Demi-vie, tome 4 : Origines de Magali Laurent

Quatrième de couverture : Sauver l’humanité et protéger la Terre… à n’importe quel prix.

À dix-neuf ans, Christopher quitte Pittsburgh avec sa tante Olivia et sa cousine Madison. Leurs conditions de vie déplorables les poussent vers le Jardin de Toronto, ouvert depuis peu, en quête d’une existence paisible, loin de la pauvreté et de la famine. Mais Chris, sceptique, demeure vigilant. Il se méfie des promesses et des beaux discours de la Nouvelle Cité mondiale.

Très vite, ses craintes se concrétisent. Une jeune femme blessée fait irruption sur leur route. Les gens qu’ils croisent ont un comportement dérangeant. Les animaux se mettent à les attaquer sans motif. Le danger plane et la mort, terrible prédatrice, rôde autour de leur groupe.

Chris n’a qu’une idée en tête : protéger les deux personnes les plus importantes à ses yeux. Mais il y a aussi cette inconnue, si privilégiée et pourtant si humaine, qui le bouleverse…

Une puissance impitoyable est déjà à l’œuvre, plongeant ce qu’il reste du monde dans le chaos. Emporté malgré lui dans la tourmente, le jeune homme a beau lutter de toutes ses forces, il avance inexorablement vers son destin.


Note : Service presse lu pour le compte de RCS.


Avis :

Le récit de Christopher avait vu le jour, dans ma tête, bien avant celui d’Ysia et de Sacha. Finalement, je l’avais laissé de côté, comme je le fais toujours quand je ne me sens pas prête à raconter une histoire. Mais après l’écriture de la trilogie, tout a pris son sens. Il fallait que je partage avec vous cette aventure, ce drame à l’origine de tout…

Ce sont les mots de l’autrice qui ouvrent les remerciements à la fin de l’ouvrage. Ce quatrième tome, qui est en fait une préquelle qui ne peut être lue qu’après la trilogie, méritait vraiment d’exister. Il prend à la fois toute sa valeur parce qu’il y a eu tout le reste, mais il est aussi le plus solidement construit de l’ensemble. Christopher est un personnage qui a un grand rôle dans le tome 3 et dont l’histoire racontée ici permet de mieux comprendre les motivations. C’est aussi dans ce tome qu’il rencontre Ailene, autre personnage très important de l’arc principal. J’avais été plutôt déçue par le troisième opus et maintenant, j’ai presque envie de le relire juste pour les retrouver tous les deux. Ils ont pris vie d’un coup et ont trouvé leur place dans cette mosaïque de personnages que j’avais pourtant trouvée trop dense sur la fin.

Mais ce qui fait surtout la force de ce tome, c’est qu’il montre bien comment l’autrice s’est inspirée de notre situation actuelle vis-à-vis de la crise climatique pour créer son récit d’anticipation. Sa base de réflexion est très très concrète, comme le montrent ces deux extraits :

Quoi qu’elle en dise, la Nouvelle Cité mondiale a abandonné le peuple. D’une multinationale super puissante, elle est devenue le dernier espoir des gouvernements du monde entier, et une centaine d’États y ont investi des sommes extravagantes, se fragilisant considérablement par la même occasion. En échange, elle a promis que les sacrifices consentis – économiques, surtout – ne seraient pas vains. Il fallait construire les Jardins, des villes autonomes respectueuses de l’environnement, et le coût était faramineux. Mais le temps a joué en défaveur de l’humanité. Surpopulation, migrations massives, pollution, famines, épidémies… Les fonds ayant servi à la construction des Jardins auraient pu être utilisés pour aider les populations mondiales. Maintenant, il est trop tard.

Quand l’humanité a compris qu’elle venait de frapper un mur, les populations se sont soulevées. Elles ont alors manifesté à cor et à cri pour dénoncer le manque d’efficacité des gouvernements en place, pour réclamer un changement, pour que leurs enfants puissent avoir un avenir.
Le mouvement, qui avait frappé les pays du sud de nombreuses années auparavant, s’est propagé dans tous les pays du nord. Mais il était déjà trop tard pour espérer un changement à court ou moyen terme. Quand les gens ont compris ça, ils sont devenus enragés, piqués par le désespoir et la peur.
Alors les autorités ont réprimé la violence par la violence, mettant en branle des engrenages qui ont continué à tourner pendant de trop longues années. Peu à peu, la population s’est assagie, à bout de force et d’espoir.

Tout ça sonne beaucoup trop juste, trop réel, plus que beaucoup d’autres romans dystopiques. Et les réminiscences du passé ne sont pas loin non plus puisqu’il est très difficile de ne pas comparer ce moment où les gens, assimilés à une foule déshumanisée portant le nom de leur ville d’origine, montent dans des trains avec une simple valise, qui leur sera finalement confisquée à l’arrivée, avec le départ pour les camps de concentration. Vous le voyez le retour en force du totalitarisme qu’on pensait appartenir au passé le plus sombre de l’humanité ?

Je ne suis vraiment pas loin de parler de coup de cœur pour cet ultime tome, parce qu’il va au-delà du simple divertissement que l’on dévore pour se faire peur le soir au fond de son lit. Il condense tout ce qu’il y avait de meilleur dans les trois autres tomes pour tirer une sonnette d’alarme supplémentaire : les réminiscences du passé, la perspective d’un futur hostile à l’homme, le retour de l’autoritarisme qui fait froid dans le dos, des personnages forts et bien construits qui seront tous confrontés à des drames humains et de l’action en mode survival qui ne pêchent jamais. Les touches de SF çà et là ne font jamais oublier que le fond de l’histoire, la crise climatique, aura des conséquences que l’on peine encore à mesurer. Mais Don’t Look Up comme dirait l’autre.

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