Avis : Lover Awakened de J.R. Ward (The Black Dagger Brotherhood n°3)

lover awakened Ah que j’aime ces titres tartes qui se ressemblent tous : Dark Lover, Lover Eternal, Lover Awakened, Lover Truc, Lover Chose… Du coup je me suis plantée lamentablement dans l’ordre de lecture et ai lu le 3 avant le 2 mais a priori ça n’a pas beaucoup d’importance vu que les personnages des tomes précédents (Wrath et Rhage en l’occurrence) sont souvent présents mais laissés en arrière-plan du point de vue de leurs histoires personnelles. Bref, Lover Awakened est le 3ème tome de The Black Dagger Brotherhood et est centré sur le personnage le plus violent, antipathique et particulièrement peu loquace de la confrérie, j’ai nommé Zsadist. Rien qu’avec un nom comme ça, on sent que le gars n’est pas une partie de plaisir. Zsadist : le jumeau de Phury et l’esclave de sang qui porte encore sur son corps les marques des sévices qu’il a subit (visage balafré, tatouage qui rappelle à tous son passé) et surtout qui entretient bien volontiers son aura de sociopathe de première. Un peu à la manière d’un ascète, il s’affame volontairement en refusant quasiment toute nourriture humaine, ne boit que le sang de prostituée quand il n’a plus le choix, dort à même le sol dans un froid glacial et éprouve un tel dégoût pour sa personne que son mode d’expression principal reste la violence. Sauf que depuis qu’il a rencontré Bella, il ne cesse de penser à elle ; même s’il n’est qu’un moins que rien et elle une aristocrate. Alors le jour où un Lesser l’enlève, il met tout en œuvre pour la sauver…

Par où commencer ? Par le côté romance comme ça je suis débarrassée. Ce bouquin est du pur concentré de psychologie féminine qui fait mouche. Un truc que je ne vais même pas tenter de nier tellement ça a été droit au but. Le personnage de Zsadist est exactement calibré pour réveiller l’instinct de l’animal qui dort en nous. Ça n’est même pas étonnant que le terme « femelle » soit plus utilisé que celui de « femme » dans les livres parce qu’il s’agit de ça. Les relations entre les hommes et les femmes dans cette série relève plus du monde animal qu’humain. Rien de péjoratif ici, juste le constat que les mâles, une fois lié à une femelle qu’ils marquent de leur odeur, ne vivent que pour elle et leurs petits s’il y en a. Si les femmes n’avaient pas eu une psychologie et un caractère bien développés et leur place bien douillette sur un piédestal, j’aurais été tentée de dire que l’œuvre était plutôt misogyne et pas flatteuse pour les lectrices mais JR Ward a su mettre en place des codes qui font qu’il n’en est finalement rien. C’est même plutôt marrant de ce dire que finalement ces vampires se comportent plus comme des loups qu’autre chose. Tout ça pour dire que même si l’histoire entre Bella et Zsadist est somme toute extrêmement « classique » (ou disons plutôt sans surprise au final mais bien compliquée au milieu), il est quasiment impossible de ne pas tomber sous le charme, d’avoir le cœur qui se sert à certains moment et d’éprouver quelques bouffées de chaleur à d’autres. Le choix des mots est précis, l’écriture d’une fluidité impeccable et l’effet garanti. Un must en matière de romance et pourtant je suis un public difficile en la matière.

Passons aux choses sérieuses maintenant. Parce que ça n’est pas tout de lutiner le gueux mais c’est oublier qu’on a quelqu’un a « ahvenger » (comme dans vengeance mais avec h au milieu), que la guerre contre l’Omega ne s’arrête jamais et que Mr O. est de retour avec l’idée saugrenue que Bella est sa femme et qu’elle ferait une très bonne lesser. C’est dire si le gars est tordu. Et terriblement intelligent en plus de ça. Il finit par se rapproche bigrement de la confrérie le bougre. Trop même. On en verra sans doute les conséquences dans le tome 4 mais il est clair que petit à petit les choses se précisent rapport à cette lutte ancestrale entre l’Omega et la Scribe Virgin. Au passage, on en apprend un peu plus sur le fonctionnement de la confrérie et les méthodes de formation des futurs frères à travers l’histoire de John que l’on sera forcément amené à revoir dans l’avenir et qui déjà porte un lourd bagage. Les histoires des autres personnages continuent à se développer en parallèle (hors Wrath et Rhage) et au final le livre se révèle très dense en informations. J’en retiendrai surtout que j’ai hâte d’arriver au tome 6 et l’histoire de Phury pour découvrir l’histoire du jumeau beau gosse amateur de fumette qui est prêt à sacrifier beaucoup de choses pour aider Zsadist.

Maintenant, à moi le tome 2 qui, je le sens, va être aussi accrocheur que celui-là. C’est vraiment bon ce truc, mieux qu’une tige de Red Smoke je suis sûre.