Avis : Wolfsbane (Aralorn 2) de Patricia Briggs

Spoiler Alert : Difficile de parler du tome 2 sans spoiler des événements du tome 1.

 

Synopsis : Lors des 10 années passées, Aralorn, la mercenaire métamorphe, a mené une vie dangereuse, à mille lieues de sa noble éducation. Aujourd’hui, elle doit retourner chez elle pour la plus malheureuse des raisons. Son père, le Lyon de Lambshold, est mort. Mais quand Aralorn et son compagnon Wolf arrivent sur place, la combinaison de leurs magies révèle un fait à la fois heureux et fort inquiétant. Son père n’est en fait pas mort, il n’en donne que l’impression. Mais une sombre brume l’habite.
Le Lyon de Lambshold a été ensorcelé par l’ae’Magi qui l’utilise pour arriver à ses fins : détruire Aralorn et Wolf. Avec son père comme pion sur l’échiquier, Aralorn pourra-t-elle lever ce mystérieux sortilège ? Ou s’adonnera-t-elle à la magie noire au risque de perdre son compagnon et sa propre vie ? (Trad de Tan)

 

Avis : Pour ceux qui ont lu Masques, le premier tome, le synopsis de Wolfsbane peut laisser perplexe. Comment Briggs allait-elle s’y prendre pour rebondir vu la façon dont se terminait le tome 1 ? Avec une petite astuce un peu tirée par les cheveux mais qui fonctionne suffisamment bien pour lancer cette nouvelle aventure qui, pour le coup, prendra plus la forme d’une enquête. A qui profite le crime ? Voilà la question. Un crime qui force Aralorn à reprendre contact avec sa famille après des années d’éloignement et par la même occasion à nous montrer un peu plus d’où elle vient et dans quel environnement elle a grandi avec ce sentiment omniprésent de n’appartenir ni totalement aux humains, ni totalement aux métamorphes. Un retour qui s’effectue dans la joie malgré des circonstances particulièrement tristes.

Comme dans le premier tome, ce qui conquiert avant tout le lecteur c’est bien sûr la relation Aralorn/Wolf qui a continué à évoluer entre les deux tomes et continue à travers celui-ci. Femme de caractère, Aralorn ne laissera pas Wolf lui échapper quitte à utiliser des ruses peu honnêtes pour le retenir. En contre-partie, Wolf n’est pas vraiment dupe et la détermination de la jeune femme à son égard le force à remettre les choses en perspective. Briggs nous l’a confié après l’interview, la colonne vertébrale de cette duologie c’est ce couple et il est difficile de dire le contraire. Leur relation porte l’histoire, comme c’est le cas dans la série Alpha & Omega mais avec encore plus de force ici. Ils gardent à la fois leur identité propre ; elle, la merveilleuse conteuse à l’esprit vif, lui, le héros ténébreux et torturé mais non dénué d’humour. Mais ils sont aussi complémentaires à plus d’un titre ; elle a besoin de lui car il est le seul à pouvoir l’aider à y voir plus clair dans cette sombre histoire et lui à besoin d’elle alors qu’il est en lutte avec sa propre magie qui menace de se retourner contre lui. C’est non seulement l’occasion d’en apprendre plus sur les différentes formes de magies qui peuplent leur univers mais aussi sur ce peuple de métamorphes très particuliers dont est en partie originaire Aralorn.

Contrairement à Masques, l’intrigue se déroule sur une période qui s’étale moins dans le temps, ce qui permet de limiter l’impression de saccades qui surprenait un peu dans le premier tome. Ici, il y s’agit plus d’une course contre la montre avant que la situation devienne irréversible une bonne fois pour toute et les minutes sont comptées. De même, le lieu de l’action se cantonne à la région de Lambshold : son château, son vaste domaine et ses montagnes. Finalement, on se rapproche plus du déroulement classique d’une histoire telle qu’elle se déroule dans la plupart des cas.

Ce qui est étrange, c’est qu’en lisant Wolfsbane dans la foulée de River Marked, il est possible de noter une certain nombre de similitudes dans la trame de l’histoire notamment tout ce qui touche au retour aux origines et les métamorphes dont l’héroïne est une descendante. Le couple Aralorn/Wolf rappelle aussi fortement celui formé par Mercy et Adam. Des analogies dont l’auteur est parfaitement consciente.

Un peu inférieur à Masques, Wolfsbane reste néanmoins une lecture agréable mais repose sur des bases moins solides et laisse surtout dans l’expectative d’une suite qui ne viendra sans doute jamais. Dommage car ce couple était vraiment très attachant.

Note :