Avis : The Dead Girls’ Dance (Morganville Vampire 2) de Rachel Caine

Résumé de l’éditeur : Les vampires voient d’un mauvais œil le retour à Morganville de Frank Collins, le père de Shane. Ce dernier est déchiré entre sa loyauté envers son père et son amitié pour Claire, Eve et Michael. Car la soif de vengeance de Frank risque de compromettre la protection des colocataires face aux vampires, à grand peine contenus par leur alliée Amelie. Mais lorsque les vampires enlèvent Shane pour tendre un piège à son père, Claire et ses amis vont devoir mettre tout en œuvre pour le sauver… (Black Moon)

 

Avis : The Dead Girl’s Dance reprend exactement là où s’arrêtait Glass Houses. Les choses ont plongé soudainement dans le chaos avec l’arrivée tonitruante du père de Shane et ce n’est que le début. Difficile d’imaginer comment tout notre petit monde va pouvoir retrouver la paix et la vie revenir à la normale. En tout cas ça ne sera pas pour ce tome car d’un cauchemar, on passe directement à un autre. La vieille demeure qui est censée est un havre pour nos héros est sans dessus dessous et la relation amoureuse naissante de Claire est déjà compromise. Autant dire que rien n’est gagné d’avance.

 

Dans cet opus, on sort du train-train de l’aller-retour entre l’université et la maison. La ville commence à vraiment se matérialiser et ses habitants aussi par la même occasion. Pas encore vraiment les humains même s’il arrive d’en croiser de temps en temps, mais surtout les vampires et leurs conflits internes. Le tome 1 était clairement manichéen sur le sujet : les vampires c’est le mal, les humains sont les uniques victimes. Comme on pouvait s’y attendre, les choses sont plus complexes et au fur et à mesure que l’on découvre les dessous de Morganville, on se rend bien compte qu’il est très difficile de choisir en qui avoir confiance quand les règles sont différentes de partout ailleurs. Les brimades que subit Claire deviennent presque un élément du paysage à côté de toute la violence qui va se déchaîner autour d’elle dans ce tome. Rachel Caine va aller jusqu’à pousser le lecteur dans ses derniers retranchements à ce petit jeu mais d’un autre côté le lecteur en a vu d’autres et pouvait s’attendre à certains des retournements de situation. En tout cas, c’est un vrai plaisir de faire plus ample connaissance avec certains personnages comme la fascinante Amélie qui possède la même cruauté qu’un chat jouant avec une souris, mais aussi Oliver et Sam. Il en va de même pour Shane qui, à cause de la présence hautement perturbante de son père, va être forcé d’en dire plus sur son passé.

 

En parallèle, se mettent en place plusieurs intrigues avec notamment le meurtre d’une jeune fille. Il aurait semblé logique (surtout vu le titre en anglais) qu’il s’agisse de la colonne vertébrale de ce tome ; ce qui n’est pas le cas et qui est d’ailleurs assez frustrant et troublant. L’auteur semble clairement avoir une vision beaucoup plus large de son histoire et il paraît clair maintenant que les livres sont faits pour être lus comme un tout tellement il reste de choses en suspens à la fin de celui-ci.
Bien sûr la sensation persistante que rien ne sera résolu est un des points noirs de ce tome mais il présente aussi globalement plus de défauts que le premier. L’écriture tout d’abord semble aussi chaotique que l’histoire et l’accumulation de petites incohérences au début et sur la toute fin donne un peu mal à la tête. Le fait que beaucoup trop de fils conducteurs soient lancés en même temps tend à diluer la tension dramatique tant il est difficile de savoir où donner de la tête. Au même titre, certaines situations ont beau être intenses, on sait pertinemment que tout va bien se passer. Et enfin une mention spéciale à la scène de la cuisson des pâtes qui est totalement ridicule. Les pâtes, c’est l’alimentation de base de l’étudiant et ça n’est pas crédible pour un sou de ne pas savoir les cuisiner à 16-18 ans.

 

Au final, ce tome sert surtout à présenter et estimer les forces en présence en ville, à mettre en place la suite des événements et à explorer le passé et la relation de Shane avec son père. Bien qu’on sente de plus en plus que le noyau dur est constitué par les 4 jeunes adultes, Claire occupe toujours la place de choix et c’est presque incroyable qu’elle ne soit pas déjà en thérapie à ce point du récit quand on voit le talent certain qu’elle a à attirer les ennuis. Et on ne peut que se demander quelles sont les motivations d’Amélie à lui tourner autour comme cela. Il faudra sans doute lire le tome 3 pour les découvrir.

Note :