Avis : Strain de Riyochi Ikegami et Buronson

Initialement publiée sur Cinemasie le 16 juin 2002 avec la note mafieuse de 3,5/5

strain Le dessin d’Ikegami au service d’une histoire qui prend un bon départ.
Muyo, le beau ténébreux au regard sombre vous rappelle quelqu’un ? C’est normal. Il est difficile de ne pas penser au Freeman en lisant les premières pages de ce manga. Un tueur froid et mystérieux qui exerce aussi une autre forme d’art : la poterie pour l’un, le dessin pour l’autre. Tous deux se retrouvent également confrontés à plus fort qu’eux. Il y aurait sûrement d’autres points communs à mettre en avant mais ça n’est pas défendre l’œuvre que de partir dans cette direction.

En effet, l’histoire s’annonce plus complexe. Muyo a un vrai passé qui le force à rester dans l’anonymat et qui fait qu’une vie ne vaut pas plus de 5 dollars. Face à lui, un joli brin de fillette pas encore femme mais pour qui la vie n’est pas simple et qui, contrairement à Muyo, ne connaît rien de ses origines. Les deux vont faire route commune et les indices sur ce qui les lie sont distillés lentement. D’ailleurs, le rythme général peut être qualifié de lent mais donne aussi lieu à quelques sursauts comme l’apparition de ce tueur-fou redouté par tous les professionnels du milieu. Sa folie fait froid dans le dos.

Ce qui fait mieux admettre ce rythme, c’est bien sûr le dessin si particulier de Ikegami. J’ai parfois du mal à ne pas m’arrêter sur certaines vignettes pour les contempler un instant tellement elles sont splendides. On dirait presque qu’un souffle de vie parcourt les personnages. Il y a une vraie maîtrise du gros plan sur les visages. Contemplation… sauf sur le tueur-fou qui, lui, sort tout droit du passé, d’une époque où les races supérieures faisaient fureur (re-frisson). La tête va bien avec le personnage en tout cas. Pour les amateurs et même si ça ne fait pas forcément avancer l’histoire, le dessinateur nous gratifie de quelques planches à caractère sexuel très explicites (et très proche de ce qu’il y avait dans Crying Freeman). A ne pas mettre entre les mains des plus jeunes donc.

Enfin ceci n’engage que moi, mais ne serait-ce que pour le travail d’Ikegami, ce manga vaut le détour.

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