Avis : Crazy Kouzu de Hiroyuki Asada

Également publié sur CinémAsie le 23 janvier 2004 avec la note ronde comme un ballon de 2.75/5.

crazy kouzuCrazy Kouzu cible a priori les fans de I’ll en priorité et c’est vrai que toute la première moitié de ce volume paraîtra assez nébuleuse à ceux qui ne connaissent pas les personnages. Ensuite, même pour un fan, l’utilité de cette compilation des chapitres de fin de tome plus la reprise du tout premier chapitre de la série est discutable à partir du moment où il est évident que le fan a déjà les tomes en question dans ses étagères. Alors qu’est-ce qu’on y gagne ? Grosso modo, 3 planches en couleurs et un plus grand format. Une traduction aussi qui, par un tour de magie tonkamien, n’apparaissait pas dans le tome 1 et pourtant elle vaut son pesant de cacahuètes et les connaisseurs apprécieront sûrement cette phrase imprimée sur la veste de Minefujiko (p.67) : « C’est en cachant ses blessures des amours passées dans la pénombre, que la femme, belle et pure, montre qu’elle peut vivre et surmonter les dangers de la nuit, cruelle et sanguinaire ». Curieusement aussi d’ailleurs, la traduction de ce premier chapitre ne correspond pas à la traduction dans le tome 1. Enfin passons. Le seul intérêt que je reconnais à cette partie dédiée à I’ll, c’est de regrouper des chapitres quasiment sans rapport avec le ballon orange et de laisser la part belle aux personnalités. Mis ensembles, ils forment un ensemble cohérent ampli de sensibilité, souvent introduit par un texte de l’auteur expliquant le fond de sa pensée au moment de l’écriture. Ça change des 160 pages d’énervement sportif de jeunes en quête d’eux-mêmes qui précèdent habituellement ces chapitres.

Le reste du tome est consacré à des histoires courtes écrites par Asada à ses débuts. Renka est le fameux projet dont il parle dans ces pages bonus de fin de volume en s’excusant de ne pas avoir le temps d’écrire le deuxième tome. Il s’agit ici d’un chapitre spécial sans introduction des personnages (le gars à lunettes d’aviateur au temps des shoguns, c’est assez étrange) ; ce qui est assez déroutant au départ et sans doute a-t-il plus d’impact sur les gens ayant pu lire le tome 1 (inédit en France). Tel quel, ça met du temps à prendre forme mais, au final, on aimerait bien lire la suite des aventures des 2 héros. Le style du dessin est quant à lui très proche de celui de I’ll, c’est-à-dire pas désagréable. Le chevauchement des deux séries expliquant sans doute cela.

Eccentric Dobatto et Pretty Bunny, les deux derniers chapitres vont bien ensemble puisqu’il s’agit dans les deux cas d’histoires de super-héros revisitées par Asada. On sent bien la jeunesse de l’auteur au moment de l’écriture d’ailleurs. Autant au niveau du dessin qui s’inspire de plein de styles différents (mais encore par le sien) qu’au niveau de l’humour très premier degré et des histoires dignes d’un délire de lycéen s’ennuyant en cours de philo (cf : Léo). Le pire dans ce truc aux références multiples, dont Cherry-Bunny-Miel, c’est que c’est vraiment drôle. Parfaitement idiot mais drôle. Ça n’est pas dit que tout le monde marche ceci dit, mais l’auteur a l’air de s’être fait plaisir.

Crazy Kouzu est à réserver aux fans de I’ll et/ou d’Asada au choix (gros questions/réponses en fin de volume pour ceux qui veulent tout savoir de sa vie). Si vous ne connaissez pas ces bestiaux, ce manga ne s’adresse pas trop à vous, la partie I’ll n’étant pas trop représentative du contenu de la série et étant plus un bonus/gadget ciblé. Cela dit rien n’interdit de tenter l’expérience.