13 novembre 2011

Avis : Les Sept cadrans d’Agatha Christie

4ème de couverture : La plaisanterie a mal tourné !
De la petite bande de jeunes gens invités à la campagne, Gerry Wade est toujours le dernier à descendre pour le petit déjeuner et les autres décident de le réveiller en fanfare avec huit pendulettes achetées au bazar du village… Mais le lendemain à midi, Gerry dort encore… de son dernier sommeil : on l’a assassiné avec une forte dose de chloral.
Dans la chambre, on ne retrouvera que sept des huit réveils déposés sur le lit.
Le huitième ? Il a été jeté par la fenêtre…

 

Avis : De mémoire, je n’avais pas dû lire d’Agatha Christie depuis le début du lycée. Celui-ci avait d’ailleurs dû être acheté à l’époque et jamais lu pour une raison assez évidente : il ne s’agit ni d’un Hercule Poirot, ni d’un Miss Marple, mes deux enquêteurs favoris. L’occasion fait le larron, il se trouve qu’il est sorti en 1929 et rentre donc dans la catégorie « classiques » du défi.

Tout part d’une blague de potache qui aurait pu être drôle s’il n’y avait pas eu un cadavre à la clé. L’intrigue est racontée par de multiples intervenants, ce qui permet de suivre l’action de plusieurs points de vue et en plusieurs lieux. Le personnage le plus intéressant est sans aucun doute Bundle, une jeune femme qui a du caractère, de la témérité et le sens de l’initiative. C’est un protagoniste assez classique chez Agatha Christie : l’aventurière, celle qui ne se plie pas aux conventions de la société so british et c’est bien sûr ce petit côté révolté qui lui donne le plus de charme. Pour l’assister, il y a Lorraine et Jimmy, respectivement sœur et ami du défunt, et à eux-trois ils vont tenter de dénouer les fils de l’intrigue des sept cadrans. Malgré le ton assez léger par moment et les pointes d’humour, le danger plane et il est difficile de savoir où va vraiment l’histoire. Groupuscule mafieux qui protège ses arrières ? Espionnage pendant l’entre deux guerres ? Comme d’habitude, l’imagination du lecteur est mise à contribution au fur et à mesure que l’enquête avance avec l’espoir de comprendre avant les détectives en herbe les tenants et aboutissants de l’affaire. Dans le cas de ce livre, il est fort peu probable que la cogitation aboutisse à quoi que ce soit.

En effet, Agatha Christie se permet de balader le lecteur et l’entraîne subtilement dans la direction voulue sans qu’il se rende compte qu’il se fait berner. La sensation au moment de la révélation est un peu désagréable façon « tout ça pour ça » car la lecture n’était pas non plus des plus captivantes et il était temps que ça se finisse mais, a posteriori, il s’agit tout de même d’une belle manipulation qui requerrait presque une seconde lecture pour voir les détails passés inaperçus la première fois. Sauf que le livre n’est de toute façon pas l’un des meilleurs de l’auteur et malgré ce twist final, il reste sans saveur particulière et assez anecdotique.

Note :