Calendar d’Atom Egoyan

Calendar J’ai beau dire que je suis fan d’Atom Egoyan depuis des années, qu’Exotica est un de mes films fétiches, je suis bien loin d’avoir vu l’intégralité de sa filmographie. Séance de rattrapage donc avec Calendar dont je ne savais rien avant d’appuyer sur play.

Résumé piqué sur Wikipédia : Un photographe canadien d’origine arménienne se rend en Arménie pour photographier des églises destinées à illustrer un calendrier. Il est accompagné de sa femme (Arsinée Khanjian), également d’origine arménienne mais qui parle la langue alors que lui ne parle pas arménien. Ils engagent un guide pour qu’il les conduise jusqu’aux églises qu’il doit photographier.

Avis : Attention ! Film expérimental ! La structure du film est celle du calendrier du titre et est répétitive à souhait. Un plan sur le calendrier, une fontaine à eau et un message laissé sur un répondeur. Puis le moment où le narrateur hors champ, accompagné de sa femme et d’un guide, prend la photo d’une église apostolique en Arménie pour illustrer le fameux calendrier. Enfin, ce même narrateur chez lui, en train de dîner avec une femme toujours différente qui va s’absenter pour passer un coup de fil toujours au même moment du repas comme si c’était scénarisé (…), laissant au narrateur le temps de consigner quelques pensées par écrit. Passage au mois suivant, et ainsi de suite. Au fil des pages et des plans, c’est le récit d’une rupture qui finit par apparaître avec, en parallèle, un questionnement sur le sentiment d’appartenance à une culture quand on est la première génération à naître dans un pays qui n’est pas celui des parents. Un questionnement qui paraît très légitime quand on sait que le réalisateur est canadien d’origine arménienne. En dehors des visiteuses d’un soir dont le rôle reste assez obscur, il n’y a que trois personnages très symboliques : le narrateur d’origine arménienne qui ne ressent pas ce lien avec son pays d’origine qu’il est pourtant en train de parcourir pour le travail, sa femme qui s’interroge sur ce qu’elle va transmettre à ses futurs enfants (ce qui est d’ailleurs un des points de désaccord dans le couple), et le guide qui est arménien. La femme va finir par se rapprocher de lui sous le nez du narrateur ; ce dernier ne parlant pas arménien et ratant donc une grande partie de ce qu’il se dit entre sa femme et le guide.

L’histoire est somme toute très simple mais il y a cette mise en forme qui, même si elle ne vaut pas le travail d’Egoyan sur ses autres films, suffit à créer un petit effet « puzzle » efficace. Le film ne faisant que 74 minutes, ça passe plutôt vite et bien. L’effet carte postale n’est pas à négliger non plus. Et cerise sur le gâteau pour moi qui ai tellement écouté la BO d’Exotica au point d’en connaître les paroles par cœur (donc en arménien très approximatif), j’ai découvert avec beaucoup beaucoup d’étonnement que Mychael Danna avait en fait samplé des dialogues et autres chants monastiques de Calendar. Comme dans le morceau suivant qui me servira de conclusion :