Jackie Chan à la force des poings – Eric Faber

Petite intro pour expliquer la première phrase. Ici là où je suis en ce moment, c’est le siège de l’association CinémAsie, du coup il arrive que des trucs atterrissent ici directement et que j’en profite au passage. Typiquement ce qui vient de se passer avec ce livre. Et comme d’habitude quand le texte est destiné à CinémAsie en premier lieu, le ton n’est pas le même que celui adopté habituellement ici.

Avis

Le hasard (enfin La Poste) fait parfois curieusement bien les choses vu qu’il ne me serait a priori pas venu à l’esprit de lire une biographie d’acteur/réalisateur/chorégraphe/etc Hongkongais, que ça soit celle de Jackie Chan ou d’un autre. Je me voyais plutôt lire un ou deux chapitres histoire de me faire une idée sur le style employé par l’auteur et vite refiler ça aux spécialistes du site. Je suis la première étonnée d’être arrivée au bout et en plus d’avoir trouvé ça plutôt intéressant et instructif. Pour resituer un peu, j’ai dû voir à tout casser une douzaine de films avec Jackie Chan, ceci étant encore une fois le fruit du plus grand des hasards. Je suis aussi toujours restée assez sourde aux « radio-potins » en ce qui le concerne. Du coup je peux dire que je n’y connaissais pas grande chose à sa vie et que je ne pouvais aller que de découvertes en découvertes.

Chaque chapitre (7 au total, écrits gros) s’articule grosso modo toujours de la même façon : une première partie générale sur les moments marquants de telle ou telle partie de la vie de Chan et une deuxième partie revenant sur les films marquants de cette même période avec anecdotes de tournages. On commence donc par le passage par l’Académie des Arts Dramatiques Chinois et ses coups de cannes pour poursuivre avec les débuts sous l’aile pseudo-protéctrice de Lo Wei. Quelques histoires de triades plus tard, on se retrouve bras dessus-bras dessous avec les deux comparses de l’époque Yuen Biao et Samo Hung et leur trio assez mouvementé par moment. Puis c’est la célébrité et le départ pour les États-Unis jusqu’à aujourd’hui. Que des faits que les fans doivent connaître déjà dans les moindres détails et qui ont de forte chance de rendre l’ouvrage fort inintéressant de leur point de vue, sauf peut-être en ce qui concerne les très nombreuses comparaisons avec le cinéma muet américain et surtout Buster Keaton qui semblent avoir été une grande source d’inspiration.

Pour dépeindre toutes ces « aventures », l’auteur utilise un ton qui n’est pas pompeux comme on aurait pu le craindre. Certes, il est fan et ça se sent mais il n’est pas dupe non plus et en lisant entre les lignes, on détecte vite que Jackie Chan n’est pas un homme de talent irréprochable défendant de beaux principes dans ses films, il sait également parfaitement mener son petit business pour satisfaire ses envies de reconnaissance mondiale et flatter son ego. Bien sûr on est loin des débats houleux autour des relations Jackie/triades que certains s’évertuent à démontrer ou encore des conversations interminables pour savoir si oui ou non Jackie se fait doubler dans tel plan à telle minute et qu’en plus il refuse de l’avouer. Le livre reste tout le temps au-dessus de ça et préfère s’intéresser au travail de Jackie Chan sur ses films.

Au final, est-ce que ça m’a donné envie de me jeter sur le reste de la filmographie de Jackie Chan ? Pas particulièrement. C’est peut-être là une limite du livre. En tout cas, il y a des moments où j’ai eu du mal à le lâcher. A condition de ne pas se laisser dissuader trop vite par la couverture, assez mal choisie il faut l’avouer, le non-fan trouvera certainement dans cet ouvrage une mine d’informations qui s’avère assez passionnante à lire.

Texte également présent sur CinemAsie.com