8 août 2014

Avis : Love Hina de Ken Akamatsu

love_hina_01Initialement publiée sur Cinemasie le 27 avril 2004 avec la note de 3,5/5.
Présentation de l’éditeur : Un amour de pension !

Keitaro, 19 ans, est un étudiant raté, mal à l’aise avec les filles et comble de malchance ses parents l’ont mis à la porte ! Il se retrouve devant l’hôtel de sa grand-mère, esprant que celle-ci l’accueillera. Mais surprise ! L’hôtel est devenu un pensionnat pour jeunes filles et sa grand-mère est partie en lui en laissant la charge ! Entouré de jolies demoiselles qui le traîtent comme un larbin, il garde un objectif en tête : intégrer la prestigieuse université de Tokyo pour enfin tenir la promesse qu’il a faite il y a bien longtemps…

Avis : Ayé, le 14ème tome est sorti et il était grand temps que cette histoire touche à sa fin. LE manga à succès d’Akamatsu déjà décliné en série, OAV, roman et autres éléments de merchandising divers et variés peut enfin regagner le fond de mes étagères.

lovehinamanga10Pourtant, elle démarrait très bien cette comédie romantico-comique pour garçons avec sa flopée de personnages hauts en couleur. Enfin, surtout les filles parce que le rôle de Keitaro est quand même censé cibler le jeune Japonais un peu brêle en amour, rêvant sans doute de se retrouver au beau milieu d’un harem de petites amies potentielles. Et c’est surtout tellement plus drôle et musclé que les interminables histoires à l’eau de rose de Katsura. Que de franches rigolades à voir Keitaro voler vers l’infini et au-delà à la suite d’un coup de poing rotatif de Naru, que de situations cocasses et complètement inimaginables, que de détails qui font sourire cachés dans le décor. En plus la trame de l’histoire est bien fichue et on ne cessera d’encourager notre petit couple dans leur volonté d’entrer à Todai ensemble. Sauf qu’aux alentours du tome 9, il y a comme qui dirait un début de ras-le-bol. L’histoire commence à s’enliser franchement. L’auteur ne sait plus quoi inventer pour que l’intrigue rebondisse le plus longtemps possible, si bien que ce tout et n’importe quoi devient vite lassant. Les cinq derniers tomes demandent plus du courage qu’autre chose pour être lus et c’est bien dommage. Ça gâche franchement la si bonne impression qu’avait laissée le manga jusqu’alors.

lovehinamanga11Par contre, la chose qu’on ne pourra pas reprocher à Akamatsu, c’est son dessin soigné et une parfaite maîtrise de son chara-design. L’auteur se permet même de leur faire prendre un coup de vieux particulièrement réussi dans le dernier tome. Les décors sont bien loin de n’être que des arrière-plans. D’ailleurs, qui ne voudrait pas passer un petit week-end dans la pension Hinata tellement elle a l’air sympathique ? Alors, bien sûr, on pourrait facilement dire qu’Akamatsu, avec sa forte attirance pour les petites culottes (quand les filles sont habillées tout du moins) et les grosses poitrines, joue la carte du racolage facile (Fanservice, es-tu là ?), mais il faut avouer que c’est souvent présenté avec beaucoup d’humour et jamais tout à fait gratuit. Double plaisir pour le lecteur donc. Tout du moins au début puisque, comme pour le reste, la politique de la surenchère sévit au bout d’un moment dans le seul but de garder le lecteur tout coalgan dans le nez, mais sans doute moins amusé.

Finalement, ça n’a pas eu l’air de gêner la gent masculine alentour, public cible à l’origine. Pour ma part, je trouve que trop c’est trop et que malgré un succès évident, les éditeurs japonais feraient bien se retenir d’user certaines histoires jusqu’à la corde. Chose rare, la série TV s’en sort du coup bien mieux que la version papier.

7 août 2014

Nââânde !? Les tribulations d’une Japonaise à Paris d’Eriko Nakamura

NaandeQuatrième de couverture
Nââândé ! ? *
*Ohlala, mais que se passe t-il ! ?

Eriko Nakamura vit à Paris depuis dix ans, mais chaque jour ou presque, au restaurant, dans le métro, chez le médecin, lors d’un réveillon, d’un mariage, à l’hôtel, chez le boucher, en boîte de nuit ou dans un dîner en ville, elle pousse le même cri : Nââândé!?

Le médecin ? Le « déshabillez-vous » de nos généralistes est une terrible offense pour les Japonais : extrêmement pudiques, ils se font toujours examiner… en blouse.
Le métro ? Mais où sont-ils les jours de grève ? À Tôkyô, quand les conducteurs débrayent, le trafic est… normal.
Les toilettes publiques ? En découvrant le soin qu’ils apportent à ces lieux, on comprend que les nôtres leur paraissent… Nââândé ! ?

Avis
En 24 courts chapitres, l’auteur met en avant quelques aspects de la vie en France qui l’ont le plus choquée (ou plus précisément à Paris, qui arrive parfois à surprendre aussi les provinciaux). L’expression qui sert de titre au livre est un reflet brut de la violence du choc des cultures, un bel équivalent du dafuq américain. Les exemples sont bien choisis, très parlants et pourront autant servir aux Japonais venant en France à se préparer psychologiquement qu’aux Français se rendant au Japon. Le choc est néanmoins beaucoup plus rude dans un sens que dans l’autre. Ce qui nous apparaît comme des bizarreries amusantes au Japon ne sauraient nous mettre dans un état proche de la détresse, alors qu’avoir l’habitude de la propreté des lieux et des formules de politesse à tout-va et se retrouver confronté aux crottes de chiens sur les trottoirs ou à un garçon de café aurait de quoi en traumatiser plus d’un.

En parallèle de la lecture d’A nous deux, Paris !, bande dessinée signée par Jean-Paul Nishi et éditée par Picquier, il peut être intéressant de se plonger dans Nââânde !? d’Eriko Nakamura. Les deux expériences n’ont vraiment en commun que cette confrontation de l’idéalisation de la vie parisienne par les Japonais à la réalité. Sauf qu’Eriko Nakamura rend compte de son expérience avec un regard un peu moins innocent, ou tout du moins, elle en joue moins. Plus âgée, mariée avec un Français, issue d’un milieu social plus élevé, sa vision ne pouvait être que très différente elle aussi. Cela n’empêche pas son livre d’être une petite perle d’humour très instructive sur nos deux cultures.

7 août 2014

Je pense donc je jouis – Philosophie du cul de Sylvain Bosselet

jepense Présentation de l’éditeur : Dans leur recherche de la vérité et du bonheur, les philosophes classiques ont passé sous silence l’une des facettes les plus importantes de notre vie : la sexualité.
L’auteur répare cette erreur en interrogeant ce champ de connaissances et de pratiques : Qu’est-ce qu’un « bon » coït ? Qu’est-ce qu’un « beau » cul ? Qu’est-ce qu’un acte sexuel « légal » ? Qu’est-ce qui est universellement « vrai » en sexualité ? Qui est « pervers » ? Le cul représente-t-il un plaisir momentané ou pourrait-il incarner un fondement du bonheur ?
Sur des exemples concrets, Sylvain Bosselet déconstruit les a priori qui entravent notre liberté et nuisent au bonheur sexuel. Il recherche des jalons pour une philosophie du cul.

Avis : Vaste sujet qu’est celui de la sexualité. Le grand nombre d’articles, de séries et de films, de sondages et d’études abordant la question est là pour en témoigner. Certains sexe-blogueurs en ont même fait leur fonds de commerce avec succès en en parlant avec plus ou moins de sérieux. Alors, pourquoi ne pas tenter l’approche philosophique après tout ? L’auteur initie d’emblée la réflexion grâce à trois questions : Quelle pratique sexuelle saura nous rendre heureux ? La réponse vaudra-t-elle pour tous ? Le cul représente-t-il un plaisir momentané ou pourrait-il incarner le fondement de tout bonheur ? La quête du bonheur et l’universalité du plaisir sexuel donc. Si vous avez déjà réfléchi à ces questions, que vous avez déjà des éléments de réponse construits à proposer, voire que vous avez déjà basculé dans l’épicurisme, alors ce livre ne vous est probablement pas adressé et sa lecture vous paraîtra un peu fastidieuse.

Le public cible est davantage celui encore soumis à la pression des préjugés, du qu’en-dira-t-on, des dictats sociaux et religieux persistants, celui qui ne voit pas que lui sont imposées des normes qui n’ont plus lieu d’être. Surtout en matière de sexualité. Le but de l’auteur est donc de faire voler en éclats les certitudes et préconceptions de son lectorat afin de l’amener à (re)penser sa sexualité par lui-même et, par là même, d’arrêter de juger celle des autres. Le débat d’idées visant à ouvrir les esprits s’appuie notamment sur les apports en la matière de la sociologie, de l’ethnologie, de la biologie et de la psychologie. Cette dernière est d’ailleurs la seconde spécialité de l’auteur et son influence se fait largement plus sentir que celle de la philosophie dans le livre. Mais passons, le but est avant tout de faire réfléchir. Bosselet se révèle être un militant de l’amour libre qui s’amuse à démystifier certaines pratiques, à faire bouger les lignes en soulevant moult questions, sans forcément donner les réponses puisqu’il ne peut y en avoir une et une seule (où serait l’invitation à la réflexion et l’autoréflexion sinon ?), et interroge même sur des sujets qui font mal par où ils passent. Sur celui de la pédophilie en particulier, il a le mérite de présenter les choses avec une logique assez imparable qui force littéralement à reconsidérer le « problème. » Ou comment se retrouver avec un nœud gordien dans le cerveau et l’incapacité absolue de le trancher. A défaut, ça aide à revisiter avec un regard différent un passage délicat d’un autre ouvrage critiqué en ces lieux.

La démarche générale est donc honorable, même si le livre ne sera probablement pas lu par ceux qui sont les plus concernés et à qui cela ferait le plus de bien. Le seul petit reproche qui pourrait être fait à l’auteur, c’est d’être un homme qui oublie parfois qu’il s’adresse aussi à des femmes. Malgré quelques témoignages du deuxième sexe, il parle naturellement plus de la sexualité masculine (exemple du voyeurisme avec la voisine page 40, de la pornographie inadaptée aux femmes page 231) et c’est à la lectrice de transposer. C’est également sous-estimer la complexité des rouages de la sexualité féminine et ses fantasmes que de dire qu’une femme ne peut pas coucher sans sentiments et qu’elle a besoin de gynopornographie à base de « dimensions sentimentale, esthétique, sensuelle, et peut-être un jour, tactile. » A croire que l’homme a le monopole de la pulsion sexuelle et la femme celui de la délicatesse…

Alors, de grâce, jetez donc à la poubelle tous ces magazines qui vous promettent le plus bel orgasme de votre vie, vous imposent l’épilation intégrale, calculent votre âge sexuel, vous expliquent comment choper à coup sûr et pourquoi sucer le premier soir n’est pas tromper tout en vous faisant miroiter le bonheur absolu qu’est un mariage en blanc, un chien et des gosses. Bref, qui essayent de normer quelque chose qui ne peut et ne doit pas l’être : l’épanouissement personnel. Et pourquoi ne pas travailler à atteindre celui-ci à travers le cul. Comme le dit l’auteur lui-même : « Nous sommes tous des philosophes du cul ! », à condition bien sûr d’avoir compris qu’une sexualité libre, éclairée, consentie, dans le respect de l’autre, est aussi une philosophie de vie qui peut apporter beaucoup. Car il y a finalement autant de philosophies du cul, donc de philosophies de vie, que de variations en matière de sexualité.


Si la « nymphomanie » caractérise une femme dont le comportement sexuel est similaire à celui d’un homme, pourquoi ne pas nommer la réciproque ? (p39)

Fondamentalement, le désir s’avère multiforme, fluctuant, surprenant… La société, notamment à travers ses institutions et l’éducation, nous oblige à rabattre les innombrables gouttes de pluie du désir vers des lits artificiels, jusqu’à ce canal à grand gabarit que représente le sacro-saint couple (marié de préférence) – cette peau de chagrin de notre potentiel sensuel. (p41)

Pouvons-nous sortir du mainstream ? Pouvons-nous construire notre propre désir, plus indépendant, original, nouveau, et peut-être même… libre ? Le devons-nous ? (p43)

Les religions constituent un excellent indicateur pour savoir quoi faire en cul. Deux cas se présentent : soit elles divergent, soit elles convergent.
Quand elles se contredisent entre elles sur un point précis, nous pouvons en déduire que l’homme demeure libre de choisir. Nous pouvons décider librement le nombre de partenaires, de nous marier ou pas, de divorcer ou non, etc.
Quand les religions se montrent unanimes, nous savons d’avance que nous devrions envisager l’option opposée. Nous savons d’emblée que nous pouvons avorter, utiliser des préservatifs, tromper notre partenaire, assister la procréation, encourager la prostitution, pratiquer la sodomie, aimer nos amies les bêtes, etc. (p116-117)

Certes, athéisme et libertinage font bon ménage, mais à notre époque insulter la religion ne constitue plus une source d’excitation – sauf pour pervertir une prude croyante ! (p187-188)

Les normes se révèlent relatives, susceptibles d’évoluer, et en un mot… risibles. Pour le dire plus crûment : aucun acte absolument (a)normal n’existe en soi. La norme relève de l’imaginaire collectif, intégré dans le surmoi.
Telle est la véritable « Bonne nouvelle » : il n’y a pas d’actes sexuels anormaux ! Les perversions n’existent pas ! Ne jugez point, mes frères ! Baisez en paix ! (p194-195)

Dans une société où la pédophilie serait jugée « normale », les enfants se structureraient-ils tout autant, mais autrement , Y seraient-ils acceptés comme « normaux », sans souffrance particulière ? (p246)

La pédophilie constitue l’exemple ultime pour tester le relativisme culturel… (p247)

1 août 2014

Articles conseillés du 01-08-2014

Si proches et pourtant si loin…


Amazon propose donc à Hachette de lui envoyer directement les 75% de revenus (auteur + éditeur) et que l’éditeur fasse lui-même la répartition avec son auteur, tout en soulignant : « Nous croyons qu’ Hachette partage une trop petit partie des revenus avec l’auteur aujourd’hui, mais finalement ce n’est pas notre affaire. Nous espérons que cette information sur nos objectifs vous aura été utile ».

La petite phrase qui tue.

blogmarks.net

24 juillet 2014

Souvenir musical : Evolution Revolution Love de Tricky

Je me souviens encore parfaitement où j’étais quand j’ai entendu cette chanson pour la première fois. J’étais et j’allais sans doute prendre un bus sur Shanxi NanLu. Je podcastais une émission de France Inter, et, au milieu, cette chanson totalement envoûtante.

En rentrant, j’ai repassé la scène au ralenti pour trouver le nom de l’artiste que je n’avais pas saisi au vol. Et j’ai découvert l’album Blowback. Avec juste 5 ans de retard.