Avis : Glass Houses (Morganville Vampires 1) de Rachel Caine

Résumé de l’éditeur : Claire est le souffre-douleur de la reine de la fac de Morganville. Pour fuir le campus universitaire, elle s’installe dans une étrange maison déjà habitée par Eve la gothique, Shane le dur au cœur tendre, et Michael le musicien noctambule. Grâce à eux, elle découvre que les vampires règnent sur Morganville. Entre amitié et amour, les quatre colocataires vont devoir unir leurs forces pour lutter contre la menace grandissante… (Black Moon)

 

Avis : Ce qui glace sans doute le plus le sang dans ce tome d’introduction à la série des Morganville Vampires, c’est la méchanceté gratuite et la cruauté dont est victime Claire. Avant de nous plonger dans le fantastique, Rachel Caine nous rappelle à quel point le monde peut-être dur quand on est considéré comme un vilain petit canard et qu’on ne fait pas partie de la masse des anonymes qui passent inaperçus. C’est à travers ces événements très désagréables que le lien se crée entre Claire et le lecteur, donnant aussi bien des frissons dans le dos que de furieuses envies de vengeance. Face à cette violence, plutôt que de baisser les bras et fuir la ville, un réaction logique, Claire va s’obstiner pour préserver ce qu’elle est et échapper à une certaine forme de conformisme. Car à Morganville, tout le monde est conforme. Les vampires dirigent la ville et ce ne sont pas des enfants de cœur. Loin de la tendance actuelle qui fait des vampires des êtres romantiques, protecteurs de la jeune fille en fleur, ici ils sont les vrais méchants de l’histoire et le cou du petit électron libre qu’est Claire semble fort appétissant à leurs yeux. Le reste de la population vit sous leur coupe et malheur à ceux qui n’auraient pas su se placer sous la protection d’un vampire car les gens disparaissent facilement et fréquemment.

 

Se réfugiant loin du dortoir et loin de ses tortionnaires, Claire trouve dans cette grande demeure à mi-chemin entre Autant en emporte le vent et Les Monstres une étrange petite bande d’exclus aux lourds passés avec qui le courant passe tout de suite et qui ne tarderont pas à devenir des amis dévoués, voire plus si affinités. L’ambiance enjouée et décontractée qui règne dans la maison fait un bien fou à tout le monde. Un contraste bienvenu face à toute la violence du monde extérieur. Et puis c’est bien connu, l’union fait la force. Mais dans une ville comme celle-ci, ça n’est pas forcément suffisant et au fur et à mesure que les choses se corsent pour Claire et ses amis, la noirceur envahit les esprits. Jusqu’à provoquer des actes désespérés et irréfléchis, menant à une scène finale très tendue où rien n’est gagné.

 

L’écriture de Rachel Caine est propre et carrée, jamais transcendante mais tout est réuni pour que la simplicité du style mette en avant une histoire qui se dévore littéralement. Elle donne même l’impression d’être bien plus maîtrisée et plus sombre que celle de Richelle Mead dans son Vampire Academy qui abordait également avec une certaine justesse le thème de l’adolescence. Claire d’ailleurs n’est pas une adolescente typique puisqu’elle entre à l’université avec quelques années d’avance. Elle a beau être très intelligente sur le papier, elle sort à peine du cocon familiale où elle a été un peu trop couvée et elle se jette parfois un peu bêtement dans la gueule du loup pour se prouver à elle-même et aux autres qu’elle peut s’en sortir seule. Elle respire une certaine innocence qui lui va finalement assez bien et ne la rend pas insupportable. Il ne fait pas de doute qu’elle ne pourra que joliment évoluer dans les tomes à venir. Ses acolytes sont tout de suite attachants, Shane et Michael jouant le rôle de grands-frères et Eve celui de la fofolle gothique de service pas bien méchante et souvent rigolote mais dont le masque cache sans doute une personne tout aussi torturée que ses colocataires. Claire n’est donc pas seule au centre du livre même si c’est son point de vue qui nous sert de guide. L’avenir de ses amis nous tient aussi à cœur et dans une ville comme Morganville où le danger guette à chaque coin de rues, on se demande bien comment ils vont faire pour survivre le temps d’une douzaine de tomes (9 actuellement) voire plus. Il y a certainement matière à vouloir en savoir plus en tout cas.

Note :