Mon diabète expliqué à mes amis 3/4

La pompe à insuline

Ça c’est le gros morceau malgré la taille de l’appareil.

La première chose à savoir c’est qu’une pompe se porte 24h sur 24. On vit avec en permanence et on dort avec. Bon, par contre, je ne me douche pas avec même si j’ai un modèle étanche. Les premiers jours, c’est un peu comme un fil à la patte mais on s’y fait très vite et on finit par l’oublier totalement, surtout que le confort de vie en contrepartie est immense ne serait-ce que par rapport aux 4 injections quotidiennes.

L’insuline est contenue dans un réservoir comme celui-ci. C’est le piston de la pompe qui va pousser l’insuline hors du réservoir.

La pompe en elle-même a deux fonctions mais n’a plus qu’un type d’insuline :

  • injecter en permanence de l’insuline pour assurer les besoins de base de l’organisme c’est à dire remplacer l’action de la Lantus dans mon cas. Et là où l’insuline lente était représentée sous forme d’une droite, la courbe de la basale injectée par la pompe est faite de creux et de bosses qui varient tout au long des 24h de la journée. Vous vous doutez qu’on ne consomme pas pareil la nuit et le jour, la pompe permet justement d’adapter heure par heure le débit en fonction du moment de la journée. Actuellement, mon schéma est composé de 5 plages horaires et je peux aussi définir jusqu’à 5 schémas de basale différents si j’ai une activité sensiblement différente le week-end par exemple (mais ça n’est pas le cas. Par contre au Japon, ça s’est avéré très utile).
  • injecter les bolus qui dans le cas de ma pompe se calcule à 0,1 unité près contre des pas de 1 unité avec les stylos. Il y a aussi moyen d’injecter un bolus de plusieurs façons.
    Standard : c’est comme avec un stylo, on injecte toute la dose d’un coup.
    Carré : on étale l’injection d’un bolus sur une période allant de 15 minutes à 4h. C’est utile dans les cas où le repas ne contient pas forcément beaucoup de sucres rapides. Cas particulier que je suis, j’injecte systématiquement tous mes bolus supérieurs à 3 unités avec ce mode-là. J’avais tendance à avoir des boules et des saignements sur le site d’implantation du cathéter probablement parce que je n’ai plus assez de gras en sous-cutané et que les bolus standards avaient tendance à traumatiser ma tendre chair. Le bolus carré sur 15 minutes a été le remède magique.
    Mixte : c’est un mélange des deux, d’abord une dose injectée d’un coup puis le reste diffusé sur une période plus longue. Chez moi, c’est l’idéal dès que je mange plus de 200g de féculents vu que ma glycémie continue à grimper pendant des heures après le repas à cause d’eux.

Actuellement j’ai une Accu-check Spirit Combo. Combo parce qu’elle est appairée avec le glucomètre du post précédent qui sert d’ordinateur de bord et de télécommande en plus de savoir donner la glycémie. Je fais une parenthèse rapide sur les cathéters et je reviens sur la pompe.

 

Les cathéters
Vissé sur le réservoir, il y a la tubulure (c’est à dire un petit tube de 40 à 60 cm de long) et à l’autre bout, il y a moi avec un cathéter glissé sous la peau. Les cathéters (KT) sont de deux types : tangentiel (on pique en biais avec un angle de 30 à 45 degré par rapport à la peau, c’est celui du haut) ou perpendiculaire (en bas). J’utilise des deux.

La pose peut se faire à la main ou avec un inserteur approprié comme celui-ci qui va avec le KT juste au-dessus :

Les KT se posent dans des endroits « gras » : bras, ventre, hanche, haut des fesses. Si vous êtes comme moi et que vous avez le ventre trop plat, ça sera bras et haut des fesses uniquement. Et surtout, le KT comme l’insuline du réservoir se changent tous les 3 jours. L’insuline est exposée à des variations de températures mais est surtout au chaud près du corps, du coup, on estime qu’au bout de 3 jours, elle commence à s’altérer. Le KT quant à lui ne doit pas être laissé au même endroit trop longtemps sinon ça peut entraîner des réactions locales comme des lipodystrophies. A la question : est-ce que ça fait mal ? La réponse est : la plupart du temps non, sauf quand on rencontre un vaisseau ou un nerf.

 

Pompe + glucomètre
Comme je l’ai dit plus haut, mon glucomètre est appairé avec ma pompe via bluetooth. Je peux piloter la pompe directement depuis le glucomètre sans avoir à la sortir (pratique si je suis en robe ou que c’est l’hiver et que j’ai 15 couches de pulls sur moi). Je retrouve un menu identique à celui de la pompe. En plus de ça, lors d’une glycémie avant de manger, je peux entrer la quantité de glucides de mon repas et en fonction de tout ça, le calculateur de bolus me dit combien injecter et je n’ai plus qu’à valider. Pareil en cas d’hypo ou d’hyper, elle est capable de donner la quantité de sucre à avaler ou combien injecter pour corriger et revenir dans les normes. Enfin, ça c’est la théorie. Si je l’écoutais je serais soit morte, soit en hyper de façon permanente.

A l’inverse, le glucomètre est capable de récupérer les données de la pompe (bolus, type de bolus, heure d’injection) et de faire la synthèse avec ses propres données (glycémie, heure des glycémies, quantité de glucides ingérés) pour faire des statistiques. Et là, pour le suivi c’est top. Comme je fais ça sérieusement, ça me donne une bonne visibilité sur 3 mois de l’évolution de mon diabète. Du coup, j’ai rarement des surprises lors des contrôles trimestriels.

Bientôt la fin (enfin, plus ça va plus je me rends compte que j’aurais facilement matière à faire au moins un cinquième post.)

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