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	<title>Écriture &#8211; La Bouilloire Magique</title>
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		<title>Writever de juin 2022 : La famille</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2022/06/writever-de-juin-2022-la-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jun 2022 10:00:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écriture]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[fantastique]]></category>
		<category><![CDATA[writever]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1.jpg"><img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-300x170.jpg" alt="" width="170" class="alignleft size-medium wp-image-11878" /></a> Je viens tout juste de découvrir ce petit défi d'écriture sur Twitter et sur un coup de tête, je me suis lancée. Il s'agit de microblogging avec pas mal de contraintes. Chaque jour, il faut publier un court texte (max 280 sec, en pensant à inclure le numéro du jour et le hashtag #writever pour la visibilité) qui comprend le mot du jour (voir la liste en tête de ce post) tout en s'inscrivant dans un genre de l'imaginaire (SF, Fantasy, fantastique). ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-1024x580.jpg" alt="" width="770" height="436" class="aligncenter size-large wp-image-11878" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-1024x580.jpg 1024w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-300x170.jpg 300w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-768x435.jpg 768w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-1536x870.jpg 1536w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1-600x340.jpg 600w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/FT81cEiWUAAJw0S-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 770px) 100vw, 770px" /></a></p>
<p>Je viens tout juste de découvrir ce petit défi d&rsquo;écriture sur Twitter et sur un coup de tête, je me suis lancée. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un exercice de microblogging avec pas mal de contraintes. Chaque jour, il faut publier un court texte (max 280 sec, en pensant à inclure le numéro du jour et le hashtag #writever pour la visibilité) qui comprend le mot du jour (voir la liste en tête de ce post) tout en s&rsquo;inscrivant dans un genre de l&rsquo;imaginaire (SF, Fantasy, fantastique). Et comme les choses n&rsquo;étaient pas assez compliquées, j&rsquo;ai essayé d&rsquo;inclure des proverbes et des citations autour du mot du jour quand je le pouvais et que ça collait avec mon histoire. Car, j&rsquo;ai pris l&rsquo;option d&rsquo;écrire une histoire complète qui se développe au fil des 30 jours et que l&rsquo;idée est venue d&rsquo;un proverbe. À noter que j&rsquo;ai tout écrit avant de commencer à poster, pour savoir où j&rsquo;allais et pouvoir retravailler le début en fonction de mon avancée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Voici ma contribution pour le mois de juin avec, en bonus, la liste des citations à la fin.</strong></p>
<ul>
<ol>1. Mes parents m’avaient appris à parler et le monde à me taire. N’y tenant plus et pour échapper à ce vœu de silence forcé, j’avais bruyamment claqué la porte de la maison en partant. Ce fut mon premier acte de rébellion.</p>
<p>Ainsi commença ma nouvelle vie. </ol>
<ol>2. Je n’avais jamais imaginé un instant que mon choix de m’installer au cœur des montagnes me pousserait à adopter un chat, mais avec la saison des accouchements, j’étais envahie de souris. Et dire que je pensais qu’il ne s’agissait que d’un proverbe… </ol>
<ol>3. Maintenant que j’avais mon greffier attitré – un animal magnifique, bien qu’un peu plus grand que la moyenne – il me restait à espérer que notre mariage de raison prendrait bien, plutôt que mal, et que l’animal ferait son travail. </ol>
<ol>4. Chose que les habitantes du village s’étaient bien gardées de me dire, c’est qu’entre les montagnes et les souris, il était question d’hérédité, et, là, nul moyen de m’insurger contre des milliards d’années. Souris un jour, caillou le lendemain. </ol>
<ol>5. Et où l&rsquo;on ne trouve rien comme repas, le chat ne revient pas. Je me retrouvais donc seule, avec des souris-cailloux sous le plancher, dans les murs, dans le grenier. Mon humble demeure menaçait maintenant de s’écrouler.  </ol>
<ol>6. J’avais souvent entendu dire qu’un foyer à soi est de l&rsquo;or. Le mien n’était plus que ruine à cause de ces maudites montagnes et de ces maudites souris. Je trouvai alors refuge chez une vieille voisine en échange d’une unique demande : un croquis d’elle et sa famille. </ol>
<ol>7. C’est là que je compris qu’il y avait des espèces de frayeurs qui ne se dissipaient que par des frayeurs d&rsquo;un plus haut degré. Contre les souris-cailloux, je n’avais jamais eu aucune chance. Mon chat n’avait pas du tout la bonne taille pour arrêter l’invasion. </ol>
<ol>8. La bête de la vieille mesurait bien 1,20 mètre au garrot, avait le poil aussi noir que la nuit et des yeux jaunes qui me fixaient avec intérêt comme si je fus le souper. La bête avait même un rejeton qui, tel père, tel fils, me donnait l’impression de voir double. </ol>
<ol>9. Mon éducation artistique avait fait de moi une croqueuse modeste mais correcte. Comme tout portrait se situait au confluent d&rsquo;un rêve et d&rsquo;une réalité, je me mis à la tâche en faisant abstraction du tournant irrationnel que prenait ma nouvelle vie. </ol>
<ol>10. La vieille était assise sur une chaise, ses bêtes l’encadraient. Tout s’était figé, hormis les pavillons de leurs oreilles, qui restaient très (trop ?) attentives aux crissements que mes crayons faisaient sur le papier. </ol>
<ol>11. Il est curieux comme deux visages semblables, dont aucun ne fait rire en particulier, font rire ensemble par leur ressemblance. Plus je les regardais tous les trois, plus je la voyais, cette ressemblance. Elle m’amusa d’abord, puis me glaça le sang d’un coup.</ol>
<ol>12. Tout drame inventé reflète un drame qui ne s&rsquo;invente pas. Mes yeux comprenaient quelque chose que mon cerveau refusait encore de croire. Comment cela pouvait-il être seulement possible ? </ol>
<ol>13. Flairant ma panique grandissante, ce fut le père qui bougea le premier et vint se placer devant la seule issue de la pièce. J’étais piégée et je repensais immédiatement au souper. C’est alors que la vieille s’exprima : « Je vais tout t’expliquer. »  </ol>
<ol>14. Elle m’indiqua une chaise, me servit une infusion et entama son récit :<br />
— La croyance à certaines vérités n&rsquo;est venue à toutes que parce qu&rsquo;elle est d&rsquo;abord venue à quelqu&rsquo;un. Ce quelqu’un fut la première habitante d’un village où ne vivent que des femmes. </ol>
<ol>15. » Il ne peut s’agir à proprement parler de notre ancêtre à toutes, aucune de nous n’étant liée aux autres par le sang, mais nous la considérons pourtant comme telle. Elle fut la première, nous sommes d’une certaine façon ses filles. </ol>
<ol>16. » Je veux que tu comprennes bien que notre secret est l’écrin de notre bonheur. Ce secret, je vais te le révéler, mais sache qu’il est déjà trop tard, tu ne peux d’ores et déjà plus quitter ce village. </ol>
<ol>17. » Je suis une vieille femme maintenant, et cette bête que tu vois là, à mon côté, est mon cadet. Il est la chair de ma chair. Mais ça, tu l’avais déjà compris. Ton changement d’expression quand tu nous dessinais t’a trahie. Tu as reconnu l’air de famille. </ol>
<ol>18. » Le temps des retrouvailles avec mon ancêtre est proche. Je vais bientôt devoir partir et mon mari me suivra dans la tombe, car nous sommes un depuis bien longtemps. Mais avant, je voulais que mon cadet trouve une partenaire de vie. Toi.  </ol>
<ol>19. » Comme je l’ai dit, je suis vieille et mon cadet n’est plus si jeune. Se reproduire devient une nécessité, et l’inceste nous est interdit. Fort heureusement, tu es arrivée. Nous t’avons accueillie les bras ouverts, nous t’avons offert une maison. Nous t’attendions. </ol>
<ol>20. » Demain, je mourrai. Sereinement. Car tu es là maintenant. Ce n’est pas tellement triste, un enterrement. Il suffit qu’il y ait un peu de soleil dessus et tout le monde est content. Et les montagnes veilleront sur moi à jamais. </ol>
<ol>21. » Toi, d’ici quelques mois, tu deviendras mère. Tu verras, ce n’est pas douloureux. Ils sont si petits à la naissance. Il te faudra juste faire attention aux dents et aux griffes, mais tu apprendras vite. Et les autres femmes seront là pour t’aider. </ol>
<ol>22. » Je vais d’ailleurs te confier cette maison qui m’a été transmise par les parents de mon mari et que tu transmettras à la femme d’un de tes fils un jour. C’est ainsi que les choses doivent se passer. Ce village est nôtre et il le restera à jamais.  </ol>
<ol>23. Sur ces mots, elle se tut, se leva et alla chercher un livret qu’elle me tendit. Je l’ouvris avec précautions et y découvris une très longue liste de prénoms. Depuis combien de temps ces femmes subissaient-elles cette malédiction ? Cent ans ? Mille ans ? </ol>
<ol>24. Trois lettres écrites en capitales à la fin de chaque ligne accrochèrent mon regard : GPA. Je les pointais du doigt à la vieille qui pointa à son tour la tasse sur la table. Celle que j’avais bue en l’écoutant. </ol>
<ol>25. — <em>Galega officinalis</em>, <em>Psilocybe cubensis</em>, <em>Atropa belladonna</em>. L’alliance de ces trois plantes et champignons est essentielle pour tolérer nos différences biologiques avec nos maris et nos enfants. Tu devras en boire matin, midi et soir.</ol>
<ol>26. » Tu sais comme on peut plier une jeune branche, mais pas un vieil arbre. Au début, tu ne pourras pas t’en passer, à moins de souhaiter affronter fièvre et vomissements, mais plus le temps passera, moins tu en auras besoin. </p>
<p>Puis je me sentis partir. </ol>
<ol>27. Le lendemain, il y eut une grande cousinade et une cérémonie d’adieu. À cette occasion, je retrouvai mon chat, qui n’en était pas du tout un, j’avais fini par le comprendre. C’était le fils d’une habitante qui n’avait pas encore atteint sa taille adulte. </ol>
<ol>28. En fin de journée, la vieille but son ultime tisane : <em>Aconitum napellus</em>, <em>Drimia maritima</em> et <em>Nerium oleander</em> (ADN) et s’éteignit, entourée par toute la communauté. Elle précéda son partenaire d’une vie dans l’autre monde de quelques minutes seulement. </ol>
<ol>29. Ainsi commença ma nouvelle vie avec la bête. Ou devrais-je dire mon mari, dorénavant. Il me tenait chaud la nuit et dévorait les souris par centaines aux saisons des accouchements des montagnes.</ol>
<ol>30. L’idée d’un divorce m’avait effleurée bien sûr, mais la tisane avait aidé. Nous n’étions qu’un désormais. Enfin, plus pour longtemps. Pour mon plus grand bonheur, j’attendais une portée. Bientôt, il nous faudrait faire venir d’autres jeunes femmes en rébellion. </ol>
</ul>
<hr />
<p>Liste des proverbes et citations : </p>
<ul>
<li>Jour 1 : « Nos parents nous ont appris à parler et le monde à nous taire. » &#8211; Proverbe tchèque.</li>
<li>Jour 2 : <a href="http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/montacouch.htm">« La montagne qui accouche »</a> <em>d&rsquo;une souris</em> &#8211; Jean de la Fontaine.</li>
<li>Jour 3 : « Le mariage est une greffe : ça prend bien ou mal. » &#8211; Victor Hugo dans Les Misérables.</li>
<li>Jour 4 : « S&rsquo;insurger contre l&rsquo;hérédité, c&rsquo;est s&rsquo;insurger contre des milliards d&rsquo;années, contre la première cellule. » &#8211; Emile Cioran.</li>
<li>Jour 5 : « Où l&rsquo;on ne trouve rien comme repas, le rat ne revient pas. » &#8211; Proverbe allemand.</li>
<li>Jour 6 : « Un foyer à soi est de l&rsquo;or. » &#8211; Proverbe danois.</li>
<li>Jour 7 : « Il y a des espèces de frayeurs qui ne se dissipent que par des frayeurs d&rsquo;un plus haut degré. » &#8211; Cardinal de Retz (Jean François-Paul de Gondi).</li>
<li>Jour 8 : « Tel père, tel fils.</em> &#8211; du latin : « <em>qualis pater, talis filius</em>« .</li>
<li>Jour 9 : « Tout portrait se situe au confluent d&rsquo;un rêve et d&rsquo;une réalité. » &#8211; Georges Perec dans <em>La vie mode d&#8217;emploi</em>.</li>
<li>Jour 11 : « Deux visages semblables, dont aucun ne fait rire en particulier, font rire ensemble par leur ressemblance. » &#8211; Blaise Pascal.</li>
<li>Jour 12 : « Une œuvre sincère ne saurait être plus condamnable qu&rsquo;un cri. Tout drame inventé reflète un drame qui ne s&rsquo;invente pas. » &#8211; François Mauriac.</li>
<li>Jour 14 : « La croyance à certaines vérités n&rsquo;est venue à tous que parce qu&rsquo;elle était d&rsquo;abord venue à quelqu&rsquo;un. » &#8211; Antoine de Rivarol.</li>
<li>Jour 16 : « Le secret est l’écrin du bonheur. » &#8211; Alice Ferney dans <em>La Conversation amoureuse</em>.</li>
<li>Jour 20 : « Ce n’est pas tellement triste, un enterrement. Il suffit qu’il y ait un peu de soleil dessus et tout le monde est content. » &#8211; Jacques Prévert dans <em>Les Enfants du paradis</em>.</li>
<li>Jour 26 : « On plie une jeune branche, mais pas un vieil arbre. » &#8211; Proverbe belge.</li>
</ul>
<p>Pour ce qui est de mes décoctions de plantes, j&rsquo;ai fait des mélanges dangereux pour obtenir deux effets. Un effet psychotrope pour G.P.A. avec <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Psilocybe_cubensis">Psilocybe cubensis</a></em> (champignon hallucinogène) et <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Belladone">Atropa belladonna</a></em> (<em>Selon P. Delaveau, il existe une hypothèse selon laquelle le sabbat des sorcières serait en fait un délire atropinique. Pour se rendre au sabbat, la sorcière chevauchait un manche enduit d&rsquo;onguent. La résorption au niveau de la vulve, plus intense et plus rapide, aurait entrainé un délire hallucinatoire (lévitation, transport dans un autre lieu, vision du diable)</em>). J&rsquo;ai jugé bon de rajouter un peu de <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galéga_officinal#Plante_médicinale">Galega officinalis</a></em> pour « soigner diverses affections, comme les fièvres pestilentielles, les piqûres d’insectes et les morsures d’animaux venimeux » et « le traitement d&rsquo;appoint de l&rsquo;insuffisance de sécrétion lactée ».<br />
Mon mélange A.D.N. a quant à lui un effet létal avec <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aconitum_napellus">Aconitum napellus</a></em>, <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Scille_maritime">Drimia maritima</a></em> et <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurier-rose">Nerium oleander</a></em>. Le cœur n&rsquo;y résistera pas. L&rsquo;histoire ne dit pas si c&rsquo;est bon au goût&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Note finale : Je me suis laissée porter par mon histoire de montagnes, de souris et de chats, et ce n&rsquo;est qu&rsquo;après coup que j&rsquo;ai compris que j&rsquo;avais écrit sans le vouloir une histoire de sorcières. Comme quoi, le subconscient travaille de façon bien curieuse parfois.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Billy par Ikea of Sweden</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2022/06/billy-par-ikea-of-sweden/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jun 2022 14:25:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Billy]]></category>
		<category><![CDATA[Ikea of Sweden]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy.jpg"><img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy-211x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-11845" /></a> <strong>Synopsis </strong>: Non fourni.

<strong>Note </strong>: Avis rédigé pour le compte de RCS à la suite de la prise très au sérieux d'une demande de Becca.

<strong>Avis </strong>: Ce qui m'a tout de suite intriguée avec cet ouvrage, c'est sa couverture. Juste un titre noir dans le coin en haut à gauche, le nom de l'auteur en bas à droite et deux étagères en plein milieu. Difficile de deviner de quoi il allait être question et aucun indice sur le personnage principal (Billy ?) non plus. Chose rare, ce court récit n'a pas de quatrième de couverture (ni d'éditeur d'ailleurs). J'ai rarement croisé un ouvrage aussi mystérieux, et je suis pourtant une grande fan de Marc-Antoine Mathieu.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-11845" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy-211x300.jpg 211w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy-600x851.jpg 600w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2022/06/billy.jpg 606w" sizes="(max-width: 211px) 100vw, 211px" /></a> <strong>Synopsis </strong>: Non fourni.</p>
<p><strong>Note </strong>: Avis rédigé pour le compte de RCS à la suite de la prise très au sérieux d&rsquo;une demande de Becca.</p>
<p><strong>Avis </strong>: Ce qui m&rsquo;a tout de suite intriguée avec cet ouvrage, c&rsquo;est sa couverture. Juste un titre noir dans le coin en haut à gauche, le nom de l&rsquo;auteur en bas à droite et deux étagères en plein milieu. Difficile de deviner de quoi il allait être question et aucun indice sur le personnage principal (Billy ?) non plus. Chose rare, ce court récit n&rsquo;a pas de quatrième de couverture (ni d&rsquo;éditeur d&rsquo;ailleurs). J&rsquo;ai rarement croisé un ouvrage aussi mystérieux, et je suis pourtant une grande fan de Marc-Antoine Mathieu.</p>
<p>Comme je suis curieuse, je me suis lancée sur un coup de tête sans chercher à en savoir plus. J&rsquo;ai vite compris que c&rsquo;était une histoire sans paroles et intégralement en noir et blanc ; ce qui a son charme, il faut l&rsquo;avouer. Le premier personnage à apparaître s&rsquo;exprime avec une grosse bulle pleine de petits dessins d&rsquo;outils, à la façon d&rsquo;un rébus, sauf que la phase ne semble pas faire sens (pas tout de suite en tout cas). Il y a un autre personnage qui arrive rapidement, mais il est totalement sous-exploité dans l&rsquo;histoire ; on le voit une fois et je n&rsquo;ai pas saisi son intérêt. En tout cas, j&rsquo;ai vite compris qu&rsquo;il allait y avoir un aspect très méta, car le héros appelle Ikea lui-même au téléphone (c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le seul mot de tout le livre), comme si le personnage en quête de réponses sortait de la case pour parler directement à l&rsquo;auteur. Pareil, je n&rsquo;ai pas su trop quoi en faire sur le moment, mais ça m&rsquo;a titillée les neurones bien comme il faut.</p>
<p>La page suivante est encore plus étrange. J&rsquo;ai bien senti que ça parlait de concepts forts et j&rsquo;ai essayé d&rsquo;additionner et de multiplier les nombres (un peu à la façon des énigmes avec des bananes, des pommes et des noix de coco), mais là non plus, je n&rsquo;ai pas compris où l&rsquo;auteur voulait en venir exactement.</p>
<p>À la suite du passage du coup de fil dont j&rsquo;ai parlé plus haut, le personnage principal disparaît totalement et le dessin devient encore plus conceptuel. J&rsquo;ai tout de suite pensé à Escher et Schuiten. Et quelque part, je pense qu&rsquo;il y a de ça. Très rapidement, l&rsquo;étagère de la couverture prend forme sous nos yeux. La main de Dieu (celle du personnage principal ? de l&rsquo;auteur ?) indique des éléments importants de l&rsquo;image, voire plante des clous comme autant de points d&rsquo;exclamation. Vraiment, j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression d&rsquo;être dans <em>3&Prime;</em> de Marc-Antoine Mathieu (encore, je sais) où le regard du lecteur est dirigé par l&rsquo;auteur pour lui montrer l&rsquo;invisible et l&rsquo;aider à donner un sens à une histoire qui ressemble à un puzzle. Puis le personnage principal réapparaît soudainement à la dernière page, avec le sourire, et il lit un livre. Et je pense qu&rsquo;il faut y voir une mise en abyme un peu lynchienne sur les bords ; il manque juste le gruau de maïs et un personnage qui dirait : « <em>Gotta book?</em> » façon « <a href="https://www.youtube.com/watch?v=rTCefc-uuEw"><em>Gotta light?</em></a>« , mais on n&rsquo;en est pas loin.</p>
<p><em>Billy</em> a été une lecture vraiment surprenante et déroutante sur laquelle il faudra que je prenne le temps de revenir un jour. J&rsquo;étais vraiment persuadée tout au long de ma lecture que Billy était le prénom du personnage qui apparaît à plusieurs reprises dans l&rsquo;histoire, mais il semble un peu trop effacé et j&rsquo;ai supposé à la fin que Billy était peut-être le nom de l&rsquo;étagère. Une idée plus ou moins originale puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit aussi du nom d&rsquo;une des guitares du chanteur M.  </p>
<p>J&rsquo;ai aussi cru comprendre que l&rsquo;ouvrage faisait partie d&rsquo;une collection complète qui suit l&rsquo;évolution de Billy. J&rsquo;ai dû me tromper dans l&rsquo;ordre de lecture d&rsquo;ailleurs ; ici, elle fait 2,02 mètres, or, elle mesure 1,06 mètre dans le tome précédent et elle grandit dans le suivant. Je ne suis pas sûre de me lancer dans leur lecture tout de suite, même si je suis très intriguée. Peut-être si j&rsquo;en vois l&rsquo;utilité un jour. Je vais commencer par digérer celui-ci. </p>
<p>Si vous souhaitez vous faire un avis, <em>Billy</em> est <a href="https://drive.google.com/file/d/1JBAM09KO447bn18ncfp95p3wqr40sdyJ/view">disponible</a> gratuitement en ligne au format pdf. Il fait douze pages, il se lit super vite et ça vous permettra de vous faire un avis par vous-même. N&rsquo;hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez des théories sur l&rsquo;histoire à partager en tout cas.</p>
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		<title>Un texte : Jeunesse éphémère</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2014/06/un-texte-jeunesse-ephemere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2014 08:55:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Écriture]]></category>
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					<description><![CDATA[Le site Vampires &#038; Sorcières a organisé en mai un petit défi d&#8217;écriture. Voici les deux sujets proposés : Sujet n°1 : Tout le monde n&#8217;a pas la chance d&#8217;être un fantôme&#8230; C&#8217;est bien beau d&#8217;être un vampire, un zombi ou un dragon, mais il faut malgré tout gagner sa pinte de sang, son cerveau]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le site <a href="http://www.vampires-sorcieres.fr/news-defi-de-nouvelles-au-boulot-les-creatures-626.html">Vampires &#038; Sorcières</a> a organisé en mai un petit défi d&rsquo;écriture. Voici les deux sujets proposés : </p>
<p><strong>Sujet n°1 :</strong><br />
Tout le monde n&rsquo;a pas la chance d&rsquo;être un fantôme&#8230; C&rsquo;est bien beau d&rsquo;être un vampire, un zombi ou un dragon, mais il faut malgré tout gagner sa pinte de sang, son cerveau juteux ou son coussin en pièces d&rsquo;or.<br />
Quel travail pourrait trouver une créature surnaturelle de nos jours, avec quelles difficultés aurait-elle à se débattre ?<br />
<strong>Sujet n°2 :</strong><br />
Être au chômage ça craint, même pour une créature surnaturelle ! Imaginez l&rsquo;entretien d&#8217;embauche que devrait passer un fantôme, une sorcière, un vampire, un loup-garou ou toute autre espèce, pour trouver un emploi.</p>
<p><strong>Conditions : </strong><br />
Votre nouvelle devra faire entre 2 et 4 pages word maximum (police times new roman 11). Vous pouvez rédiger à la première comme à la troisième personne, dans le genre que vous voulez, à l&rsquo;époque que vous voulez, bref vous faites ce que vous voulez !</p>
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<p>Exceptionnellement, j&rsquo;ai eu une idée, j&rsquo;ai donc tenté ma chance. Voici le résultat : </p>
<p><strong>Jeunesse éphémère.</strong></p>
<p>Je m&rsquo;en souviens encore comme si c&rsquo;était hier. Toute la presse mondiale en a parlé cette semaine-là. « Une nouvelle cure de jouvence ? », lançait le <em>HuffPost</em>. « Du sang jeune pour booster les vieux cerveaux », précisait BFMTV. Tout a changé le 4 mai 2014, date de la publication dans <em>Nature</em> d&rsquo;une étude sur la transfusion de sang de jeune souris chez leurs aînées. « Nos données démontrent que l&rsquo;injection de sang jeune contrecarre le vieillissement au niveau moléculaire, structurel, fonctionnel et cognitif de l&rsquo;hippocampe ». Ah ça, croyez-moi, l&rsquo;information n&rsquo;est pas tombée dans l&rsquo;oreille d&rsquo;un vieux sourd. </p>
<p>À partir de là, les choses sont allées très vite. Vous imaginez bien que ce sont ceux qui ont le plus d&rsquo;argent qui veulent en profiter le plus longtemps possible, et si possible avec toute leur tête. C&rsquo;était couru d&rsquo;avance ; ils ont investi en masse dans la recherche pour s&rsquo;assurer que ce qui était valable pour les souris l&rsquo;était bien pour l&rsquo;homme. Jamais étude clinique n&rsquo;aura pris si peu de temps. Enfin si, celle sur le contrôle de la télomérase aussi a été relativement rapide, mais ça représentait plus de boulot. Les investissements étaient sans comparaison. Cela dit, ce n&rsquo;est pas moi qui vais me plaindre. S&rsquo;il n&rsquo;y avait pas eu le 4 mai 2014, je n&rsquo;aurais certainement pas le job en or que j&rsquo;ai aujourd&rsquo;hui. </p>
<p>La suite a été plus délicate. Dans un premier temps, ils ont cherché à généraliser la monétisation du don de sang. Beaucoup de pays comme la France avaient encore des textes officiels qui décrétaient que « le sang ne peut être source de profit financier ». Les relations privilégiées des riches et des politiques ont rapidement eu raison de ces quelques bâtons dans les roues locales. Voyez, tout le monde était gagnant : les vieux achetaient le sang aux jeunes et les jeunes étaient payés – juste ce qu&rsquo;il fallait pour les faire revenir régulièrement. Deux flux se croisaient, l&rsquo;argent circulait. Le nombre de dons a pulvérisé tous les records de l&rsquo;histoire de la transfusion à cette période. Malheureusement, personne n&rsquo;avait pris en compte un facteur non négligeable : les jeunes sont cons. Mais cons ! Vous n&rsquo;avez pas idée. Que croyez-vous qu&rsquo;ils ont fait avec tout ce fric ? Hein ? Pourquoi bosser quand il suffit de donner un peu de soi ? Ils se sont donc mis à s&rsquo;amuser ! Alcool, drogues, sexe –  et qui dit sexe, dit MST, vous savez, le SIDA, les hépatites, etc. 24h sur 24, 7 jours sur 7. Et bruyants en plus de ça. Une vraie nuisance. Non seulement leur sang est devenu totalement inutilisable, mais eux, ces abrutis transpirant la connerie par tous les pores, étaient maintenant une charge pour la société. Une génération entière bonne à foutre à la poubelle. Pardon, je m&#8217;emballe. Ne pleurez pas, voyons. Ce n&rsquo;est pas contre vous. Vous, vous êtes quelqu&rsquo;un de bien. Vous le savez, n&rsquo;est-ce pas ? Là, n&rsquo;ayez pas peur, je ne vous veux aucun mal. Vous m&rsquo;êtes trop précieuse. Chuuut.</p>
<p>Où en étais-je ? Ah oui. Et les « <em>entre-deux</em> », comme on dit, me demanderez-vous ? Les pauvres entre 23 et 60 ans quoi. Ils ont cru pouvoir se révolter contre le système. « Pour protéger leurs enfants », disaient-ils. À mon avis, c&rsquo;était surtout pour protéger leur retraite et leurs vieux jours, mais passons. On aurait pu s&rsquo;attendre à un peu mieux de leur part quand même. Ils étaient en situation de précarité, et ils auraient logiquement dû être trop occupés à survivre un jour de plus pour penser à leurs enfants. Coca-Cola faisait le reste depuis que la télévision servait à vendre du temps de cerveau disponible. Mais non, une révolte, une révolution. <em>Genre !</em> </p>
<p>À qui a profité le chaos, d&rsquo;après vous ? Aux riches, bien sûr. Encore une fois, Saint-Fric nous a sauvés. <em>Saint-Fric, priez pour nous</em>. Les milices privées, il n&rsquo;y a que ça de vrai, croyez-moi. Les milices ont réglé deux problèmes d&rsquo;un coup : le cas des adultes les plus rebelles et la surpopulation mondiale. Et vous voulez que je vous dise ce qui était encore plus beau ? Non ? Pourtant c&rsquo;est intéressant, je vous assure. D&rsquo;un côté, il a fallu gérer un sacré paquet d&rsquo;orphelins dont les parents avaient été massacrés et de l&rsquo;autre, attention, certains sont venus les vendre volontairement ! Ça a été le début de l&rsquo;opération : <em>un enfant – un gros chèque</em>. Les états se sont retrouvés en quelques mois avec un stock d&rsquo;enfants et d&rsquo;adolescents libres de droits. </p>
<p>Vous avez probablement entendu parler des saumons de Norvège. La notion de productivité vous est peut-être même familière. Les gens aimaient vraiment beaucoup la chair rose du saumon. En plus, on leur disait que c&rsquo;était bon pour la santé, qu&rsquo;il fallait en manger pour faire le plein d&rsquo;oméga-3. Face à la demande croissante, l&rsquo;industrie a, comme toujours, cherché à optimiser la production. Des grands bassins fermés, des alevins, des granulés pour nourrir tout ce petit monde, des pesticides pour lutter contre les poux et une bonne dose d&rsquo;antibiotiques parce qu&rsquo;on n&rsquo;est jamais trop sûr. Le système était bien rodé et il aura fallu un moment avant que les autorités sanitaires y mettent le nez. Elles ont trouvé un cocktail de neurotoxines, métaux lourds, mercure, dioxine dans les poissons. Bon pour la santé&#8230; Mouais. Peut mieux faire. Je vous rassure, aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;y a plus que du saumon sauvage de première qualité sur le marché. Plus besoin de payer une fortune pour en déguster, c&rsquo;est le seul disponible. Il arrive à l&rsquo;homme de réfléchir parfois.</p>
<p>Vous entrapercevez la suite, n&rsquo;est-ce pas ? La société avait donc ce stock d&rsquo;« alevins » sur les bras dont il fallait faire quelque chose. Soudain, quelqu&rsquo;un s&rsquo;est dit que l&rsquo;homme et le saumon avaient beaucoup plus en commun qu&rsquo;on ne pouvait l&rsquo;imaginer. Ainsi est apparue une espèce bien particulière : l&rsquo;humain d&rsquo;élevage. 100% élevé en batterie. Jusqu&rsquo;à 13 ans, il grandit, on le laisse tranquille. Puis de 14 à 18 ans, il se reproduit à loisir. De toute façon, il n&rsquo;a pas grand-chose à faire d&rsquo;autres de ses journées et il faut penser à reconstituer le stock. À partir de 18 ans, on le siphonne. À 23 ans, il est recyclé. Aucune chance que vous ayez vu <em>Soleil vert</em>, vous êtes beaucoup trop jeune. Il ne vaut peut-être mieux pas cela dit. Regardez-moi dans les yeux un instant. Arrêtez donc de remuer la tête comme ça, je ne voudrais pas laisser de marques sur votre joli visage. Voilà. <em>Soleil vert</em>, vous n&rsquo;en avez jamais entendu parler. Parfait. Reprenons.</p>
<p>Le problème&#8230; L&rsquo;homme réfléchit parfois. Certes. L&rsquo;homme a surtout une propension certaine à refaire les mêmes erreurs. Encore et encore et encore. Les jeunes issus de ces fermes ne sont pas aussi bons pour la santé des vieux qu&rsquo;on le disait. Il faut lutter en permanence contre les poux, les épidémies, l&rsquo;automutilation – si vous avez l&rsquo;estomac bien accroché, je vous montrerai les photos, elles font vraiment mal au cœur. La consanguinité était un souci majeur aussi, mais pour ça, il y a maintenant des programmes d&rsquo;échanges entre fermes du monde entier. Le métissage a même le mérite de produire de beaux produits.  Ça reste néanmoins un produit d&rsquo;élevages réservé aux plus « pauvres ». Même si les riches se sont débarrassés des pauvres, il y aura toujours quelqu&rsquo;un de plus pauvre et quelqu&rsquo;un de plus riche. C&rsquo;est mécanique. C&rsquo;est sans fin. Les <em>riches-nouveaux pauvres</em> (quelle ironie !) se nourrissent donc à partir d&rsquo;humains d&rsquo;élevages, et les riches vraiment très riches ont les moyens de se payer mes services. </p>
<p>Ou ceux de mes collègues d&rsquo;ailleurs. Nous nous sommes rendus indispensables et, parallèlement, c&rsquo;est devenu un milieu très concurrentiel et dangereux au fil des années. Car, voyez-vous, c&rsquo;est du grand art de mettre la main sur des gens comme vous. Loin de moi l&rsquo;idée de m&rsquo;envoyer des fleurs, mais il faut un vampire talentueux comme moi pour y arriver. Bien sûr vous connaissez l&rsquo;existence des vampires, sinon vous ne seriez pas en liberté à votre âge. Quelqu&rsquo;un vous a appris à échapper à la <em>traque</em>, et même à vous défendre peut-être. Mais le boulot a été mal fait de toute évidence. Je vous ai senti de tellement loin, j&rsquo;avais hâte de vous goûter pour m&rsquo;assurer de la qualité de la marchandise. La chasse a été bonne, vous êtes parfaite. </p>
<p>Je vois poindre une question dans votre esprit. Pourquoi ? Oui, pourquoi vous chasser, vous, alors qu&rsquo;il me suffirait d&rsquo;offrir la vie éternelle à quelques riches en échange d&rsquo;un gros chèque ? Si les choses pouvaient être si simples, ce serait merveilleux. Taux de survie au grand saut ?  Inférieur à 1 pour 100 000 000. Autant dire qu&rsquo;il vaut mieux jouer à l&rsquo;Euro Millions et espérer devenir un nouveau riche et pouvoir se payer les  traitements antisénescences dernier cri.</p>
<p>Hmmm. Pourquoi je vous raconte tout ça déjà ? Ah oui, je me souviens. Désolé, je suis tellement bavard. Mais il fallait que vous compreniez votre valeur. La valeur de votre vie aux yeux de mes employeurs. Car vous êtes un saumon sauvage. Un produit de première qualité. Vous ne connaissez pas les fermes. Vous avez eu la chance d&rsquo;avoir des parents qui vous ont aimé au point de vous cacher toute votre courte vie et de vous protéger des dangers de ce monde. Vous avez connu le grand air, vous avez reçu une petite éducation, vous avez même dû courir pour survivre. Vous êtes naturelle. Et vous êtes vierge. 18 ans et toujours vierge. C&rsquo;est si rare de nos jours. Un dégénéré aurait pu vous tomber dessus depuis longtemps, il en reste encore trop. Plus de souci à vous faire maintenant, vous allez être bichonnée pendant 5 ans. À vous le luxe, le calme et la volupté. Petite chanceuse. </p>
<p>Allez, venez, ne faisons pas attendre mon client, la limousine blindée et son escorte sont arrivées. Ce serait dommage qu&rsquo;un concurrent puisse mettre la main sur vous maintenant. Surtout pour moi. Certains n&rsquo;ont aucun respect pour le travail des confrères, si vous saviez. En tout cas, vous venez de me payer une année sabbatique à me tourner les pouces. Les vierges ont toujours eu beaucoup de succès. Une vieille amie, qui a mal fini, me le disait déjà au XVI<sup>e</sup>. Ah, Elizabeth. Elle avait tout compris avant tout le monde. L&rsquo;avenir est dans le sang des jeunes.</p>
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<p>Quelques liens qui m&rsquo;ont inspirée, m&rsquo;ont permis d&rsquo;étoffer un peu et vous permettront d&rsquo;aller plus loin si vous le souhaitez :<br />
&#8211; <a href="http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/05/lutte-vieillissement-etude-transfusion-sang-jeune-souris_n_5265336.html">Lutte contre le vieillissement: une étude teste la transfusion de sang jeune chez les souris</a>, <em>Huffpost</em>, 5 mai 2014<br />
&#8211; <a href="http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/05/05/le-sang-de-jeunes-souris-aurait-un-effet-revigorant-sur-des-souris-plus-agees_4411435_1650684.html">Le sang de jeunes souris aurait un effet revigorant sur des souris plus âgées</a>, <em>Le Monde</em>, 5 mai 2014<br />
&#8211; <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/du-sang-jeune-pour-retarder-le-vieillissement_1535681.html">Du sang jeune pour retarder le vieillissement</a>, L&rsquo;express, 5 mai 2014<br />
&#8211; <a href="http://www.bfmtv.com/societe/transfuser-sang-jeune-revigorer-vieux-cerveaux-768905.html">Du sang jeune pour booster les vieux cerveaux : efficace sur les souris</a>, BFMTV, 6 mai 2014<br />
&#8211; <a href="http://www.nature.com/nm/journal/vaop/ncurrent/abs/nm.3569.html">Young blood reverses age-related impairments in cognitive function and synaptic plasticity in mice</a>, <em>Nature</em>, 4 mai 2014<br />
&#8211; <a href="http://www.lematin.ch/sante-environnement/sante/saumons-elevage-norvegiens-dangereux/story/21435350">Les saumons d’élevage norvégiens sont dangereux</a>, <em>Le Matin</em>, 23 novembre 2013<br />
&#8211; <a href="http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2610_saumon_elevage_Norvege.php">Faut-il avoir peur du saumon d’élevage norvégien ?</a>, notre-planète.info, 30 novembre 2010<br />
&#8211; <a href="http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/DevDur/DevdurDoc10.htm">L&rsquo;aquaculture marine et ses dynamiques. L&rsquo;exemple de la salmoniculture Norvège, Chili : caractéristiques de deux modèles</a>, Geoconfluences, 10 février 2012<br />
&#8211; <a href="http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2000/mag2306/sa_1859_telomerase.htm">La télomérase : la protéine de l&rsquo;immortalité ?</a>, Doctissimo.</p>
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