Avis : Bullet de Laurell K. Hamilton (Anita Blake 19)

Spoiler Alert : Dans la mesure où je parle du tome 19 et que la France n’en est qu’au tome 11, je sais que la tentation va être grande de lire ce que je vais raconter. Donc oui, il y aura des gros spoilers.

 

Résumé : Je suis de retour à Saint-Louis et j’essaye de mener une vie normale – enfin aussi normale que possible pour quelqu’un qui est exécutrice de vampires et Marshall fédéral. J’ai mes amants, mes amis et leurs enfants, des spectacles auxquels assister. Au milieu de tout ce bonheur ordinaire un vampire de mon passé cherche à m’atteindre. Elle était censée être morte, tuée dans une explosion mais La Mère de Toutes Ténèbres est la toute première vampire, la sombre créatrice, et c’est dur de tuer un dieu. Elle cherche à m’atteindre ici, à Saint-Louis, ville de tous ceux que j’aime le plus. Elle a décidé d’agir maintenant ou jamais, pour me contrôler moi et tous les vampires d’Amérique.

 

Avis : Narcissus in Chains, le 10ème Anita avait représenté un tournant dans la série et quelque part j’ai la sensation que c’est aussi le cas pour Bullet. Dans une certaine mesure et avec beaucoup plus de défauts. Dans Bullet on fait le récapitulatif de tous les pouvoirs qu’Anita a accumulés au fil des années, de tous les animaux qui lui répondent, de tous ses amants aussi. Une sorte d’état des lieux avant de passer à la suite mais toujours en se dirigeant vers le même objectif : l’ultime bataille contre Marmée Noire. Et certes, il y a une belle montée en pression dans ce tome. Le problème qui gangrène le livre et qui explique parfaitement pourquoi l’auteur avait eu du mal à situer son action à St-Louis depuis quelques livres, c’est qu’il y a trop de monde et qu’elle rechigne à faire le ménage. Du coup, chaque fois que l’un de ces personnages entre en scène ça débouche sur un descriptif complet de son physique, de ses vêtements et de sa vie, même quand il s’agit d’un personnage que l’on connait depuis 19 tomes !! Ou comment lester un texte avec quelques kilos inutiles alors que le livre fait à peine plus de 350 pages. Faire revenir Monica passe encore mais Gretchen, mon Dieu ! Gretchen ! Heureusement Valentina était la réelle bonne surprise de ce tome (Nicky aussi, même si c’est un personnage récent). Le pire dans tout ça, c’est qu’on en perd 1 mais qu’on en retrouve 10, de quoi amplifier encore et toujours le problème. Sans véritable solution à l’horizon.

 

Second problème découlant de cette population abondante : difficile de ne pas transformer toutes les scènes de sexe en orgies massives. Avec ou sans ardeur. On atteint les frontières du ridicule et peu importe que ça soit bien écrit ou pas et que l’on puisse toujours trouver des excuses à tout, il est difficile de ne pas se dire que c’est du grand n’importe quoi et de se retenir de rire (ou de pleurer selon son état d’esprit). Et dire qu’il fut un temps où Anita arrivait encore à se restreindre à un seul homme dans son lit. C’est d’ailleurs étonnant que son petit arrière train n’ait pas encore subit l’ultime « offense », y compris quand tout le monde est sujet à de terribles black-outs. En tout cas, une chose est sûre : certains hommes ont enfin droit à un peu d’action entre eux, depuis le temps que ça planait sur l’histoire et que l’auteur semblait frileuse de se jeter à l’eau. Au moins c’est fait, ça met le holà à pas mal de problèmes et de tensions et au final il n’y a pas mort d’homme, dans un sens. Et ce n’est pas la seule chose à s’échapper de la boite de Pandore. Visiblement LKH a décidé de faire embrasser son style de vie à Anita. Bonjour fouets, chaînes et menottes ! Au moins elle sait de quoi elle parle par rapport à d’autres auteurs (Jenna Black en tête bien-sûr) mais l’impression d’avoir été télé-transporté sur une autre planète est ahurissante. Pour la plupart ça n’est pas une surprise, pour d’autres, c’est tellement loin de leurs personnages que même une bonne thérapie ne suffit pas à rendre la chose crédible pour un sou. Certes ça résout THE problème et on va pouvoir enfin avancer dans l’histoire mais la transition est tellement invraisemblable qu’il y a de quoi être très perplexe. Au moins le point positif dans tout ça, c’est qu’Anita a fini par se faire à beaucoup de choses et est devenue bien plus tolérante et « adaptable » ie sa faible résistance dans quelques situations où d’ordinaire on aurait eu droit à 30 pages de palabres. Tout le monde en est surpris, y compris le lecteur. On verra ce que tout ça donnera par la suite.

 

L’aspect sexe étant traité dans les grandes lignes et occupant à nouveau une grande place dans l’histoire, que reste-t-il autour ? Des petites choses intéressantes qui sauvent le livre. Tout d’abord que les triumvirats, ça marche quand tout le monde y met du sien. Là où ça se corse c’est quand il faut que tout le monde se touche voire mieux que tout le monde touche Anita…Et là on se dit que se connecter à Eywa avec sa natte c’est quand même bien pratique. Et c’est sans parler de l’effet Dragon Ball d’Anita-toujours plus forte-Blake (remarque allant de paire avec le fait que LKH ne s’arrêtera probablement jamais d’écrire Anita). De la montée en pouvoirs d’Anita découle la jolie notoriété dont bénéficie Jean-Claude à l’heure actuelle et il est d’ores et déjà promis à de belles choses, politiquement parlant. Mais ça ne sera pas pour ce tome. De même les mésaventures du Conseil européen est un retournement de situation inattendu qui change la donne. Mais pour en mesurer les conséquences de ce que l’on ne fait qu’effleurer avec la mince affaire policière de « Bullet », il faudra attendre le tome suivant. Et pour savoir à quoi serviront exactement tous ces tigres, a priori il faudra encore une fois attendre le tome suivant. La seule chose qui est vraiment traité ici, c’est le problème Haven qui…traine en longueur. Le personnage n’a jamais eu un intérêt fulgurant dans l’histoire et n’en aura visiblement jamais.

 

Et pendant ce temps la petite vie d’Anita continue. Entre les spectacles de danses (un passage un peu à part du reste du livre, le seul à l’extérieur du Cirques des Damnés en fait), la petite vie de « couple » qu’elle a avec Micah et Nathaniel, les entraînements avec les garous (qui montre qu’Anita n’en a pas tout à fait fini avec les concours de bites -désolée), les enfants des autres aussi (un peu comme chez Charlaine Harris et Patricia Briggs en ce moment, sans doute le printemps), c’est presque perturbant d’interrompre l' »action » avec des banalités (même si l’auteur se défend en disant qu’il s’agit d’une marque de fabrique). Pourtant il est maintenant évident, qu’à partir du moment où Anita sera à St-Louis au côté de toute sa clique, il lui sera de plus en plus difficile de redevenir l’Anita des débuts. A moins qu’une fois la guerre contre Marmée terminée, on puisse avoir une retour à la normale. Rêvons un instant…Et dire qu’on en était si proche avec Skin Trade et Flirt :(

 

Quoiqu’il en soit, et contrairement aux dires de Laurell K Hamilton, Bullet ne peut pas être lu indépendamment du reste. Trop de personnages reviennent sur le devant de la scène, trop de choses sont enfin expliquées, trop de références sont faites aux tomes passés. C’est impossible de lire Bullet en néophyte total et d’y comprendre quelque chose voire de l’apprécier tout simplement. Puis ça serait passer à côté du fait que c’est au moins la 3ème fois que LKH utilise la même citation de Machiavel. Deux fois rien que dans ce tome et une fois dans Narcissus in chains. Ah tiens ! Méfiez-vous du Narcisse :)

“Wait, are you doing all this because you think Micah is . . . doing Nathaniel, but not you? That’s such a girl reason for a fight.”

Anita à Asher.

Jesus, Jean-Claude, I’m not the small-town virgin that you found years ago. Give me some credit for being a little more open-minded.

Anita à Jean-Claude

Jean-Claude with all his fancy fetish yummy clothes, standing there nude and covered in more body fluids than a CSI episode.

Anita au sujet de JC.

“Sex is my only hobby, or so friends tell me.”
“It’s not your hobby, Anita, it’s your passion.

Anita puis Haven

papatte
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9 thoughts on “Avis : Bullet de Laurell K. Hamilton (Anita Blake 19)

  1. Il me reste à peine 20 pages mais je suis tout à fait d’accord avec ton avis.

    La scène d’orgie heureusement que ce fut le black-out car déjà dit comme ça c’est ridicule mais alors si on avait eu la description complète de qui chevauche qui, je crois que je me serais suicidée au yaourt périmé.

    Les descriptions de fringues commencent à me souler sévère car les persos sont toujours habillés pareil et en plus ça n’apporte rien à l’histoire.

    Tout le schmilblick avec Haven, c’est un peu comme un cheveu sur la soupe, tu sais pas trop pourquoi ça arrive maintenant…et hélas un de moins, veut dire une centaine de plus (oui j’exagère mais limite ça va plus vite de dire avec qui elle ne couche pas).

    Autre bizzarerie : la copine de Damian, Cardinal (quel nom affreux). Pareil elle apparaît comme ça.

    Par contre, je suis contente qu’Anita lâche enfin du mou niveau sexe (pas de mauvais jeu de mot) : les mecs peuvent enfin se culbuter en paix et ils vont bientôt pouvoir aller voir d’autres femmes…

    C’est dommage parce que sinon j’adore toute cette histoire avec Marmé qui prend le pouvoir sur le conseil, c’est palpitant et j’espère qu’elle ne va pas lâcher cette intrigue avant plusieurs tomes.

    Maintenant, je vais prier très fort pour que quelques personnages glissent à l’oreille de Laurell qu’ils souhaitent ne plus appaître dans les Anita, histoire qu’il y ait un peu de tri.

  2. Ah si tu veux j’ai des petits-suisses périmés dans le frigo, c’est pas mal pour l’écrasage sur le front :)
    C’est vrai que j’ai déjà complétement oublié Cardinal. C’est devenu un boulet Damian de toute façon, elle a du l’aimer à un moment (Laurell, pas Anita) puis c’est passé et elle est obligée de le faire revenir parce qu’il fait parti du second triumvirat. Elle s’est tirée un nombre certain de balles dans le pied au fil des années et maintenant elle traine la patte à n’en plus finir. Enfin bon on en reparle sur le forum de toute façon :)

  3. Je trouve ça dommage car y’a du potentiel dans Damian, putain c’était quand même le premier vampire de St Louis a être un daywalker et c’est complètement passé à la trappe.

    Ce qui commence à vraiment me fatiguer ce sont les descriptions toujours plus précises de qui fait quoi au lit… Laurell, professeur d’éducation sexuelle sado-masochiste à tendance orgiaque.

  4. Rah ! J’ai pas envie que ça se finisse comme ça… Au départ, j’adorais cette série mais je trouve que toutes ces scènes de sexes commencent à y retirer tout le charme (et encore, moi je lis pas en anglais donc j’en suis encore loin par rapport à toi). Mais quoi qu’il se passe, je crois que je continuerai à lire quand même parce que j’adore vraiment Anita. Je pense que je serais comme toi, quelque soit la direction que prend l’histoire, même si ce n’est pas vraiment ce que j’espérais, je continuerai de lire et d’aimer.

  5. Bonjour moi j’en suis que au tome 6 car je viens à peine de connaitre Anita Blake par contre c’est vrai que déjà à partir de là le sexe et vraiment bien décrit on croirait presque lire un livre interdit aux moins de 18 ans lol. Par contre je voulais savoir si elle se remettra avec Richard ou pas et pourquoi car je trouvais qu’il allait bien ensemble. Merci de me tenir informée pourquoi son choix c’est porté sur Jean-Claude et non Richard et pourquoi maintenant dans les prochains tomes elle passe pour une fille facile.

    Note de Tan : j’ai édité les fautes mais je n’ai pas touché à la « formulation ». Désolée pour les autres.

  6. J’ai également commencé à lire la série an anglais, et je suis d’accord avec toi…c’est de pire en pire!
    Trop de personnages, trop de description, trop de scènes inutiles (la scène du ballet représente au moins 20 pages), trop de sex-scene (avec tout le monde et dans toutes les positions et dans tous les coins du Cirque)….bref quand le livre devient enfin intéressant…bah c’est déjà la fin !!!!… à peine 5 pages.

    Les scènes à forts potentiels de combats et d’actions sont passées à la trappe et résumé en une phrase. Exemple : « Jake nous a aidé à poursuivre et tuer Padma »…. j’aurai bien aimé avoir une description de cette scène plutôt qu’une énième scène d’orgie.

    Je n’ose même plus plus espérer sur le 20ème Anita Blake… J’ai peur que LKH fait une fois de plus le choix de la facilité : Comment tuer Mommy Dearest? Bah, il suffit de baiser avec les tigres !!! Et voilà, fin de l’histoire.

  7. Ce qui serait vraiment dommage, c’est qu’on attende le tome 20 pour rien. Normalement on devrait y retrouver Olaf et Edward (qui devaient être présent dans Bullet mais elle a coupé la scène pour la mettre dans le suivant). Au moins on est sûr qu’elle ne se tapera ni l’un ni l’autre.

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