voilà, dans un avion en route pour Philadelphie pour faire mon boulot.
Mais je ne suis pas seule. Micah est avec moi. Micah, le chef du pard de léopards-garous de St Louis. Le Roi dont je suis la Reine. Le seul de mes amants qui peut faire bouillir mon sang juste en croisant son regard vert de félin. J’étais heureuse de l’avoir à mes côtés…jusqu’à ce qu’il mentionne qu’il s’agit de notre première fois vraiment seuls en tête à tête. Pas de maître vampire. Pas de loup-garou alpha. Juste moi et Micah. Et toutes mes peurs et mes doutes…

 

Avis : Pour ceux qui ne suivent pas, Micah est le 13ème tome de la série Anita Blake et ne s’inclut pas vraiment dans la chronologie générale. Vous pouvez lire cette novella, ou pas, mais dans l’absolu, elle n’apporte pas grand chose hormis quelques détails sur le passé de ce personnage à celles et ceux qui en sont fans (ce qui est loin d’être le cas de tout le monde). Ce court ouvrage se découpe grosso-modo en deux parties : une partie relation de couple entre Anita et Micah et une partie relevage de zombie dans un cimetière. De ma première lecture il y a 3 ans, j’avais gardé l’impression qu’il s’agissait d’une moitié « partie de jambe en l’air » (en fait, ça ne concerne que 2 chapitres) et d’une moitié « relevage de zombie ». Donc dans un sens, c’est plutôt une bonne surprise et un petit souffle d’air frais (surtout en sachant ce qu’il se passe dans les tomes suivants) même si du coup d’autres défauts se dégagent. Dans les petites choses irritantes, il y a l’éternel personnage du flic qui ne supporte pas Anita et qui lui fait bien savoir via des insultes sous-entendues ou pas. C’est devenu plus que lassant de sans cesse la voir être confrontée à un bon flic et à un mauvais flic qui, pour le premier, la défend et, pour le second, l’agresse ; ça gâche la relecture de la plupart des anciens tomes. Il en est de même avec l’apparition régulière de Dr Ruth. On a bien compris avec le temps que Laurell K Hamilton est une féministe féroce qui se sert de ses livres pour défendre le droit de la femme à s’épanouir dans sa vie de femme, de couple et sexuelle et au fil des années cet aspect s’est tellement développé dans les livres que ça donne l’impression par moment de lire un manuel d’éducation sexuelle (en plus du Kama-Sutra et du récit d’une visite chez le gynéco). Une ou deux fois : passons mais là ça devient un peu son cheval de bataille qui sombre dans le radotage. De plus les scènes où les personnages répètent en boucle « you’re too tight but so wet but so tight etc » en boucle, sont d’un ridicule affligeant et à mille lieues d’avoir l’effet escompté. C’est un peu comme tout dans les Anita récents, on souhaiterait que ça papote moins et que ça agisse plus. Et la scène dans le cimetière qui n’en finit plus en est un autre bel exemple.

 

Mais revenons au sujet de ce livre : Micah. Ce personnage qui a une place très importante dans le panel des amants d’Anita est arrivé alors qu’elle commençait à s’entourer de son garde-manger et il est vrai que les isoler l’espace d’un tome donne l’occasion rêvée pour approfondir un peu ce protagoniste et sa relation avec Anita où de nombreuses étapes classiques de la vie de couple ont été sautées. En 6 mois, ils ne semblent pas avoir pris le temps de poser les questions évidentes et de se construire vraiment une histoire à deux puisqu’ils vivent avec Nathaniel depuis le début. C’est donc l’histoire d’une reconnexion où Anita qui est tendue comme un string va devoir apprendre à arrondir un peu les angles, à gérer sa colère quand parfois l’autre veut prendre le contrôle (et on sait à quel point elle déteste perdre le contrôle) et à affronter ses incertitudes et ses peurs. Toute le partie discussion à cœur ouvert est d’ailleurs plutôt plaisante. On se rend bien compte de la force intérieure d’Anita à travers le récit de la transformation douloureuse de Micah. A la façon dont elle dit qu’elle sait exactement ce que c’est d’être lacérée… plusieurs fois et au ton qu’elle utilise, on comprend qu’une femme comme elle puisse être intimidante pour les hommes qui l’entourent. Pour lui, c’est une sorte de révélation parce qu’elle va toujours de l’avant comme à son habitude et ne se laisse pas hanter par son passé, alors que Micah revit encore les événements quand il les raconte. De même, ses mésaventures sexuelles à cause de son « calibre » sont là pour stimuler chez Anita et la lectrice au passage, ce sentiment protecteur proche de l’instinct maternel mâtiné d’un brun de pitié qui fait que la femme apparaît comme une sauveuse pour l’homme, celle qui sera ce que les autres n’ont jamais su être. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe avec la plupart des hommes du hisem d’Anita (Asher en tête), elle leur apporte à chacun ce qu’il leur manque dans leur vie et se sentant indispensable à tous à cause de ça, elle n’arrive plus à les faire sortir de sa vie ou de son lit. Passée cette petite analyse, Micah reste un tome qui passe bien, pas passionnant car beaucoup trop court pour vraiment développer une intrigue mais il a le mérite de se lire vite et d’offrir une scène de relevage de zombie, ce qui se fait de plus en plus rare par la suite. Ça ne vaut toutefois pas Flirt (Anita 18) qui, pour un format équivalent, était beaucoup plus dense et stimulant. Micah est à lire et à déguster en attendant, de l’avis général, le plus mauvais Anita de la série : Danse Macabre.

When you need to have sex three, four times a day, it’s just more convenient to bring your lover with you, don’t you think, Agent Franklin? » I gave him wide, innocent eyes.

Note :

Lire en VO

17 juin 2010

Avis : Bullet de Laurell K. Hamilton (Anita Blake 19)

Spoiler Alert : Dans la mesure où je parle du tome 19 et que la France n’en est qu’au tome 11, je sais que la tentation va être grande de lire ce que je vais raconter. Donc oui, il y aura des gros spoilers.

 

Résumé : Je suis de retour à Saint-Louis et j’essaye de mener une vie normale – enfin aussi normale que possible pour quelqu’un qui est exécutrice de vampires et Marshall fédéral. J’ai mes amants, mes amis et leurs enfants, des spectacles auxquels assister. Au milieu de tout ce bonheur ordinaire un vampire de mon passé cherche à m’atteindre. Elle était censée être morte, tuée dans une explosion mais La Mère de Toutes Ténèbres est la toute première vampire, la sombre créatrice, et c’est dur de tuer un dieu. Elle cherche à m’atteindre ici, à Saint-Louis, ville de tous ceux que j’aime le plus. Elle a décidé d’agir maintenant ou jamais, pour me contrôler moi et tous les vampires d’Amérique.

 

Avis : Narcissus in Chains, le 10ème Anita avait représenté un tournant dans la série et quelque part j’ai la sensation que c’est aussi le cas pour Bullet. Dans une certaine mesure et avec beaucoup plus de défauts. Dans Bullet on fait le récapitulatif de tous les pouvoirs qu’Anita a accumulés au fil des années, de tous les animaux qui lui répondent, de tous ses amants aussi. Une sorte d’état des lieux avant de passer à la suite mais toujours en se dirigeant vers le même objectif : l’ultime bataille contre Marmée Noire. Et certes, il y a une belle montée en pression dans ce tome. Le problème qui gangrène le livre et qui explique parfaitement pourquoi l’auteur avait eu du mal à situer son action à St-Louis depuis quelques livres, c’est qu’il y a trop de monde et qu’elle rechigne à faire le ménage. Du coup, chaque fois que l’un de ces personnages entre en scène ça débouche sur un descriptif complet de son physique, de ses vêtements et de sa vie, même quand il s’agit d’un personnage que l’on connait depuis 19 tomes !! Ou comment lester un texte avec quelques kilos inutiles alors que le livre fait à peine plus de 350 pages. Faire revenir Monica passe encore mais Gretchen, mon Dieu ! Gretchen ! Heureusement Valentina était la réelle bonne surprise de ce tome (Nicky aussi, même si c’est un personnage récent). Le pire dans tout ça, c’est qu’on en perd 1 mais qu’on en retrouve 10, de quoi amplifier encore et toujours le problème. Sans véritable solution à l’horizon.

 

Second problème découlant de cette population abondante : difficile de ne pas transformer toutes les scènes de sexe en orgies massives. Avec ou sans ardeur. On atteint les frontières du ridicule et peu importe que ça soit bien écrit ou pas et que l’on puisse toujours trouver des excuses à tout, il est difficile de ne pas se dire que c’est du grand n’importe quoi et de se retenir de rire (ou de pleurer selon son état d’esprit). Et dire qu’il fut un temps où Anita arrivait encore à se restreindre à un seul homme dans son lit. C’est d’ailleurs étonnant que son petit arrière train n’ait pas encore subit l’ultime « offense », y compris quand tout le monde est sujet à de terribles black-outs. En tout cas, une chose est sûre : certains hommes ont enfin droit à un peu d’action entre eux, depuis le temps que ça planait sur l’histoire et que l’auteur semblait frileuse de se jeter à l’eau. Au moins c’est fait, ça met le holà à pas mal de problèmes et de tensions et au final il n’y a pas mort d’homme, dans un sens. Et ce n’est pas la seule chose à s’échapper de la boite de Pandore. Visiblement LKH a décidé de faire embrasser son style de vie à Anita. Bonjour fouets, chaînes et menottes ! Au moins elle sait de quoi elle parle par rapport à d’autres auteurs (Jenna Black en tête bien-sûr) mais l’impression d’avoir été télé-transporté sur une autre planète est ahurissante. Pour la plupart ça n’est pas une surprise, pour d’autres, c’est tellement loin de leurs personnages que même une bonne thérapie ne suffit pas à rendre la chose crédible pour un sou. Certes ça résout THE problème et on va pouvoir enfin avancer dans l’histoire mais la transition est tellement invraisemblable qu’il y a de quoi être très perplexe. Au moins le point positif dans tout ça, c’est qu’Anita a fini par se faire à beaucoup de choses et est devenue bien plus tolérante et « adaptable » ie sa faible résistance dans quelques situations où d’ordinaire on aurait eu droit à 30 pages de palabres. Tout le monde en est surpris, y compris le lecteur. On verra ce que tout ça donnera par la suite.

 

L’aspect sexe étant traité dans les grandes lignes et occupant à nouveau une grande place dans l’histoire, que reste-t-il autour ? Des petites choses intéressantes qui sauvent le livre. Tout d’abord que les triumvirats, ça marche quand tout le monde y met du sien. Là où ça se corse c’est quand il faut que tout le monde se touche voire mieux que tout le monde touche Anita…Et là on se dit que se connecter à Eywa avec sa natte c’est quand même bien pratique. Et c’est sans parler de l’effet Dragon Ball d’Anita-toujours plus forte-Blake (remarque allant de paire avec le fait que LKH ne s’arrêtera probablement jamais d’écrire Anita). De la montée en pouvoirs d’Anita découle la jolie notoriété dont bénéficie Jean-Claude à l’heure actuelle et il est d’ores et déjà promis à de belles choses, politiquement parlant. Mais ça ne sera pas pour ce tome. De même les mésaventures du Conseil européen est un retournement de situation inattendu qui change la donne. Mais pour en mesurer les conséquences de ce que l’on ne fait qu’effleurer avec la mince affaire policière de « Bullet », il faudra attendre le tome suivant. Et pour savoir à quoi serviront exactement tous ces tigres, a priori il faudra encore une fois attendre le tome suivant. La seule chose qui est vraiment traité ici, c’est le problème Haven qui…traine en longueur. Le personnage n’a jamais eu un intérêt fulgurant dans l’histoire et n’en aura visiblement jamais.

 

Et pendant ce temps la petite vie d’Anita continue. Entre les spectacles de danses (un passage un peu à part du reste du livre, le seul à l’extérieur du Cirques des Damnés en fait), la petite vie de « couple » qu’elle a avec Micah et Nathaniel, les entraînements avec les garous (qui montre qu’Anita n’en a pas tout à fait fini avec les concours de bites -désolée), les enfants des autres aussi (un peu comme chez Charlaine Harris et Patricia Briggs en ce moment, sans doute le printemps), c’est presque perturbant d’interrompre l' »action » avec des banalités (même si l’auteur se défend en disant qu’il s’agit d’une marque de fabrique). Pourtant il est maintenant évident, qu’à partir du moment où Anita sera à St-Louis au côté de toute sa clique, il lui sera de plus en plus difficile de redevenir l’Anita des débuts. A moins qu’une fois la guerre contre Marmée terminée, on puisse avoir une retour à la normale. Rêvons un instant…Et dire qu’on en était si proche avec Skin Trade et Flirt :(

 

Quoiqu’il en soit, et contrairement aux dires de Laurell K Hamilton, Bullet ne peut pas être lu indépendamment du reste. Trop de personnages reviennent sur le devant de la scène, trop de choses sont enfin expliquées, trop de références sont faites aux tomes passés. C’est impossible de lire Bullet en néophyte total et d’y comprendre quelque chose voire de l’apprécier tout simplement. Puis ça serait passer à côté du fait que c’est au moins la 3ème fois que LKH utilise la même citation de Machiavel. Deux fois rien que dans ce tome et une fois dans Narcissus in chains. Ah tiens ! Méfiez-vous du Narcisse :)

“Wait, are you doing all this because you think Micah is . . . doing Nathaniel, but not you? That’s such a girl reason for a fight.”

Anita à Asher.

Jesus, Jean-Claude, I’m not the small-town virgin that you found years ago. Give me some credit for being a little more open-minded.

Anita à Jean-Claude

Jean-Claude with all his fancy fetish yummy clothes, standing there nude and covered in more body fluids than a CSI episode.

Anita au sujet de JC.

“Sex is my only hobby, or so friends tell me.”
“It’s not your hobby, Anita, it’s your passion.

Anita puis Haven

papatte
Lire en VO

8 mai 2010

Anita Blake + pluie + Lego =

En d’autres lieux, il y a ce défi du mois d’avril (on est en mai je sais) qui propose de refaire une scène des Anita Blake avec des figurines… A tout hasard, ici on (parce que Tortue a participé) a opté pour les Lego. Mais alors c’est vraiment parce qu’on n’avait rien d’autre sous la main :p

Par une douce nuit de printemps, Anita a été recrutée pour relever un mort (classique jusque là). Sont présents : le client (en noir à gauche), l’avocat (avec le sweat capuche), un flic (avec le casque) et bien-sûr notre Anita (interprétée par Marion Ravenwood pour l’occasion). Dans le rôle du poulet, je n’avais qu’un perroquet. Que la SPA ne me tombe pas dessus trop vite, il est en plastique.

Comme vous pouvez le voir, tout est prêt, même le cercle de sel au sol. La cérémonie peut commencer.

Mais Oh horreur malheur !! Un coup de vent (enfin moi) souffle le sel et c’est la panique, le mort s’échappe du cercle magique, l’avocat en laisse tomber son attaché-case…

Le client prend ses jambes à son cou et le flic n’a jamais fait autant de sport… Heureusement Anita est armée et Edward est là pour la seconder.

Suspens… la lutte est intense…

Si vous voulez connaître la suite, lisez donc Anita Blake de Laurell K Hamilton :O)

29 avril 2010

Avis : Ardeur – 14 writers on the Anita Blake, vampire hunter series ~ Part 2

Première partie ici.

Bon Rapports de Marella Sands
Grâce à une amie de son groupe d’écriture, on arrive enfin à la partie chaude promise par le titre du recueil, avec l’évocation d’un souvenir commun où Laurell avait juré qu’il n’y aurait jamais de sexe décrit dans ses livres. Oh fan ! Esclaffe-toi un bon coup !
C’est aussi l’occasion de revenir sur la faiblesse du vocabulaire anglais quand il s’agit de décrire l’acte en question. Sands s’amuse (et nous amuse énormément) en remontant un peu dans l’histoire de la métaphore en invoquant Polidori et Bram Stoker puis en s’essayant à faire le tour du vocabulaire existant mais souvent bien peu sexy. Tout ça pour conclure que Laurell sait jouer avec les mots pour rendre les scènes aussi bien fascinantes que terriblement érotiques. Chose que l’on savait déjà ;)

Mom! There’s Something Dead Sucking on My Neck! de Cathy Clamp
Où il est question de l’humour dans Anita et de mauvaise haleine, le tout raconté avec pas mal d’humour mais aussi une facheuse tendance à s’éloigner du sujet d’origine. Les grandes considérations sur l’alimentation et l’esthétique chez les vampires ne sont pas vraiment raccord et c’est bien dommage. Ça aurait pu être un essai très drôle mais au final il s’effondre assez rapidement. L’auteur ne sachant pas vraiment où elle va dans son raisonnement et avançant de fil en aiguille vers un but indéfini.

Open mouth, bare fangs. Geez, now she’s wrinkling her nose and pulling away! I knew I should have stolen the Certs out of that last guy’s pocket. Ignore your nose. It’s just the scent of your own desire.

The Other Side of the Street de Alasdair Stuart
Adieu sexe et humour, ici il est question de l’horreur et de toutes les monstruosités sorties de l’esprit de LKH ou plutôt comment la réalité s’invite dans son univers et comment Anita s’y retrouve confrontée, les sensations étant exacerbées parce que, nous dit-on, Anita est une femme. Ce qui est plaisant c’est que cet essai transpire le vrai fan, celui qui a su s’attacher aux détails pour avoir une lecture assez différente des autres. Il décrit comment et pourquoi Anita finit par percevoir le monde en gris, comment elle fait pour naviguer entre monde « normal » et surnaturel où les monstres ne sont justement pas les monstres et où le monstre qui donne le plus la chair de poule est un homme (Olaf en l’occurrence). En plus de cela, il nous gratifie au passage d’une jolie description de Jean-Claude :

He’s a curious figure, one part Machiavellian politician and one part tragic antihero, and it’s only as the novels go on that we begin to learn why he is the way he is.

L’un des meilleurs essais du livre, sans aucun doute.

The Domestication of a Vampire Executioner de Natasha Fondren
S’il y a bien une chose qui est sûre, c’est qu’Anita n’est pas une femme comme les autres et même si elle en rêve au début, elle tire assez rapidement une croix sur la jolie barrière blanche, le chien et le mari normal. Pourtant comme son titre l’indique, cet essai est sur la vie domestique d’Anita et comment elle y arrive, car oui elle finit par en avoir une même si elle n’est pas celle à laquelle elle aspirait au départ ; qu’elle en soit consciente ou pas. Des mots même de Laurell dans l’introduction, c’est l’aspect qu’elle n’avait pas du tout prémédité et qui pourtant, une fois exposé comme ça, lui parait évidente et révélatrice sur son héroïne et surtout sur elle-même. N’est ce pas ironique que l’être le plus faible et le plus soumis de tout soit souvent celui qui la sauve de situations bien délicates ? Voir la liste de ces moments énumérés rend la chose très évidente aussi en effet.

Ardeur’s Purpose de Devon Ellington
Au moins avec un titre d’essai aussi clair, on sait tout de suite de quoi ça va parler. Un sujet longtemps rebattu depuis la sortie de Narcissus in Chains, pourtant l’auteur arrive à faire une synthèse très juste de ce que ça a apporté ou enlevé à Anita.

Guilty Pleasures ends with the words: “I know who and what I am. I am the Executioner, and I don’t date vampires. I kill them.” Yet by the ffteenth book, The Harlequin, Anita’s become someone who’ll say: “I’ll compromise; I’ll bend” to make someone she loves happy, in spite of her fear that, in bending, she just might break.

Ça a même le mérite de mettre en avant des subtilités comme le fait que, malgré tout, Anita serait probablement bien malheureuse si elle était privée ce pouvoir du jour au lendemain.

“I’d learned that the ardeur could be about friend-ship and not just romance. . . . It was about that feeling of belonging, of being home.”

La réflexion sur les raisons qui poussent Anita à évoluer au fil de l’histoire ne s’arrête pas là et inclut ses relations avec les autres personnages et comment ils finissent pas l’influencer et la faire changer et c’est très bien vu. En passant, ça n’est pas non plus tous les jours qu’on lit quelqu’un dire autant de bien de « Micah ».

Trying the System de Melissa L. Tatum
Premier essai à ne pas être écrit pas un auteur mais par une juriste qui s’intéresse forcement au système judiciaire en place dans les Anita tout en le comparant à ce qui existe en vrai à l’heure actuelle. Ou comment les vampires (et autres créatures fantastiques des Anita même si ça n’est pas clairement abordé) n’ont absolument pas droit au même traitement que le commun des mortels. Preuves à l’appui. Saisissant.

“The law isn’t about justice . . . it’s about the law.”

Et il faut voir ce qu’elle dit la loi quand il s’agit des vampires…

Are the Fangs Real? de Mikhail Lyubansky, Ph.D.
Voilà venir l’éternelle analogie entre les vampires et les minorités raciales. A la manière de Lamplighter, Lyubansky semble avoir du mal à se restreindre au sujet imposé et part tout de suite dans une historique de l’analogie en remontant à Dracula et en passant par « I Am Legend » pour finalement en arriver à Anita. Une approche et une interprétation un peu réductive qui en laissera sans doute plus d’un très septique par moment dans le cas précis de la série. Certaines comparaisons sont en effet justifiées mais d’autres… n’ont jamais effleuré l’esprit de LKH au moment de l’écriture, comme elle le souligne elle-même dans l’introduction.

Death Becomes Her de Sharon Ashwood
Laurell qui parle de son enfance au côté de sa grand-mère morbide, on en avait eu vent sur son blog mais jamais autant en détails et surtout abordée avec une certaine lucidité sur la façon dont cela a influencé les premières heures d’Anita. Cette anecdote servant à introduire le chapitre sur la nécromancie de l’héroïne et qui décortique la relation qu’Anita entretient avec la/les mort(s) depuis sa plus tendre enfance et comment cela a formé l’éthique de l’Anita du début puis a évolué par la suite. Ceci expliquant pourquoi Richard n’avait aucune chance face à Jean-Claude :D

« I felt his stillness, a depth of quiet that nothing living could touch, like a still pool of water hidden away in the dark. In one crystalline moment, I realized that, for me, this was part of the attraction: I wanted to plunge my hands into his stillness, into that quiet place of death. I wanted to embrace it, confront it, conquer it. I wanted to fll him up with a burning wash of life, and I knew in that moment that I could do it, but only at the price of drinking in some of that still, dark water. (The Killing Dance)« 

Le petit clin d’œil à Edward (La Mort) est cocasse il faut avouer. Sans parler de ce passage sur Belle-Morte, la némésis par définition.

Is Anita a potential mini-Morte?

Death’s Got Your Back de Vera Nazarian
Encore un essai sur les relations qu’Anita entretient avec son entourage mais cette fois ce sont Edward, Olaf et les ennemies parfois alliées, Belle-Morte et Marmée Noir qui servent à la définir. Un rapprochement qu’on ne fait pas forcément mais qui, présenté comme ça, est effectivement assez saisissant. L’analogie avec les cartes de tarot aussi même si c’est un peu plus tiré par les cheveux. Sur le début, ça a tendance à répéter un peu ce qui a été dit par avant (normal quand on est le 13ème essai), il en ressort néanmoins encore quelques belles formulations comme la suivante, qui recoupe ce qu’il se disait dans l’essai précédent d’ailleurs :

Edward is the personifcation of Anita’s control. And yet, he’s Death. And death’s this necromancer girl’s best friend.

Showing the Scars de Jacob Clifton
Où il est question des règles qui gèrent les choses. Qu’il s’agisse de celles avec lesquelles LKH a construit sa vie depuis sa plus tendre enfance sans forcement ce conformer à ce que la société attendait d’elle mais celles lui permettant de trouver sa voie et son équilibre. Ou qu’il s’agisse de celles qu’elle a réinventées pour faire des Anita Blake une œuvre novatrice à ses débuts et toujours au top de nos jours ; en partie en brouillant les pistes et en dotant l’héroïne de pouvoirs qui sont généralement l’apanage des monstres dans la littérature classique. Mais aussi en revisitant ses relations parfois très complexes avec les hommes qui l’entourent.

In the last three generations alone we have experienced extreme gender oppression and extreme sexual freedom, resulting in a great deal of confusion and pain. I believe the vampire/animal/woman triumvirate in current fction is an expression of our collective attempts to resolve these contradictions.

Note en passant : le premier Anita que Clifton a lu est « Danse Macabre« . Le pauvre ! Il a du en tomber de sa chaise. On comprend mieux pourquoi il assimile tout le sexe des livres avec une tentative de reproduction de la vie sexuelle des bêtes sur papier (s’appuyant sur les études de biologie de LKH pour étayer).

 

Contrairement à ce que le titre pouvait laisser imaginer, il ne s’agit pas d’un recueil uniquement sur l’ardeur et le sexe dans les Anita. Heureusement d’ailleurs. Au contraire chaque auteur s’est intéressé à un aspect bien spécifique de ce qui a fait et rend les Anita si unique dans le monde de l’Urban Fantasy et du thriller paranormal. La plupart d’entre eux apportent un regard nouveau sur la série qui éclairent à la fois le lecteur qui pourrait s’être simplement laissé porter par les histoires sans aller chercher plus loin mais éclairent aussi Laurell elle-même sur ce que son subconscient laisse transparaître sur le papier. A de rares exceptions, tous ont visiblement bien fait leur travail, voire même sont fans et ça se sent -et surtout ça aide pour mettent dans le mille. Bien-sûr certaines affirmations sont discutables et sont d’ailleurs discutées par LKH elle-même dans les introductions de chaque essai, et on comprend mieux la nécessité de son implication dans le projet. Outre les anecdotes sur sa vie dont les fans sont toujours friands, elle laisse parfaitement transparaitre si oui ou non elle est d’accord avec ce que dit l’essayiste. Ce genre de livre est rare parce que Laurell K Hamilton est comme son héroïne, elle aime tout contrôler. Qu’elle ait autorisé celui-là est une bonne chose pour ceux qui souhaitent élargir leur perception de la série Anita Blake. A lire donc… si vous êtes anglophones.

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