The Loop, tome 1 de Ben Oliver

Avis chapitrés

Présentation de l’éditeur : Depuis que le monde est gouverné par une intelligence artificielle nommée Happy, les guerres ont disparu de la surface de la Terre.
Mais dans le Loop, la prison ultramoderne du District 86, les adolescents criminels sont soumis à une routine écrasante. Chaque jour, à l’heure de la Récolte, ils sont vidés de leur énergie afin d’alimenter le bâtiment en électricité. Et tous les six mois, lors des Reports, ils doivent faire un choix : servir de cobayes lors d’expériences scientifiques ou… mourir.
Jusqu’ici, Luka, Kina et Malachai ont eu de la chance : ils ont réchappé aux traitements expérimentaux qu’on leur a fait subir.
Cependant, les anomalies de fonctionnement du Loop se multiplient et on leur annonce un Report exceptionnel. Cette fois, leurs chances de survie seront minces… Très minces !
Alors Luka et ses amis décident de fuir.
Mais qu’est donc devenu le monde qu’ils connaissaient ? Happy a-t-elle perdu le contrôle ?
S’ils veulent retrouver leurs familles et sauver ce qui peut encore l’être, ils devront d’abord survivre au chaos qui semble avoir tout englouti…

Avis : Se lever, manger, lire, faire de l’exercice, manger, faire de l’exercice, lire, manger, souffrir intensément au moment de la récolte, regarder la pluie tomber, dormir. Se lever, manger, lire… Et ainsi de suite, jour après jour. C’est le rythme qu’impose l’auteur dès les premières pages dans ce Loop qui est non seulement le titre du livre, mais également le nom de la prison où va se dérouler une grande partie de l’action de ce premier tome sur les trois prévus. Luka y passe des journées répétitives, seul dans sa cellule avec une maigre permission d’une heure dans un couloir muré où il fait tout pour se vider de son énergie en courant, courant, courant. C’est le seul acte de rébellion possible qui lui reste. Les jours se suivent et se ressemblent beaucoup, jusqu’au jour où, on s’en doute, un grain de sable va venir se glisser dans un rouage quelque part.

Tout commence donc dans un lieu clos, froid et sans pitié. Il y a bien des bruits de couloirs qui circulent au sujet d’une rébellion, mais les prisonniers n’ont strictement aucun moyen de communiquer avec l’extérieur pour en savoir plus. Et puis, à quoi bon entretenir le moindre espoir puisque s’ils sont là, c’est qu’ils ont été condamnés à mort et qu’ils peuvent juste espérer grappiller un sursis en acceptant les Reports, des expérimentations sur l’humain que Josef Mengele n’aurait pas reniées. De l’extérieur, le lecteur ne sait donc pas grand-chose au départ. Il est question d’humains modifiés, de drogués, de tours d’habitation gigantesques et d’une intelligence artificielle omniprésente. De bien maigres indices pour essayer de reconstituer un puzzle qui, de toute façon, n’aura rapidement plus aucun sens. C’est ce contraste entre le monde intérieur de la prison et le mystère du monde qui l’entoure qui tient vraiment le lecteur en haleine pendant une grande partie du roman. Jusqu’à l’évasion. À partir de ce moment-là, protagonistes et lecteurs se retrouvent confrontés ensemble à l’inconnu et au chaos.

Ce qui est rapidement évident en lisant The Loop, c’est que Ben Oliver a le sens du rythme : celui auquel il révèle des informations essentielles d’une part et celui de l’action d’autre part. Il sait ralentir quand il faut pour créer une attente ou une tension et accélérer à d’autres moments pour emporter le lecteur dans une boulimie de pages frénétique. Même s’il se dévore en un rien de temps, le livre n’est cependant pas exempt de défauts. À l’exception de Luka qui est le fil conducteur de l’histoire, la surabondance de personnages sans visage au début noie un peu le lecteur. Ils ont du mal à prendre forme et vie à travers les murs de la prison, et donc à devenir attachants (ou pas). Il faudra attendre un peu avant de pouvoir visualiser qui est qui dans le grand nuage des prénoms, et même là, certains n’arriveront pas à gagner en substance pour que leur destin ait une réelle importance pour le lecteur. Il y a également trop de situations de climax où le héros est sauvé in extremis par un élément extérieur à lui-même, à la façon d’un Deus Ex Machina ; ce qui aurait pu passer comme une lettre à la poste si l’auteur n’avait pas un peu trop abusé du procédé. Et puis il y a la fin qui arrive avec son lot d’explications et de réponses très attendues, mais aussi de nouvelles questions pour tenter de provoquer une furieuse envie de découvrir la suite. Comprendre un peu mieux ce qu’il se passe vraiment aurait dû, à ce point de l’histoire, être un bouleversement pour le lecteur, un moment où la lumière se fait. En ce qui me concerne et, ce, même si je ne l’avais pas vu venir, l’histoire est finalement rentrée un peu trop dans les clous à ce moment-là. Ce qui ne m’empêchera certainement pas de lire la suite l’année prochaine.

Nouvel arrivant sur le marché de la littérature dystopique pour jeunes adultes, The Loop n’échappe pas aux comparaisons : Hunger Games, Le Labyrinthe, Prison Break et même Walking Dead. En cours de lecture, les amateurs de mangas penseront peut-être aussi à I am a Hero et à la couverture du tome 3 de Scumbag Loser. La plus évidente commence peut-être à trop dater pour venir à l’esprit des plus jeunes, mais il y a indéniablement du Matrix dans l’âme de ce livre. Pourtant, malgré tout cela, The Loop a su trouver sa voix avec une intrigue qui mêle adroitement moments d’horreur pure, noirceur sans concession, scènes d’action tendues et rebondissements multiples. Autant dire que ce livre est particulièrement efficace et qu’il ferait une très bonne minisérie ou série de films. En espérant que la suite soit aussi surprenante.

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