Avis : Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette

4ème de couverture – Quatre-vingts ans après la défaite des forces de la Lumière face aux Ténèbres, le monde ne connaît plus que la nuit éternelle. Seul espoir de voir un jour se lever le soleil : la Quête. Tous les cinq ans, un groupe de cinq adolescents spécialement entraînés part à la recherche de l’Étoile du Matin, arme légendaire, seule capable de lever la malédiction divine qui frappe l’humanité.

 

Avis – Il est fort probable que l’évocation du nom de Maïa Mazaurette ne vous dise rien ou alors vous suivez la vie de la blogosphère et vous savez qu’elle aime bien parler de ce qui se passe en-dessous de la ceinture. Les lecteurs de ses blogs qui sont restés attentifs aux détails de son parcours ne seront pourtant pas étonnés d’apprendre qu’elle est aussi auteur de livres de fantasy et de SF. Dehors les chiens, les infidèles fait partie de la première catégorie et s’avère assez surprenant. Tout d’abord parce que son écriture est de qualité, à la fois très agréable et travaillée. Ensuite parce que l’idée de base est aussi bonne qu’intrigante. Imaginez un monde où la religion est vraiment l’opium du peuple, où tout l’espoir se concentre, génération après génération, dans cette unique quête de l’Étoile du Matin. Les hautes-instances contrôlent le petit peuple grâce à un endoctrinement efficace et la peur des adorateurs de Satan tandis que, sur la route, plusieurs groupes de quêteurs cherchent l’épée qui sera le salut de tous. Parmi eux, il y a celui de nos héros dont on comprend rapidement que la jeunesse est synonyme d’esprits malléables. Leur croyance aveugle en Dieu leur donne pour la plupart la force de continuer sans se poser de questions jusqu’à tenter ce qui visiblement n’a jamais été tenté avant : se rendre en terrain ennemi pour voler des documents qui pourraient détenir la clé de la quête. C’est là que débute l’aventure.

 

Ce qui peut paraître le plus étrange à la lecture de ce livre, c’est de devoir accepter la possibilité de l’existence même de Dieu et de ses interventions miraculeuses. Car oui, l’aspect fantastique de l’histoire repose principalement là-dessus. Les aberrations de la nature ont des causes plus rationnelles. Pour un esprit cartésien à forte tendance athée, il y a un moment de flottement où le choix doit s’opérer entre : Je suis dans un livre de fantasy, beaucoup de choses sont possibles après tout alors pourquoi pas ça. et Je suis dans un livre de fantasy mais l’obscurité doit avoir une autre cause plus « fantastique » et tout va s’expliquer autrement.. Surtout que l’auteur joue habilement sur cet aspect et fait douter tout le monde, autant ses quêteurs que le lecteur. Est-ce que cette quête n’est pas qu’une excuse des puissants pour faire miroiter au peuple des jours meilleurs et le manipuler ? L’Étoile du Matin n’est-elle pas un symbole inventé de toutes pièces qui ne vaut pas mieux que l’oie sauvage du diction américain ? A tout moment on s’attend à trouver une explication autre à cette absence de soleil qui cause déformations, famine, pauvreté… Mais, après tout, le doute ne va-t-il pas de pair avec la foi ?

 

Une chose est sûre, il faut sacrément croire pour continuer à vivre dans un monde comme celui-ci. L’ambiance est noire et crasseuse, la violence quand elle se manifeste est brutale et la science, depuis longtemps éradiquée, est l’ennemie absolue de la foi. Les conditions de vie sont intenables et pourtant personne ne se révolte. Nos héros racontent l’histoire à tour de rôle et donnent une vision tantôt pessimiste, tantôt naïve de cet univers. Ce changement de point de vue permet de se rendre compte qu’ils ne sont pas si simples à cerner et, même quand on croit avoir compris leurs intentions, ils arrivent encore à surprendre. Ils ont des secrets, des blessures, des ambitions et des destins. Ils sont passionnants à voir évoluer même si la déception sera parfois au rendez-vous. Quant à l’intrigue, elle se déroule de manière assez inattendue puisque la quête en elle-même s’interrompt finalement très tôt pour laisser place au chaos. C’est plutôt dans ce qui suit que reposent les véritables enjeux. A ce moment crucial où l’épée réapparaîtra, qui sera là pour s’en saisir et mener le peuple vers la lumière ? Guerre, amour, politique, foi, trahison, manipulation et miracle. L’aventure est mouvementée et prenante mais ce qui est encore plus appréciable, c’est de tomber sur une histoire qui interpelle le lecteur et le force à se poser des questions qui dépassent le cadre du livre. Intelligent et bien mené.

Note :

4 thoughts on “Avis : Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette

  1. Je ne suis vraiment pas fan de l’auteure, ou du moins de ces chroniques qui sont quand même un gros ramassis de clichés sur les rapports hommes/femmes (tout en essayant de les casser, le comble donc). Mais je ne savais pas qu’elle était aussi auteure de SF, je me coucherai moins bête donc. xD

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