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	<title>Culture &#8211; La Bouilloire Magique</title>
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		<title>La Doublure de Mélissa Da Costa</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/12/la-doublure-de-melissa-da-costa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 10:46:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[La Doublure]]></category>
		<category><![CDATA[Melissa Da Costa]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-185x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14508" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Une jeune femme fragile en quête d'un nouveau départ. Un couple magnétique et fascinant prêt à lui ouvrir les portes de son monde doré. Un trio pris au piège d'un jeu cruel et d'une dépendance fatale... Dans ce roman sombre et envoûtant, Mélissa Da Costa explore, à travers le récit d'une relation toxique, la face obscure de l'âme humaine et les méandres du désir. Après les succès de Tout le bleu du ciel, des Lendemains ou encore de Je revenais des autres, livres aux deux millions de lecteurs, l’écrivaine révèle une nouvelle facette de son talent.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-185x300.jpg" alt="" width="185" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14508" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-185x300.jpg 185w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-400x648.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure.jpg 494w" sizes="(max-width: 185px) 100vw, 185px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Une jeune femme fragile en quête d&rsquo;un nouveau départ. Un couple magnétique et fascinant prêt à lui ouvrir les portes de son monde doré. Un trio pris au piège d&rsquo;un jeu cruel et d&rsquo;une dépendance fatale&#8230; Dans ce roman sombre et envoûtant, Mélissa Da Costa explore, à travers le récit d&rsquo;une relation toxique, la face obscure de l&rsquo;âme humaine et les méandres du désir. Après les succès de <em>Tout le bleu du ciel</em>, des Lendemains ou encore de Je revenais des autres, livres aux deux millions de lecteurs, l’écrivaine révèle une nouvelle facette de son talent.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Note :</strong> Pour cause de gros agacement, je ne vais pas me priver de spoiler.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Avis :</strong> Qui aurait pu prédire que je lirais un jour un livre de Mélissa Da Costa ? Certain·e·s s&rsquo;en sont même étonné·e·s sur le moment tant elle est loin de mes univers de prédilection. Et pourtant, sur conseil d&rsquo;une amie, j&rsquo;ai lu <em>La Doublure</em>, qui est réputé très différent de tous les autres livres de l&rsquo;autrice. Sur ce point, je ne me prononcerai sans doute jamais, mais au vu des avis des fans, ça semble être le grand écart sans échauffement.</p>
<p>Je vais évacuer très rapidement la raison pour laquelle je ne me risquerai pas à poursuivre l&rsquo;aventure avec ses écrits : je trouve le style très pauvre, facile à lire certes, mais sans aucune saveur. L&rsquo;avantage, c&rsquo;est que je n&rsquo;ai jamais lu 700 pages aussi vite. De plus, c&rsquo;est globalement très sage et faussement transgressif. Bien sûr, tout dépend de ce que vous lisez d&rsquo;habitude. Des choses qui seront choquantes pour certaines personnes ne le seront pas pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Si je ne devais retenir qu&rsquo;un point positif, ce serait la façon dont l&rsquo;art s&rsquo;entremêle au récit et vient donner de la profondeur au personnage de Clara au passage. J&rsquo;ai souvent reconnu les œuvres grâce aux descriptions précises qui en sont faites, et quand je ne savais pas, j&rsquo;allais regarder rapidement sur Internet. C&rsquo;était toujours enrichissant. Cette partie-là est très intéressante et contribue à construire l&rsquo;ambiance morbide du récit. </p>
<p>Pour ce qui est du reste de l&rsquo;intrigue, beaucoup de retournements de situation sont assez prévisibles, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;autrice éclaire certains indices avec un projecteur de stade de foot. Ça donne la mauvaise sensation d&rsquo;avoir toujours 150 pages d&rsquo;avance sur l&rsquo;héroïne. Et puis, il y a le côté sulfureux du livre. Parlons-en. Forcément, quand on voit la sexualité hétéronormée et très passive d&rsquo;Evie, on part de loin. Bien évidemment que tout va lui paraître immoral en comparaison. Le livre joue amplement sur les clichés associés au libertinage et au BDSM, mais tombe dans les mêmes écueils qu&rsquo;un <em>Cinquante nuances de Grey</em>. Il est assez évident que l&rsquo;autrice s&rsquo;est documentée, mais est restée très en surface de ces sujets, même si l&rsquo;histoire pourrait donner l&rsquo;impression du contraire. </p>
<p>Passons maintenant aux personnages et à leurs névroses, puisque finalement tout repose sur ça.</p>
<p>Evie. Evie. Evie/Eve. Quel personnage plat ! Elle est passive, influençable, manipulable, sans personnalité. À la fois capable d&rsquo;esprit critique et totalement idiote. À l&rsquo;image d&rsquo;Anastasia Steele, elle est une oie blanche, une proie idéale pour les prédateurs. J&rsquo;ai honnêtement pensé – espéré ! – qu&rsquo;elle aurait une trajectoire où le sexpowerment en ferait une héroïne forte, histoire de la sauver un peu. Mais non, elle reste insipide d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre. À noter que si elle n&rsquo;est pas saoule ou droguée, elle ne couche pas, ce qui en dit long sur son consentement réel dans ces moments-là. Comme avec <em>365 DNI</em>, je me suis encore retrouvée aux portes du coma éthylique à cause de tout ça.</p>
<p>En plus d&rsquo;un ex toxique, Evie arrive avec une mère maltraitante et rabaissante dans ses bagages psy. Rôle que finit par endosser Clara.</p>
<p>Clara, donc. En bonne méchante, elle est bien entendu la plus intéressante du livre. Elle, qui se prend pour Lilith, la femme fatale, la femme par qui le drame arrive, est le personnage le mieux construit, avec beaucoup de niveaux de lecture. Elle est une prédatrice dominatrice qui aime avoir toute l&rsquo;attention des hommes qui l&rsquo;approchent, tout en donnant l&rsquo;impression d&rsquo;être prisonnière de cette image et que celle-ci cache quelque chose de plus profond et noir. Et parfois, elle se transforme en artiste vaporeuse aux pieds nus qui hante son atelier nuit et jour, imprégnée d&rsquo;idées sombres. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs beaucoup aimé sa manière de parler de son processus créatif et de la façon dont lui viennent ses idées. Ça recoupe bien celui des écrivains.  </p>
<p>Comme l&rsquo;ensemble du casting, Clara est quelqu&rsquo;un qui ne va pas bien, mais ce n&rsquo;est pas vraiment creusé. On sait juste qu&rsquo;elle a un rapport au père compliqué et une mère invisible, ce qui ne doit pas être un hasard. Elle cherche à la fois à lui prouver qu&rsquo;elle vit sa vie comme elle l&rsquo;entend, tout en restant dépendante de son besoin de reconnaissance et surtout de ses interventions pour lui sauver la mise. Rôle qu&rsquo;adopte également Pierre, le mari. Elle est donc pour son père, comme pour les autres hommes de son entourage, la femme que l&rsquo;on ne peut pas faire plier et posséder. Paye ton Électre pas résolu.</p>
<p>Pour terminer cette galerie de portraits, deux mots sur Pierre/Adam, 36 ans sur le papier, mais qui se comporte comme un homme de 50, notamment avec Evie. C&rsquo;est un personnage assez limpide finalement, dont les actions et la psychologie sont prévisibles. Il est à la fois le sauveur, le défouloir et l&rsquo;interface avec le père de Clara. C&rsquo;est aussi un lâche, tout en étant un homme sous emprise. Il est dans une relation qui repose sur son besoin d&rsquo;être dominé, ce qui aurait pu être sain, mais il y a trop de violence qui sort du cadre et dont il ne jouit pas. Clara sait quand attaquer pour l&rsquo;atteindre et le rabaisser. Elle tape souvent gratuitement sous la ceinture. </p>
<p>Autant dire que les trois auraient mieux fait d&rsquo;entamer une thérapie, surtout qu&rsquo;ils en ont largement les moyens.</p>
<p>Bref, ce livre est un grand bof. Dans le même genre, préférez <em>Clara et la pénombre</em> de José Carlos Somoza. Il y est aussi question d&rsquo;art, c&rsquo;est aussi un thriller, mais c&rsquo;est autrement plus dérangeant. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Absolu, Tome 1 : Les Mobilisés de Margot Dessenne</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/11/absolu-tome-1-les-mobilises-de-margot-dessenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Nov 2024 14:13:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Absolu]]></category>
		<category><![CDATA[Les Mobilisés]]></category>
		<category><![CDATA[Margot Dessenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1-200x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-12388" /> Quatrième de couverture : Entrez dans une ville qui n'ouvre ses portes qu'une fois par an...

Amis depuis l'enfance, Prym et Joanna ont un avenir prometteur au sein de la nation d'Erit, construite sur les ruines d'une Pologne ravagée. Leur vie bascule le jour où ils sont choisis pour être envoyés dans la Zone où rôde la Chose. Les mobilisés n'ont qu'une mission : vaincre la plus dangereuse créature jamais créée par l'Homme, ou mourir en essayant.

Dix-neuf générations ont franchi les portes de la Zone. Personne n'en est jamais ressorti.

Pour Prym et Joanna, c'est un grand honneur - un sentiment que ne partage pas Edward, persuadé que ses talents de linguiste ne lui seront pas utiles de l'autre côté du Mur. Leur arrivée tumultueuse dans la Zone lui donne raison : entre guerre de territoires et phénomènes de plus en plus étranges, la Zone est un lieu de non-droits. À l'intérieur de ces murs, le monstre n'est peut-être pas celui qu'on croit...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-12388" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1-200x300.jpg 200w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1.jpg 533w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Entrez dans une ville qui n&rsquo;ouvre ses portes qu&rsquo;une fois par an&#8230;<br />
Amis depuis l&rsquo;enfance, Prym et Joanna ont un avenir prometteur au sein de la nation d&rsquo;Erit, construite sur les ruines d&rsquo;une Pologne ravagée. Leur vie bascule le jour où ils sont choisis pour être envoyés dans la Zone où rôde la Chose. Les mobilisés n&rsquo;ont qu&rsquo;une mission : vaincre la plus dangereuse créature jamais créée par l&rsquo;Homme, ou mourir en essayant.<br />
Dix-neuf générations ont franchi les portes de la Zone. Personne n&rsquo;en est jamais ressorti.<br />
Pour Prym et Joanna, c&rsquo;est un grand honneur – un sentiment que ne partage pas Edward, persuadé que ses talents de linguiste ne lui seront pas utiles de l&rsquo;autre côté du Mur. Leur arrivée tumultueuse dans la Zone lui donne raison : entre guerre de territoires et phénomènes de plus en plus étranges, la Zone est un lieu de non-droits. À l&rsquo;intérieur de ces murs, le monstre n&rsquo;est peut-être pas celui qu&rsquo;on croit&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Sorti en février 2023, <em>Absolu : Les Mobilisés</em> est le premier tome de la trilogie dystopique Young Adult de Margot Dessenne. Il fait partie de ces livres que je voulais lire pour savoir si c&rsquo;était aussi bien que les avis dithyrambiques le disaient (alors que je sais qu&rsquo;en général, c&rsquo;est une mauvaise idée), mais sans envie particulière de le lire à la base (le pitch ne m&rsquo;intriguait pas plus que ça). Lecture un peu forcée donc, avec une pointe de curiosité malgré tout (on n&rsquo;est jamais à l&rsquo;abri d&rsquo;une bonne surprise). À l&rsquo;arrivée, je ne peux même pas dire que c&rsquo;est une grosse déception puisque je n&rsquo;en attendais rien. La lecture s&rsquo;est faite sans plaisir et sans satisfaction. Et je suis bien obligée de constater que je ne sais toujours pas lâcher un livre en cours de route. </p>
<p>Les cinquante premières pages font pourtant leur taf : poser les bases de l&rsquo;univers, caractériser les personnages, établir les enjeux. C&rsquo;est carré. Et pourtant, ça a coincé. Je n&rsquo;ai jamais réussi à rentrer dans l&rsquo;histoire.</p>
<p>L&rsquo;univers et les enjeux sont intéressants sans être tout à fait nouveaux. Beaucoup allait donc dépendre de mon attachement aux personnages. Et c&rsquo;est là le nœud de mon problème avec ce premier tome : je les ai trouvés trop stéréotypés d&rsquo;entrée de jeu. On a la femme qui soigne, le grand beau militaire et le chétif intellectuel. Et à partir de là, on peut déduire les trajectoires de chacun dans les grandes lignes. Quant à la <em>surprise</em>, entre la lecture et l&rsquo;insistance de l&rsquo;autrice et des lecteur·rices sur un chapitre en particulier dans les commentaires et avis sur les réseaux sociaux, il devenait facile de faire 1 + 1. Donc plus de surprise au final. Bien joué. </p>
<p>Autre problème : c&rsquo;est un récit choral avec une alternance entre pas mal de points de vue, sauf que certaines voix ne sont pas assez distinctes les unes des autres. À beaucoup de moments, j&rsquo;ai dû revenir au début du chapitre pour savoir qui avait pris la parole parce que je pensais que c&rsquo;était un autre personnage et je n&rsquo;arrivais plus à suivre. Sans parler de quelques très mauvais choix de prénoms, surtout pour les personnages féminins, qui ont réussi à créer une certaine confusion, ce qui n&rsquo;aide pas la compréhension de l&rsquo;histoire, surtout vers la fin. Pour rappel, si George R.R. Martin a réussi à ne pas me perdre alors qu&rsquo;il n&rsquo;y va pas avec le dos de la cuiller, vous pouvez le faire aussi.</p>
<p>Un personnage aura cependant retenu mon attention : Suzanne, qui est sourde et signe dans le livre. Ça, ça marche très très bien, parce que ce n&rsquo;est pas évident du tout de rendre ­­«&nbsp;palpable&nbsp;» la langue des signes par écrit.</p>
<p>Bref, sans attachement aux personnages, leur sort m&rsquo;est devenu indifférent et très vite, l&rsquo;intrigue ne m&rsquo;a plus intéressée non plus. 540 pages, quand on s&rsquo;ennuie, c&rsquo;est long. </p>
<p>Une parenthèse rapide sur le travail éditorial : il reste encore pas mal de coquilles, il manque des mots et il y a beaucoup de tournures que, personnellement, je corrige, mais qui ont l&rsquo;air de s&rsquo;imposer de plus en plus, y compris chez les gros éditeurs. Par contre, très très jolie série d&rsquo;illustrations de couvertures signées Magdalena Pągowska. Mais une jolie couverture ne fait pas tout, surtout par les temps qui courent.</p>
<p>Pour conclure, <em>Absolu</em> est une dystopie qui ne m&rsquo;a pas marquée pour de bonnes raisons. J&rsquo;ai lu tellement mieux avant que ça ne pouvait pas me satisfaire, surtout avec des personnages qui n&rsquo;ont pas su m&rsquo;accrocher. J&rsquo;ai voulu arrêter à peu près à un tiers du livre, mais je me suis forcée à aller jusqu&rsquo;au bout pour pouvoir écrire un avis sur l&rsquo;ensemble du tome. Ce qui est chose faite. Et je ne lirai bien évidemment pas la suite.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>C&#8217;est toi ma maman ? d&#8217;Alison Bechdel</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/11/cest-toi-ma-maman-dalison-bechdel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Nov 2024 13:24:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis phylactèrisés]]></category>
		<category><![CDATA[Alison Bechdel]]></category>
		<category><![CDATA[C'est toi ma maman ?]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman-211x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14479" /></a><strong>Quatrième de couverture :</strong> Alison Bechdel tourne le scanner ravageur de sa lucidité et de son humour vers sa mère : lectrice vorace, mélomane invétérée, ardente actrice amateur. Mais aussi, épouse infortunée d’un gay du placard, mère dont les aspirations artistiques ont bouleversé l’existence de sa fille, mais qui a cessé de la toucher et de l’embrasser à l’âge de sept ans. Retour sur les replis d’une enfance singulière.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman-211x300.jpg" alt="" width="211" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14479" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman-211x300.jpg 211w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman-400x569.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/cesttoimamaman.jpg 562w" sizes="(max-width: 211px) 100vw, 211px" /></a><strong>Quatrième de couverture :</strong> Alison Bechdel tourne le scanner ravageur de sa lucidité et de son humour vers sa mère : lectrice vorace, mélomane invétérée, ardente actrice amateur. Mais aussi, épouse infortunée d’un gay du placard, mère dont les aspirations artistiques ont bouleversé l’existence de sa fille, mais qui a cessé de la toucher et de l’embrasser à l’âge de sept ans. Retour sur les replis d’une enfance singulière.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> J&rsquo;ai lu <a href="https://www.bouilloiremagique.net/2024/01/fun-home-dalison-bechdel/"><em>Fun Home</em></a> en début d&rsquo;année et il m&rsquo;avait laissée sur une impression mitigée. J&rsquo;avais aimé le parcours de découverte de l&rsquo;homosexualité de l&rsquo;autrice, la quête du père et la révélation du secret de famille associé, mais j&rsquo;avais trouvé l&rsquo;ensemble décousu et parfois difficilement accessible à cause des références littéraires trop américano-américaines. De toute évidence, ça ne m&rsquo;a pas empêchée de poursuivre le périple avec le tome dédié à sa mère.</p>
<p>Première bonne surprise : cette fois, c&rsquo;est cadré. Même si la chronologie des événements n&rsquo;est pas toujours respectée, c&rsquo;est beaucoup plus facile à suivre.<br />
Deuxième bonne surprise : les livres cités et tous les extraits sont beaucoup plus pertinents et s&rsquo;intègrent de façon plus logique à l&rsquo;histoire.</p>
<p>Ce tome parle à la fois de la mère d&rsquo;Alison Bechdel et du parcours psychanalytique et introspectif de l&rsquo;autrice. C&rsquo;est sans doute plus ardu et moins drôle à lire que le premier livre et je comprends que certaines personnes aient pu être rebutées. Pour ma part, je l&rsquo;ai trouvé bien plus prenant, notamment parce que l&rsquo;autrice a plus de recul sur son histoire personnelle et a plus d&rsquo;outils pour l’analyser. Elle a également une écriture plus mature.</p>
<p>En partant à la recherche métaphorique de sa mère et donc d&rsquo;elle-même, elle découvre l&rsquo;existence des écrits et théories psychanalytiques de Donald Winnicott, à qui on doit les notions de vrai et faux self, de miroir de la mère, d&rsquo;objets transitionnels et pas mal de travaux sur la construction de l&rsquo;enfant, en particulier à travers la relation à la mère et à la famille. De là, elle tisse tout un parallèle dans lequel se disent beaucoup de choses profondes.</p>
<p>Je ne pensais pas écrire un jour un avis faisant de la publicité pour la psychanalyse, alors que je ne suis pas particulièrement réceptive habituellement, mais là, j&rsquo;avoue que les apports de Winnicott sont très éclairants. Cette lecture a nourri mes propres réflexions sur plein de plans, ce qui explique sans doute pourquoi j&rsquo;ai autant apprécié ce tome.</p>
<p>En parallèle de sa quête de mère, elle parle aussi de ses relations avec ses compagnes successives et de l&rsquo;évolution de sa carrière dans la BD. Il y a d&rsquo;ailleurs une mise en abyme, puisqu&rsquo;elle relate l&rsquo;écriture de <em>Fun Home</em>. Chose encore plus curieuse, cette BD est sortie peu de temps avant la mort de sa mère.  </p>
<p>Autre aspect intéressant qu&rsquo;il faut aller lire un peu plus entre les lignes, c&rsquo;est qu&rsquo;Alison Bechdel est neuroatypique. Elle mentionnait déjà ses TOC dans le premier tome, ici, elle glisse subrepticement le fait qu&rsquo;elle a un TDAH. Avec une narration qui montre tout et dit tout, on ne va pas se mentir, ça résonne parfois fort quand on est soi-même en décalage.</p>
<p><em>C&rsquo;est toi ma maman ?</em> n&rsquo;est pas une BD qu&rsquo;on lit pour se détendre un soir au coin du feu et je ne la recommanderais pas à tout le monde. Sa lecture prend du temps et peut remuer un peu, mais ça vaut vraiment le coup si vous vous étiez senti quelques affinités avec l&rsquo;autrice dans <em>Fun Home</em>. </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nagasaki d&#8217;Agnès Hostache, d&#8217;après le livre d&#8217;Eric Faye</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/11/nagasaki-dagnes-hostache-dapres-le-livre-deric-faye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Nov 2024 16:57:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis phylactèrisés]]></category>
		<category><![CDATA[Agnès Hostache]]></category>
		<category><![CDATA[Eric Faye]]></category>
		<category><![CDATA[Nagasaki]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki-212x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14470" /></a><strong>Quatrième de couverture :</strong> Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14470" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki-212x300.jpg 212w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki-400x567.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/nagasaki.jpg 564w" sizes="(max-width: 212px) 100vw, 212px" /></a><strong>Quatrième de couverture :</strong> Shimura-san vit seul dans une maison silencieuse qui fait face aux chantiers navals de Nagasaki. Cet homme ordinaire rejoint chaque matin la station météorologique de la ville en maudissant le chant des cigales, déjeune seul et rentre tôt dans une retraite qui n’a pas d’odeur, sauf celle de l’ordre et de la mesure.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Je suis tombée sur cette BD par hasard dans ma médiathèque et c&rsquo;est son titre qui a tout de suite attiré mon regard. Nagasaki a été un énorme coup de cœur lors de mon dernier voyage au Japon, la lire était donc une évidence. Je précise que je ne connaissais pas le livre d&rsquo;Eric Faye avant, même si l&rsquo;anecdote sur laquelle il se construit m&rsquo;a semblé familière. En tout cas, j&rsquo;ai été séduite par les quelques extraits repris sur les planches et je me laisserai sans doute tenter aussi à l&rsquo;occasion.</p>
<p><em>Nagasaki</em> est une BD dont il vaut mieux ne rien savoir avant de la commencer. D&rsquo;ailleurs, la quatrième de couverture fait très bien son boulot pour une fois. Je suis contente d&rsquo;avoir pu découvrir cette histoire assez dingue, basée sur un fait divers réel, dans de bonnes conditions. Difficile d&rsquo;en parler plus sans spoiler, je vais donc m&rsquo;attarder sur la mise en images réalisée par Agnès Hostache. Il y a une vraie rencontre entre le style graphique assez particulier de la dessinatrice et les mots de l&rsquo;auteur. Elle a su créer une belle ambiance, à la fois feutrée, poétique et au plus près de l&rsquo;humain. Je l&rsquo;ai lu en janvier 2024 et je garde pourtant encore le souvenir des émotions que j&rsquo;ai ressenties il y a presque un an : tristesse, solitude, inquiétude, injustice. C&rsquo;est dire si c&rsquo;est une lecture qui m&rsquo;a marquée. Même si la ville de Nagasaki n&rsquo;est pas si présente que ça au final.</p>
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		<title>Les Mémoires d&#8217;un chat de Hiro Arikawa</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/11/les-memoires-dun-chat-de-hiro-arikawa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2024 17:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Hiro Arikawa]]></category>
		<category><![CDATA[Les Mémoires d'un chat]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-187x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14464" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Un chat de gouttière au parler franc et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Lui qui, pour rien au monde, ne troquerait sa liberté se fait un jour percuter par une voiture et se voit contraint d’accepter la perspective d’une cohabitation durable avec Satoru, un locataire, qui le soigne et lui attribue un nom – Nana.
Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Désireux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler maints aspects de la société japonaise.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-187x300.jpg" alt="" width="187" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14464" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-187x300.jpg 187w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-400x641.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat.jpg 499w" sizes="(max-width: 187px) 100vw, 187px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Un chat de gouttière au parler franc et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Lui qui, pour rien au monde, ne troquerait sa liberté se fait un jour percuter par une voiture et se voit contraint d’accepter la perspective d’une cohabitation durable avec Satoru, un locataire, qui le soigne et lui attribue un nom – Nana.<br />
Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Désireux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler maints aspects de la société japonaise.<br />
Prenant et surprenant, profond et plein d’humour, <em>Les Mémoires d’un chat</em> est un beau roman sur l’adoption, l’amitié, et la force des liens qui unissent l’homme et l’animal.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Unpopular opinion</em>. Je n&rsquo;ai pas vraiment aimé ce livre. Est-ce qu&rsquo;il m&rsquo;a fait pleurer ? Oui, bien sûr. Est-ce que j&rsquo;en retiens quelque chose quelques mois après sa lecture ? Non, pas vraiment. En fait, deux choses m&rsquo;ont agacée et c&rsquo;est hélas tout ce qui reste aujourd&rsquo;hui. D&rsquo;une part, je n&rsquo;ai pas aimé l&rsquo;anthropomorphisme associé au chat. D&rsquo;autant plus que j&rsquo;ai un chat depuis deux ans et que je ne lui prête pas des pensées et des intentions qu&rsquo;il n&rsquo;a pas et n&rsquo;est pas en capacité d&rsquo;avoir. Je le connais trop bien maintenant. D&rsquo;autre part, je trouve ce livre plein d&rsquo;artifices d&rsquo;écriture qui m&rsquo;ôtent tout plaisir tant ils sont énormes. J&rsquo;ai compris très vite où allait l&rsquo;histoire et j&rsquo;ai donc vu tout ce qui était mis en place au fur et à mesure pour s&rsquo;assurer de faire pleurer les lecteur·rices à la fin. De là, je me suis sentie trop manipulée et ça n&rsquo;était pas agréable du tout. L&rsquo;écriture n&rsquo;est pas très plaisante non plus. C&rsquo;est fait pour être lu vite, mais pas très bien écrit/traduit. Bref, trop <em>léger</em> à mon goût.</p>
<p>Heureusement, il y a le charme du Japon, des traditions, des relations très codifiées, les paysages décrits. Mais je ne suis vraiment pas sûre de tenter un autre livre de l&rsquo;autrice un jour. </p>
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		<title>Fragile/s de Nicolas Martin</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/10/fragile-s-de-nicolas-martin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 12:10:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Fragile/s]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Martin]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s-197x300.jpg" alt="Fragile/s de Nicolas Martin" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14393" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> « Nous étions mille cinq cents. La première fournée. Les mères pondeuses du futur de la Nation. L’espoir non pas d’une civilisation mourante, mais d’un régime fascistoïde qui a réussi à développer un programme de fertilisation eugéniste. »

Dans une France où la fertilité s’effondre et la majorité des naissances sont touchées par le syndrome de I’X fragile, Typhaine, élue par le très sélectif Programme expérimental de génoembryologie grâce à la position de son mari, accouche d’un garçon sain. Mais l’étonnante progression cognitive de son fils est bien vite aussi inquiétante que le contrôle dont font l’objet les mères, alors que le pays bascule dans la dictature…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s-197x300.jpg" alt="Fragile/s de Nicolas Martin" width="197" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14393" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s-197x300.jpg 197w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s.jpg 400w" sizes="(max-width: 197px) 100vw, 197px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> « Nous étions mille cinq cents. La première fournée. Les mères pondeuses du futur de la Nation. L’espoir non pas d’une civilisation mourante, mais d’un régime fascistoïde qui a réussi à développer un programme de fertilisation eugéniste. »</p>
<p>Dans une France où la fertilité s’effondre et la majorité des naissances sont touchées par le syndrome de l’X fragile, Typhaine, élue par le très sélectif Programme expérimental de génoembryologie grâce à la position de son mari, accouche d’un garçon sain. Mais l’étonnante progression cognitive de son fils est bien vite aussi inquiétante que le contrôle dont font l’objet les mères, alors que le pays bascule dans la dictature…</p>
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<blockquote><p>Ce techno-cocon autoritaire, individualiste, dans lequel plus personne ne bougeait de peur de perdre le confort acquis, où la solidarité n&rsquo;était qu&rsquo;un vieux souvenir, et où la vie avait cédé la place à la survie et à la peur de l&rsquo;autre. (p. 88)</p></blockquote>
<blockquote><p>Ils avaient par la suite accumulé les lois répressives, le durcissement des condamnations, la multiplication des peines plancher, le rétablissement des travaux forcés, puis des camps de travail, la limitation puis l&rsquo;interdiction de l&rsquo;avortement ; tout un panel de sanctions et de coercitions qu&rsquo;ils souhaitaient maintenant unifier dans une vaste réforme du Code pénal. Transformer le Code pénal en instrument juridique de répression et d&rsquo;exécution massives et systématiques. Pour donner au totalitarisme les atours de la légalité. (p. 199)</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Voilà, en deux citations, vous êtes dans l&rsquo;ambiance de <em>Fragile/s</em>. Le contexte politique français s&rsquo;est raffermi (ceci est un euphémisme) et toute ressemblance avec ce qui nous pend au nez n&rsquo;est pas fortuite du tout (on appréciera les nombreux <em>jeux</em> de mots, le Président de la Nation en tête). Si écouter les infos vous donne déjà des angoisses, cette lecture ne va rien arranger. Vous pouvez d&rsquo;ores et déjà vous dire que ce livre n&rsquo;est pas pour vous et passer votre chemin. Vous pouvez aussi vouloir vous confronter à l&rsquo;un de vos pires cauchemars : un pays qui a sombré dans l&rsquo;autoritarisme et le tout sécuritaire, et qui tape sur tout ce qui dépasse. Les personnes racisées sont priées de migrer ailleurs, quitte à devoir attendre dans des centres de détention administrative pendant des années, et les femmes de participer au réarmement démographique. Bref, c&rsquo;est pas la joie. Bien sûr, on pense à <em>La Servante écarlate</em> de Margaret Atwood, mais pas que. J&rsquo;ai aussi été effleurée pendant ma lecture par <em>Le Papier peint jaune</em> de Charlotte Perkins Gilman, <em>10 jours dans un asile</em> de Nelly Bly et <em>Un bébé pour Rosemary</em> d&rsquo;Ira Levin. Une certaine idée de la folie.</p>
<p>Vous vous sentiez déjà un peu à l&rsquo;étroit dans ce pays qui se tient sage, attendez de rentrer dans la peau de Typhaine. Attendez de rencontrer Nolan, son fils. Vous allez être en apnée. C’est un livre suffocant qui fait ressentir l’enfermement physique et mental. Comme un shoot d’anxiolytiques. Comme un coma. Comme une terreur nocturne. Typhaine est-elle parano ? Est-elle en danger ? Y a-t-il un complot ? Est-ce que ce bébé de l&rsquo;enfer est l&rsquo;Antéchrist ? On est en permanence sur un fil tendu entre la mère et le fils à se demande ce qu&rsquo;il se passe. <em>Fragile/s</em> oscille sans arrêt entre thriller psychologique et horreur fantastique, mais la fin vient rappeler que c&rsquo;est bel et bien un livre de SF qui tient la route. Tout s&rsquo;explique et tout s&rsquo;explique bien. Nicolas Martin n&rsquo;a pas présenté <em>La Méthode scientifique</em> pendant six ans par hasard.</p>
<p>Sur la forme, le livre mérite aussi le détour parce qu&rsquo;il y a une vraie originalité maîtrisée et surtout rare pour un premier livre. On semble partir sur un récit à la troisième personne focalisée sur Typhaine, puis viennent se glisser des pages de son journal qui lui permet d&rsquo;échapper à la surveillance constante, des articles de presse, des rapports top secret, mais aussi des transcriptions de ce qu&rsquo;enregistre Alix, l&rsquo;équivalent envahissant d&rsquo;une Alexa, Siri ou de l&rsquo;assistant Google. Parfois, c&rsquo;est un autre personnage qui prend la parole avec sa propre voix bien distincte. Par moments, la mise en page explose : pages qui se vident, pages avec un mot, pages avec des changements de taille et de famille de police, texte raturé&#8230; Tout ça joue à la fois sur le rythme de la lecture et sur son intensité. J&rsquo;y reviens, mais ce livre ne serait pas aussi oppressant et ne rendrait pas aussi paranoïaque sans tout ce travail sur sa mise en forme.</p>
<p><em>Fragile/s</em> est un livre viscéral qui malmène, mais quel livre ! Sur le fond et sur la forme, c&rsquo;est un immense coup de cœur qui gratte longtemps sous la peau. Surtout en ce moment.</p>
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		<title>City of Darkness réalisé par Soi Cheang</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/10/city-of-darkness-realise-par-soi-cheang/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Oct 2024 16:19:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis en 24 images/s]]></category>
		<category><![CDATA[City of Darkness]]></category>
		<category><![CDATA[Soi Cheang]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness-221x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14401" /></a><strong>Synopsis : </strong>Dans les années 80, le seul endroit de Hong Kong où la Loi Britannique ne s’appliquait pas était la redoutable Citadelle de Kowloon, une enclave livrée aux gangs et trafics en tous genres.

Fuyant le puissant boss des Triades Mr. Big, le migrant clandestin Chan Lok-kwun se réfugie à Kowloon où il est pris sous la protection de Cyclone, chef de la Citadelle. Avec les autres proscrits de son clan, ils devront faire face à l'invasion du gang de Mr. Big et protéger le refuge qu'est devenue pour eux la cité fortifiée.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness-221x300.jpg" alt="" width="221" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14401" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness-221x300.jpg 221w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness-400x544.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/10/cityofdarkness.jpg 588w" sizes="(max-width: 221px) 100vw, 221px" /></a><strong>Synopsis : </strong>Dans les années 80, le seul endroit de Hong Kong où la loi britannique ne s’appliquait pas était la redoutable citadelle de Kowloon, une enclave livrée aux gangs et trafics en tous genres.</p>
<p>Fuyant le puissant boss des triades Mr. Big, le migrant clandestin Chan Lok-kwun se réfugie à Kowloon où il est pris sous la protection de Cyclone, chef de la citadelle. Avec les autres proscrits de son clan, ils devront faire face à l&rsquo;invasion du gang de Mr. Big et protéger le refuge qu&rsquo;est devenue pour eux la cité fortifiée. <em>(Allociné)</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Sur un coup de tête, j&rsquo;ai sauté sur l&rsquo;occasion de voir <em>City of Darkness</em> sur grand écran dans mon petit cinéma d&rsquo;art et essai préféré. Ça faisait longtemps que je n&rsquo;avais pas vu un film venu de Hong Kong. Je ne vais pas en faire un avis ultra construit comme pourraient le faire mes camarades cinémasiens. Je n&rsquo;ai pas non plus lu le manhua d&rsquo;Andy Seto et/ou le livre de Yuyi, il n&rsquo;y aura donc pas d&rsquo;analyse comparative. J&rsquo;y suis allée pour le fun, j&rsquo;ai reconnu des noms et des têtes, j&rsquo;étais contente de voir <a href="https://cinemasie.com/fr/fiche/personne/samohung/" rel="noopener" target="_blank">Sammo</a> et j&rsquo;ai passé un bon moment. </p>
<p>Je crois que je n&rsquo;avais jamais vraiment compris ce qu&rsquo;était cette citadelle de Kowloon avant la sortie de ce film. Pourtant, elle a laissé des traces dans le cinéma de HK, mais j&rsquo;étais totalement passée à côté (ou alors, j&rsquo;avais déjà migré vers la section Japon de Cinémasie). Pire, je suis quasi sûre d&rsquo;avoir visité le parc de la citadelle en 2006. Sauf que le lien ne se fait qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>Quelques mots sur les scènes de baston pour commencer, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit avant tout d&rsquo;un film d&rsquo;action. Je les ai trouvées percutantes, sans être trop douloureuses à regarder. C&rsquo;est câblé, c&rsquo;est bien filmé, les codes du genre sont respectés. Et puis, il y a les vieux de la vieille qui s&rsquo;y collent. Ces gens ne semblent pas connaître les lumbagos, alors qu&rsquo;ils sont bien plus âgés que moi. Je regrette par contre qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une adaptation d&rsquo;un manhua. Ça justifie que l&rsquo;on bascule d&rsquo;un coup dans un autre univers un peu plus cartoonesque et fantastique auquel j&rsquo;adhère moins et qui, à mes yeux, gâche la grosse scène finale. Surtout que je n&rsquo;ai pas du tout été séduite par le méchant ultime, sans trop en dire.  </p>
<p>Cette histoire de jeune migrant qui va se réfugier dans la citadelle pour échapper aux triades fonctionne plutôt bien, même si on aurait pu douter de son originalité sur le papier et qu&rsquo;il y a quelques longueurs. Il faut reconnaître que la reconstitution qui est faite de cette enclave est assez bluffante et lui donne littéralement le statut de personnage principal. Côté humains, je ne connaissais pas Raymond Lam, je le découvre avec ce film, mais je l&rsquo;ai trouvé convaincant, physiquement efficace et très attachant dans le rôle de Chan Lok-kwun. Tous les personnages qui orbitent autour de lui gagnent progressivement en sympathie à son contact et l&rsquo;ensemble finit par former une petite famille un peu particulière mais très bienveillante. Je ne m&rsquo;attarde pas sur les personnages féminins, ils sont inconsistants au possible. En suivant le héros dans les ruelles sombres, on apprend à aimer la vie dans la citadelle, même si, perso, il y a tellement de tôles rouillées que j&rsquo;aurais chopé le tétanos au bout de cinq minutes. La cerise sur le gâteau, c&rsquo;est cette magnifique image de fin sur une chanson de Yoyo Sham qui donne l&rsquo;impression d&rsquo;avoir vécu de bons moments, tout en regardant un monde qui s&rsquo;apprête à changer pour toujours. Le sentiment de nostalgie est saisissant. Il met en lumière ce qui restera après le générique : un film d&rsquo;ambiance plein d&rsquo;humanité, en plus d&rsquo;être un au revoir à une ville qui a perdu de son âme en retombant dans le giron de la Chine Populaire.</p>
<p>À noter que la musique est de Kenji Kawai (merci le générique de fin pour l&rsquo;info). </p>
<p>&nbsp;</p>
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