Leçons de môvaise éducation d’Antoine Buéno

lecon4ème de couverture : Si tu rigoles pas trop dans la vie, ça va pas te plaire. Et, surtout, si t’aimes bien les petits nenfants, casse-toi ! Mais si t’es un peu une ordure, que tu kiffes bien South Park (ou Desproges, si t’es une personne âgée), t’achètes ce livre tout de suite ! Sinon tu le regretteras toute ta vie et tu seras très malheureux(se) ! C’est quoi ce livre ? Bah, des leçons de mauvaise éducation, pour que tu apprennes aux petits nenfants de 8 à 13 ans à réaliser leur potentiel de crapulerie naturel : désobéir, mentir, taper, espionner, voler, fuguer, picoler, baiser, tuer… Vivre quoi ! Parce qu’avant 8 ans, ils sont trop cons. Et à partir de 13 ans, le code pénal leur tombe dessus. Mais entre les deux, c’est l’éclate totale ! Sauf que les pauvres petits nenfants, ils le savent pas. Et donc, ils peuvent pas bien en profiter. Heureusement, voici le mode d’emploi ! Mais comme ce livre, il est hyper trash, il est interdit aux moins de 13 ans. C’est con la vie ! Bueno le clown

PS : Au cas où que t’es trop neuneu pour lire un livre sans images, y’a des dessins rigolos et même des jeux.


Prérequis (attention, il est quasi-essentiel) : avoir vu quelques épisodes de South Park, de préférence en français, pour bien avoir la voix d’Eric Cartman et son phrasé en tête, sinon ça marche beaucoup beaucoup moins bien. Au cas où, je vous mets deux extraits :


(J’en glousse encore.)

Maintenant que vous le tenez, ne le lâchez surtout plus jusqu’à la fin du livre. Je dis bien : du livre, pas de cet avis. Moi, c’est Daria, pas Eric.

Ce qui suit n’est plus ou moins pas un avis
S’il y a une chose que les enfants savent très bien faire, ce sont des conneries. C’est en en faisant qu’ils découvrent les limites de leur entourage, de la société et d’eux-mêmes au passage. Pour autant que la troisième loi de Newton se mette en marche de façon adéquate. En tout cas, il ne faut jamais sous-estimer un petit merdeux (que l’on appellera Murphy pour l’occasion) ; il sera toujours capable d’étonner par son imagination et sa capacité à emmerder un maximum. Ça n’est pas pour rien que c’est à cet âge qu’on a des super pouvoirs ; le premier étant sans doute celui d’être super chiant. Bref, apprendre à un enfant à faire des conneries, ça revient peu ou prou à apprendre à un singe à faire la grimace. De là, on peut donc douter de l’utilité d’un tel manuel. Pourtant, il reste encore quelques raisons de le lire.

L’altruisme de l’auteur déjà, parce que c’est beau tout simplement. L’effort d’optimisation de la capacité de nuisance de Murphy est indéniable et comme chacun sait optimisation et optimisme sont de la même famille, c’est donc forcément une bonne chose. En plus, ça sauvera des chatons. Ainsi, plutôt que de passer sa vie d’adulte à gnognoter sur son complexe d’Œdipe non résolu, autant tuer le père et ensemencer la mère le plus tôt possible. Tous les ingrédients pour réussir dans cette entreprise sont dans le livre. Sans parler des perspectives d’avenir que le manuel ne mentionne même pas mais qu’il est facile d’imaginer : l’esprit « Mais non, c’était pour rire » (Leçon 7) peut mener loin dans la vie. Vous pourrez ainsi espérer devenir journaliste chez Minute ou, encore mieux, Dieudonné plus tard. Pour le poste Desproges, c’est grillé d’avance par contre ; la classe, ça ne s’apprend pas.

Une petite déception cependant. S’il y avait un ouvrage incontournable à suggérer à Murphy pour parfaire son éducation, c’était bien l’Anarchist Cookbook. Autant apprendre à lire en s’amusant, n’est-ce pas ?

Et il n’y en a pas que pour les mioches là-dedans. Parce qu’il y a pire que l’enfance de leur progéniture pour les parents. Il y a…la crise d’adolescence. Et là, clairement, ce livre a été pensé pour les y préparer à l’avance (enfin, s’ils sont encore en vie bien sûr). S’ils sont un tant soit peu lucides, ils flipperont tellement en le lisant, qu’ils investiront dans un bon congélateur ou un parpaing et une corde. C’est connu, il vaut mieux prévenir que guérir. S’ils manquaient cependant de courage pour lancer la première frappe, il ne resterait plus qu’à leur en souhaiter beaucoup pour la suite…

Et plus sérieusement ? Il faut admettre que ce livre a un petit goût inavouable de madeleine. Que celui qui n’a jamais fait une connerie entre 8 et 13 ans me jette la première pierre ! Sans aller jusqu’à se frotter à l’article 122-8 sans en craindre les conséquences (on va dire qu’il y a pire que les sanctions éducatives), il y a des souvenirs qui resurgissent d’entre lignes. Parce qu’un jour, on a tous eu des super pouvoirs, on a tous fait des caprices pour avoir un jouet en plastique pourri made in China, on a tous accusé la grande sœur et en plus ça a marché, elle s’est pris la baffe (enfin, pas moi, je suis enfant unique), on a tous menti pour se couvrir (mais malheureusement, les parents avaient aussi un super pouvoir : ils savaient tout de suite quand on mentait…), et on a tous réussi notre coup au moins une fois et les parents n’en savent toujours rien aujourd’hui. Inutile de préciser qu’il y a de quoi en retirer une certaine fierté, mais juste au cas où il n’y aurait pas prescription, mieux vaut garder le silence quelques années supplémentaires tout de même.

Rappelons pour conclure qu’il y a deux actes qui ne sont pas encore punis par la loi et qui ont prouvé leur efficacité à travers les âges sans faire des traumatisés à la pelle : une gifle et/ou une fessée bien senties. Qui aime bien châtie bien, donc, toujours dans l’esprit de la troisième loi de Newton, plus la connerie sera grande, plus la baffe sera mémorable. Si si, ça a été testé et approuvé par la partie adverse. Malheureusement, la pratique semble se perdre de nos jours, alors, comme dit plus haut, il ne reste plus qu’à souhaiter bon courage pour la suite à ceux qui ne savent pas s’imposer… Murphy fera sa loi.

PS : Chez certains, ce sont les salsifis, chez d’autres le céleri, j’attends toujours qu’on m’explique les épinards à la crème (oui, je manque d’originalité, désolée).
PPS : Comme il n’y a pas de raison que seuls les enfants aient droit à un guide de mauvaise conduite, je signale l’existence de cet ouvrage : How to Traumatize Your Children: 7 Proven Methods to Help You Screw Up Your Kids Deliberately and with Skill, qui permettra aux parents de se surpasser.
PPPS : Vous avez remarqué comme je n’ai pas dit que j’avais beaucoup ri en lisant ce livre ? Il y a sans doute une raison à cela…

southpark

Et ça, c’est juste pour le plaisir de la private joke.