13 novembre 2011

Mon diabète expliqué à mes amis 4/4

Dernière partie (on va voir qui sont les forts qui ont tenu le coup jusque-là :) )
Encore une fois et c’est encore plus vrai sur ce post : c’est basé sur mon expérience personnelle. Je suis équilibrée, je suis sous pompe et je fais ça avec sérieux. Ça ne se passe pas toujours aussi bien.

Les aléas du diabète

 

Les objectifs glycémiques
On attend de la plupart des diabétiques qu’ils se maintiennent entre certaines valeurs de glycémie. Il faut être entre 0.8 à 1g/L avant les repas et entre 1,2 et 1,4g/L après. Bon, dans les faits, c’est rarement aussi joli. Je suis clairement quelqu’un de très sensible à l’insuline, même ma diabéto au début avait du mal à s’y faire. Avec les approximations qu’il y a forcément au moment de calculer la quantité de glucides du repas, il est très difficile de tomber juste à chaque fois. Après, est-ce dramatique ? Non, pas vraiment. Si je suis trop haute, je rectifie en fonction. Si je suis trop basse, je remange un petit truc. Et ça repart. Le tout c’est de ne pas rester en hyper trop longtemps, ni en hypo mais généralement je m’en rends compte plus vite.

 

En cas d’hypoglycémie
En-dessous de 0,7g/L, on parle d’hypoglycémie. A 0.6g/L, je ne sens pas forcément grand chose, surtout si je suis occupée. Par contre à 0,5g/L et en-dessous, je commence à avoir des problèmes de concentration (souvenez-vous, le cerveau fonctionne au sucre), une sensation de fatigue et si ça continue à descendre, je deviens très pâle, je transpire et j’ai une fringale. Mon record mini doit être de 0.28g/L. Je n’étais pas fraîche mais j’arrivais encore à me resucrer toute seule. Il y en a, à ce point, qui ont besoin de sortir le Glucagen du frigo. Le Glucagen agit sur le foie pour lui faire sortir du sucre en urgence. Ça a le même effet que le Glucagon sécrété par les cellules α des îlots de Langerhans (oui, il s’agit des cellules voisines de celles sécrétant normalement l’insuline). Ma seringue de Glucagen est toujours restée au frigo pour l’instant et n’en sort que pour aller à la poubelle quand elle se périme. Le gros risque de l’hypoglycémie « violente », bien sûr, c’est le coma.

A savoir 1 : il existe un phénomène qui s’appelle le rebond. Lors d’une hypoglycémie prolongée, le foie finit par réagir et relarguer du sucre en grande quantité. Ça explique souvent des hyperglycémies au réveil. Ça m’arrive très ponctuellement et ça a tendance à dérégler tout le reste de la journée car ma sensibilité à l’insuline change au passage.

A savoir 2 : la sensation d’hypoglycémie peut être ressentie au-dessus de 0,7g/L chez les personnes qui restent trop longtemps en hyperglycémie car leur corps s’est décalibré.

 

En cas d’hyperglycémie
On considère qu’on est en hyperglycémie au-dessus de 2g/L. J’ai tendance à parler d’hyper quand je suis au-dessus de 1,6g/L. Symptômes ? Chez moi, pas grand chose. Je n’ai pas soif, je n’ai pas mal à la tête, je n’ai pas sommeil. Je n’y reste jamais bien longtemps non plus, ceci expliquant peut-être cela. Dès que je suis en hyperglycémie, je fais tout pour rectifier le tir. Je ne prends même plus la peine de faire une languette pour vérifier la présence de cétones dans les urines parce qu’il n’y en a jamais. Comme je l’ai mentionné dans un post précédent, mon record est à 3,60g/L et c’est toujours quand j’ai un problème avec la pompe (j’y reviens plus bas). Jamais pour une problème de calcul de glucides.
A savoir : Il m’arrive de me mettre volontairement en hyperglycémie lorsque je sais que je vais avoir une activité physique dans la foulée (A tout hasard, faire des travaux dans une maison, ça consomme beaucoup beaucoup de sucres mine de rien et même en calculant en conséquence, j’ai une assez faible autonomie) ou que je ne vais pas pouvoir contrôler de manière adéquate ma glycémie (une interview ou une séance de ciné un peu trop près d’un repas). Parfois il est préférable d’être trop haute que trop basse. Enfin, tout ça se calcule.

 

Les aléas de la pompe
La petite bestiole peut être à l’origine de pas mal de soucis et dans mon cas, être totalement privée d’insuline pendant plus de 4-5h d’affilées s’avère rapidement très gênant. Du coup, il faut souvent vérifier qu’une bulle d’air n’est pas coincée au niveau de la sortie du réservoir, empêchant l’insuline d’être injectée correctement. Vérifier aussi que si le site d’implantation du KT est douloureux, ça n’est pas à cause d’un saignement. La pompe est aussi dotée d’une alarme « occlusion » qui généralement indique que le KT est coudé sous la peau ou qu’il est bouché par du sang encore une fois. Et parfois, ça ne marche pas pour une raison inconnue mais ça nécessite toute de même de changer de KT.
La pompe est fournie par un prestataire qui contrôle tous les 6 mois si tout se passe bien. Et si le petit appareil tombe en panne, il s’engage à intervenir dans les 2 heures pour dépanner. Si je pars en vacances plus d’une semaine, je peux avertir mon prestataire pour qu’il mette une pompe de remplacement à disposition sur mon lieu de villégiature (ils ont des antennes dans les principales grandes villes de France). Et si je pars à l’étranger, il est tout à fait possible d’en emporter une deuxième au cas où. Autant dire que ça ne rigole pas et c’est tant mieux. Si toute fois, il y avait un souci, j’ai toujours moyen d’injecter directement l’insuline en utilisant des seringues prévue à cet effet.

 

Le reste en vrac

  • Je ne sais pas s’il y a une recette qui marche plus qu’une autre pour avoir un diabète équilibré. Personnellement, le rythme que je m’impose a fait ses preuves depuis le début donc je m’y tiens. Surtout depuis que je suis sous pompe car ma basale est calquée sur mon rythme et vice-versa. Ça pris deux ans de tâtonnement pour trouver exactement les bons réglages donc maintenant je ne touche plus à rien dans la mesure du possible. Je me réveille entre 7h et 8h, je mange à 12h et à 19h pétantes, je me couche à 23h. Et je n’hésite pas à me réveiller à 2h du matin pour faire une glycémie car s’il doit y avoir un problème la nuit, c’est souvent à cette heure-là. Dans l’idéal, si je suis à 130g/L au coucher, je peux dormir tranquille mais ça c’est dans l’idéal. Je préfère me réveiller au milieu de la nuit plutôt que de risquer le rebond ou la nuit en hyper, ce qui ne manque pas de dérégler la journée et potentiellement les suivantes si la machine s’emballe.
    Après, je peux tout à fait manger à n’importe quelle heure, participer à des repas de Noël qui s’étalent sur 3h, faire quatre-heures, manger du pop-corn au cinéma… mais ça reste exceptionnel.
    Je fais mes glycémies généralement 3h après les repas et pas 2 parce que d’expérience je sais que l’insuline continue à agir après 2h et que si je suis bien glycémiquement parlant au bout de 2h, j’ai de fortes chances d’être trop juste au bout de 3. Après, comme je l’ai dit précédemment, je n’hésite pas à faire autant de glycémies que nécessaire pour être sûre d’être toujours dans les clous. Il arrive souvent qu’il y ait des surprises inexpliquées : baisses soudaines en 30 minutes, hausses dues à une digestion ralentie…
  • Dans un repas, tout ce qui m’intéresse c’est la quantité de glucides mais bien sûr un repas est composé de protéines et de lipides aussi et il faut faire attention à équilibrer un minimum tout ça sinon ça serait facile de se goinfrer de viande, de poisson et de fromage qui comptent tous pour du beurre. Il faut savoir aussi qu’il y a des glucides dans presque tout le reste y compris les haricots verts. Je sais que beaucoup ne prennent pas la peine d’inclure les légumes dans leurs calculs mais vu ma sensibilité, ça introduit tout de suite un biais.
    A la maison, je n’hésite pas à peser les aliments pour être plus précise au niveau de la quantité de glucides même si finalement au restaurant, je m’en sors très bien sans. C’est juste histoire d’avoir l’esprit tranquille. Dans les faits, ça ne me permet pas pour autant d’avoir des résultats parfaits parce qu’il y a trop de variables à prendre en compte en plus : sensibilité à l’insuline (ça je l’ai déjà dit 15 fois je pense), glycémie avant repas, variété et quantité des types de glucides (sucres lents versus sucres rapides ou aliments à faible indice glycémique ou pas), plus les variations personnelles vis à vis de certaines aliments. C’est une multitude de petits paramètres que je prends en compte automatiquement maintenant. A expliquer par contre, c’est un peu le casse-tête. Et pour répondre à la question de Fleurine, contrairement aux types 2, je peux manger tout ce que je veux, je m’adapte en fonction. Donc oui, je peux manger des bonbons, du chocolat, boire des sodas, me jeter sur une part de gâteau au chocolat… après ça n’est pas parce que je peux le faire que je le fais ;) Quant à l’alcool, je peux en boire modérément tout en sachant qu’il y des alcools « sucrés » (comme certains vins blancs, portos, martini…le pire étant la bière), d’autres qui ne le sont pas mais vont, au contraire, avoir un fort pouvoir hypoglycémiant (le champagne notamment). Donc là aussi, il vaut mieux faire plutôt attention.
  • Et au fait, il se passe quoi si on fait n’importe quoi ? Rétinopathie, néphropathie, artériosclérose, neuropathie… Il y a vraiment moyen d’avoir une fin de vie pas sympa si on se laisse aller. Entre finir aveugle, avec une insuffisance rénale et un membre amputé ou se soumettre à une hygiène de vie un poil rigoureuse, le choix est vite fait. Mon diabète s’étant déclenché sur le tard, j’ai bien plus de chances d’éviter tout ça (ou tout du moins, je me mets au niveau du reste de la population).

Les traitements dans l’avenir
Le but est bien sûr de débarrasser le malade des contraintes donc l’idéal serait de remplacer la fonction de sécrétion de l’insuline déficiente par un système automatisé (voire physiologique). Pancréas artificiel, greffe de cellules dans les îlots de Langerhans, greffe de pancréas. Il y a des essais régulièrement et des progrès mais j’avoue ne suivre tout ça que de très loin car même si ça change beaucoup de choses dans la vie, c’est une maladie à laquelle je me suis faite et je ne fais pas vraiment partie des personnes qui ont le plus besoin d’aide. Mon pronostic vital n’est pas engagé, les complications sont loin d’être à l’ordre du jour. Bref tout va bien pour moi même si je peste toujours quand il faut changer le KT deux fois dans la même journée.

Voilà, je pense en avoir dit beaucoup déjà mais si vous avez des questions précises en tête, les commentaires sont à vous.

9 novembre 2011

Mon diabète expliqué à mes amis 3/4

La pompe à insuline

Ça c’est le gros morceau malgré la taille de l’appareil.

La première chose à savoir c’est qu’une pompe se porte 24h sur 24. On vit avec en permanence et on dort avec. Bon, par contre, je ne me douche pas avec même si j’ai un modèle étanche. Les premiers jours, c’est un peu comme un fil à la patte mais on s’y fait très vite et on finit par l’oublier totalement, surtout que le confort de vie en contrepartie est immense ne serait-ce que par rapport aux 4 injections quotidiennes.

L’insuline est contenue dans un réservoir comme celui-ci. C’est le piston de la pompe qui va pousser l’insuline hors du réservoir.

La pompe en elle-même a deux fonctions mais n’a plus qu’un type d’insuline :

  • injecter en permanence de l’insuline pour assurer les besoins de base de l’organisme c’est à dire remplacer l’action de la Lantus dans mon cas. Et là où l’insuline lente était représentée sous forme d’une droite, la courbe de la basale injectée par la pompe est faite de creux et de bosses qui varient tout au long des 24h de la journée. Vous vous doutez qu’on ne consomme pas pareil la nuit et le jour, la pompe permet justement d’adapter heure par heure le débit en fonction du moment de la journée. Actuellement, mon schéma est composé de 5 plages horaires et je peux aussi définir jusqu’à 5 schémas de basale différents si j’ai une activité sensiblement différente le week-end par exemple (mais ça n’est pas le cas. Par contre au Japon, ça s’est avéré très utile).
  • injecter les bolus qui dans le cas de ma pompe se calcule à 0,1 unité près contre des pas de 1 unité avec les stylos. Il y a aussi moyen d’injecter un bolus de plusieurs façons.
    Standard : c’est comme avec un stylo, on injecte toute la dose d’un coup.
    Carré : on étale l’injection d’un bolus sur une période allant de 15 minutes à 4h. C’est utile dans les cas où le repas ne contient pas forcément beaucoup de sucres rapides. Cas particulier que je suis, j’injecte systématiquement tous mes bolus supérieurs à 3 unités avec ce mode-là. J’avais tendance à avoir des boules et des saignements sur le site d’implantation du cathéter probablement parce que je n’ai plus assez de gras en sous-cutané et que les bolus standards avaient tendance à traumatiser ma tendre chair. Le bolus carré sur 15 minutes a été le remède magique.
    Mixte : c’est un mélange des deux, d’abord une dose injectée d’un coup puis le reste diffusé sur une période plus longue. Chez moi, c’est l’idéal dès que je mange plus de 200g de féculents vu que ma glycémie continue à grimper pendant des heures après le repas à cause d’eux.

Actuellement j’ai une Accu-check Spirit Combo. Combo parce qu’elle est appairée avec le glucomètre du post précédent qui sert d’ordinateur de bord et de télécommande en plus de savoir donner la glycémie. Je fais une parenthèse rapide sur les cathéters et je reviens sur la pompe.

 

Les cathéters
Vissé sur le réservoir, il y a la tubulure (c’est à dire un petit tube de 40 à 60 cm de long) et à l’autre bout, il y a moi avec un cathéter glissé sous la peau. Les cathéters (KT) sont de deux types : tangentiel (on pique en biais avec un angle de 30 à 45 degré par rapport à la peau, c’est celui du haut) ou perpendiculaire (en bas). J’utilise des deux.

La pose peut se faire à la main ou avec un inserteur approprié comme celui-ci qui va avec le KT juste au-dessus :

Les KT se posent dans des endroits « gras » : bras, ventre, hanche, haut des fesses. Si vous êtes comme moi et que vous avez le ventre trop plat, ça sera bras et haut des fesses uniquement. Et surtout, le KT comme l’insuline du réservoir se changent tous les 3 jours. L’insuline est exposée à des variations de températures mais est surtout au chaud près du corps, du coup, on estime qu’au bout de 3 jours, elle commence à s’altérer. Le KT quant à lui ne doit pas être laissé au même endroit trop longtemps sinon ça peut entraîner des réactions locales comme des lipodystrophies. A la question : est-ce que ça fait mal ? La réponse est : la plupart du temps non, sauf quand on rencontre un vaisseau ou un nerf.

 

Pompe + glucomètre
Comme je l’ai dit plus haut, mon glucomètre est appairé avec ma pompe via bluetooth. Je peux piloter la pompe directement depuis le glucomètre sans avoir à la sortir (pratique si je suis en robe ou que c’est l’hiver et que j’ai 15 couches de pulls sur moi). Je retrouve un menu identique à celui de la pompe. En plus de ça, lors d’une glycémie avant de manger, je peux entrer la quantité de glucides de mon repas et en fonction de tout ça, le calculateur de bolus me dit combien injecter et je n’ai plus qu’à valider. Pareil en cas d’hypo ou d’hyper, elle est capable de donner la quantité de sucre à avaler ou combien injecter pour corriger et revenir dans les normes. Enfin, ça c’est la théorie. Si je l’écoutais je serais soit morte, soit en hyper de façon permanente.

A l’inverse, le glucomètre est capable de récupérer les données de la pompe (bolus, type de bolus, heure d’injection) et de faire la synthèse avec ses propres données (glycémie, heure des glycémies, quantité de glucides ingérés) pour faire des statistiques. Et là, pour le suivi c’est top. Comme je fais ça sérieusement, ça me donne une bonne visibilité sur 3 mois de l’évolution de mon diabète. Du coup, j’ai rarement des surprises lors des contrôles trimestriels.

Bientôt la fin (enfin, plus ça va plus je me rends compte que j’aurais facilement matière à faire au moins un cinquième post.)

9 novembre 2011

Mon diabète expliqué à mes amis 2/4

D’un point de vue plus pratique, de quoi ai-je besoin au quotidien ?

 

L’insuline, le retour de la vengeance
Puisque je ne sécrète plus naturellement d’insuline, il faut forcément que j’en apporte de l’extérieur. De nos jours, il existe une grande variété d’insulines de synthèse (oui, parce que celle de porc, c’était pas super top quand même). Vous vous doutez bien qu’on ne traite pas un enfant de la même manière qu’un adulte déjà. Et même chez l’adulte, chacun va réagir différemment aux différentes formulations. La plupart du temps, elles sont présentées sous forme de stylos jetables sur lesquels on visse une aiguille ; il ne reste plus qu’à piquer. Je vais éviter de parler de ce que je ne connais pas. Pour ma part, j’ai connu deux types d’insulines avant de passer à la pompe. Une lente (la Lantus) couplée à un analogue rapide de l’insuline : Humalog pendant quelques semaines puis Novorapid en Chine puis re-Humalog au retour en France. Allez comprendre pourquoi je réagis mieux à l’Humalog qu’à la Novorapid alors que c’est sensiblement la même chose mais c’est un exemple parmi tant d’autres qui prouve à quel point ça peut être pointu. La lente est injectée en une ou deux fois et couvre théoriquement 24h. J’en avais déjà parlé ici. C’est ce qu’on appelle la basale et elle sert « à vivre sans manger ». Elle est adaptée pour absorber ce que le foie relâche en permanence pour couvrir les besoins de base de l’organisme. Il y a beaucoup de choses théoriques à son sujet qui ont fait le « bonheur » de mes nuits. Son action est symbolisée par une ligne droite sur 24h. Dans les faits, c’est moins rectiligne mais passons. Le but est de comprendre ce que représente la basale.

A côté, l’analogue rapide injecté au moment des repas sert à absorber le pic ponctuel lié à la prise de nourriture. On parle de bolus. L’insuline commence à agir au bout de 15 minutes et son action s’étend sur une durée de 2 à 3h. Là il y a 2 écoles. Soit on mange toujours la même quantité de glucides et donc on injecte toujours la même dose. Soit on mange ce qu’on veut et on adapte sa dose en fonction mais il faut savoir compter ses glucides avec une plus ou moins grande précision (ça dépend de la sensibilité des personnes, encore une fois). La deuxième école est l’insulinothérapie fonctionnelle et je n’ai connu que ça. J’avais donné mes références ici même si maintenant je ne les utilise plus. C’est aussi l’analogue rapide qui permet de faire des corrections en cas d’erreur de calcul.

Pourquoi je vous parle de ça alors que je suis sous pompe ? Parce qu’une fois sous pompe, il n’y a plus qu’un type d’insuline mais que le principe basale/bolus reste le même.

 

La mesure de la glycémie
Ça rythme la journée. La logique veut qu’on fasse une glycémie avant chaque repas et une 2 heures après chaque repas plus une au coucher pour être sûr de passer une nuit tranquille. Dans la pratique, j’en fais plutôt 9 sur 24h mais c’est vraiment variable. Si j’ai besoin d’en faire plus, j’en fais plus, il vaut mieux vérifier que rester dans le doute (ou à 3g/L pendant 4h). Il arrive que j’aie besoin d’en faire moins et que je tombe à 6 par jour. Il n’y a pas de règle stricte sauf de ne pas hésiter en cas de doute. Je sais que beaucoup, malades ou pas, considèrent ça comme une contrainte peu agréable mais c’est un peu comme tout, ça devient une contrainte si on veut que ça en soit une.

Ma bestiole actuelle ressemble à ça (et oui, elle fait des stats mais j’y reviendrai quand je parlerai de la pompe).

Dextroyer Performa Combo

 

Avec ça j’ai besoin d’une bandelette sur laquelle déposer la goutte de sang et d’un autopiqueur qui sert, comme son nom l’indique, à piquer le doigt (mais jamais le pouce et l’index et jamais la pulpe). Il est possible aussi d’utiliser de piquer à d’autres endroits (côté de la main, bras) mais ça peut entraîner des variations au niveau des résultats du coup je reste sur les doigts. La question qui est sur toutes les lèvres maintenant c’est : est-ce que ça fait mal ? Honnêtement non. Il faut juste faire attention de ne pas piquer deux fois de suite au même endroit mais sinon l’autopiqueur utilise un ressort réglable pour propulser l’aiguille et ça va suffisamment vite pour qu’il n’y ait pas de réelle appréhension. Il suffit de presser un peu le doigt pour obtenir la goutte et ça se referme quasiment immédiatement. En faisant un peu attention, on voit les petits nuages de points noirs sur les côtés des doigts mais ça cicatrise quand même assez vite malgré la fréquence de mes contrôles. Les aiguilles, tout comme les bandelettes, sont quant à elles, à usage unique et se jettent dans un bac jaune destiné aux déchets médicaux.

A suivre : la pompe.

7 novembre 2011

Mon diabète expliqué à mes amis 1/4

Je me suis rendue compte récemment que, même après plusieurs années, certains de mes amis étaient encore dans le flou rapport à ma maladie et n’osaient visiblement pas me poser de questions à ce sujet (Fleurine, si tu me lis !). Du coup, je vais faire un petit point dessus, sachant que ça ne reflètera que mon expérience. S’il y a une chose à savoir sur le diabète, c’est qu’il peut y avoir de belles variations physiologiques d’une personne à une autre et qu’il vaut mieux éviter de généraliser (Forum Doctissimo, si tu me lis !).
PS : Kame s’est permis d’intervenir discrètement dans ce post.

 

J’ai attendu 2005, c’est à dire mes 26 ans pour déclarer mon type 1 en grande pompe. J’avais d’ailleurs écrit quelques articles à l’époque sur l’art de vivre son diabète en Chine. En général, il apparaît chez l’enfant et l’adolescent mais en fait, il n’y a pas d’âge pour commencer. Anne Rice a attendu d’avoir 57 ans. Bon, personnellement je trouve que le déclarer à 26 ans, c’est plus du bol qu’autre chose. Déjà parce que j’ai passé la crise d’adolescence qui est souvent une période catastrophique pour le jeune diabétique puis parce que ça m’avait laissé le temps d’obtenir un niveau licence de biologie cellulaire et physiologique option nutrition. C’est pompeux mais sacrément utile quand un truc comme ça vous tombe dessus.

 

Type 1, type 2… et ta sœur ?
Un point rapide s’impose sur les différents types de diabètes. Dans les grandes lignes, il y en a 3 : type 1, type 2 et gestationnel. Dans mon cas, il s’agit d’un diabète de type 1 dit insulino-dépendant. En gros, je ne sécrète plus d’insuline. La cause est une réaction auto-immune (moi contre moi) au niveau de mes cellules pancréatiques. Ça n’est a priori pas héréditaire. Je suis d’ailleurs le seul cas dans l’ensemble de ma famille.
Le type 2, ou diabète non-insulinodépendant, est celui dont on parle le plus dans les médias sans forcément apporter de précision sur le type. Il peut avoir diverses origines mais la plus connue est l’obésité liée à un facteur génétique héréditaire. Le corps devient résistant à l’insuline qui continue à être secrétée en quantités de plus en plus importantes jusqu’à épuisement du pancréas. Du coup, vous pouvez aussi en déduire que le diabète de type 2 peut apparaître avec l’âge chez tout le monde, vieillissement du corps oblige.
Le gestationnel, comme son nom l’indique, touche les femmes durant leur grossesse et disparaît généralement de lui-même par la suite.
Pour les cas particuliers des diabètes « secondaires », je vous renvoie ici.

 

L’insuline, ça sert à quoi ?
Je vais tâcher de ne pas rentrer dans les détails parce que je vais vite vous perdre. Je vais aussi utiliser un raccourci assez fréquemment et dire sucre au lieu de glucose. Gardez juste à l’esprit que le glucose est la molécule la plus simple parmi les sucres (tous les trucs en -ose : fructose, lactose,… finissent par donner du glucose si on a la bonne enzyme). Le glucose est directement assimilable par l’organisme.
L’insuline est une hormone secrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du Pancréas. Basiquement, elle sert à faire baisser la quantité de sucre dans le sang pour le maintenir à un taux relativement stable en le faisant entrer dans les cellules. Je vais vous épargnez les mécanismes de la néoglycogenèse et de la glycogénolyse mais il faut comprendre que le sucre n’est jamais stocké directement dans l’organisme. A partir de plusieurs molécules de glucose, on forme du glycogène qui peut au besoin être dégradé en glucose : c’est le cas dans le foie (le réservoir principal) et les muscles (pour une consommation locale). En dernier lieu, on le stocke dans le tissu adipeux sous forme d’acides gras. Et là vous comprenez pourquoi une alimentation trop riche en sucre fait grossir.
En tout cas, le sucre c’est la vie, toutes les cellules du corps en ont besoin, notamment notre cerveau qui turbine essentiellement au sucre et à l’oxygène (le petit coup de barre à l’approche de l’heure du repas, c’est pour ça).

 

Du coup, il se passe quoi quand il n’y a plus d’insuline ? On est en hyperglycémie permanente déjà car, faute d’insuline, le corps ne sait plus quoi faire du sucre dans le sang. Il faut trouver un autre moyen de l’éliminer, ce qui entraîne une diurèse abondante et par conséquent une grande consommation de liquides pour compenser (on parle de 2 à 4L par jour là). C’est un des premiers symptômes révélateurs du diabète de type 1. Mais à côté de ça, le corps a toujours besoin d’énergie pour continuer à tourner alors il se met à « brûler » tout ce qu’il peut : graisses, muscles, expliquant un amaigrissement parfois violent et une perte de tonicité certaine. Inconvénient : il y a production en parallèle de substances nocives pour l’organisme (les corps cétoniques) : en trop grandes quantités c’est l’acidocétose et arrivée à ce point, je peux vous dire que la machine est suffisamment déglinguée pour avoir droit à un petit séjour à l’hôpital. Dans le pire des cas, ça se finit en coma. Bien sûr il y a moyen de s’en rendre compte avant d’en arriver là mais parfois les circonstances climatiques comme des températures comprises entre 40 et 45° sont là pour détourner l’attention par rapport à la consommation excessive de liquides. Au rayon des particularités, le symptôme principal qui m’a finalement forcée à aller voir un médecin, et qui expliquait a priori l’amaigrissement, c’est une fermeture quasi-totale de mon pylore (la jonction entre l’estomac et le duodénum). Forcément, jusqu’aux résultats de la prise de sang, les médecins n’avaient pas fait le rapprochement non plus.

 

Les chiffres
Il y a deux choses qu’on mesure beaucoup chez le diabétique : sa glycémie et son hémoglobine glyquée.

  • La glycémie c’est tout simplement le taux de sucre dans le sang au temps t. Ça se mesure en déposant sur une languette/électrode une goutte de sang prise généralement au bout d’un doigt. Le glucomètre qui est à l’autre bout donne immédiatement ce taux. On peut aussi établir la glycémie lors d’une prise de sang et le résultat sera généralement légèrement différent de celui de la glycémie capillaire. Chez un homme normal, ce taux est compris entre 0,70 et 1,2 g/L (on peut trouver parfois des mesures en mmol/L qui est l’unité utilisée dans d’autres pays). Sans insuline pour réguler, ça peut monter très haut. Personnellement, je plafonne quoi qu’il arrive à 3,6 g/L mais certains peuvent monter largement au-dessus de 5 g/L. Beaucoup de glucomètres se contentent de dire HI ou HIGH à ce niveau (Bastien, si tu me lis !). On dit qu’au-delà de 2 g/L on est en hyperglycémie. Dans l’autre sens, on parle d’hypoglycémie. Ça peut tomber très très bas (0,2 g/L) et mener à un coma.
  • L’hémoglobine glyquée (hbA1C) est mesurée tous les trois mois grâce à une prise de sang, dans le cadre d’un suivi correct par un médecin ou un diabétologue. Ça retranscrit l’évolution de la glycémie sur 2 ou 3 mois. Chez l’homme normal, on l’attend entre 4 et 6% et de préférence en-dessous de 7% pour le patient diabétique. En dessous de 7%, on estime qu’il n’y aura pas plus de complications à terme que chez quelqu’un de non-diabétique. On parle alors de diabète équilibré. En dehors du moment de la découverte du mien, je l’ai toujours été.

Prochain post : le matériel.