17 avril 2017

Articles conseillés du 17-04-2017

– Qu’est-ce que ça veut dire : être une femme noire ?

– Alors, je vais arrêter la phrase à être une femme. Déjà. Tout court. Et après noire, pour moi, c’est encore un plus qui arrive, contrairement à ce qu’on veut me faire croire, c’est un plus pour moi. Parce que cette jolie couleur est la mienne, et à partir du moment où j’ai eu la chance d’avoir Boubou 1er, c’est mon père, et ma mère, Boubou 1ere, qui m’ont mise devant un miroir en disant : de toute façon, peu importe dans quelle largeur tu iras, dans quelle hauteur, cette couleur-là ne va faire que s’étaler, donc à partir du moment où tu sais d’où tu viens, quand tu vas ouvrir les portes, les autres vont prendre conscience de qui tu es, ils vont prendre conscience de ta différence, donc je dis : « je suis une femme » et on a déjà de choses à régler sur ce mot-là. Être une femme. Après la couleur, là derrière, on s’en accommode.

Un très bon article sur l’obscène et la façon dont certains trouvent très drôles de l’infliger à d’autres.

Difficile, cependant, d’évaluer le nombre de femmes que la souffrance rend invalides… Ces résultats d’étude aux fourchettes un peu larges soulèvent par ailleurs un autre questionnement : est-il normal qu’une femme souffre au point de ne plus pouvoir travailler ? Les souffrances imputées aux règles ne viennent-elles pas, en réalité, de dysfonctionnements encore mal connus du monde médical ? Il y a 10 ans, la plupart des médecins ignoraient l’existence de l’endométriose et prescrivaient des antalgiques, avec une pointe de fatalisme : « C’est normal d’avoir mal, vous savez »… En 2017, que savons-nous vraiment de ces douleurs qui frappent le corps humain sans cause apparente ?

C’est vrai ça. A l’hôpital, on a appris à mesurer la douleur des patients et à la contrer au mieux, mais celle-là, sous prétexte qu’elle revient tous les mois est normale et ne nécessite pas qu’on la soulage une bonne fois pour toutes.

Une jeune femme passionnante à écouter.

Télérama joue un peu trop la carte du sensationnalisme avec son titre, l’article est plus sur le reflet dans la série du contexte politique des années 60 aux USA. Diversité des opinions et des approches qui est portée par les différentes personnages.

Oeil pour oeil.

J’avoue, je ne l’utilise pas beaucoup. Par contre, j’adore le passé surcomposé.

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29 mars 2017

Avis : Sang Tabou de Camille Emmanuelle

Quatrième de couverture : Pourquoi chuchote-t-on quand on demande un tampon à une collègue et, sur le trajet des toilettes, fait-on en sorte de bien cacher l’objet, comme si on transportait un sachet de coke ? Pourquoi, alors qu’on en a parfois très envie, on s’interdit de faire du sexe pendant nos règles ? Pourquoi en 2017 dans les pubs pour serviettes, le liquide est-il toujours bleu ? Pourquoi est ce qu’on entend encore au bureau :  » oh la la, Machine elle est énervée, elle a ses règles ou quoi ?  » ? Pourquoi les femmes qui souffrent le martyr pendant leurs règles doivent rester belles et se taire ? Pourquoi les hommes ne connaissent rien sur les règles des femmes, et sont donc ignorants sur ce que vit la moitié de l’humanité une fois par mois pendant 40 ans ?

Note : Avis publié initialement sur Onirik.net

Avis :

La connaissance de notre corps et de notre fonctionnement individuel nous donne la force d’affronter les injonctions sociétales. (p. 131)

Le saviez-vous ? En Inde, les femmes qui ont leurs règles n’ont pas le droit de toucher au pot de cornichons ; à Bali, interdiction d’aller au musée et de rentrer dans la cuisine ; en France, fut un temps où elles faisaient tourner la mayonnaise et virer le vin. Il y a déjà de quoi lever les yeux au ciel et pourtant ce ne sont que quelques exemples de croyances entourant le mystère de ces saignements mensuels, certaines croyances perdurant de nos jours. Cette grande incompréhension vis-à-vis d’un phénomène qui touche néanmoins la moitié de l’humanité n’a de cesse de doublement pénaliser les femmes, les faisant tantôt passer pour des êtres sales, voire impurs, tantôt pour des faiseuses de malheur. Quand elles ne sont pas qualifiées d’hystériques. Comme si être en vrac ne suffisait pas.

Camille Emmanuelle prend le parti de ne pas y aller avec des pincettes et de n’épargner personne. Elle met la pudeur à la porte, tacle les « beurk » et parle de biologie, d’hormones, de honte, de douleurs, d’endométriose, de féminité, du SPM, de la peur de la tache, de serviettes et autres coupes, de la première et de la dernière fois, d’art, de religion, et de sexe aussi. L’auteur couvre le sujet de manière aussi exhaustive que possible en partant de son prisme personnel et en l’élargissant au gré de ses rencontres et de ses recherches.

La cible principale – la plus importante, ce sont les femmes elles-mêmes, afin de les réconcilier avec leur propre corps et avec ce phénomène ô combien naturel qui n’est pourtant pas exempt de pressions et de jugements. Camille Emmanuelle encourage ensuite à en discuter plus librement avec l’entourage qui pourrait se poser des questions ou montrer des signes de méconnaissance, hommes et femmes confondus. Enfin, à plus large échelle, il semble important de construire un regard plus critique sur la façon dont les règles sont perçues dans la société, qu’il s’agisse des séries et les films, du sport ou de la publicité, qui est d’ailleurs la première à renchérir sur la peur de la tache et sur les soi-disant odeurs pour des raisons purement marketing. De toute évidence, il reste du boulot.

Difficile aussi de ne pas avoir entendu parler de la taxe tampon qui a agité les parlementaires en 2015. La prochaine étape pourrait bien être de faire admettre à tous que les règles peuvent être incapacitantes et que ce n’est pas pour autant un signe de faiblesse pouvant être utilisé contre les femmes, notamment dans le monde du travail. Un jour, donc, le congé menstruel sera peut-être au menu des politiques, une mesure qui est déjà mise en œuvre dans certains pays asiatiques et fait un début timide depuis 2016 en Angleterre.

Sur la forme, construire un essai en se raccrochant sans cesse au canevas de son propre vécu ne sert pas toujours efficacement le sujet. Sous prétexte de jouer la carte de l’identification et de la copine décomplexante, le propos se retrouve parfois noyé sous une masse d’informations trop personnelles et peu utiles, voire entaché de quelques inexactitudes. Sur le fond, ce qu’il serait souhaitable de retenir, c’est cet appel du cœur à l’empathie, la compréhension et la bienveillance les uns envers les autres. Et si une bonne connaissance des règles était une des clés de l’égalité entre les femmes et les hommes ?

18 mars 2017

Articles conseillés du 18-03-2017

Je savais que le prénom, notamment sa rareté en ce qui me concerne, avait une influence sur le développement de la personne, mais là, ça va encore un peu plus loin.

Je suis fan de l’absurdité totale de ces situations.

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1 mars 2017

Articles conseillés du 01-03-2017

Ça ne résout pas tout le paradoxe, mais c’est intéressant.

Charmant

À court terme, un tel phénomène serait donc localement une « bonne nouvelle » puisqu’il limiterait les perturbations de l’environnement européen. Mais on peut aussi y voir une mauvaise nouvelle si l’on considère que pour prendre conscience du réchauffement climatique et s’y adapter, la plupart des gens ont besoin de ressentir ses effets dans leur chair. Car à l’échelle planétaire, il reste urgent de changer de cap pour éviter un emballement incontrôlable de catastrophes climatiques. Or, on n’en prend toujours pas le chemin…

Aucune raison de se réjouir donc.

Toujours prendre le temps de se faire une idée par soi-même, plutôt que de sauter aux conclusions sur la base d’une phrase tirée de son contexte.

Toujours aussi claire, toujours aussi passionnante à écouter. Quand on prend la peine de toute écouter, et pas juste des extraits auxquels on fait dire tout et n’importe quoi. C’est 25 minutes en tout, c’est intelligent et plein de nuances, y compris dans les silences.

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11 février 2017

L’Homme qui marche de Jirô Taniguchi

Note : Avis préalablement posté sur CinémAsie le 16 septembre 2013 avec la note contemplative de 4/5.

Avis : S’il est bien un manga de Taniguchi qui n’est pas si simple à appréhender qu’il n’y paraît, c’est bien L’Homme qui marche. Comparé à Quartier lointain où le lecteur peut se permettre de rester passif et se laisser porter par le scénario, ici, il faut accepter le défi de se glisser dans la peau du personnage principal, de faire l’effort de voir avec ses yeux. Sans ça, le livre doit perdre une grande partie de sa saveur et paraître bien ennuyeux.

Comme avec les haïkus, il est fort probable qu’aucune sensation ne ressortira des scènes si aucun lien intime ne se fait avec le lecteur. Heureusement, les situations sont suffisamment communes pour évoquer quelque chose chez la plupart d’entre nous. La première neige de l’hiver dont on a presque l’impression de sentir l’odeur, ce bout de paysage qui retient notre attention au détour d’une rue et qui devient soudain un endroit pour lequel on éprouve une inexplicable affinité et que l’on veut s’approprier à sa façon.

L’homme qui marche vient d’emménager et part à la découverte de sa nouvelle ville. On ne connaît pas grand-chose de l’un comme de l’autre, mais est-ce important ? C’est l’occasion pour lui de retrouver des choses familières lui rappelant son enfance, de partager des moments avec les gens qui l’entourent et surtout avec la nature. Un moyen de construire des souvenirs propres à cette ville aussi. Toutes ces situations donnant lieu à de grands instants de poésie, de bonheur et de sérénité où le temps semble s’arrêter pour mieux être dégusté. Les silences prennent alors un sens nouveau souvent très touchant. Et pour ça, Taniguchi n’a pas eu à inventer des scénarios alambiqués. Simplicité de l’histoire pour un dessin maîtrisé d’une grande précision semble être le seul tour de magie réalisé par l’auteur. Âmes insensibles s’abstenir.