Avis : Noise de Tsutomu Nihei

noiseInitialement publié sur Cinemasie le 25 mai 2003 avec la note de 3,5/5.

Trois ans après le début de la publication de Blame! arrive Noise qui se veut une sorte de préquelle explicative. On attendait donc beaucoup de réponses pour éclairer nos lanternes. Objectif partiellement atteint…

Nous voilà donc replongés dans cette structure souterraine avant que les humains ne succombent à l’épidémie qui les a fait disparaître et que la résosphère s’étende au-delà des limites de la planète. Une jeune enquêtrice se retrouve confrontée à une secte aux méthodes d’intimidation proches du vaudou qui dit être capable d’invoquer la force responsable le chaos du réseau. Pour seule arme, elle est dotée par le hasard d’une d’épée rectangulaire à la force aussi spectaculaire que l’émetteur de positrons de Killy. Elle paraît cependant beaucoup plus humaine en comparaison, allant même jusqu’à verser des larmes à plusieurs reprises. Mais autant l’avouer tout de suite, j’ai été déroutée par tout ce que le scénario insinue et au bout de deux lectures je n’ai toujours pas réussi à démêler tous les fils de l’histoire. En plus de cela, je m’aperçois que beaucoup de choses apparemment insignifiantes dans Blame! m’avaient complètement échappé et que j’ai plutôt intérêt à tout relire avec une approche modifiée par ce que j’ai appris dans Noise. D’un côté, on comprend certes mieux d’où viennent les sauvegardes, l’importance des implants terminaux (ce qui pouvait paraître complètement flou à cause des problèmes de traduction de Blame!), quelles sont les raisons de la disparition des humains et comment fonctionne la résosphère. Mais de l’autre côté, remettre les bouts d’information en place pour résoudre le puzzle et donner plus de cohérence à Blame! devient parfois un véritable casse-tête. À moins que je ne sois en train d’élaborer des théories bien plus compliquées que celles que l’auteur avait en tête. Ce qui me rassure tout de même c’est qu’en relisant Blame!, ça devient de plus en plus clair.

Coté dessins, pas de dépaysement possible puisque ce volume unique arrive en cours de parution de Blame! et se déroule dans le même monde (quelques siècles en arrière tout de même). Le trait est parfaitement maîtrisé. On retrouve une organisation de bâtiments gigantesques très enchevêtrée qui n’a pas l’air de voir la lumière du soleil bien souvent et des personnages longilignes aux corps en général torturés quand ils ne sont pas ceux d’humains. Dans cet univers glauque et ultraviolent, évolue notre héroïne au visage blanc et au corps délicat que l’on pourra même voir en petite robe d’été à un moment de l’enquête. Scène assez étrange d’ailleurs quand on a pris l’habitude des combinaisons uniformément noires. On se croirait presque dans un autre monde.

Quelques mots sur la courte histoire mettant en scène Killy à la recherche d’un scientifique. Première œuvre professionnelle de Nihei et ça se voit tout de suite. Le dessin n’est pas très beau à cause du manque de détails que ce soit au niveau des visages qu’au niveau des décors. Le Killy en question n’a pas l’air d’avoir beaucoup en commun avec le Killy de Blame! et les personnages ont une psychologie proche du néant. Pas de raison de s’attarder plus longtemps ; personnellement ça ne m’a pas apporté grand-chose. Il vaut mieux se concentrer sur le reste du volume qui est autrement plus dense en informations, en action et en rebondissements.