25 janvier 2016

Love 3D de Gaspar Noé

love_poster Synopsis : Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave.
Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…

Avis :
Encore un film dont l’aura sulfureuse et le buzz cannois donnent une bien mauvaise idée a priori. Un peu comme Drive de Refn était vendu par sa bande-annonce comme un film d’action façon Transporteur, Love ne peut pas vraiment se résumer à ses scènes crues filmées en 3D, et encore moins à un porno. Comme son titre l’indique, il s’agit bien d’une histoire d’amour avant tout, qui s’inscrit plus dans la directe lignée d’un Intimité de Chéreau ou d’un 9 Songs de Winterbottom. Étrangement, public comme presse semblent majoritairement déçus. Pas assez de sang, de sperme et de larmes sans doute…

Une anecdote de tournage dit que le script de Love ne fait que sept pages. Ce qui est fort possible. Le synopsis plus haut résume bien toute l’intrigue en tout cas. Rien de bien original donc, à part peut-être le montage antéchronologique qui permet de déconstruire l’histoire d’amour de la rupture brutale jusqu’au moment de la rencontre aux Buttes-Chaumont, en passant par tous les faux-pas, moments passionnels/fusionnels et les balbutiements. Le film est loin d’être un puzzle compliqué à reconstituer et ne présente donc pas forcément beaucoup d’intérêt de ce point de vue-là. Sans parler qu’émotionnellement, la sauce ne prend jamais vraiment. À part peut-être un sentiment de dégoût face au gâchis de cette relation classique mais néanmoins jolie. Au moins, la couleur est annoncée dès le début : ça finit mal.

Ce qui vaut le détour par-dessus tout, c’est la forme du film, pour peu que l’on s’intéresse à l’aspect technique. Car la vraie bonne idée est d’avoir réalisé Love en 3D, et, comme pour Avatar, il gagne à être vu en 3D (sans ça, vraiment, passez votre chemin). Noé a su jouer avec l’outil, la profondeur de champ et les lignes de fuite. La caméra ne se permet pas de grands mouvements brusques, elle se pose et filme. L’action est nette au premier plan et au centre. Les acteurs se déplacent, dansent, avancent et reculent ; dans une pièce, le chambranle de la porte devient même un second cadre très présent dans l’image. Et ce jeu avec les possibilités offertes par la 3D sert complètement le film, son rythme et la sensation d’immersion dans les scènes, ce qui réussit à rendre l’intimité du couple plus palpable. Ce n’est pas forcément dans les scènes de sexe que l’effet est le plus saisissant d’ailleurs, même si le trio avec une autre femme fonctionne particulièrement bien. Et bien sûr, Noé n’a pas pu résister à l’irrésistible : l’éjaculation face caméra en gros plan qui, elle aussi, déborde du cadre (ce qui change des bonbons qu’ils volent au ras du nez, c’est sûr) et a fait couler pas mal d’encre à elle toute seule. Ça paraît de bonne guerre.

Il peut être aussi ludique de trouver les éléments de mise en abyme glissés un peu partout dans le film, avec notamment la remarque du personnage principal, réalisateur en herbe, qui se fait l’écho de l’intention de Noé avec ce film :

Do you know what my biggest dream in life is? My biggest dream is to make a movie that truly depicts sentimental sexuality. / Je veux réaliser un film qui montre enfin que la sexualité peut être aussi sentimentale.

Voilà, tout est là. Peut-être que le jour où la critique arrêtera de jouer la carte de la fausse pudeur, le regard sur le sexe et l’intimité filmés commencera à changer dans le cinéma et la société, car il n’y a rien de bien choquant dans la plupart des scènes de sexe du film. C’est juste l’histoire d’un couple dont la femme ne garde pas son soutien-gorge quand elle fait l’amour et ne part pas avec le drap pour aller aux toilettes, laissant l’homme nu avec les coussins. Ah, et elle a des poils pubiens aussi… Outrage visuel ultime. Et puis, puisqu’il semble nécessaire de le rappeler aux bien-pensants, il n’y a aucune obligation à voir le film et ce qui se passe dans celui-ci est autrement plus sain que ce que pourrait découvrir un jeune de 16 ans par lui-même sur Internet et qui ne sera certainement pas encadré par un regard d’adulte. Sans parler que ce qu’essaye de faire ce jeune couple, c’est fonder une famille et avoir des enfants… un processus qui inclut aussi du sperme, du sang et des larmes.

I want to make movies out of blood, sperm and tears. This is like the essence of life. I think movies should contain that, perhaps should be made of that.

23 janvier 2016

Saturday’s Award Book #26

Ce rendez-vous est initié par le blog Echos de mots et perpétué par Chani et Cassiopée.

Le principe : Chaque semaine, un thème sera donné. Le but est de sélectionner, parmi les livres que l’on a lus, 3 livres selon le thème (les nominés). Puis, parmi ces 3 livres, élire le gagnant (le vainqueur de l’Award en question).

Award du :

Livre qui vous a tenu éveillé toute la nuit pour connaître la fin et qui vous a valu une tête de panda fatigué le lendemain, mais osef, vous étiez sur votre petit nuage.


Sont nominés :
Memnoch-le-demon
Memnoch le démon d’Anne Rice. Au moment de sa sortie, ce livre m’avait vraiment fichu une claque. Sans doute à cause de l’écriture, sans doute à cause de l’aventure à travers le temps de Lestat dans ce tome.
Harry_Potter_and_the_Deathly_Hallows
Harry Potter and the Deathly Hallows de J.K. Rowling. Forcément, c’était le dernier.
american-psycho-151094
American Psycho de Bret Easton Ellis. Parce que ça a été une lecture pénible à cause des histoires de crèmes de jour, de la discographie de Phil Collins et des cartes de visite, et qu’à un moment, j’ai mis le turbo juste pour en finir. Bon, pour le nuage, ça n’était pas ça non plus, mais je crois qu’il y avait quand même la satisfaction d’en avoir fini. Le film est bien plus digeste et fun.

And the winner is…
Harry_Potter_and_the_Deathly_Hallows
Harry Potter and the Deathly Hallows

 

19 janvier 2016

Articles conseillés du 19-01-2016

Très long article très intéressant sur le blasphème.

Le piège de Daech se refermerait-­il sur nous ?

La crise de la laïcité que l’on traverse aujourd’hui tous ensemble pose une question simple : est-ce que l’on reste sur le modèle que nous connaissons depuis très longtemps et qui est envié par tous les amoureux de la liberté d’expression dans le monde – ce modèle républicain qui n’admet pas que les communautés se substituent aux droits de chaque citoyen­, ou est-­ce qu’on cède à la tentation communautariste ? La barque penche dangereusement.

Bel exercice

Livre dont j’entends le plus grand bien depuis sa sortie.

L’islam radical est avant tout un véritable retour en arrière, et le statut qu’il confère aux femmes en est le symbole évident. Défendre le statut des femmes c’est un enjeu majeur dans la lutte contre cette idéologie ! Une société aura globalement beaucoup de mal à se tourner vers l’islam radical si les femmes disent non, comme ont dit non les Tunisiennes avec détermination et courage.

Le numéro, bien que datant un peu, a l’air très intéressant.

blogmarks.net

17 janvier 2016

Mème : The Book Blogger Test

Piqué chez Strega qui l’avait laissé trainer dans ses brouillons pendant des mois, et curieusement, j’ai fait pareil.

Le top 3 des choses qui t’exaspèrent dans un livre ?

  • Quand il évident que le travail éditorial n’a pas été fait correctement et que ça pénalise le livre. Un exemple : Le Boucher d’Olivier Gay avant qu’il ne soit repris en main par Bragelonne. Laisser passer des coquilles, ça arrive, il y a une tolérance. Ne pas faire son boulot pour des raisons financières, de temps ou autre, c’est autrement plus dommageable.
  • Les quatrièmes de couverture qui sont en fait un résumé de l’histoire.
  • Les héros et héroïnes incohérents dans leur tête et dans leurs actions.

Décris l’endroit parfait pour lire.
Au chaud. Comme je n’ai plus mon radiateur fétiche sur lequel je passais l’hiver, je dois faire un choix entre le lit sous la couette, le canapé sous un plaid ou le dos collé à un radiateur sur un tabouret. En été, c’est au soleil dans ma petite cour à l’abri des regards.

Trois confessions livresques ?
– Je suis une lectrice terriblement lente, mais lente ! Ça me désespère parfois. Rien n’y fait, j’ai beau avoir lu des centaines de livres, ça n’évolue pas. J’ai besoin de lire tous les mots, de m’en imprégner et surtout de laisser mon esprit s’évader par moments pour réfléchir, noter une citation ou un bout de critique.
– Je peux abandonner un livre pendant des mois, le reprendre et retrouver mes petits. C’est comme si j’avais fait pause. Par contre, une fois que le livre est fini, j’ai tendance à oublier assez vite les détails de l’histoire.
– J’achète plus de livres que je ne peux en lire. Il faudrait que je fasse une opération PAL vide, mais je n’ai plus de PAL depuis un moment, mes envies évoluent d’un jour sur l’autre, j’ai arrêté de me contraindre à lire tel ou tel titre parce qu’il est dans une pile depuis 2 ans.

La dernière fois que tu as pleuré pour un roman ?
Très bonne question. Je crois que c’était dans le dernier tome d’Ascension, le manga de Shinichi Sakamoto sur l’alpinisme.

Combien de livres sur la table de chevet ?
Dessus ? Aucun. A côté : 47, mais beaucoup de mangas et de BD.

Ton en-cas favori pendant que tu lis ?
Uniquement du thé ou une infusion.

Trois livres que tu recommandes à tout le monde ?
Ah ! Facile ! C’était le Saturday’s Award Book #11. Et lisez La Servante écarlate de Margaret Atwood, c’est un livre utile, surtout en ce moment.

Une image de ton étagère préférée dans ta bibliothèque ?
Mais j’aime toutes mes étagères ! Et il m’en faudrait deux de plus pour bien faire.

Que signifie « livre » pour toi en trois mots ?
Évasion, enrichissement, plaisir.

Ton plus grand secret concernant la lecture ?
Je suis profondément choquée par les gens qui lisent la dernière page avant d’attaquer un livre. Ou qui vont regarder au milieu en cours de route. Pour moi, un livre, ça va de la page 1 à la dernière page, sauf quand il s’agit d’Alain Damasio.

16 janvier 2016

Saturday’s Award Book #25

Ce rendez-vous est initié par le blog Echos de mots et perpétué par Chani et Cassiopée.

Le principe : Chaque semaine, un thème sera donné. Le but est de sélectionner, parmi les livres que l’on a lus, 3 livres selon le thème (les nominés). Puis, parmi ces 3 livres, élire le gagnant (le vainqueur de l’Award en question).

Award du :

Le livre qui a le meilleur book boyfriend, de ceux qui vous donnent chaud pendant la lecture et d’ailleurs, en y repensant, vous avez un petit soupir de frustration en vous disant que des comme ça, ça n’existe que dans les livres.


Sont nominés :
halfway to the grave de Jeaniene Frost
Halfway to the Grave de Jeaniene Frost. Parce que Bones.
largo-winch-bd-volume-3-simple-3227
Largo Winch de Philippe Francq et Jean Van Hamme. Parce que Largo.
gardella5en
Série Gardella Vampire Chronicles de Colleen Gleason. Parce que Sebastian.

And the winner is…
largo-winch-bd-volume-3-simple-3227