Avis : Le Manoir de l’Horreur de Ochazukenori

Également publié sur Cinemasie le 20 mars 2004 avec la note peu engageante de 1.25/5.

manoir de l'horreur

Note pour plus tard, malgré mon fort attrait pour tout ce qui touche à l’horreur, ne pas me jeter sur tout ce qui sort. Pourtant, venant de l’éditeur Akata, je ne pensais pas qu’il y avait un vrai risque puisque leurs choix sont généralement bien réfléchis. J’avoue qu’avec Le Manoir de l’Horreur, je suis très loin d’être convaincue. Présentées à la façon des Contes de la crypte, les histoires de ce premier recueil (7 au total) sont encore très loin d’éveiller un soupçon d’angoisse dans mon cerveau de lectrice. Les scénarios pèchent par leur longueur qui est bien trop courte pour avoir le temps de laisser se construire une histoire potable. La psychologie des personnages se rapproche également du néant et aucune empathie ne se développe jamais vraiment. Résultat : c’est très plat voire fatigant à la longue. Ça ne décolle pas malgré les efforts de l’esprit de l’auteur qui semble bien fertile pourtant, et c’est dommage que ça ne soit pas mieux exploité. Il y avait de l’idée il faut le reconnaître. Certes, c’est ultra saignant, c’est difforme, ça suppure beaucoup mais ça ne suffit pas pour rendre la chose dérangeante comme on voudrait nous le faire croire.

Pour enfoncer le clou, le style graphique est assez désagréable. Un grand manque de précision dans le trait très filandreux, de gros problèmes de proportions anatomiques, des mains qui ressemblent plus à des fourchettes qu’à des mains, des profils de visages de forme triangulaire, il n’y a pas une planche sur laquelle le regard s’attarde pour la beauté du plan. Autre « tue-l’amour » visuel : les onomatopées qui, au lieu de jouer leur rôle de mise en situation auditive, se transforment vite en pollution visuelle tellement il y en a. Par moment, cette surenchère en devient d’ailleurs limite risible : « vlan, shra, tacla, shrrra, crii« . Et je ne pense pas que la traduction soit vraiment à mettre en cause mais plutôt les maladresses de l’auteur.

Pour excuser Ochazukenori qui est, paraît-il, un des piliers de la nouvelle vague du manga d’horreur au Japon, il faut préciser que c’est son premier manga, que le style va évoluer par la suite (cf : fin du premier volume) et que si ça se trouve ça va devenir bien. Personnellement, je suis tellement déçue par ce premier volume que je ne vais sûrement pas lui donner une seconde chance. Peut-être est-ce une erreur mais je préfère miser sur une valeur un peu plus sûre comme Tomie de Junji Ito à venir fin mars.