Dark Lover de J.R. Ward (The Black Dagger Brotherhood)

Dark Lover A ma droite : The Scribe Virgin. A ma gauche : The Omega. Depuis la nuit des temps, ces deux forces mystiques s’affrontent en secret par le biais de leur représentants terrestres respectifs : les vampires et les Lessers (des hommes privés d’âme vouant leur existence à la destruction des vampires et ayant troqué tous les plaisirs de la vie contre une forme d’immortalité). Pour les contrer, existe une société secrète constituée de six guerriers vampires : la confrérie de la dague noire.
Beth Randall était loin de penser que sa petite vie sans saveur de journaliste sans avenir allait basculer du jour au lendemain quand un de ces guerriers se présenterait à sa porte pour lui offrir aide et protection.

Heureusement que cette série a une très très bonne réputation parce qu’entre les illustrations et le « Deliciously edgy, erotic and thrilling! » de la couverture, j’avais vraiment peur d’un nouveau « A girl’s guide to vampire« . Pourtant, quelque part l’association confrérie mystérieuse/gnangnantises arlequiniennes ne paraissait pas coller à l’aura de l’œuvre. Rien que le fait d’ouvrir le livre sur une liste de définitions de termes employés par la suite est une façon comme une autre de prévenir le lecteur qu’il ne sera pas en terrain connu et qu’il devra définitivement s’attendre à quelque chose d’un peu plus travaillé qu’une bluette insipide (ça n’est que mon avis sur les bluettes là). En plus, la dame a du style dans le maniement de la plume. Rien à voir avec une auteur débutante (comme Jocelynn Drake à tout hasard). Ici, on ne peut que constater la grande maîtrise de la construction scénaristique dès les premiers chapitres… et paf comme une moule à son rocher, je n’ai plus lâché le petit livre rouge.

Une première chose qui fait du bien, c’est qu’il ne s’agit pas comme on aurait pu s’y attendre d’une histoire racontée à la première personne par le personnage féminin (je n’ai rien contre mais en ce moment je ne lis un peu que ça). Ici, le point de vue change assez régulièrement entre au moins 7 personnages, donnant ainsi tous loisirs à l’auteur de présenter son histoire sous différents angles d’attaques et surtout de creuser sans effort la personnalité de ses protagonistes. Tout de suite ça donne un peu plus de profondeur au tout. Ajoutons à cela, une histoire pas forcément compliquée en elle-même mais se déroulant dans un contexte que l’on découvre plein de méandres et de subtilités qui laisse présager du mieux quant à la suite. Franchement, ces 6 guerriers ont tout pour plaire (enfin presque mais j’y reviens vite). Brutes épaisses se battant à l’arme blanche et aux goûts musicaux douteux ; pour la plupart de la famille du vieux loup solitaire mais avec un sens aigu de l’amitié genre à la vie à la mort entre eux 6. Mieux vaut aimer la testostérone et les remarques sexistes. Autant dire que pour qu’une femme trouve sa place dans cet univers, elle a intérêt à avoir les reins solides (et dans bien plus d’un sens). Je passerai délibérément sur les scènes dites érotiques parce qu’elles sont sans surprise et pas franchement utiles à l’histoire notamment parce que le personnage féminin vaut bien mieux qu’être réduite à une jeune femme en quête de romance, surtout vue sa destinée. En plus, je suis loin d’être comme Janet Weiss (« I’m a muscle fan« ) et les descriptions de toutes ces armoires à glace m’inspirent plus pour des scènes d’action sévèrement burnées (il y en a) que pour de l’érotisme torride. C’est pas top-moumoutte des noms de guerriers sexy comme Wrath, Zsadist, Rhage, Vishous, Phury, Tohrment ? Çela dit, hormis cette composante érotique, je suis sûre que cette série de livres peut potentiellement séduire un public plus large que la seule gente féminine.

Un mot sur le type de vampires auxquels on a affaire. Il s’agit de vampires ne supportant pas la lumière du jour mais ne tombant pas de sommeil aux premières lueurs. Ils ne boivent que le sang de personnes du sexe opposé et généralement d’un autre vampire car le sang humain n’est pas assez puissant pour les rassasier. D’ailleurs, on ne devient pas vampire en étant mordu mais on nait vampire ou demi-vampire et il faut passer par une phase de transition où malheureusement beaucoup y laisse leur peau. Ils peuvent se reproduire entre eux et parfois avec des humains mais l’accouchement est toujours un moment délicat où la mère y laisse elle aussi assez souvent sa peau. Ils peuvent se dématérialiser d’un endroit à un autre et peuvent effacer la mémoire des humains. Et le reste il faudra le lire pour le connaître. En tout cas, l’histoire de Wrath (puisqu’on commence par lui) donne envie d’en savoir plus sur cette famille de vampires, sur leur passé et leur avenir. J’attaque la suite bientôt parce que -cochonnerie de bouquin !- le côté addictif de cette série est indéniable.