Avis : Meurtre.com de Jeffery Deaver

Résumé (Livre de Poche) : En Californie, dans la Silicon Valley, royaume des nouvelles technologies, un jeu mortel a commencé. Peu avant les crimes, l’ordinateur des victimes subit un soft access : un inconnu s’y introduit via internet. Puis, grâce aux détails intimes stockés sur le disque dur, il tend son piège. Plus le meurtre est difficile à commettre, plus l’assassin semble se régaler.
La police, en faisant appel à Wyatt Gillette, un hacker surdoué, se lance dans une partie de cache-cache avec le tueur en série. Une traque effrénée entre réalité et cybermonde qui les entraînera dans les profondeurs de l’internet, cet « Ailleurs Bleu » où chacun avance masqué.

Avis : Ce livre m’a été conseillé par une amie de mon père. À la lecture du résumé, vous vous doutez sans doute pourquoi. Je n’avais pas lu beaucoup de techno-thrillers jusqu’à présent, les films étant plus mon support de prédilection pour ce genre particulier. Dans les deux cas, le problème principal reste le passage du temps auquel l’informatique, notamment, ne résiste jamais bien longtemps. Après coup, soit on a grandi avec et on regarde cette époque révolue avec une certaine nostalgie, soit on a raté le coche et ça fait juste vieillot. C’est en partie pour ça que je suis encore aujourd’hui capable de me délecter d’un énième visionnage de War Games. Je ne mentionne pas ce film des années 80 de manière totalement anodine. En effet, plusieurs personnages du livre font référence à une technique de piratage des lignes téléphoniques qui est celle utilisée par le héros dans le film. Les hackers du livre sont des David en puissance qui ont grandi et ont continué à s’investir corps et âme dans l’« Ailleurs Bleu ». Deaver invite le lecteur à rentrer dans leur univers à l’occasion d’un jeu du chat et de la souris tendu. Il a plutôt bien bossé son sujet et a su se mettre au niveau du lecteur lambda pour rendre accessible un jargon plutôt obscur pour les non-initiés. L’immersion n’en est que plus réussie même si ceux qui, comme moi, ont grandi avec une touche de clavier dans la bouche et étaient déjà connectés il y a 10 ans trouveront les explications souvent superflues et trop longues.

Oui, j’ai éprouvé une certaine nostalgie et j’ai beaucoup souri par moment, ce qui est plutôt positif. Ça a créé un lien avec la lectrice que je suis, mais, dans l’ensemble, je n’ai pas été plus emballée que ça par l’histoire. Il y a quelques rebondissements prévisibles et, encore une fois, je n’aime pas attendre 400 pages que le héros arrive à la même conclusion que moi ; j’ai l’impression de perdre mon temps. Le livre aurait certainement gagné en intensité avec 150 pages de moins et quelques retournements de situations mieux négociés et surtout moins nombreux. Par contre, je reconnais que le méchant est tordu juste comme il faut. Il est l’adversaire idéal pour Gillette et on se retrouve avec un duel intéressant entre deux individus qui maîtrisent parfaitement les règles du jeu. Au final, c’est à celui qui saura prédire le coup de l’autre le plus vite. Ou qu’un élément perturbateur vienne s’intercaler entre les deux.

Le style très simple de l’auteur (enfin, sa traduction) est propice à la détente et le livre se dévore à toute vitesse. Mais j’entendais tellement parler de Jeffery Deaver depuis des années, ayant quelques fans autour de moi, que j’en attendais sans doute trop. Maintenant que j’en ai lu un, je ne suis pas certaine d’avoir envie d’en lire un autre. Bien sûr le livre a mal vieilli mais, comme dit plus haut, ça n’est pas un aspect qui m’a vraiment dérangée, au contraire. C’est vraiment la gestion de l’intrigue et du suspense qui n’a pas réussi à m’emporter suffisamment. Et ça, ça me paraît essentiel pour qu’un thriller soit vraiment réussi.