Avis : Gunnm Last Order de Kishiro Yukito

Initialement publié sur Cinemasie le 15 décembre 2002 avec la note au flan de 4,5/5 et un petit cœur Note : cet avis avait été écrit après la lecture du tome 1. Aujourd’hui, il ne s’en sortirait pas aussi bien.
Kishiro en pleine forme

Voici donc la tant attendue suite du chef-d’œuvre cyberpunk qu’est Gunnm. Curieusement, je n’avais aucune appréhension vis à vis de Last Order tellement j’avais confiance en l’auteur. Et ce premier tome est largement à la hauteur de mon attente de fan.

Après une relecture rapide du dernier tome pour raccrocher les wagons correctement et nous voilà en présence d’une Gally somptueusement belle et au corps superboosté prête à repartir à la recherche de ses origines. Comme dans le tome 9 (ou 6 pour le grand format), l’action se situe à Zalem mais tout laisse à penser que nous ne tarderons pas à être transportés sur Jeru, d’autant plus que c’était le rêve de l’auteur depuis toujours d’envoyer son héroïne dans l’espace.

Peut-être est-ce parce que je n’ai pas relu Gunnm récemment mais j’ai la sensation que Gally est au top du mélange douceur-animalité-détermination-force. Quand on la voit sortir la première fois du laboratoire et qu’elle sent l’odeur du sang, elle ressemble vraiment à une bête à l’affût, recroquevillée, prête à bondir toutes griffes dehors et pourtant quand elle regarde la vue depuis Zalem, elle n’aura jamais paru aussi fragile, triste et surtout seule. Les évènements ne sont pas là pour lui laisser un peu de répit. Nova, avec sa légendaire grande bonté, révèle la vérité aux habitants de Zalem, ce qui plonge la cité dans un chaos profond, les adultes exterminant les enfants et vice-versa. Au milieu de ce bain de sang, Gally doit lutter contre divers adversaires dont Sechs, une des tuned que Nova a fait venir. Cela donne des scènes de combats intenses d’une grande violence et d’une rapidité et fluidité impressionnantes, amplifiées par un dessin très fin et détaillé. Le ton est donné, c’est sérieux et l’ambiance est tendue. Les premières traces d’humour apparaissent d’ailleurs relativement tard dans le tome un.

On retrouve des personnages que l’on ne pensait pas revoir de sitôt et on rencontre aussi des petits nouveaux. D’un coté des adolescentes qui vont servir de guides à Gally et de l’autre un jeune savant fou, brillant adepte des rêves de Dusty Nova qui aurait tout le potentiel nécessaire pour surpasser son maître ce qui fait froid dans le dos. D’ailleurs notre savant préféré ne se cache pas pour dire qu’il est impressionné par sa recrue. Celui ci est d’ailleurs en passe de réussir ce qu’il a toujours voulu faire : surpasser son karma et éviter la réincarnation à la fois au travers de la nouvelle Gally et de lui-même.

Chacun mène une quête pour réaliser son rêve, thème déjà très présent dans Gunnm et pour lequel on sait que de grandes désillusions sont souvent à la clé. Au fur et à mesure que l’histoire avance, on en apprend de plus en plus sur la vie passée de Gally, de sa petite enfance à son entraînement de guerrière. Nul doute qu’on en saura de plus en plus en partant vers Mars. Autre thème abordé : qu’est ce qui définit l’humanité ? Un cerveau ? Une puce ? Autre chose ? Difficile question à laquelle essayent de répondre les habitants de Zalem quand ils ne s’entretuent pas et qui est véritablement la cause de l’intolérance des adultes vis à vis de tous les autres (enfants, cyborg et habitants de la décharge). Gally est d’ailleurs un problème en elle-même puisqu’elle n’est ni un robot ni un Homme ce qui ne l’empêche de se qualifier définitivement d’humaine.

Rendue encore plus belle grâce aux progrès de Kishiro, encore plus agressive et bestiale lors des combats, c’est un plaisir de retrouver Gally dans des situations inédites bien que souvent inconfortables. Inutile de dire aux fans de l’acheter, c’est déjà fait à mon avis. Gunnm est déjà au sommet de ce qui peut être fait dans le monde du manga cyberpunk et du manga tout court et l’auteur nous prouve qu’il n’a rien perdu de son talent. Au contraire…