Avis : Spirale de Junji Ito

Initialement publiée sur Cinemasie le 1er juillet 2002 avec la note en forme de gastéropode de 4/5

spirale Quelle horreur !!
Tonkam sait vendre ses mangas. Le résumé était alléchant mais, ne connaissant pas du tout l’auteur et son style, j’avoue que j’ai été surprise. Il s’agit bien d’un manga d’horreur et dans le genre c’est une réussite.

Au premier abord, Junji Ito plante un décor des plus simples : un petit village comme les autres et pourtant dès la première image on sait que des choses épouvantables s’y sont passées. Et ce que l’on découvre par la suite est au-delà de l’imaginable. C’est une plongée dans la 4ème dimension qui attend le lecteur. La simple forme de la spirale devient omniprésente, même dans les tourbillons que le vent forme dans les rues. Les phénomènes deviennent de plus en plus inexplicables et d’ailleurs personne ne se pose de questions sur la nature scientifique des choses. C’est paranormal et tout le monde semble l’accepter. La plupart des villageois semblent d’ailleurs être dans un état d’hypnose permanent. Et par moment, ça dégénère et ça tourne à la catastrophe. Et tout tourne autour de la spirale. Le petit ami de Kirié se rend bien compte que la ville essaye de le retenir comme une spirale dont notre regard est forcement attiré par le centre. C’est d’ailleurs lui la première victime des méfaits de la spirale : son père se mettant à collectionner avidement tout ce qui en a la forme jusqu’à sombrer dans la plus pure folie. Sa mère en développant du coup une aversion complète au point d’être internée.

Kirié est pour l’instant notre fil conducteur, bien qu’elle subisse elle-même les méfaits des spirales, elle reste tout de même consciente de ce qui se passe sans pour autant tout comprendre. C’est à travers plusieurs histoires de villageois qu’elle nous guide. Des histoires qui se finissent toutes plus mal les unes que les autres. Le contraste entre la raison de Kirié et tout ce qui l’entoure rend les dénouements encore plus cauchemardesques. Le dessin joue aussi beaucoup. En effet, le style n’est pas très beau en lui-même mais est très efficace. Les regards exorbités et injectés de sang des personnages devenant fou sont très impressionnants. Par ailleurs, Ito semble prendre du plaisir à tordre et remodeler les corps ce qui est du plus « bel » effet au final. C’est tout juste si on n’entend pas hurler ces volutes de fumée sortant du four crématoire et prenant le visage des morts.

Junji Ito maîtrise le genre qu’il affectionne depuis son enfance. Il a su créer une ambiance qui glace le sang. Ce premier tome démarre sur les chapeaux de roue et promet de beaux cauchemars en perspective. Un conseil, ne lisait pas ce manga dans le bus (expérience personnelle) sinon les autres passagers vont se demander sérieusement ce que vous lisez pour fermer les yeux et faire des grimaces comme ça :).

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