Avis : Cinderalla de Junko Mizuno

Initialement publiée sur Cinemasie le 13 avril 2004 avec la note naturellement psychédélique de 3/5.

C’est ma poupée, ma poupée psyché, ma poupée psychédélique

C’est une bien étrange petite chose que IMHO nous propose en sortant Cinderalla. Des « machins » comme ça, il y en a suffisamment peu (voire même pas du tout) en France pour qu’on s’y attarde un minimum. La couverture donne déjà une bonne indication sur le contenu du volume avec cette jolie jeune fille ultra-kawai aux grands yeux noirs qui mange des brochettes d’oiseaux juteux. Et ce n’est que le début des réjouissances.

Tout commence plutôt bien pour la jolie Cinderalla qui travaille dans le restaurant de son père dont les yakitoris sont célèbres dans toute la région. Sauf que tout de suite c’est le drame. Le père meurt d’une indigestion à la deuxième page et Cinderalla doit l’enterrer au sens propre. Pelle à la main et bas résille aux pattes, une seule question la travaille : Mais qui va faire les yakitoris maintenant ? On ne voit pas encore comment va être introduite la référence au conte pour enfants d’origine mais on peut d’ores et déjà profiter du style très particulier de l’auteur. Le ton est léger, les scènes s’enchaînent à toute vitesse et sans transition superflue donnant une progression très dynamique de l’histoire. Quant au dessin, qui a lui seul vaut le détour, il a beau jouer la carte de la simplicité et du trait rond et gras sans fioriture, ça devient tout de même un autre monde quand la couleur rencontre le manga (avec un petit coté Powerpuff Girl sur les bords). Les tons sont pastels, les fleurs, les étoiles et les cœurs envahissent le décor. C’est complètement pop/psychédélique et ça risque d’en faire fuir pas mal. Rajoutons à cela que Mizuno est fan de Russ Meyer et que ça se voit sur ses planches autant au niveau de certaines poses qu’avec les deux demi-sœurs à forte poitrine et/ou petites tenues qui sont de bonnes représentations de la femme selon Meyer.

A partir de l’arrivée de la belle-mère et de ses filles, on commence à retrouver ses marques par rapport au conte d’origine. La jeune héroïne fleur bleue se retrouve à faire tourner le restaurant la nuit et à faire des soutiens-gorges pour l’une des ses demi-sœurs le jour tout en nourrissant les plantes du jardin avec ses essais ratés de sauce pour yakitoris. Heureusement que le prince du rock se présente à elle un jour. Dit comme ça, ça ne paraît pas très révolutionnant sauf que les trois quarts des personnages sont des zombies verdoyants à la peau de Narn qui n’hésitent pas à s’arracher des parties du corps tout en dégoulinant du visage. Qu’en plus le tout est teinté d’érotisme léger avec pas mal de plans culotte et quelques petites poitrines de Cinderalla non dissimulées. Pas la peine d’essayer de refiler ça à un enfant, non seulement ça a de fortes chances de le traumatiser mais en plus il risque d’être assez hermétique à l’humour caustique environnant. Puis il n’est pas dit que l’objet (que je ne spoilerai pas ici) remplaçant la traditionnelle chaussure de vair soit très apprécié. Pour les plus grands, ce mélange d’innocence du dessin avec un fond beaucoup plus macabre est assez plaisant à découvrir.

A noter que l’adaptation française vient de la version américaine dont on retrouve d’ailleurs les onomatopées et une interview de cette auteur au parcours assez atypique qui nous offre une œuvre qui ne l’est pas moins. Dommage que quelques coquilles aient survécu à la relecture.

2 thoughts on “Avis : Cinderalla de Junko Mizuno

  1. C’est pour moi ca LOL J’aime bien l’idee de reprendre les classiques… C’est pas nouveau (les films X l’ont fait aussi hihi) mais ca fait de la lecture originale.

  2. On pourra toujours te le prêter quand on déballera nos cartons au retour si tu es toujours dans les parages. Sinon il est dispo aux Etats-Unis chez Viz.

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