Avis : Divine Misdemeanors (Merry Gentry 8) de Laurell K. Hamilton

us_divinemisdemeanors4ème de couverture : Vous me connaissez sans doute sous le nom de Meredith Nic Essus, princesse des Feys. Ou peut-être de mon alias : Merry Gentry, détective privée à Los Angeles. Dans le monde des feys comme dans celui des mortels, ma vie est un mélange d’intrigues à la cour et de tragédies de vie de célébrité.
J’ai du affronter des ennemis effroyables, subir la trahison et les mauvaises intentions de mes nobles pairs et honorer ma part du marché en concevant un héritier royal -tout ça pour avoir le droit de monter sur le trône. Mais j’ai finalement tourné le dos à la cour et à la couronne, choisissant plutôt de m’exiler dans le monde humain -dans les bras des mes très chers Frost et Doyle.

Bien que j’ai rejeté la monarchie, je ne peux cependant pas abandonner mon peuple. Quelqu’un tue les feys, la police de Los Angeles est perplexe et mes gardes et moi-même sommes inquiets. Les miens ne sont pas si facile à capturer ou à tuer. En tout cas pas par des humains. Je dois découvrir les tenants et aboutissants à ces meurtres épouvantables, même si cela signifie me confronter à Gilda, la fée marraine, ma grande rivale à Los Angeles.

D’autres faits encore plus étranges se produisent. Les humains que j’ai un jour soignés en utilisant la magie se mettent soudain à réaliser des miracles ; un phénomène choquant qui impacte sur les relations entre humains et feys. Même si je suis innocente, de sombres menaces de bannissement de la magie tournent autour de moi.

Je pensais avoir laissé le sang et la politique derrière moi en quittant mon royaume turbulent. Je rêvais d’une vie idyllique dans l’ensoleillé Los Angeles avec mes amants à mes côtés. Mais il est temps de me réveiller et de réaliser que le mal ne connait pas de frontières et que personne n’est immortel -y compris les êtres surnaturels.

 

Avis : Je ne vous mets pas le plâtras de la 4ème de couverture pour rien. C’est un résumé plutôt très alléchants quand on est fan et qu’on attend impatiemment la sortie du nouvel opus. Tellement loin de la réalité au final aussi. Comme j’ai la fâcheuse tendance à avoir le nez collé dans la vie de Laurell K Hamilton, j’ai suivi semaine après semaine sa dure lutte face à Merry et Divine Misdemeanors. J’ai vu les pages s’écrirent puis partir à la poubelle. Toutes les hésitations de l’auteur exposées au monde. Alors l’avoir enfin début décembre relevait presque du miracle. Et j’avoue que la première moitié du livre était à la hauteur de mes attentes. L’intrigue policière était très prometteuse avec des meurtres dignes d’un psychopathe bien inspiré et quelques nouveaux personnages intrigants (fée marraine, si tu m’entends…). Puis très bien écrit comme d’habitude avec les Merry. Ça partait vraiment bien. En plus, on commence à suivre la grossesse de Merry, et surtout comment elle impacte sur sa vie et son entourage. Puis il y a ce je ne sais quoi soudainement au milieu… comme une perte soudaine d’inspiration (d’ailleurs c’est moi ou le ton laisse transparaitre une certaine lassitude par moment ?). Il y a cette très belle scène avec Rhys dans la mer. Une vraie bonne scène de sexe comme sait les écrire Laurell, poétique et haute en couleurs au sens propre, et qui en plus à un vrai rôle dans l’histoire donc parfaitement justifiée. Puis il y a la suivante…puis encore la suivante et ainsi de suite et ça devient répétitif et pas utile et c’est triste à dire mais ennuyeuses en plus de ça. Et puis, il n’y a rien à y faire, je n’aime pas Kitto, il me file des frissons. Un vrai tue-l’amour ce petit animal craintif. Bref il y a une scène à sauver et c’est celle avec Rhys qui d’ailleurs à le beau rôle dans ce tome et je ne vais pas m’en plaindre. Je l’aime beaucoup lui.

 

Une autre chose qui change par rapport à d’habitude c’est le rythme. Avec Merry on sait que ça va être une intrigue que l’on va suivre quasiment 24/7 (même si je me serais bien passée des détails sur le SUV et la façon de le garer franchement). On s’y fait au bout de deux ou trois tomes mais celui-là effectue un changement en cours de route, globalement à la moitié aussi. On fait des petits sauts dans le temps pas bien définis, on se retrouve le lendemain sans bien savoir pourquoi et c’est assez surprenant pour une Merry. Ce qui doit là aussi correspondre grosso-modo au moment où Laurell a eu sa perte de vitesse. Bien-sûr, on pouvait s’attendre à des petits changement puisque Laurell a bouclé l’histoire principale qui nous tenait en haleine depuis 7 tomes et qu’elle a enfin pu se débarrasser de son histoire de princesse qui cherche son prince charmant. D’ailleurs comme le disent si bien ses hommes :

She’s our princess charming

Ils nous restent quoi du coup, en dehors de l’enquête sus-citée ? Une Merry de retour dans le monde des humains qui reprend donc son boulot mais qui attire encore plus l’attention des paparazzis depuis qu’elle est enceinte… et ça c’est très très lourd. Deux longues scènes avec les paparazzis c’est 2 de trop à mon avis. C’est plus de la broderie et une perte de temps qu’autre chose même si c’est l’occasion de leur casser sérieusement du sucre sur le dos.

 

Comme Laurell le dit elle-même dans la présentation du livre :

Vous avez plus de perspective sur les personnages, l’univers a grandi et vous en savez plus à son sujet. Vous avez l’impression de plus pouvoir vous y promener à la fin qu’au début du livre.

Elle approfondit effectivement certains aspects dans ce tome. On en apprend pas mal à travers le regard de Merry sur les personnages secondaires (voire les « tertiaires » comme Julian), mais aussi sur les principaux, notamment lors d’une grande discussion dans la voiture mais je ne vous en dis pas plus. Elle se promène en effet dans son monde en décrivant ce qu’elle y voit sans se poser la question de savoir si ça sert l’histoire. Ce qui est surprenant aussi c’est le traitement réservé à Barinthus qui pour le coup prend beaucoup plus de place dans l’histoire que d’habitude et j’avoue ne pas savoir si c’est pour le mieux ou pour le pire. Puisque je parle du « King maker » autant parler de cette histoire de couronne que Merry a abandonnée à la fin du tome 7. Si ce tome 8 sert bien à quelque chose c’est, à mon avis, à nous démontrer que cette « fin » n’était qu’une illusion, un fausse fin et que bien évidemment Merry est destinée à régner un jour. Quoiqu’elle dise et fasse, elle ne peut pas ne pas venir en aide à son peuple quand il en a besoin et même si elle est loin de la cour maintenant. La déesse est à 200% de son côté comme elle ne cesse de le prouver dans un grand vent de pétales de rose. Elle prendra juste une autre voie pour monter sur le trône, un voie plus légitime et méritée que la course organisée par la Reine Andaïs par le passé. Petit à petit, elle marque son territoire, même si c’est dans le monde des humains. C’est une idée qui me plait bien et j’attends de voir ce qui va se passer par la suite en espérant que la route ne soit pas trop longue non plus.

 

En passant si vous avez toujours voulu en savoir plus sur les demi-feys sans savoir où regarder, c’est ce tome là qu’il faut lire. On en apprend énormément sur ces petits êtres volants. Mais retour à l’enquête maintenant car c’est quand même le fil conducteur du livre. Mon problème avec celle-ci c’est qu’elle n’est pas assez mise en avant, elle revient de temps en temps avec un meurtre supplémentaire mais les pistes lancées ne sont pas exploitées du tout (quid de la fée marraine, fantastique personnage quasiment absent malgré une première apparition tonitruante) et au final on a l’impression qu’elle n’a rien fait mais que ça lui tombe tout cuit dans la bouche quand même, tout ça pour en plus l’entendre dire :

I had one of those moments when things fall into place

Dommage que sur le coup, j’ai eu quelques pages d’avance et que j’ai du attendre patiemment qu’elle percute. Déjà que j’ai passé la majeure partie du livre à attendre que l’enquête avance… Bref c’est une cruelle déception que ce Divine Misdemeanors. Heureusement qu’il y a quelques scènes particulièrement réussies. Je ne reviens pas sur celle de Rhys. Il y a cette terrible scène avec Caswyn, complètement traumatisé qui m’a brisé le cœur. Il y a aussi des scènes plus drôles comme les deux extraits ci-dessous qui m’ont vraiment fait sourire (la première est entre Merry et Doyle)

I didn’t know what to say to that. I just stared at him. He was right, of course he was right, but… “I can’t do my job like this.”

“No,” he said, “you can’t.”

Then suddenly I felt the first tear slide down my face.

“No crying,” he said.

Another tear joined the first. I fought not to wipe at them.

His hand dropped to his side and he took a deep breath. “That’s not fair. Don’t cry.”

“I’m sorry, I don’t mean to, but you’re right, I think. I’m pregnant, damn it, not crippled.”

~~~

“He doesn’t pretend,” the punk pixie said. He nodded toward Doyle. “Nice rings. You got anything else pierced?”

“Yes,” Doyle said.

The boy smiled, making the rings in the edge of his nose and his bottom lip curl cheerfully with it. “Me too,” he said.

Maintenant j’espère que le prochain Merry ne sera pas aussi laborieux. Du chat récent sur Facebook, on a appris qu’on aurait droit à un nouveau saut dans le temps et que visiblement les bébés auraient 3 mois quand on retrouverait Merry. Même Laurell sentait bien que ça ne serait pas gérable cette grossesse. Merry ne peut plus bosser tranquille, ils ont tous peur pour elle et entre les paparazzis et les tueurs, ça n’aurait pas été possible. Ça n’est pas encore dit que ça le soit avec deux bambins en couche. Soit Laurell aura une idée de génie, soit ça aura été la balle tirée dans son pied. Ah et je veux plus de Frost et de Doyle aussi !!! Nan mais !

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