Mad Heidi réalisé par Johannes Hartmann

Synopsis : Dans une Suisse dystopique tombée sous le joug d’un magnat du fromage, Heidi, la fille des montagnes, sent grandir en elle un désir de liberté personnelle. Désormais guerrière courageuse, elle se promet de faire tomber les fascistes du fromage.

 

Note : N’approchez pas d’un seul morceau de fromage avant, pendant ou directement après le visionnage de ce film.

 

Avis : Bien entendu, il fallait que je le regarde. On ne peut pas partager un même prénom avec un site de news suisse, des salons de mariage japonais, une mannequin germano-américaine, une mère-maquerelle hollywoodienne et passer à côté de cet hommage vibrant (enfin, sanglant) à la petite fille des montagnes. Une chose que nous ne partageons pas néanmoins, je tiens à le rappeler, c’est la prononciation dudit prénom. Le mien se prononce bien Hé-Di et pas Ail-Di, au grand désarroi de mon professeur d’allemand de terminale à qui je prenais soin de ne pas répondre quand il forçait l’accent. D’un autre côté, je faisais un peu cette tête-là, il aurait pu se douter que je n’aimais pas :

 

Mais revenons à nos chèvres.

D’habitude, quand on pense Suisse, on pense à la Sainte Trinité : montagnes, chocolat et fromage. Bon, les montagnes sont sans doute ce qu’il y a de plus inoffensif (et beau) dans ce film. Pour ce qui est du chocolat et du fromage, il va falloir se méfier. D’autant plus que de la fondue est vraiment proposée sur le site officiel (là où vous pouvez voir ce film d’ailleurs). Je dis ça, je dis rien, mais il y a de quoi remettre en question la neutralité supposée de ce pays…

Mad Heidi, donc, bouscule beaucoup beaucoup de souvenirs d’enfance. Déjà la relation Heidi/Peter… Adieu mon innocence ! Et les chèvres ? Non, je vous vois venir, mais pas du tout. Dans un pays totalitaire où le mauvais fromage industriel est devenu l’opium du peuple, Peter est trafiquant de fromages de chèvre fermiers ! Vous voyez arriver le drame ? Pourquoi Heidi est si mad ? Délation, exécutions sommaires, camps de redressement… Mieux vaut ne pas faire partie de la résistance ou être intolérant au lactose sous un régime pareil. Toute ressemblance avec une certaine période de l’Histoire est voulue, mais la mise à distance opérée rend la chose digeste (oups) et plutôt maline. En tout cas, le film fait souvent sourire, et parfois rire aux éclats entre un « Mais nooooon !!! » exprimé face au mauvais goût de certains passages et une phrase culte détournée dont je ne parlerai pas ici pour laisser la surprise. Les libertés prises avec les grandes lignes du livre écrit par Johanna Spyri sont franchement bien vues, et vous imaginez bien que je le connais sur le bout des doigts. Même la pauvre Klara est là et prend très cher.

Le seul hic avec la swissploitation, c’est que ça parle sans doute un peu plus aux Suisses qu’au reste du monde. Je sais que je suis passée à côté d’un paquet de références trop helvéticocentrées et ça laisse toujours un petit goût de lost in translation. Je ne pense pas que Mad Heidi marquera l’histoire du cinéma (pas assez nanar dans l’âme sans doute, mais joliment produit néanmoins ; on évitera d’inviter l’actrice principale à jouer dans un wu xia pian, c’est tout), mais il nous restera toujours la fondue (surtout moitié-moitié), le Toblerone (au lait), la perspective d’une suite… et cette magnifique image de Casper Van Dien (également en vente sur le site officiel).

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