Emissaries from the dead d’Adam-Troy Castro

emissaries from the dead L’histoire : Andrea Cort, agent du Diplomatic Corps, est envoyée sur One One One, un monde artificiel créé par l’AIsource, pour enquêter sur la mort d’une des employés. Tous les indices semblent incriminer l’AIsource mais Andrea a pour mission de tout faire pour trouver un autre coupable.
Avis : D’ordinaire je ne suis pas une adepte de la SF, étant plutôt dans un trip Urban Fantasy actuellement mais la bonne critique et un résumé alléchant ont eu raison de moi. Chose amusante, je me suis laissée tenter en me disant que ça me changerait des héroïnes grande gueule qui n’ont pas attendu Adam pour se faire une place dans ce monde de brutes et je me retrouve donc avec Andrea Cort, une héroïne au passé traumatique qui n’a pas la langue dans sa poche en plus d’un très mauvais caractère et qui préfère le mode solo à cause de la sale réputation qui la suit partout. Tout ça raconté à la première personne bien sûr. Heureusement que l’arrivée sur One One One est un dépaysement total. L’idée de monde cylindrique, bien que loin d’être inédit, est un concept qu’il m’a fallu un peu de temps à accepter. Les humains et autres espèces aliens sont ici installés en suspension au-dessus du vide grâce à une structure constituée de hamacs et de branches au lieu de vivre sur l’intérieur du cylindre avec une gravité qui les attire vers l’extérieur. Au premier faux pas sur One One One, c’est la chute assurée avec la traversée de couches de nuages empoisonnés qui ne laisse aucun espoir de survie. Autant dire que ce monde est aussi fascinant pour le lecteur qu’inhospitalier pour Andrea.

Non seulement le monde dans lequel évolue l’héroïne ne cesse d’étonner (si vous saviez tout ce que je ne dis pas sur les brachiators, les dragons et les fantômes…) mais en plus l’affaire sur laquelle Andrea enquête se révèle être particulièrement complexe et ne cesse de se compliquer au fur et à mesure que l’on rencontre de nouveaux personnages et que chacun apporte sa brique à l’édifice. Le tout mixé avec l’histoire personnelle d’Andrea qui a un beau squelette dans le placard et à qui un mystérieux corbeau ne cesse de rappeler qu’elle pourrait bien être la prochaine victime si elle persiste. Tout le talent de l’auteur, à mon avis, repose sur le fait qu’il ne cesse jamais de stimuler le lecteur tout en lui apportant régulièrement des explications sur les tenants et aboutissants de l’histoire qu’il expose de manière particulièrement brillante. A la fin, quand toutes les pièces du puzzle se sont finalement mises en place, j’ai été tout simplement bluffée par l’intelligence de l’ensemble. Il ne manque pas une pièce mais Castro est un sacré prestidigitateur pour détourner l’attention de ce qui est important et brouiller les pistes pour tenir le lecteur en haleine jusqu’au bout. Sans aucun doute l’un des meilleurs livres que j’ai lu depuis le début de l’année. Inutile de préciser que vu mon faible pour Andrea et les Porrinyards, je ne tarderai pas à me jeter sur la suite : The Third Claw of God.