10 janvier 2017

The OA : un avis qui spoile un max

Résumé : Prairie Johnson, une jeune fille aveugle adoptée, réapparaît brusquement sept ans après avoir été enlevée. Elle s’identifie désormais comme étant « The OA ». La disparition de sa cécité ainsi que la nature de sa disparition provoquent bien des questionnements chez les autres, mais celle qui était connue sous le nom de Prairie ne semble pas prête à partager ce qu’a été sa vie pendant les sept dernières années…

Avis qui spoile tout du long et sans pitié :
Netflix aime prendre par surprise. La chaine nous avait déjà fait le coup l’été dernier avec Stranger Things, la série que personne n’avait vu venir. Et qui, il faut l’avouer, était une sacrée réussite. The OA a tenté de reproduire l’exploit, mais, à mon avis, a raté son effet, même si la série soulève quelques questions intéressantes.

Commençons par le positif. Déjà, l’idée de mettre un générique de début au bout de 45 minutes d’épisode, dans la directe lignée d’un Stranger Things qui doit plus être vu comme un long film coupé en huit que comme une série. Ici, le parti pris est totalement assumé et encore plus poussé : il y a une introduction, un générique et le « film ». Dommage que ça marche quand même beaucoup moins bien, notamment en terme de binge watching.

Toute l’intrigue repose donc sur le mystère qui entoure le personnage de Prairie, joué par Brit Marling, également cocréatrice de la série. Autant dire que le choix de l’actrice était très important. Brit Marling est une jolie blonde qui respire la fraicheur, joue très bien la détermination, la fragilité et le retour difficile à la vie de tous les jours après une expérience traumatique, mais, malgré tout, elle a eu du mal à m’embarquer totalement dans son histoire. Je suis restée dans l’attente d’une révélation époustouflante dont elle serait la clé et qui n’est jamais venue, et c’est là que le bât blesse le plus. Tout ça pour ça.

La réception positive ou négative de la série repose entièrement sur la bonne volonté (consciente ou pas) du spectateur à vouloir croire en ce qui est raconté. Soit on marche, on accepte le côté fantastique, on se prend à rêver et on attend une saison 2. Soit on se montre très cartésien, on comprend ce qu’est sans doute la réalité derrière toute l’histoire, on rejette le fantastique et la saison 1 se suffit à elle-même… voire a été un peu pénible à suivre par moments. Je fais partie du deuxième groupe. Ma lecture est simple : la jeune Prairie a été enlevée pendant son séjour à New York, séquestrée et violentée durant des années. C’est ce qui est dit par une jeune fille à la fin quand elle vient se prendre en photo avec Prairie, laquelle la regarde avec de grands yeux ronds comme s’il y avait erreur sur la personne et qui dénote bien au passage d’une forme de dissociation entre sa réalité et celle des autres. Durant sa captivité, des mécanismes de survie semblent s’être mis en place pour préserver une forme d’intégrité de la personne et une volonté de vivre ; la jeune femme s’est inventé des amis imaginaires pour combler la solitude et son esprit s’est mis à divaguer pour trouver une porte de sortie là où il n’y en avait pas. L’illusion de pouvoir en créer une magiquement suffisait à lui donner espoir. Illusion qui est devenue si réelle pour elle qu’elle a entièrement basculé dans son monde intérieur et qu’elle a continué à l’entretenir après sa libération, quitte à se documenter discrètement. Elle a même cherché, par la suite, à convertir d’autres personnes fragiles et donc plus susceptibles de la croire, se faisant passer pour une sorte d’ange porteur d’un message à la croisée de la science et du mystique. On assiste aux balbutiements d’une secte avec une illuminée à sa tête et des gens prêts à la croire. La scientologie est bien né de l’esprit d’un auteur de S.F. après tout. Vous avez en tout cas dû remarquer le parallèle avec le concept même de la série : ceux qui croient et les autres ? Le point positif, c’est que la série divise et alimente les théories en tout genre.

J’ai quelques autres arguments allant dans mon sens bien sûr :
OA dérive de AWAY, comme c’est expliqué clairement à un moment. Prairie est The OA, elle est sa propre porte de sortie, sauf que, comme dit plus haut, il n’y en a pas vers l’extérieur, la porte ne peut donc être que dans sa tête.
Vous les avez trouvés si doués que ça, nos chanteurs/musiciens censés être « bénis des Dieux » ? Honnêtement ? C’est sans doute ce qui m’a rendu assez rapidement sceptique et m’a fait décrocher. L’histoire de la chorégraphie a fini le travail.
Le seul et unique élément vérifié par les « adeptes » est une vidéo d’elle filmée de dos dans le métro. Ils ne trouvent strictement rien d’autre. Ce qui ne les empêche pourtant pas de valider toute l’histoire de Praire juste sur cette base. C’est l’équivalent de croire tout ce que raconte les sites Santé Nutrition et assimilés juste parce qu’ils sont capables de citer le nom d’un docteur ou d’une université.
Ce qui tend à prouver également que Praire invente tout, c’est qu’à travers son récit, on voit ce qu’elle ne pouvait pas voir. Tout particulièrement, ce qui se passait dans des pièces où elle n’était pas.
Quant à la cécité, elle est apparue suite à un traumatisme physique et psychologique dans l’enfance. Si certains perdent la capacité de parler ou une partie de leur mémoire suite à un choc post-traumatique, rien n’empêche que le phénomène inverse se produise, à tout hasard, suite à un viol. Après tout, Khatun, l’inspiration mystique intérieure de Prairie, lui dit bien qu’elle a toujours pu voir.

Rappelons aussi qu’à un moment, quelqu’un suggère que les prémonitions ne sont souvent rien d’autre que l’accumulation de petits signes que l’esprit enregistre inconsciemment et qui finissent par prendre forme dans les rêves ou dans ce que l’on appelle le sixième sens. Il n’y a donc rien de magique à son intuition que quelque chose de terrible allait se produire au lycée à la fin. Elle a fréquenté les élèves, l’établissement, brièvement un lieu de trafic… C’est un peu comme cette vidéo virale, il serait sans doute intéressant de revoir la série en cherchant les indices cachés en pleine vue, mais je vais laisser d’autres s’en charger.
D’ailleurs, au sujet de cette scène, il est évident que la chorégraphie (j’ai envie de dire incongrue dans ce contexte, plutôt que tarte ; il s’agit du chorégraphe de Sia et de l’extraordinaire pub Kenzo après tout) ne fait rien d’autre qu’étonner le tireur. Ils ont juste eu la chance qu’il n’ait pas la gâchette trop facile.

La découverte des livres cachés sous le lit de Prairie enfonce définitivement le clou. Les sceptiques voient leurs pressentiments au sujet de supercherie validés une bonne fois pour toutes. Et, à partir de ce point, si les gens continuent à croire, c’est qu’ils choisissent d’ignorer consciemment un élément qui ne va pas dans leur sens. N’est-ce pas le fondement même des religions après tout ? Ignorer le travail des historiens et les incohérences pour continuer à croire ?

« Plus une culture subit de plaies, plus elle s’invente des totems« . Plus les gens sont en détresse, plus ils sont prêts à croire n’importe quoi et n’importe qui qui pourraient les soulager de leur malheur… ou leur en donner l’illusion. Une phrase un peu trop d’actualité, malheureusement.

5 janvier 2017

[Tag] – Séries télé

Piqué chez Chani

1. À quelle série dois-tu ton premier souvenir de télévision ?
C’est un peu loin. Je ne sais pas si ça compte vraiment mais Benny Hill sans aucun doute. Ça a vraiment bercé mon enfance.

2. Quel est le chef-d’œuvre « officiel » qui te gonfle ?
Curb your enthusiasm. Je n’ai pas réussi à regarder plus de 3 épisodes ni à trouver ça drôle.

3. Quel classique absolu que tu n’as jamais vu et d’ailleurs pas eu l’envie de ?
Dallas.

4. Quelle est la série, unanimement jugée mauvaise, que tu as « honte » d’aimer ?
Largo Winch.

5. Quel est la série que tu as le sentiment d’être la seule à aimer ?
Rubicon, car peu de personnes l’ont vu dans mon entourage.

6. Quelle série aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Les deux premières saisons d’Arrested Development parce que « There’s always money in the banana stand » et la danse du poulet. Ou Father Ted.

7. Quelle série ferais-tu regarder à ton pire ennemi pour le torturer ?
L’intégrale à ce jour de Plus belle la vie.

8. Quelle série pourrais-tu voir et revoir ?
Firefly.

9. Quelle série faut-il voir pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?
Six feet under.

10. Quelle série t’a fait verser tes plus grosses larmes ?
Grey’s Anatomy avant que ça ne devienne de l’eau de boudin de très mauvaise qualité (donc avant la saison 4).

11. Quelle série t’a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Mad Men parce que Christina Hendricks !

12. Quelle série emporterais-tu sur une île déserte (en plus d’un générateur et de la télévision) ?
Cowboy Bebop.

13. De quelle série attends-tu la sortie en DVD avec la plus grande impatience ?
À part la Lazy Company que je voudrais bien en intégrale BR, je ne vois pas. Mais j’ai cru comprendre que j’allais attendre très longtemps.

14. Quel est selon toi le film adapté d’une série le plus réussi ?
Cowboy Bebop le film.

36 15 code Qui n’en veut !

12 janvier 2016

Comme un air de ressemblance

En regardant The Shannara Chronicles l’autre soir (que je vous conseille vivement en passant, c’est bien fichu), j’ai tilté tout de suite. Dès le premier plan large :

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Cette vue arrière ne trompait pas non plus :

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Ce cheval…

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Ce visage à l’air benêt et ce vêtement vert à capuche…

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Allez, on t’a reconnu Link. Tu croyais vraiment qu’Epona et tes oreilles n’allaient pas te griller tout de suite ?!

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