La Tour fantôme, tome 1 de Taro Nogizaka

Avis tramés

La tour Fantome T1_Couv Présentation de l’éditeur : En 1952, une vieille femme fut retrouvée, les os brisés, attachée aux aiguilles du cadran d’une horloge au sommet d’une tour.
Deux ans plus tard, Taïchi Amano est victime de la même agression, dans ce lieu qu’on surnomme désormais la « Tour fantôme ». Mais il est sauvé in extremis par Tetsuo, un garçon étrange en quête d’un trésor lié à l’inquiétante tour. L’appât du gain entraîne alors Amano dans une aventure aussi inattendue que dangereuse…

Avis : Une femme dans le gris d’Alice Muriel Williamson, roman de la fin du XIXe siècle n’a eu de cesse au fil des années d’inspirer les auteurs (Ruiko Kuroiwa, Edogawa Ranpo) et les réalisateurs (James Vincent, Kôzô Saeki). Au Japon, hormis les diverses adaptations et réinterprétations libres, il aura aussi donné naissance à un feuilleton télé et un autre radiophonique, ainsi que le présent manga signé Taro Nogizaka : La Tour fantôme.

Taïchi, héros sans grandeur, raté, veule, volontiers menteur et sans le sou, a développé une fascination certaine pour les romans policiers, les magazines pour adultes et le meurtre mystérieux de la tour fantôme. Sa rencontre avec Testuo, être aussi androgyne qu’énigmatique, va le placer au cœur même d’une intrigue dont il ne mesure absolument pas les réels enjeux. Poussé par des sentiments peu nobles (avidité, envie) et son désir de plaire à une jeune femme inaccessible, il prend part à ce jeu de manipulation à plusieurs niveaux dans lequel il est encore bien difficile de déterminer qui manipule qui exactement.

Ce premier tome a le mérite de poser de façon efficace les jalons pour la suite. Sur fond de chasse au trésor, l’ambiance se fait rapidement malsaine et inquiétante ; aucun personnage ne semble digne de confiance et même Taïchi n’est pas des plus sympathique. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant de voir la noirceur aller crescendo dans les tomes à venir. Graphiquement, le style est plaisant, les visages jolis et expressifs, mais l’abus de gros plans et de plans moyens semble servir avant tout à masquer quelques problèmes de proportions, notamment au niveau des mains. Même si ce titre est un seinen, l’auteur aurait par ailleurs pu s’abstenir de glisser des éléments assimilés à du fan service qui n’apportent rien à une histoire qui se suffit très bien à elle-même. Heureusement, il en faudra plus pour faire renoncer à la lecture de la suite d’ores et déjà annoncée pour le 21 mai 2014. Une affaire à suivre.

Avis également publié sur Onirik.net

2 thoughts on “La Tour fantôme, tome 1 de Taro Nogizaka”

  1. Merci pour cet avis. L’histoire comme les graphismes me tentent, mais il semblerait qu’on n’ait pas encore assez d’éléments pour connaître l’orientation du titre.
    J’aime bien le suspens et les intrigues policiers, moyennement le macabre et le gore. Et pas du tout Death Note. Je ne sais pas si les similitudes sont nombreuses à part le jeu de manipulation et le personnage androgyne, mais ça m’y a fait penser.

  2. Je n’ai lu quelques autres avis qu’après avoir écrit le mien, et effectivement certains ont l’air de dire que la suite n’est pas aussi noire que ce que ce tome 1 pourrait laisser pressentir. Il y a, pour moi, avant tout une ambiance dans ce manga. Le personnage principal m’a vraiment fait penser à ceux des romans d’Edogawa Ranpo, j’ai d’ailleurs employé le mot « héros », mais il n’en est pas un. Il y a quelque chose qui pourrit au fond de lui, et qui ne le rend pas vraiment sympathique. Mais c’est ce qui fait aussi son charme dans un sens. Je ne sais pas si ce titre a des chances de devenir un grand titre, mais il reste plaisant à lire pour le moment.
    Pour ce qui est de la comparaison avec Death Note, ce n’est qu’une impression. Je n’ai jamais pu dépasser le tome 6, trop capillotracté, trop invraisemblable, bref fatigant à lire.

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