Avis : Micah (Anita Blake 13) de Laurell K Hamilton

Synopsis : Il y a de nombreuses raisons pour vouloir relever un mort, certaines privées, d’autres publiques. Dans cette affaire, le FBI avait un témoin qui est mort avant de pouvoir témoigner. Ils veulent le relever pour prendre sa déclaration. Donc me voilà, dans un avion en route pour Philadelphie pour faire mon boulot.
Mais je ne suis pas seule. Micah est avec moi. Micah, le chef du pard de léopards-garous de St Louis. Le Roi dont je suis la Reine. Le seul de mes amants qui peut faire bouillir mon sang juste en croisant son regard vert de félin. J’étais heureuse de l’avoir à mes côtés…jusqu’à ce qu’il mentionne qu’il s’agit de notre première fois vraiment seuls en tête à tête. Pas de maître vampire. Pas de loup-garou alpha. Juste moi et Micah. Et toutes mes peurs et mes doutes…

 

Avis : Pour ceux qui ne suivent pas, Micah est le 13ème tome de la série Anita Blake et ne s’inclut pas vraiment dans la chronologie générale. Vous pouvez lire cette novella, ou pas, mais dans l’absolu, elle n’apporte pas grand chose hormis quelques détails sur le passé de ce personnage à celles et ceux qui en sont fans (ce qui est loin d’être le cas de tout le monde). Ce court ouvrage se découpe grosso-modo en deux parties : une partie relation de couple entre Anita et Micah et une partie relevage de zombie dans un cimetière. De ma première lecture il y a 3 ans, j’avais gardé l’impression qu’il s’agissait d’une moitié « partie de jambe en l’air » (en fait, ça ne concerne que 2 chapitres) et d’une moitié « relevage de zombie ». Donc dans un sens, c’est plutôt une bonne surprise et un petit souffle d’air frais (surtout en sachant ce qu’il se passe dans les tomes suivants) même si du coup d’autres défauts se dégagent. Dans les petites choses irritantes, il y a l’éternel personnage du flic qui ne supporte pas Anita et qui lui fait bien savoir via des insultes sous-entendues ou pas. C’est devenu plus que lassant de sans cesse la voir être confrontée à un bon flic et à un mauvais flic qui, pour le premier, la défend et, pour le second, l’agresse ; ça gâche la relecture de la plupart des anciens tomes. Il en est de même avec l’apparition régulière de Dr Ruth. On a bien compris avec le temps que Laurell K Hamilton est une féministe féroce qui se sert de ses livres pour défendre le droit de la femme à s’épanouir dans sa vie de femme, de couple et sexuelle et au fil des années cet aspect s’est tellement développé dans les livres que ça donne l’impression par moment de lire un manuel d’éducation sexuelle (en plus du Kama-Sutra et du récit d’une visite chez le gynéco). Une ou deux fois : passons mais là ça devient un peu son cheval de bataille qui sombre dans le radotage. De plus les scènes où les personnages répètent en boucle « you’re too tight but so wet but so tight etc » en boucle, sont d’un ridicule affligeant et à mille lieues d’avoir l’effet escompté. C’est un peu comme tout dans les Anita récents, on souhaiterait que ça papote moins et que ça agisse plus. Et la scène dans le cimetière qui n’en finit plus en est un autre bel exemple.

 

Mais revenons au sujet de ce livre : Micah. Ce personnage qui a une place très importante dans le panel des amants d’Anita est arrivé alors qu’elle commençait à s’entourer de son garde-manger et il est vrai que les isoler l’espace d’un tome donne l’occasion rêvée pour approfondir un peu ce protagoniste et sa relation avec Anita où de nombreuses étapes classiques de la vie de couple ont été sautées. En 6 mois, ils ne semblent pas avoir pris le temps de poser les questions évidentes et de se construire vraiment une histoire à deux puisqu’ils vivent avec Nathaniel depuis le début. C’est donc l’histoire d’une reconnexion où Anita qui est tendue comme un string va devoir apprendre à arrondir un peu les angles, à gérer sa colère quand parfois l’autre veut prendre le contrôle (et on sait à quel point elle déteste perdre le contrôle) et à affronter ses incertitudes et ses peurs. Toute le partie discussion à cœur ouvert est d’ailleurs plutôt plaisante. On se rend bien compte de la force intérieure d’Anita à travers le récit de la transformation douloureuse de Micah. A la façon dont elle dit qu’elle sait exactement ce que c’est d’être lacérée… plusieurs fois et au ton qu’elle utilise, on comprend qu’une femme comme elle puisse être intimidante pour les hommes qui l’entourent. Pour lui, c’est une sorte de révélation parce qu’elle va toujours de l’avant comme à son habitude et ne se laisse pas hanter par son passé, alors que Micah revit encore les événements quand il les raconte. De même, ses mésaventures sexuelles à cause de son « calibre » sont là pour stimuler chez Anita et la lectrice au passage, ce sentiment protecteur proche de l’instinct maternel mâtiné d’un brun de pitié qui fait que la femme apparaît comme une sauveuse pour l’homme, celle qui sera ce que les autres n’ont jamais su être. C’est d’ailleurs ce qu’il se passe avec la plupart des hommes du hisem d’Anita (Asher en tête), elle leur apporte à chacun ce qu’il leur manque dans leur vie et se sentant indispensable à tous à cause de ça, elle n’arrive plus à les faire sortir de sa vie ou de son lit. Passée cette petite analyse, Micah reste un tome qui passe bien, pas passionnant car beaucoup trop court pour vraiment développer une intrigue mais il a le mérite de se lire vite et d’offrir une scène de relevage de zombie, ce qui se fait de plus en plus rare par la suite. Ça ne vaut toutefois pas Flirt (Anita 18) qui, pour un format équivalent, était beaucoup plus dense et stimulant. Micah est à lire et à déguster en attendant, de l’avis général, le plus mauvais Anita de la série : Danse Macabre.

When you need to have sex three, four times a day, it’s just more convenient to bring your lover with you, don’t you think, Agent Franklin? » I gave him wide, innocent eyes.

Note :

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