L’Homme qui marche de Jirô Taniguchi

Note : Avis préalablement posté sur CinémAsie le 16 septembre 2013 avec la note contemplative de 4/5.

Avis : S’il est bien un manga de Taniguchi qui n’est pas si simple à appréhender qu’il n’y paraît, c’est bien L’Homme qui marche. Comparé à Quartier lointain où le lecteur peut se permettre de rester passif et se laisser porter par le scénario, ici, il faut accepter le défi de se glisser dans la peau du personnage principal, de faire l’effort de voir avec ses yeux. Sans ça, le livre doit perdre une grande partie de sa saveur et paraître bien ennuyeux.

Comme avec les haïkus, il est fort probable qu’aucune sensation ne ressortira des scènes si aucun lien intime ne se fait avec le lecteur. Heureusement, les situations sont suffisamment communes pour évoquer quelque chose chez la plupart d’entre nous. La première neige de l’hiver dont on a presque l’impression de sentir l’odeur, ce bout de paysage qui retient notre attention au détour d’une rue et qui devient soudain un endroit pour lequel on éprouve une inexplicable affinité et que l’on veut s’approprier à sa façon.

L’homme qui marche vient d’emménager et part à la découverte de sa nouvelle ville. On ne connaît pas grand-chose de l’un comme de l’autre, mais est-ce important ? C’est l’occasion pour lui de retrouver des choses familières lui rappelant son enfance, de partager des moments avec les gens qui l’entourent et surtout avec la nature. Un moyen de construire des souvenirs propres à cette ville aussi. Toutes ces situations donnant lieu à de grands instants de poésie, de bonheur et de sérénité où le temps semble s’arrêter pour mieux être dégusté. Les silences prennent alors un sens nouveau souvent très touchant. Et pour ça, Taniguchi n’a pas eu à inventer des scénarios alambiqués. Simplicité de l’histoire pour un dessin maîtrisé d’une grande précision semble être le seul tour de magie réalisé par l’auteur. Âmes insensibles s’abstenir.

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