Avis : Flirt de Laurell K Hamilton (Anita Blake 18)

SPOILER ALERT. Le livre est bien trop court pour pouvoir en parler sans en dire trop malheureusement.
Résumé : Quand Anita Blake rencontre Tony Bennington, un potentiel client qui souhaite réanimer sa femme décédée récemment, elle éprouve une profonde compassion pour sa perte. Anita en connait un rayon sur l’amour et elle sait tout ce qu’il y a à savoir sur la disparition d’un être cher. Mais ce qu’elle sait aussi, et même si Tony Bennington ne semble pas convaincu, c’est que ce qu’elle a le pouvoir de faire en tant que nécromancienne n’est pas le miracle dont il pense avoir besoin. La créature qu’Anita est en mesure de contraindre de sortir de la tombe de Madame Bennington pourrait ne pas être la charmante Mrs Bennington. Pas vraiment. Et pas pour longtemps.

 

Avis : Flirt est le petit Anita qu’on n’attendait pas mais qui est tout de même là. Un petit extra qui se lit trop vite malheureusement mais qui rassure de plus en plus quant à la direction prise par Laurell K Hamilton pour la trame générale de l’histoire. Car oui, j’avoue que je regrettais beaucoup de ne plus voir Anita 1) à Saint-Louis 2) relever des zombies 3) faire autre chose que se taper la moitié de son harem à chaque tome (bon j’exagère mais quelque part l’ardeur n’avait pas arrangé le déroulement des intrigues). Flirt est la bonne surprise parce qu’enfin l’équilibre se fait de manière assez sensibles. C’est un tournant qui avait été déjà bien amorcé par Skin Trade et qui se confirme ici.

 

L’histoire est relativement simple voire même un peu facile. Anita rencontre 2 clients. Chacun d’eux veut relever son époux/se et les deux se montrent très très déterminés. Dans les deux cas, Anita va refuser en avançant des raisons éthiques et pratiques et pourtant l’un des deux va dépasser les bornes et mettre ses menaces à exécution. Simple mais ça marche, la longueur du texte aidant bien la dynamique de l’ensemble.
En parallèle, on a droit à un nouvel aperçu de la vie d’Anita avec ses hommes, en nombre limité pour une fois puisqu’on ne voit que Micah, Nathaniel et Jason (non non pas de Jean-Claude sur scène mais on nous l’a promis pour Bullet). Vu l’épaisseur du livre, ça aurait été dur d’en faire intervenir beaucoup plus, puis on sait depuis longtemps que ce quatuor est un « couple » bien établi qui fonctionne très bien comme ça et a une véritable intimité. C’est un petit entraperçu de cette intimité auquel on assiste avec la scène du restaurant et aussi curieux que ça puisse paraitre, il s’agit d’une scène assez inédite. On y « découvre » 4 personnes qui ont trouvé le parfait équilibre dans leur vie, qui n’ont pas de zones de friction. C’est reposant. Et c’est dans ce contexte de confiance qu’on en apprend plus sur Anita qu’on croyait bien connaître pourtant. Elle, la grande gueule affirmée qui rentre dans le tas et ne se laisse marcher dessus par personne, avoue qu’elle manque de confiance en elle, qu’elle se trouve quelconque et ne comprend pas l’attrait que les hommes éprouvent pour elle (alors qu’avec son harem, on aurait pu penser qu’elle avait eu un certain nombre d’indices depuis le temps). Un manque de confiance stagnant qui lui colle à la peau depuis que sa grand-mère qui l’a élevée lui a dit qu’elle était laide et qu’il ne fallait mieux pas compter se marier un jour. Ça fait plusieurs tomes d’affilés qu’Anita nous montre ses faiblesse, ses doutes, ce qui la ronge. Elle est plus sensible qu’au début, elle s’ouvre plus depuis qu’elle est avec Nathaniel et Micah mais elle n’en est que plus en paix avec elle-même et l’ambiance générale s’en ressent.

 

Et il n’y a pas que ça qui est sous contrôle. Il y a l’Ardeur aussi. Avec l’apparition des deux lions-garous et le fait que la lionne d’Anita ne soit toujours pas casée, la température monte assez rapidement. Pourtant Anita résiste, se calme, dompte sa lionne, module l’ardeur pour s’en servir comme d’une arme. De l’inédit, je vous dis. L’Anita nouvelle est belle et bien là. Et s’il n’y avait que ça. Déjà dans Skin Trade, on l’avait vu gagner le respect de l’équipe de SWAT de Las Vegas sans grand combat de coqs. Et là rebelotte avec les lions-garous. Anita n’a plus qu’une réputation de Marie-couche-toi-là, elle a aussi enfin sa réputation d’exécutrice redoutable et de dominante. Maintenant je veux la même chose quand il s’agit de la police parce que c’est vraiment fabuleux de la voir interagir avec des pairs qui la respectent pour ce qu’elle est vraiment. Ce tome a beau être très court, il est loin d’être comme Micah. Flirt ne peut pas être ignoré dans la trame parce qu’il s’y passe au moins un événement dont on entendra reparler par la suite. Un nouveau personnage intègre le harem. Encore un oui mais celui-là était un choix d’Anita bien réfléchi. Et puis je l’aime bien (même si je préfère l’autre). Je lui pardonne même la comparaison faite avec Asher qui m’a un peu gênée au milieu. Mais si l’autre veut revenir un jour, je ne serai pas contre. Il dégageait pas mal de bonnes ondes edwardiennes comme je les aime.

 

Quelques mots sur le titre qui continue dans la lignée des mots courts et acérés après Blood noir, Skin Trade et bientôt Bullet. Plus de nom de night-clubs mais un écho direct au thème récurrent du livre et aussi à ce qui a inspiré l’auteur ; ce qu’elle développe en détails dans la post-face en passant. Il y a d’abord le flirt avec Mary, puis avec le serveur, et ce qui se passe hors-champs aux cours de danse puis bien-sûr le flirt avec les lions-garous. Même Ilsa est appelée « lovely flirt » à la fin. Pour une fois au moins c’est limpide.

“Jean-Claude is pretty enough that anyone on his arm looks hot.”

Anita

“What’s wrong with Leon as his name?” Bennington asked.

“It’s based on the Latin word leo, which means ‘lion.’ Don’t you think that’s funny? Because I think it’s freaking hilarious.”

Anita répondant à Bennington

His hair had fallen back when he went to the ground and I could see all of his face. “You’re beautiful.”

“Isn’t that my line?” he asked

Anita et Nicky

“I know that.” He looked at me then, his eyes so wide there was a flash of white to them. “I wasn’t sure if I was going to be able to leave. I’ll gather everyone up, and we’ll leave you and your men alone. I’d put a sign above St. Louis for all the hired thugs, if I could.”

“What would it say?” I asked.

“Here is a bigger motherfucker than you are.”

Jacob et Anita

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