Avis : A Clash of Kings (A Song Of Ice and Fire 2) de George R.R. Martin

Synopsis (traduction maison) :
Une comète couleur sang et feu fend le ciel. Et de l’antique citadelle de Dragonstone aux rivages inhospitaliers de Winterfell, règne le chaos. Six factions combattent pour prendre le contrôle d’un pays divisé et du trône de fer des sept royaumes, se préparant à présenter leurs revendications au milieu de la tempête, des tourments et de la guerre. Il s’agit d’une histoire où les frères complotent contre les frères et les morts se relèvent la nuit. Ici une princesse se fait passer pour un garçon orphelin ; un chevalier de l’esprit prépare un poison pour une sorcière traîtresse ; un sauvage descend de la Montagne de la Lune pour saccager la campagne. Sur fond d’inceste et de crime fratricide, d’alchimie et de meurtres, la victoire pourrait échoir aux hommes et femmes faits d’acier aux cœurs les plus froids. Car quand les rois se battent, c’est le pays tout entier qui tremble.

 

Avis : La lecture du premier tome avait été tellement éprouvante qu’elle m’avait littéralement mise sur les rotules et j’avais volontairement décidé d’attendre au moins un mois avant d’attaquer la lecture de la suite. Finalement ça a été deux mois et une bonne chose. A Clash of Kings est assez différent de A Game of Thrones. Le rythme y est encore plus lent mais l’histoire toujours aussi dense, voire encore plus. Le pays est au bord du chaos, les armées sont en marche et les seigneurs de guerre se regardent en chien de faïence. C’est à qui aura le plus d’alliés pour écraser l’autre et prendre de force le trône. La politique est donc véritablement le centre de l’intrigue. Martin a positionné ses pions (comprendre ses narrateurs) en des points stratégiques du royaume de façon à pouvoir suivre l’action là où elle se déroule. Certains personnages vont du coup s’éclipser, comme Robb qui est physiquement absent de la quasi-totalité du livre. Daenerys aussi reste assez discrète même si une sorte de tension monte progressivement autour d’elle. Alors, qu’au contraire, la nouvelle fonction de Tyrion le place au cœur des intrigues de la cour. Ce tome est véritablement son tome. On ne doutait pas une minute de son intelligence, c’est ce qui fait son charme après tout, mais ici il se surpasse pour le plus grand plaisir du lecteur. Ses joutes verbales et ses manipulations face à Varys, Baelish et Cersei, entre autres, font trépigner tellement elles sont exécutées avec maestria. Que du bonheur et que de retournements de situations !

 

Maintenant que l’on connaît bien la plupart des personnages principaux, les sentiments envers eux ne sont que plus forts. Certains inspirent une véritable admiration, d’autres une haine et un dégoût des plus profonds. D’autres encore, une tristesse infinie. Et dans un cas comme dans les autres, il n’y a qu’une seule crainte : que leur sort ne soit pas celui qu’on leur souhaite, en bien ou en mal. Une belle preuve, s’il en fallait une, que l’auteur a su créer des personnages qui font réagir le lecteur et ne le laisse jamais indifférent. Martin avait frappé très fort avec le tome 1. Il est parfaitement capable de sacrifier des personnages très importants de l’histoire et, bien sûr, ça joue beaucoup sur la façon dont on aborde le second tome. Personne n’est à l’abri et Martin sait que le lecteur le sait. L’angoisse est là, viscérale et permanente. L’honneur et la gentillesse sont-ils destinés à disparaître et les méchants et les fous à survivre ? C’est un peu comme un cauchemar dont on ne semble pas réussir à se réveiller. C’est toujours plus noir et il n’y a pas vraiment de lumière au bout du tunnel. Mais n’oubliez jamais ! George RR Martin est un habile manipulateur.

 

A Clash of Kings reste fidèle au premier tome, tout est dans le détail qui donne véritablement l’impression d’être sur les lieux et de profiter aussi bien de l’image que du son. Boue et pluie au nord du Mur. Air iodé à Iron Islands. La bataille de la fin est quant à elle tout simplement grandiose, visuelle, brûlante. Ça sent le soufre et le sang à plein nez. On est au cœur de l’action. Oserai-je dire que j’ai hâte de la voir portée à l’écran, tout en sachant qu’elle ne sera de toute façon pas à la hauteur de mes espérances (On a bien vu à quoi ont été réduites les grandes scènes de guerre du tome 1 malheureusement…). Westeros est un univers qui évolue. On pensait avoir saisi les grandes règles qui le régissent mais la chose qu’on avait pu sentir aux travers de quelques références dans le tome 1, c’est que la magie qu’on nous disait éteinte depuis longtemps est en train de renaître et elle est présente à nouveau aux quatre coins du territoire. Même l’histoire avec les Direwolves prend une tournure assez inattendue qui change la donne pour les enfants Stark. Comme quoi, il reste encore bien des choses à découvrir sur ce monde d’une très grande richesse.

 

Un dernier petit mot pour dire à quel point les choses se corsent : ça y est, il y a tellement de personnages secondaires qu’il est dur de s’y retrouver (et non ! La liste de fin de tome n’est pas assez exhaustive pour être d’une quelconque aide) mais l’un dans l’autre c’est plutôt une bonne nouvelle, ça donnera une bonne excuse pour relire la série un jour. En attendant, et contrairement à mon sentiment après la lecture du tome 1, je pense moins attendre pour lire la suite. La pause est forcée cette fois car j’étais vraiment dans le bain et prête à repartir pour un tour mais j’ai peur de commencer à être hantée par ces personnages et ce monde.

“Good. The longer Cersei waits, the angrier she’ll become, and anger makes her stupid. I much prefer angry and stupid to composed and cunning.”

Tyrion Lannister

How they loved to promise heads, these men who would be king .

Catelyn