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	<title>Jean-Michel Besnier &#8211; La Bouilloire Magique</title>
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		<title>Extraits : Demain les posthumains de Jean-Michel Besnier</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2013/08/extraits-demain-les-posthumains-de-jean-michel-besnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Aug 2013 08:46:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Extraits et citations]]></category>
		<category><![CDATA[Demain les posthumains]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Michel Besnier]]></category>
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					<description><![CDATA[Hors contexte, tout ceci va paraître bien obscur. Qu&#8217;on ne s&#8217;attende donc pas à trouver chez ces utopistes la dénonciation du progrès devenue insistance après Auschwitz et Hiroshima. La critique de la modernité n&#8217;entre pas dans leur objectif qui est bien plus exigeant : il s&#8217;agit de dépasser la nature humaine, ni plus ni moins.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/tan_blog/2013/07/demainlesposthumains.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/tan_blog/2013/07/demainlesposthumains-186x300.jpg" alt="demainlesposthumains" width="186" height="300" class="left size-medium wp-image-9027" /></a><br />
Hors contexte, tout ceci va paraître bien obscur.</p>
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<p>Qu&rsquo;on ne s&rsquo;attende donc pas à trouver chez ces utopistes la dénonciation du progrès devenue insistance après Auschwitz et Hiroshima. La critique de la modernité n&rsquo;entre pas dans leur objectif qui est bien plus exigeant : il s&rsquo;agit de dépasser la nature humaine, ni plus ni moins. La science-fiction avait préparé le terrain, sur un plan littéraire. Il devient possible de lui accorder désormais le crédit philosophique qui légitimera les programmes techniques et scientifiques de l&rsquo;avenir. L&rsquo;un de ces utopistes, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Timothy_Leary">Timothy Leary</a>, parle de « science-faction » pour désigner « la création de mythes inspirés de la science afin d&rsquo;agir directement sur la conscience collective ». Et c&rsquo;est bien cela dont l&rsquo;humanité a besoin pour en finir avec elle-même&#8230; <strong>(p48)</strong></p>
<hr>
<p>Le programme de transformation du corps qui résulte de cette honte d&rsquo;être soi -seulement soi- et qui entend le mettre en phase avec les machines relaie aux yeux de <a href="http://www.amazon.fr/Lobsolescence-lhomme-Gunther-Anders/dp/2910386147/">Günther Anders</a> l&rsquo;ambition des métaphysiques de toujours qui aspirent à dépasser la finitude humaine : <abbr title="http://www.amazon.fr/Lobsolescence-lhomme-Gunther-Anders/dp/2910386147/">« Les folles exigences que l&rsquo;homme impose à son corps pour le rendre capable d&rsquo;accomplir les folles tâches que lui imposent ses instruments ressemblent étonnamment à ces folles exigences que les métaphysiciens spéculatifs imposaient autrefois à la raison : dans un cas comme dans l&rsquo;autre, on a ignoré le fait que les capacités de l&rsquo;homme étaient limitées. Ici aussi, des limites doivent être repoussées ou franchies. Sauf que, cette fois-ci, l&rsquo;homme ne prétend pas être omniscient « à l&rsquo;égal de Dieu », mais vise à devenir semblable à l&rsquo;instrument, c&rsquo;est-à-dire « l&rsquo;égal d&rsquo;un gadget » »</abbr>. A la racine de cette aspiration à imiter les machines, il y a bien &#8211; comme dans les métaphysiques ou les religions &#8211; cette impatience à fuir la condition humaine. Alain Ehrenberg parachève la description de la dépression de notre temps en soulignant qu&rsquo;elle porte à tourner le dos au conflit caractéristique de la névrose. La précision n&rsquo;est pas inutile pour comprendre l&rsquo;absence de combativité du posthumanisme : il ne s&rsquo;agit pas pour lui d&rsquo;objecter un idéal de réforme qui réconcilierait l&rsquo;homme avec lui-même. Il se borne &#8211; si j&rsquo;ose dire &#8211; à indiquer la sortie et à appuyer le mouvement par lequel celui-ci se déprend de soi-même. A l&rsquo;homme exsangue, il suggère que tout redevient possible dès lors qu&rsquo;on touche le fond et qu&rsquo;on mise sur l&rsquo;indéterminé dont on procède toujours. Le transhumanisme n&rsquo;annonce par autre chose que l&rsquo;atteinte prochaine, par la grâce des technologies, d&rsquo;une vitesse de libération d&rsquo;où émergera ce qui ne s&rsquo;est jamais vu ni conçu. Ni réalité ni désir ne sont en jeu. Seulement l&rsquo;abandon à ce qui surprendra un jour et gommera un passé de faiblesses trop humaines.</p>
<p>Au conflit qui structurait jadis les relations humaines, au risque de la névrose, a succédé l&rsquo;aspiration à la fusion qui satisfait le déprimé parce qu&rsquo;elle le dissout. Les technologies convergentes sont en phase avec cette aspiration qui exprime au mieux la volonté d&rsquo;en finir avec soi. <abbr title="http://www.amazon.fr/Fatigue-detre-soi-Depression-societe/dp/2738108598">« Défaut de projet, défaut de motivation, défaut de communication, le déprimé est l&rsquo;envers exact de nos normes de socialisation. »</abbr> On expliquerait facilement l&rsquo;engouement pour les romans de Michel Houellebecq, dont les personnages se réjouissent finalement d&rsquo;appartenir à la première espèce animale dotée du pouvoir d&rsquo;organiser son remplacement. Les utopies posthumaines exercent sans doute leur pouvoir de fascination de ce qu&rsquo;elles dispensent l&rsquo;homme de tout objectif de réalisation de soi, pour lui proposer au mieux qu&rsquo;un remodelage rédempteur. <strong>(p76-77)</strong></p>
<hr>
<p>Le problème éthique reçoit de ce point de vue une traitement inattendu et tel qu&rsquo;il puisse s&rsquo;appliquer à l&rsquo;humanité élargie que nous sommes défiés de prendre en compte par les utopies posthumaines : comment s&rsquo;effectuera le couplage entre des êtres réduits au fonctionnement élémentaire que la nature ou les technologies leur imposent ? « Ce dont nous avons essayé de nous pénétrer, expliquait Francisco Varela, c&rsquo;est que la majeure partie de nos activités quotidiennes -travailler, bouger, parler, manger &#8211; ressortissent à un savoir-faire, et que seule une petite partie ressortit à une analyse délibérée et intentionnelle, propre aux savoirs. » Ce savoir-faire quasi intuitif, qui manifeste le bel ajustement de nos actions à notre environnement, pourquoi ne décrirait-il pas l&rsquo;idéal éthique que nous poursuivons, cette harmonie immédiate avec le monde telle qu&rsquo;Hegel la décrit sous le terme de « vie éthique » ? Pas besoin de se représenter les choses ni d&rsquo;anticiper le résultat de nos actions, nous sommes en coïncidence avec ce qui nous entoure. <strong>(p206)</strong></p>
<p>J&rsquo;aurais voulu le faire exprès, je n&rsquo;aurais pas pu mieux choisir comme livre que celui-ci pour faire suite à <a href="https://www.bouilloiremagique.net/?p=9003">Harmony</a>, même si cet essai était sur ma liste de lecture depuis quelques mois déjà.</p>
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