Avis : A Game of Thrones (A Song of Ice and Fire 1) de George R.R. Martin

Synopsis : Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s’en sortiront indemnes… (J’ai Lu)

 

Avis : Je ne sais plus d’où est venue l’envie de lire ce livre. Sans doute du buzz que la série a commencé à faire il y a quelques mois, bien avant sa diffusion sur HBO. Peut-être aussi que l’avis d’Armalite aura été la pichenette finale. Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais lui mettre 5/5 à la fin. Je suis tombée immédiatement sous le charme du style de l’auteur, de ses tournures de phrases et de leur rythme, du vocabulaire utilisé. J’ai été soufflée par la puissance de ses mots qui rendent palpable son univers. Sa façon de décrire dans le détail les lieux et les personnages en rebutera plus d’un et il vaut mieux être prévenu. Ailleurs, ces descriptions auraient sans doute alourdi le récit, ici elles l’enrichissent. On ressent le froid mordant du Nord au pied du Mur, la chaleur étouffante du Sud, l’escarpement du chemin qui mène à Eyrie et la saleté des bas quartiers de King’s Landing. Même le sang laisse un goût métallique dans la bouche. Pas besoin d’images pour voir Westeros, tout est déjà là dans les mots.

 

Dans ce premier tome, l’accent est mis sur des personnages de 3 familles. Principalement les Stark (Eddard, Catelyn, Jon, Sansa, Arya, Bran), un membre de la famille Lannister (Tyrion) et Daenerys Targaryen. Ils sont les multiples points de vue qui donnent leur perception de l’avancement de l’histoire au lecteur ; ce qui permet à celui-ci d’en savoir toujours plus que les personnages (il est d’ailleurs intéressant par moment de se poser la question de qui sait quoi finalement) mais ne l’empêche pourtant pas d’être manipulé à loisir par l’auteur. L’échiquier est sans pitié pour les pièces en présence et les sentiments éprouvés sont parfois violents. Haine, peur au ventre, amour inconditionnel, impuissance, colère… Ce roman prend aux tripes et reste, en ce qui me concerne, une expérience puissante et totalement inédite. J’ai plusieurs fois fini un chapitre le soir en me demandant s’il n’allait pas venir me hanter dans mon sommeil. J’ai enragé devant l’injustice, tremblée devant l’incompréhensible et j’ai pleuré aussi.

 

L’auteur aime également jouer sur les métaphores. Beaucoup de choses qui pourraient passer pour des détails prennent finalement un tout autre sens à mesure que l’histoire avance. Un exemple flagrant c’est bien sûr la découvert des petits direwolves (Canis dirus) dont la mère a été tuée par un cerf qui lui-même a succombé à ses blessures. Les emblèmes des maison Stark et Baratheon étant respectivement le Direwolf et le Cerf, on ne peut pas faire plus symbolique. Le livre est parsemé de ce genre d’allusions plus ou moins évidentes qui justifieraient sans doute une deuxième lecture (mais plus tard, il faut déjà digérer la première).

 

Que dire des personnages ? Qu’on les aime, qu’on les déteste ou qu’ils laissent indifférent car ils sont juste des seconds rôles de passage cantonnés à l’arrière-plan, ils ont le mérite d’être tous bien présents et en très grand nombre. L’œuvre est réputée en partie pour ça et maîtriser la généalogie des principales familles n’est que la base. Mais pourtant, parole de quelqu’un qui n’a aucune mémoire des noms propres, la majorité d’entre eux sont tellement bien décrits, physiquement et fonctionnellement, qu’ils prennent littéralement vie sur le papier et ça permet de se souvenir d’eux plutôt facilement. La plupart sont complexes et même s’ils ne sont pas du « bon côté », ils ont tous leurs motivations et leurs ambitions qui justifient leurs actions. Difficile alors de les voir comme de simples protagonistes que l’on peut ranger dans la case « gentil » ou la case « méchant ». Les choses ne sont pas si aisées. On dit aussi souvent qu’il y a certains personnages que l’on aime détester dans une histoire. Ici, il y en a certains que l’on ne prend aucun plaisir à détester mais que l’on déteste tout simplement du plus profond de son être. On leur souhaite le pire et pourtant on sait bien qu’ils sont un mal nécessaire auquel on n’échappera pas indemne. A Game of Thrones n’est pas un livre où on fait beaucoup de concessions. Les actions sont aussi violentes et sombres que les sentiments. Pas de quartier, pas de prisonnier. Là où il a du pouvoir il y a rarement de l’honneur. Vous êtes prévenus, ce livre vous montrera la noirceur de l’âme humaine dans toute sa splendeur et les beaux sentiments ne seront pas synonymes de fin heureuse. Pas pour l’instant en tout cas.

 

Depuis que j’ai terminé ma lecture, j’essaye de retrouver dans ma mémoire un livre qui m’aurait fait vivre une expérience approchante et je n’ai toujours pas trouvé. Le deuxième tome est déjà en route mais comme dit plus haut, il va me falloir le temps de me remettre un peu avant de l’entamer. Puis pour lire autre chose aussi car A Game of Thrones demande un certain investissement et je suis un peu sur les rotules pour le coup. Mais qu’est-ce que c’était bon. Qu’on me laisse un bon mois et je tendrai l’autre joue.

PS : Si vous en avez la possibilité/capacité, la lecture en anglais est vivement recommandée. Et encore mieux, lisez-le avant de voir la série.

Note :

One thought on “Avis : A Game of Thrones (A Song of Ice and Fire 1) de George R.R. Martin

  1. Ha ma siamoise, quelle éloquence ! Mon avis est un peu pourri à coté du tiens ^^ tu dis toujours si bien les choses !
    Je suis on ne peut plus d’accord avec tout ce que tu as dit, ce livre est beau, dur et cruel avec ses protagonistes, mais puissant dans le récit.
    Comme tu le dis si bien, là ou il y a du pouvoir il y a rarement de l’honneur et on voit bien dans ce livre à quoi mène l’honneur ! :'(

    Je confirme, si vous pouvez, lisez-le en anglais, la traduction est très étrange ! d’ailleurs j’ai déjà les tomes 2, 3 et 4 en vo ^^

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