Magic Bites (Kate Daniels 1) d’Ilona Andrews

4ème de couverture (Fnac) : Kate Daniels va avoir du boulot pour rétablir l’ordre au sein des communautés surnaturelles. Un étrange personnage vêtu d’une cape s’amuse à répandre une espèce de peste magique et virulente qui rend les Changeformes fous. Alors que ce personnage, surnommé le Mary d’Acier, sème la panique un peu partout en ville, Kate découvre que celui qui se cache derrière tout ça a un lien avec sa propre famille…

Avis : S’il y a bien une chose que les couvertures de cette série (qu’elles soient américaines ou françaises) n’arrivent pas à refléter, c’est le côté « mercenaire » de l’héroïne. Kate Daniels est professionnelle, dure et déterminée, peu importe qu’elle soit mignonne, ou pas, ce qui compte c’est son caractère en acier trempé. Ce qui fait sa beauté, c’est le damas de son sabre. Premier conseil donc : ne vous fiez pas aux couvertures. Les Kate Daniels sont bien de l’Urban Fantasy mais du côté Dresden de la force. L’intrigue et l’action passent avant la romance et, comparé aux gros de la production actuelle, ça fait du bien d’avoir une héroïne de cet acabit qui ne se laisse pas marcher sur les pieds et surtout ne finit pas dans les bras d’un homme dès le premier tome. Même si la tension avec le fameux Curran laisse présager une montée en température prochaine. Elle est intelligente, pleine de ressources, indépendante et, cerise sur le gâteau, elle a un sens de l’humour imparable et sans borne. Avec son répondant, les répliques, déjà finement ciselées, fusent du tac au tac. Toute cette bonne énergie qui se dégage de la lecture a quelque chose de vraiment stimulant.

L’univers dans lequel se déroule l’intrigue est en plus à la hauteur de son héroïne. Il faut néanmoins sauter dans un train en marche pour saisir les règles qui le régissent, ce qui n’est pas forcément simple car il s’agit d’un monde complexe et longuement pensé. La technologie s’y oppose à la magie. Cette dernière rend les objets plus organiques alors que la technologie est froide et logique. Se rajoute à cela le fait que l’équilibre entre les deux glisse régulièrement, donnant l’avantage à l’une puis à l’autre, et la population doit donc en permanence composer avec la dualité du monde dans lequel elle vit. Ce qui n’empêche pas la magie de pulser à chaque page car elle fait également partie intégrante du personnage de Kate.

Autre surprise très rafraîchissante : les vampires. De nos jours, le vampire a la fâcheuse tendance à être beau et séduisant. L’héroïne est irrémédiablement condamnée à tomber dans ses bras à un moment ou à un autre. Ici, il y a peu de chances que ça se produise. Ilona Andrews a eu la bonne idée de redonner à la créature aux dents longues son aura de monstre. Et ça n’est pas joli à voir. Le bestiaire est d’ailleurs très varié et l’auteur n’hésite pas à s’approprier et à remodeler les mythes déjà lus et relus à droite et à gauche. Les lions prennent la place des loups, les méchants sont du vrai bon méchant comme il n’y en a pas assez et l’enquête est de très bonne facture, même si on peut lui reprocher son côté un peu prévisible par moment. Reste que l’héroïne porte ce premier tome sur ses épaules et elle s’en sort avec les honneurs. Kate Daniels est une série qui a un potentiel énorme et laisse présager une suite tout aussi passionnante, si ce n’est plus. A conseiller à ceux qui n’auraient pas encore succombé.