Crépuscule d’acier de Charles Stross

crepusculePrésentation de l’éditeur : Nouvelle République, planète plutôt arriérée et en tout cas coincée côté culture pour ce xxve siècle, subit l’invasion du Festival. Le Festival est une société galactiquement itinérante post-Singularité. Elle fait pleuvoir sur Nouvelle République une nuée de téléphones qui ne disent qu’une chose : « Bonjour. Tu veux bien nous distraire ? » De la réponse dépend la récompense. Ainsi, des armes. Il n’en faut pas plus pour déclencher la Révolution. Et pour conduire les autorités à imaginer pour la vaincre de remonter le temps. Et risquer l’anéantissement de cette partie de la Galaxie, car l’Eschaton déteste qu’on touche à son histoire. C’est qui, l’Eschaton ?

Avis : A tous ceux que Palimpseste aurait refroidis, sachez que Crépuscule d’acier n’est pas Palimpseste. La construction est somme toute beaucoup plus classique et s’ouvre donc à un plus large public. L’introduction a le mérite d’être percutante et de plonger directement dans l’action, l’histoire prend le temps de se développer et les personnages sont définitivement plus attachants plus rapidement, avec un touche de mystère les entourant très bien dosée. La complexité arrive bien plus tard et reste cantonnée à deux ou trois passages effectivement ardus, à la limite de l’indigeste. S’il fallait faire un reproche à l’auteur à ce sujet d’ailleurs, c’est de n’expliquer certains phénomènes que 50 à 100 pages après leur introduction. Je pense en particulier à tout ce qui entoure les mécanismes du voyage dans l’espace-temps qui sont assénés au lecteur sans ménagement, pour n’être rendus pleinement compréhensibles qu’après coup. Mais que cela ne soit pas synonyme de découragement. L’univers en lui-même vaut vraiment le détour, notamment grâce à ses sociétés qui fonctionnent à différentes vitesses en divers lieux de l’espace (certaines refusant le progrès et se maintenant dans des régimes politiques d’un ancien temps proches de la féodalité ou du communisme, d’autres ayant franchi le pas de l’homme augmenté et des assembleurs moléculaires grâce aux nanotechnologies. Choc des cultures en perspective.

Ce qui a attiré mon attention sur ce titre est la société post-Singularité citée en quatrième de couverture, et, avec Palimpseste en tête, je m’attendais vraiment à quelque chose de plus complexe et fouillée, quitte à souffrir un peu, l’ouvrage étant beaucoup plus épais. Pour le coup, j’ai trouvé ça un peu trop léger, avec des prémisses intéressantes, mais qui finalement ne vont pas assez loin. Le Festival et l’Eschaton restent des énigmes pendant la plus grosse partie du livre, mais une fois la vérité révélée, ne sont plus assez exploités. En tout cas, j’aurais bien souhaité en savoir plus. Dans un sens, c’est une petite déception par rapport à mes attentes. Pour vraiment l’apprécier, il aurait fallu que je l’aborde dès le départ comme un Andrea Cort (série d’Adam Troy Castro) : mystère, enquête, technologie, action, un peu de romance et la découverte de nouveaux mondes. Sans réelles ambitions autres que de faire vivre une grande aventure au lecteur, Crépuscule d’acier est plutôt réussi, et les pages tournent très vite. Mais, pour moi, il manquait un petit quelque chose de plus pour en faire un grand bouquin.