Avis : Rises the night (Gardella 2) de Colleen Gleason

Résumé : Lady Victoria Gardella Grantworth de Lacy est tueuse de vampires depuis un peu plus d’un an, alliant sa vie sociale et sa dangereuse tâche qui la mène à parcourir les rues sombres armée d’un pieu à la main à la nuit tombée. Elle a appris de manière brutale et dévastatrice que certains sacrifices lui seraient demandés pour protéger l’humanité des dangers qui la menace. Et pourtant elle est restée fidèle à sa vocation.
En Italie, un vampire puissant est en train d’amasser le pouvoir nécessaire qui lui permettra de contrôler les esprits des morts. Alors que Victoria traverse l’Europe pour stopper ce qui pourrait devenir une terrible armée à la puissance jusqu’alors inégalée, elle se retrouve affublée d’un compagnon de fortune qui n’est autre que Sebastian Vioget, un homme aussi tentateur que peu digne de confiance. Mais quand elle découvre qu’elle a été trahie par son allié le plus fiable, la vérité va mettre à l’épreuve tous ses convictions de Venator mais aussi de femme…

 

Avis : Après les terribles événements de la fin du tome 1, il était évident que la donne aurait changée pour Victoria. Il s’écoule d’ailleurs 1 an entre le prologue et le vif du sujet. Un an qui lui permet de se retrouver et de refaire surface dans tous les sens du terme. Victoria a grandi, elle n’est plus la jeune femme un peu innocente qui rêvait de conjuguer amour avec devoir. Elle est plus déterminée et, malgré tout, est toujours doté d’un humour certain. Le doute la saisit encore régulièrement mais rien ne l’a détourne plus de son objectif. Victoria est une héroïne qu’on prend un réel plaisir à voir évoluer. Surtout au contact de Sebastian Vioget, qui avait laissé un chaud souvenir et qui effectue ici un beau retour. Attention ambiance romance puissante 10 ! Victoria a de nombreux prétendants dans ce second tome mais c’est Sebastian qui retient toute l’attention. Avec lui, Victoria montre sa maîtrise de l’art de la répartie et aussi sa sensualité. Difficile de ne pas devenir fan de la relation entre ces deux-là. Ils se cherchent, se tournent autour, se tentent, s’effleurent et se refusent. Même quand ils sont tous deux prêts à se sauter dessus, ils trouvent encore le moyen de faire durer les préliminaires. Autant le premier tome avait été très soft niveau sexe, tout suggéré, rien montré. Là ça n’est plus le cas. Et heureusement car il y a des limites à la torture.

 

Mais assez parlé de Sebastian le dragueur. Sebastian est aussi manipulateur et fourbe, on l’avait bien compris dans le premier tome. Il n’agit jamais sans arrière-pensée et il amène sur scène avec lui un personnage dont l’ombre planait sur l’histoire depuis le début : le célèbre Polidori. En plus de jouer sur la frontière entre fiction et réalité, le rôle de ce dernier est essentiel puisqu’il permet d’introduire le nouvel ennemi de Victoria, celui qui va d’ailleurs initier son voyage en Italie, entre Venise et Rome. La Tutela est une société secrète parmi tant d’autres, avec ses codes et ses rites mais elle a l’originalité d’allier humains et vampires. Le danger devient alors aussi bien diurne que nocturne pour Victoria et ça complique bien des choses quand on n’a pas les cheveux qui se hérissent à la base du cou pour signaler la présence d’un ennemi à proximité. Et celui-ci est redoutable puisque Max a disparu mystérieusement en tentant de le combattre.

 

Ce voyage est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les Venators et leur société tout aussi secrète. L’univers des Gardellas gagnent en profondeur à travers ce tome, les ennemis et alliés sortent enfin de l’ombre. L’histoire étant principalement racontée du point de vue de Victoria cette-fois, il est moins évident de prendre de l’avance sur le scénario en tant que lecteur et surtout le doute s’installe. Qui croire ? En qui avoir confiance ? La seule chose dont on est sûr, c’est qu’à un moment ou à un autre, il y aura une grande révélation mais on ne sait pas ce qu’elle concernera ni qui. En tout cas, il y a indubitablement une tension qui monte à partir de la moitié du livre. Heureusement d’ailleurs car l’un des reproches que l’on pourrait faire à ce tome, comme au premier d’ailleurs, c’est d’être très lent à démarrer. C’est vraiment une histoire qui se construit sur la longueur et cela sur plusieurs tomes. On n’entre pas réellement dans le vif du sujet avant la moitié du livre, ce qui est largement trop long. Surtout que la suite en vaut la peine. Le chapitre 15 apporte son lot de petites bombes et de « je ne l’ai pas vu venir du tout ». Quant au chapitre 18… La scène à l’opéra est à la fois très drôle et emplie d’une tension à couper au couteau. Sans doute la meilleure scène de tout le livre. Des frissons, de la sensualité, des révélations ! Un vrai feu d’artifice ! Des chapitres comme ça, ça donne envie de dévorer la suite sans reposer le livre. Et de se prendre quelques claques au passage. Un grand regret cependant et un souhait aussi : que Rome soit plus comme Londres et pas comme Venise au niveau des descriptions et de l’ambiance. Car Venise a été une bien cruelle déception, surtout quand on connait les lieux en vrai. Rien ne laisse transparaitre le charme du lieu. Venise est anonyme et triste. L’intrigue semble vouloir se développer à Rome par la suite et Rome mérite mieux que l’anonymat. Vraiment. Il faut espérer aussi que cette histoire de démons prendra forme ; pour l’instant il s’agit plus d’un cheveux sur la soupe qu’autre chose tellement elle est sous-exploitée.
La série des Gardella est encore loin d’être parfaite mais ça reste une lecture très divertissante qui réserve de bonnes surprises et qui systématiquement à la fin de chaque tome donne envie de se jeter sur le suivant. A suivre donc.

– Tut, tut! Don’t ask why, my dear. A man must have some secrets.
Some secrets? Sebastian, there is nothing about you that is not secretive.

Sebastian et Victoria.

Note :

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