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	<title>Avis chapitrés &#8211; La Bouilloire Magique</title>
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		<title>La Doublure de Mélissa Da Costa</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/12/la-doublure-de-melissa-da-costa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 10:46:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[La Doublure]]></category>
		<category><![CDATA[Melissa Da Costa]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-185x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14508" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Une jeune femme fragile en quête d'un nouveau départ. Un couple magnétique et fascinant prêt à lui ouvrir les portes de son monde doré. Un trio pris au piège d'un jeu cruel et d'une dépendance fatale... Dans ce roman sombre et envoûtant, Mélissa Da Costa explore, à travers le récit d'une relation toxique, la face obscure de l'âme humaine et les méandres du désir. Après les succès de Tout le bleu du ciel, des Lendemains ou encore de Je revenais des autres, livres aux deux millions de lecteurs, l’écrivaine révèle une nouvelle facette de son talent.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-185x300.jpg" alt="" width="185" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14508" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-185x300.jpg 185w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure-400x648.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/ladoublure.jpg 494w" sizes="(max-width: 185px) 100vw, 185px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Une jeune femme fragile en quête d&rsquo;un nouveau départ. Un couple magnétique et fascinant prêt à lui ouvrir les portes de son monde doré. Un trio pris au piège d&rsquo;un jeu cruel et d&rsquo;une dépendance fatale&#8230; Dans ce roman sombre et envoûtant, Mélissa Da Costa explore, à travers le récit d&rsquo;une relation toxique, la face obscure de l&rsquo;âme humaine et les méandres du désir. Après les succès de <em>Tout le bleu du ciel</em>, des Lendemains ou encore de Je revenais des autres, livres aux deux millions de lecteurs, l’écrivaine révèle une nouvelle facette de son talent.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Note :</strong> Pour cause de gros agacement, je ne vais pas me priver de spoiler.<br />
&nbsp;<br />
<strong>Avis :</strong> Qui aurait pu prédire que je lirais un jour un livre de Mélissa Da Costa ? Certain·e·s s&rsquo;en sont même étonné·e·s sur le moment tant elle est loin de mes univers de prédilection. Et pourtant, sur conseil d&rsquo;une amie, j&rsquo;ai lu <em>La Doublure</em>, qui est réputé très différent de tous les autres livres de l&rsquo;autrice. Sur ce point, je ne me prononcerai sans doute jamais, mais au vu des avis des fans, ça semble être le grand écart sans échauffement.</p>
<p>Je vais évacuer très rapidement la raison pour laquelle je ne me risquerai pas à poursuivre l&rsquo;aventure avec ses écrits : je trouve le style très pauvre, facile à lire certes, mais sans aucune saveur. L&rsquo;avantage, c&rsquo;est que je n&rsquo;ai jamais lu 700 pages aussi vite. De plus, c&rsquo;est globalement très sage et faussement transgressif. Bien sûr, tout dépend de ce que vous lisez d&rsquo;habitude. Des choses qui seront choquantes pour certaines personnes ne le seront pas pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Si je ne devais retenir qu&rsquo;un point positif, ce serait la façon dont l&rsquo;art s&rsquo;entremêle au récit et vient donner de la profondeur au personnage de Clara au passage. J&rsquo;ai souvent reconnu les œuvres grâce aux descriptions précises qui en sont faites, et quand je ne savais pas, j&rsquo;allais regarder rapidement sur Internet. C&rsquo;était toujours enrichissant. Cette partie-là est très intéressante et contribue à construire l&rsquo;ambiance morbide du récit. </p>
<p>Pour ce qui est du reste de l&rsquo;intrigue, beaucoup de retournements de situation sont assez prévisibles, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;autrice éclaire certains indices avec un projecteur de stade de foot. Ça donne la mauvaise sensation d&rsquo;avoir toujours 150 pages d&rsquo;avance sur l&rsquo;héroïne. Et puis, il y a le côté sulfureux du livre. Parlons-en. Forcément, quand on voit la sexualité hétéronormée et très passive d&rsquo;Evie, on part de loin. Bien évidemment que tout va lui paraître immoral en comparaison. Le livre joue amplement sur les clichés associés au libertinage et au BDSM, mais tombe dans les mêmes écueils qu&rsquo;un <em>Cinquante nuances de Grey</em>. Il est assez évident que l&rsquo;autrice s&rsquo;est documentée, mais est restée très en surface de ces sujets, même si l&rsquo;histoire pourrait donner l&rsquo;impression du contraire. </p>
<p>Passons maintenant aux personnages et à leurs névroses, puisque finalement tout repose sur ça.</p>
<p>Evie. Evie. Evie/Eve. Quel personnage plat ! Elle est passive, influençable, manipulable, sans personnalité. À la fois capable d&rsquo;esprit critique et totalement idiote. À l&rsquo;image d&rsquo;Anastasia Steele, elle est une oie blanche, une proie idéale pour les prédateurs. J&rsquo;ai honnêtement pensé – espéré ! – qu&rsquo;elle aurait une trajectoire où le sexpowerment en ferait une héroïne forte, histoire de la sauver un peu. Mais non, elle reste insipide d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre. À noter que si elle n&rsquo;est pas saoule ou droguée, elle ne couche pas, ce qui en dit long sur son consentement réel dans ces moments-là. Comme avec <em>365 DNI</em>, je me suis encore retrouvée aux portes du coma éthylique à cause de tout ça.</p>
<p>En plus d&rsquo;un ex toxique, Evie arrive avec une mère maltraitante et rabaissante dans ses bagages psy. Rôle que finit par endosser Clara.</p>
<p>Clara, donc. En bonne méchante, elle est bien entendu la plus intéressante du livre. Elle, qui se prend pour Lilith, la femme fatale, la femme par qui le drame arrive, est le personnage le mieux construit, avec beaucoup de niveaux de lecture. Elle est une prédatrice dominatrice qui aime avoir toute l&rsquo;attention des hommes qui l&rsquo;approchent, tout en donnant l&rsquo;impression d&rsquo;être prisonnière de cette image et que celle-ci cache quelque chose de plus profond et noir. Et parfois, elle se transforme en artiste vaporeuse aux pieds nus qui hante son atelier nuit et jour, imprégnée d&rsquo;idées sombres. J&rsquo;ai d&rsquo;ailleurs beaucoup aimé sa manière de parler de son processus créatif et de la façon dont lui viennent ses idées. Ça recoupe bien celui des écrivains.  </p>
<p>Comme l&rsquo;ensemble du casting, Clara est quelqu&rsquo;un qui ne va pas bien, mais ce n&rsquo;est pas vraiment creusé. On sait juste qu&rsquo;elle a un rapport au père compliqué et une mère invisible, ce qui ne doit pas être un hasard. Elle cherche à la fois à lui prouver qu&rsquo;elle vit sa vie comme elle l&rsquo;entend, tout en restant dépendante de son besoin de reconnaissance et surtout de ses interventions pour lui sauver la mise. Rôle qu&rsquo;adopte également Pierre, le mari. Elle est donc pour son père, comme pour les autres hommes de son entourage, la femme que l&rsquo;on ne peut pas faire plier et posséder. Paye ton Électre pas résolu.</p>
<p>Pour terminer cette galerie de portraits, deux mots sur Pierre/Adam, 36 ans sur le papier, mais qui se comporte comme un homme de 50, notamment avec Evie. C&rsquo;est un personnage assez limpide finalement, dont les actions et la psychologie sont prévisibles. Il est à la fois le sauveur, le défouloir et l&rsquo;interface avec le père de Clara. C&rsquo;est aussi un lâche, tout en étant un homme sous emprise. Il est dans une relation qui repose sur son besoin d&rsquo;être dominé, ce qui aurait pu être sain, mais il y a trop de violence qui sort du cadre et dont il ne jouit pas. Clara sait quand attaquer pour l&rsquo;atteindre et le rabaisser. Elle tape souvent gratuitement sous la ceinture. </p>
<p>Autant dire que les trois auraient mieux fait d&rsquo;entamer une thérapie, surtout qu&rsquo;ils en ont largement les moyens.</p>
<p>Bref, ce livre est un grand bof. Dans le même genre, préférez <em>Clara et la pénombre</em> de José Carlos Somoza. Il y est aussi question d&rsquo;art, c&rsquo;est aussi un thriller, mais c&rsquo;est autrement plus dérangeant. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Absolu, Tome 1 : Les Mobilisés de Margot Dessenne</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/11/absolu-tome-1-les-mobilises-de-margot-dessenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Nov 2024 14:13:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Absolu]]></category>
		<category><![CDATA[Les Mobilisés]]></category>
		<category><![CDATA[Margot Dessenne]]></category>
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					<description><![CDATA[<img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1-200x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-12388" /> Quatrième de couverture : Entrez dans une ville qui n'ouvre ses portes qu'une fois par an...

Amis depuis l'enfance, Prym et Joanna ont un avenir prometteur au sein de la nation d'Erit, construite sur les ruines d'une Pologne ravagée. Leur vie bascule le jour où ils sont choisis pour être envoyés dans la Zone où rôde la Chose. Les mobilisés n'ont qu'une mission : vaincre la plus dangereuse créature jamais créée par l'Homme, ou mourir en essayant.

Dix-neuf générations ont franchi les portes de la Zone. Personne n'en est jamais ressorti.

Pour Prym et Joanna, c'est un grand honneur - un sentiment que ne partage pas Edward, persuadé que ses talents de linguiste ne lui seront pas utiles de l'autre côté du Mur. Leur arrivée tumultueuse dans la Zone lui donne raison : entre guerre de territoires et phénomènes de plus en plus étranges, la Zone est un lieu de non-droits. À l'intérieur de ces murs, le monstre n'est peut-être pas celui qu'on croit...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-12388" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1-200x300.jpg 200w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/07/absolu1.jpg 533w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Entrez dans une ville qui n&rsquo;ouvre ses portes qu&rsquo;une fois par an&#8230;<br />
Amis depuis l&rsquo;enfance, Prym et Joanna ont un avenir prometteur au sein de la nation d&rsquo;Erit, construite sur les ruines d&rsquo;une Pologne ravagée. Leur vie bascule le jour où ils sont choisis pour être envoyés dans la Zone où rôde la Chose. Les mobilisés n&rsquo;ont qu&rsquo;une mission : vaincre la plus dangereuse créature jamais créée par l&rsquo;Homme, ou mourir en essayant.<br />
Dix-neuf générations ont franchi les portes de la Zone. Personne n&rsquo;en est jamais ressorti.<br />
Pour Prym et Joanna, c&rsquo;est un grand honneur – un sentiment que ne partage pas Edward, persuadé que ses talents de linguiste ne lui seront pas utiles de l&rsquo;autre côté du Mur. Leur arrivée tumultueuse dans la Zone lui donne raison : entre guerre de territoires et phénomènes de plus en plus étranges, la Zone est un lieu de non-droits. À l&rsquo;intérieur de ces murs, le monstre n&rsquo;est peut-être pas celui qu&rsquo;on croit&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Sorti en février 2023, <em>Absolu : Les Mobilisés</em> est le premier tome de la trilogie dystopique Young Adult de Margot Dessenne. Il fait partie de ces livres que je voulais lire pour savoir si c&rsquo;était aussi bien que les avis dithyrambiques le disaient (alors que je sais qu&rsquo;en général, c&rsquo;est une mauvaise idée), mais sans envie particulière de le lire à la base (le pitch ne m&rsquo;intriguait pas plus que ça). Lecture un peu forcée donc, avec une pointe de curiosité malgré tout (on n&rsquo;est jamais à l&rsquo;abri d&rsquo;une bonne surprise). À l&rsquo;arrivée, je ne peux même pas dire que c&rsquo;est une grosse déception puisque je n&rsquo;en attendais rien. La lecture s&rsquo;est faite sans plaisir et sans satisfaction. Et je suis bien obligée de constater que je ne sais toujours pas lâcher un livre en cours de route. </p>
<p>Les cinquante premières pages font pourtant leur taf : poser les bases de l&rsquo;univers, caractériser les personnages, établir les enjeux. C&rsquo;est carré. Et pourtant, ça a coincé. Je n&rsquo;ai jamais réussi à rentrer dans l&rsquo;histoire.</p>
<p>L&rsquo;univers et les enjeux sont intéressants sans être tout à fait nouveaux. Beaucoup allait donc dépendre de mon attachement aux personnages. Et c&rsquo;est là le nœud de mon problème avec ce premier tome : je les ai trouvés trop stéréotypés d&rsquo;entrée de jeu. On a la femme qui soigne, le grand beau militaire et le chétif intellectuel. Et à partir de là, on peut déduire les trajectoires de chacun dans les grandes lignes. Quant à la <em>surprise</em>, entre la lecture et l&rsquo;insistance de l&rsquo;autrice et des lecteur·rices sur un chapitre en particulier dans les commentaires et avis sur les réseaux sociaux, il devenait facile de faire 1 + 1. Donc plus de surprise au final. Bien joué. </p>
<p>Autre problème : c&rsquo;est un récit choral avec une alternance entre pas mal de points de vue, sauf que certaines voix ne sont pas assez distinctes les unes des autres. À beaucoup de moments, j&rsquo;ai dû revenir au début du chapitre pour savoir qui avait pris la parole parce que je pensais que c&rsquo;était un autre personnage et je n&rsquo;arrivais plus à suivre. Sans parler de quelques très mauvais choix de prénoms, surtout pour les personnages féminins, qui ont réussi à créer une certaine confusion, ce qui n&rsquo;aide pas la compréhension de l&rsquo;histoire, surtout vers la fin. Pour rappel, si George R.R. Martin a réussi à ne pas me perdre alors qu&rsquo;il n&rsquo;y va pas avec le dos de la cuiller, vous pouvez le faire aussi.</p>
<p>Un personnage aura cependant retenu mon attention : Suzanne, qui est sourde et signe dans le livre. Ça, ça marche très très bien, parce que ce n&rsquo;est pas évident du tout de rendre ­­«&nbsp;palpable&nbsp;» la langue des signes par écrit.</p>
<p>Bref, sans attachement aux personnages, leur sort m&rsquo;est devenu indifférent et très vite, l&rsquo;intrigue ne m&rsquo;a plus intéressée non plus. 540 pages, quand on s&rsquo;ennuie, c&rsquo;est long. </p>
<p>Une parenthèse rapide sur le travail éditorial : il reste encore pas mal de coquilles, il manque des mots et il y a beaucoup de tournures que, personnellement, je corrige, mais qui ont l&rsquo;air de s&rsquo;imposer de plus en plus, y compris chez les gros éditeurs. Par contre, très très jolie série d&rsquo;illustrations de couvertures signées Magdalena Pągowska. Mais une jolie couverture ne fait pas tout, surtout par les temps qui courent.</p>
<p>Pour conclure, <em>Absolu</em> est une dystopie qui ne m&rsquo;a pas marquée pour de bonnes raisons. J&rsquo;ai lu tellement mieux avant que ça ne pouvait pas me satisfaire, surtout avec des personnages qui n&rsquo;ont pas su m&rsquo;accrocher. J&rsquo;ai voulu arrêter à peu près à un tiers du livre, mais je me suis forcée à aller jusqu&rsquo;au bout pour pouvoir écrire un avis sur l&rsquo;ensemble du tome. Ce qui est chose faite. Et je ne lirai bien évidemment pas la suite.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Mémoires d&#8217;un chat de Hiro Arikawa</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/11/les-memoires-dun-chat-de-hiro-arikawa/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2024 17:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Hiro Arikawa]]></category>
		<category><![CDATA[Les Mémoires d'un chat]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-187x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14464" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Un chat de gouttière au parler franc et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Lui qui, pour rien au monde, ne troquerait sa liberté se fait un jour percuter par une voiture et se voit contraint d’accepter la perspective d’une cohabitation durable avec Satoru, un locataire, qui le soigne et lui attribue un nom – Nana.
Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Désireux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler maints aspects de la société japonaise.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-187x300.jpg" alt="" width="187" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14464" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-187x300.jpg 187w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat-400x641.jpg 400w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/11/memoiredunchat.jpg 499w" sizes="(max-width: 187px) 100vw, 187px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> Un chat de gouttière au parler franc et rompu au langage des humains a pris ses quartiers dans le parking d’un immeuble de Tokyo. Lui qui, pour rien au monde, ne troquerait sa liberté se fait un jour percuter par une voiture et se voit contraint d’accepter la perspective d’une cohabitation durable avec Satoru, un locataire, qui le soigne et lui attribue un nom – Nana.<br />
Cinq ans plus tard, des circonstances imprévues obligent Satoru à se séparer de Nana. Désireux de lui trouver un bon maître, il se tourne vers d’anciens camarades d’études, disséminés aux quatre coins du Japon. Commence alors une série de voyages et de retrouvailles qui sont pour Nana autant d’occasions de découvrir le passé de Satoru et de nous révéler maints aspects de la société japonaise.<br />
Prenant et surprenant, profond et plein d’humour, <em>Les Mémoires d’un chat</em> est un beau roman sur l’adoption, l’amitié, et la force des liens qui unissent l’homme et l’animal.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em>Unpopular opinion</em>. Je n&rsquo;ai pas vraiment aimé ce livre. Est-ce qu&rsquo;il m&rsquo;a fait pleurer ? Oui, bien sûr. Est-ce que j&rsquo;en retiens quelque chose quelques mois après sa lecture ? Non, pas vraiment. En fait, deux choses m&rsquo;ont agacée et c&rsquo;est hélas tout ce qui reste aujourd&rsquo;hui. D&rsquo;une part, je n&rsquo;ai pas aimé l&rsquo;anthropomorphisme associé au chat. D&rsquo;autant plus que j&rsquo;ai un chat depuis deux ans et que je ne lui prête pas des pensées et des intentions qu&rsquo;il n&rsquo;a pas et n&rsquo;est pas en capacité d&rsquo;avoir. Je le connais trop bien maintenant. D&rsquo;autre part, je trouve ce livre plein d&rsquo;artifices d&rsquo;écriture qui m&rsquo;ôtent tout plaisir tant ils sont énormes. J&rsquo;ai compris très vite où allait l&rsquo;histoire et j&rsquo;ai donc vu tout ce qui était mis en place au fur et à mesure pour s&rsquo;assurer de faire pleurer les lecteur·rices à la fin. De là, je me suis sentie trop manipulée et ça n&rsquo;était pas agréable du tout. L&rsquo;écriture n&rsquo;est pas très plaisante non plus. C&rsquo;est fait pour être lu vite, mais pas très bien écrit/traduit. Bref, trop <em>léger</em> à mon goût.</p>
<p>Heureusement, il y a le charme du Japon, des traditions, des relations très codifiées, les paysages décrits. Mais je ne suis vraiment pas sûre de tenter un autre livre de l&rsquo;autrice un jour. </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Fragile/s de Nicolas Martin</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2024/10/fragile-s-de-nicolas-martin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 12:10:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Fragile/s]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Martin]]></category>
		<category><![CDATA[science-fiction]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s.jpg"><img src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s-197x300.jpg" alt="Fragile/s de Nicolas Martin" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-14393" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> « Nous étions mille cinq cents. La première fournée. Les mères pondeuses du futur de la Nation. L’espoir non pas d’une civilisation mourante, mais d’un régime fascistoïde qui a réussi à développer un programme de fertilisation eugéniste. »

Dans une France où la fertilité s’effondre et la majorité des naissances sont touchées par le syndrome de I’X fragile, Typhaine, élue par le très sélectif Programme expérimental de génoembryologie grâce à la position de son mari, accouche d’un garçon sain. Mais l’étonnante progression cognitive de son fils est bien vite aussi inquiétante que le contrôle dont font l’objet les mères, alors que le pays bascule dans la dictature…]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s-197x300.jpg" alt="Fragile/s de Nicolas Martin" width="197" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-14393" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s-197x300.jpg 197w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2024/09/Fragile-s.jpg 400w" sizes="(max-width: 197px) 100vw, 197px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> « Nous étions mille cinq cents. La première fournée. Les mères pondeuses du futur de la Nation. L’espoir non pas d’une civilisation mourante, mais d’un régime fascistoïde qui a réussi à développer un programme de fertilisation eugéniste. »</p>
<p>Dans une France où la fertilité s’effondre et la majorité des naissances sont touchées par le syndrome de l’X fragile, Typhaine, élue par le très sélectif Programme expérimental de génoembryologie grâce à la position de son mari, accouche d’un garçon sain. Mais l’étonnante progression cognitive de son fils est bien vite aussi inquiétante que le contrôle dont font l’objet les mères, alors que le pays bascule dans la dictature…</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Ce techno-cocon autoritaire, individualiste, dans lequel plus personne ne bougeait de peur de perdre le confort acquis, où la solidarité n&rsquo;était qu&rsquo;un vieux souvenir, et où la vie avait cédé la place à la survie et à la peur de l&rsquo;autre. (p. 88)</p></blockquote>
<blockquote><p>Ils avaient par la suite accumulé les lois répressives, le durcissement des condamnations, la multiplication des peines plancher, le rétablissement des travaux forcés, puis des camps de travail, la limitation puis l&rsquo;interdiction de l&rsquo;avortement ; tout un panel de sanctions et de coercitions qu&rsquo;ils souhaitaient maintenant unifier dans une vaste réforme du Code pénal. Transformer le Code pénal en instrument juridique de répression et d&rsquo;exécution massives et systématiques. Pour donner au totalitarisme les atours de la légalité. (p. 199)</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Voilà, en deux citations, vous êtes dans l&rsquo;ambiance de <em>Fragile/s</em>. Le contexte politique français s&rsquo;est raffermi (ceci est un euphémisme) et toute ressemblance avec ce qui nous pend au nez n&rsquo;est pas fortuite du tout (on appréciera les nombreux <em>jeux</em> de mots, le Président de la Nation en tête). Si écouter les infos vous donne déjà des angoisses, cette lecture ne va rien arranger. Vous pouvez d&rsquo;ores et déjà vous dire que ce livre n&rsquo;est pas pour vous et passer votre chemin. Vous pouvez aussi vouloir vous confronter à l&rsquo;un de vos pires cauchemars : un pays qui a sombré dans l&rsquo;autoritarisme et le tout sécuritaire, et qui tape sur tout ce qui dépasse. Les personnes racisées sont priées de migrer ailleurs, quitte à devoir attendre dans des centres de détention administrative pendant des années, et les femmes de participer au réarmement démographique. Bref, c&rsquo;est pas la joie. Bien sûr, on pense à <em>La Servante écarlate</em> de Margaret Atwood, mais pas que. J&rsquo;ai aussi été effleurée pendant ma lecture par <em>Le Papier peint jaune</em> de Charlotte Perkins Gilman, <em>10 jours dans un asile</em> de Nelly Bly et <em>Un bébé pour Rosemary</em> d&rsquo;Ira Levin. Une certaine idée de la folie.</p>
<p>Vous vous sentiez déjà un peu à l&rsquo;étroit dans ce pays qui se tient sage, attendez de rentrer dans la peau de Typhaine. Attendez de rencontrer Nolan, son fils. Vous allez être en apnée. C’est un livre suffocant qui fait ressentir l’enfermement physique et mental. Comme un shoot d’anxiolytiques. Comme un coma. Comme une terreur nocturne. Typhaine est-elle parano ? Est-elle en danger ? Y a-t-il un complot ? Est-ce que ce bébé de l&rsquo;enfer est l&rsquo;Antéchrist ? On est en permanence sur un fil tendu entre la mère et le fils à se demande ce qu&rsquo;il se passe. <em>Fragile/s</em> oscille sans arrêt entre thriller psychologique et horreur fantastique, mais la fin vient rappeler que c&rsquo;est bel et bien un livre de SF qui tient la route. Tout s&rsquo;explique et tout s&rsquo;explique bien. Nicolas Martin n&rsquo;a pas présenté <em>La Méthode scientifique</em> pendant six ans par hasard.</p>
<p>Sur la forme, le livre mérite aussi le détour parce qu&rsquo;il y a une vraie originalité maîtrisée et surtout rare pour un premier livre. On semble partir sur un récit à la troisième personne focalisée sur Typhaine, puis viennent se glisser des pages de son journal qui lui permet d&rsquo;échapper à la surveillance constante, des articles de presse, des rapports top secret, mais aussi des transcriptions de ce qu&rsquo;enregistre Alix, l&rsquo;équivalent envahissant d&rsquo;une Alexa, Siri ou de l&rsquo;assistant Google. Parfois, c&rsquo;est un autre personnage qui prend la parole avec sa propre voix bien distincte. Par moments, la mise en page explose : pages qui se vident, pages avec un mot, pages avec des changements de taille et de famille de police, texte raturé&#8230; Tout ça joue à la fois sur le rythme de la lecture et sur son intensité. J&rsquo;y reviens, mais ce livre ne serait pas aussi oppressant et ne rendrait pas aussi paranoïaque sans tout ce travail sur sa mise en forme.</p>
<p><em>Fragile/s</em> est un livre viscéral qui malmène, mais quel livre ! Sur le fond et sur la forme, c&rsquo;est un immense coup de cœur qui gratte longtemps sous la peau. Surtout en ce moment.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Triste Tigre de Neige Sinno et autres reflexions</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2023/11/triste-tigre-de-neige-sinno-et-autres-reflexions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 17:59:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[Neige Sinno]]></category>
		<category><![CDATA[Triste Tigre]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/tristetigre.jpg"><img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/tristetigre-205x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-12288" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> J’ai voulu y croire, j’ai voulu rêver que le royaume de la littérature m’accueillerait comme n’importe lequel des orphelins qui y trouvent refuge, mais même à travers l’art, on ne peut pas sortir vainqueur de l’abjection. La littérature ne m’a pas sauvée. Je ne suis pas sauvée.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/tristetigre.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/tristetigre-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-12288" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/tristetigre-205x300.jpg 205w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/tristetigre.jpg 546w" sizes="(max-width: 205px) 100vw, 205px" /></a> <strong>Quatrième de couverture :</strong> J’ai voulu y croire, j’ai voulu rêver que le royaume de la littérature m’accueillerait comme n’importe lequel des orphelins qui y trouvent refuge, mais même à travers l’art, on ne peut pas sortir vainqueur de l’abjection. La littérature ne m’a pas sauvée. Je ne suis pas sauvée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> J&rsquo;ai longtemps hésité à écrire un avis sur <em>Triste Tigre</em>. D&rsquo;une part parce que le livre se suffit à lui-même. Il faut le lire. Point. D&rsquo;autre part, parce que j&rsquo;ai fait l&rsquo;erreur d&rsquo;aller, en cours de route, écouter le podcast de Louie Media que mentionne Neige Sinno dans son ouvrage. Il m&rsquo;a tellement bouleversée et mise en colère qu&rsquo;en revenant à <strong>Triste Tigre</strong>, il n&rsquo;avait plus tout à fait la même saveur. Ça n&rsquo;enlève toutefois rien à la nécessité de le lire.</p>
<p>Me plonger dans ce livre après ceux de Panayotis Pascot (<em><a href="https://www.bouilloiremagique.net/?p=12270">La prochaine fois que tu mordras la poussière</a></em>) et d&rsquo;Ovidie (<em>La Chair est triste hélas</em>) m&rsquo;a fait un drôle d&rsquo;effet. Les deux précédents sont en cours de thérapie au moment où ils couchent leurs états d&rsquo;âme sur le papier dans l&rsquo;optique évidente d&rsquo;une publication, et ça se sent : la pensée n&rsquo;est pas aboutie et le lecteur a même parfois l&rsquo;impression d&rsquo;avoir de l&rsquo;avance sur eux du fait de sa position extérieure. Neige Sinno, quant à elle, n&rsquo;a pas suivi de thérapie, mais elle a cherché à comprendre avant d&rsquo;écrire. Elle s&rsquo;est posé plein de questions sur ce qu&rsquo;il lui est arrivé dans son enfance et a creusé, enquêté, lu, écouté, créé des liens pour tenter de trouver des réponses qu&rsquo;elle n&rsquo;obtiendra pas forcément. Pourquoi elle ? Pourquoi lui ? Pourquoi ? Et même si le processus d&rsquo;écriture lui permet de comprendre encore des choses, le niveau d&rsquo;analyse et le recul n&rsquo;ont strictement rien à voir. <em>Triste Tigre</em> est un livre brillant qui parle d&rsquo;un sujet ô combien difficile avec une écriture limpide et précise et des moments de grande lucidité qui font froid dans le dos. En témoigne le court extrait qui sert de quatrième de couverture. </p>
<p>Neige Sinno a eu <em>une chance</em> (Croyez bien que ça me donne envie de vomir de parler de chance ici.) : son beau-père a tout avoué. Ici, pas de parole contre parole qui dessert bien trop souvent les victimes et entraîne la relaxe. Il a avoué, il a été condamné. Elle a eu ce que beaucoup de victimes n&rsquo;ont pas : la reconnaissance officielle de son statut de victime.</p>
<p><em>Triste Tigre</em> est un livre qui force l&rsquo;écoute, sans dire un mot, sans interrompre. Juste écouter. Ce qui est parfois le plus difficile à faire avec les victimes. Le premier réflexe sera souvent de projeter mille choses qui nous appartiennent sur elles, notamment l&rsquo;image de la « bonne victime » que l&rsquo;on s&rsquo;est construite ou la « bonne façon » de gérer le traumatisme. C&rsquo;est surtout un livre qui pousse à réfléchir. Où sont les victimes autour de nous ? Où sont les agresseurs autour de nous ?</p>
<p>En partant de son histoire personnelle, en essayant de dresser le portrait de son violeur, elle cherche non pas à l&rsquo;excuser ni à lui trouver des circonstances atténuantes, mais à comprendre comment notre société produit encore et toujours des monstres. La question qu&rsquo;elle pose en substance, et qu&rsquo;on devrait toutes et tous se poser, est : <em>Pourquoi on n&rsquo;en sort pas ?</em> Parce qu&rsquo;à un moment, il n&rsquo;est même plus possible d&rsquo;appeler monstres des individus qui sont aussi nombreux dans notre société. Surtout si l&rsquo;on élargit le spectre des violences sexuelles au reste de la population. Le monstre qualifie une sorte d&rsquo;exception. <a href="https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-la-ciivise/">Le rapport de la CIIVISE</a> qui vient de sortir démontre bien que si un enfant subit une violence sexuelle toutes les trois minutes en France, c&rsquo;est que les monstres sont en fait partout. </p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est là que je rebondis sur le podcast de Louis Media : <a href="https://louiemedia.com/injustices-2/ou-peut-etre-une-nuit">Ou peut-être une nuit</a> réalisé par Charlotte Pudlowski. C&rsquo;est un podcast difficile à conseiller, tout en ayant pourtant la furieuse envie de le faire diffuser sur haut-parleurs dans les rues ou à 20 heures le soir sur toutes les chaînes. Pour que tout le monde l&rsquo;écoute, se réveille et que la société s&rsquo;écroule une bonne fois pour toutes parce qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;autre choix si on veut l&rsquo;assainir. Pour qu&rsquo;enfin ça s&rsquo;arrête et que la colère s&rsquo;apaise. Car plus que <em>Triste Tigre</em>, ce podcast m&rsquo;a mise dans une colère noire. Une colère comme je n&rsquo;en avais jamais connu parce que, d&rsquo;un coup, moi aussi j&rsquo;ai vu les liens apparaître, j&rsquo;ai commencé à comprendre comment tout ça fonctionne vraiment à un niveau plus global. Tous les jours, je vois passer les posts d&rsquo;<a href="https://www.instagram.com/andrea_bescond/">Andréa Bescond</a> sur Instagram qui dénoncent les féminicides, les violences faites aux femmes, aux enfants. Je suis aussi celui d&rsquo;<a href="https://www.instagram.com/arnaud_gallais/">Arnaud Gallais</a>, et d&rsquo;autres encore. Les peines, quand la plainte n&rsquo;est pas classée sans suite, sont ridicules. Les récidivistes récidivent. Les libertés sous contrôle judiciaire sont légion. Si vous croyez encore que le patriarcat est mort, écoutez donc ce podcast et voyez qui est protégé et comment tout s&rsquo;articule. Il y a un moment, si on veut vraiment briser la loi du silence, si on veut vraiment casser ces cercles vicieux qui empoisonnent strictement tout le monde d&rsquo;une façon ou d&rsquo;une autre, il faudra collectivement comprendre pourquoi, malgré les dénonciations quotidiennes, malgré les plaintes qui se multiplient, rien ne change profondément. </p>
<p>Dans son podcast, Charlotte Pudlowski souligne que les violences sexuelles faites aux enfants sont en réalité présentes dans beaucoup beaucoup de livres et de témoignages. Quand on commence à y prêter attention, elles sont même trop présentes. Certains font plus de bruit que d&rsquo;autres, mais trop souvent, c&rsquo;est un bruit de fond auquel on a fini par s&rsquo;habituer. Comme le fait que les femmes ont longtemps été les victimes favorites des scénaristes de séries policières, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;on s&rsquo;en rende compte. OK, le père/l&rsquo;oncle/le grand-père/le frère/le cousin/l&rsquo;ami de la famille/le prêtre a abusé de lui ou elle. OK, personne n&rsquo;a rien vu rien dit. OK, c&rsquo;est dramatique, mais ça arrive. Le déni pour ne pas voir. Ironiquement, le premier livre que j&rsquo;ai corrigé il y a 7 ans était un ouvrage universitaire intitulé : <a href="https://www.google.fr/books/edition/L_abus_sexuel_intrafamilial/2i6kCwAAQBAJ?hl=fr&#038;gbpv=0">L&rsquo;Abus sexuel intrafamilial</a> chez l&rsquo;Harmattan. Le sujet force à prendre de la distance. J&rsquo;y ai lu des récits abominables et je sens bien encore aujourd&rsquo;hui comment mon cerveau m&rsquo;a protégée de l&rsquo;horreur.</p>
<p>Toujours dans le podcast, la réalisatrice invite à faire un travail de mémoire pour retrouver qui à l&rsquo;école, au collège, au lycée, correspondait au schéma décrit de l&rsquo;enfant victime de violence, probablement au sein de sa famille. Ça a été très dur de constater que deux prénoms me sont apparus de façon évidente. Deux ados qui étaient des éléments perturbateurs. Deux qui transpiraient le mal-être. Deux qui se sont suicidés avant d&rsquo;atteindre la vingtaine. C&rsquo;est dur de comprendre 25 ans plus tard. Et puis, je suis quelqu&rsquo;un à qui on se confie, et la liste s&rsquo;allonge autour de moi. Je ne peux plus ne pas voir. Et plus j&rsquo;écoute, plus je lis, plus je me sens impuissante et en colère.</p>
<p>Lisez Neige Sinno, ce sera un début. Et ensuite, il y aura ce qui suit.</p>
<ul>
<li>Vanessa Springora, <em>Le Consentement</em>, lu,</li>
<li>Camille Kouchner, <em>La Familia grande</em>, dans ma pile à lire,</li>
<li>Manon Fargetton, <em>Tout ce que dit Manon est vrai</em>, <a href="https://www.bouilloiremagique.net/?p=12200">Avis</a>,</li>
<li>Hélène Devynck, <em>Impunité</em>, à lire,</li>
<li>Florence Porcel, <em>Honte</em>, à lire,</li>
<li>Dorothée Dussy, <em>Le Berceau des dominations</em>, à lire,</li>
<li>Charlotte Pudlowski, <em>Ou peut-être une nuit</em>, pour garder une trace du podcast,</li>
<li>Mathieu Palain, <em>Nos pères, nos frères, nos amis &#8211; Dans la tête des hommes violents</em>, <a href="https://www.bouilloiremagique.net/?p=12080">Avis</a>.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li>Une série : <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Unbelievable">Unbelievable</a></em>, créée par Michael Chabon, Susannah Grant et Ayelet Waldman, disponible sur Netflix.</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour écouter Neige Sinno parler de son livre : </p>
<ul>
<li>Les Couilles sur la table #06, <a href="https://www.binge.audio/podcast/les-couilles-sur-la-table/06-ecrire-linceste-avec-neige-sinno">Écrire l’inceste, avec Neige Sinno, 21 septembre 2023,</a></li>
<li>France Inter, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-18-septembre-2023-8844047">L&rsquo;invité de 7h50</a>, 18 septembre 2023.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>2060 de Lauren Bastide</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2023/11/2060-de-lauren-bastide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 09:39:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[2060]]></category>
		<category><![CDATA[Lauren Bastide]]></category>
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					<description><![CDATA[<a href="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/11/2060.jpg"><img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/11/2060-168x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-12300" /></a><strong>Quatrième de couverture :</strong> Le premier roman de la créatrice du podcast La Poudre
22 juin 2060. Après des siècles à vivre comme si demain n'existait pas, l'humanité se prépare à une Fin du Monde, rebaptisée FDM comme pour coniurer l'inéluctable.
Durant son ultime journée, heure après heure, l'héroïne va revivre les combats féministes et écologistes qui ont rythmé sa vie.
Dans une ambiance à la fois mélancolique et poignante, qui évoque Charlotte Perkins Gilman ou Virginia Woolf, cette fiction trouve un équilibre subtil entre anticipation, littérature et politique.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/11/2060.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/11/2060-168x300.jpg" alt="" width="168" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-12300" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/11/2060-168x300.jpg 168w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/11/2060.jpg 280w" sizes="(max-width: 168px) 100vw, 168px" /></a><strong>Quatrième de couverture :</strong> Le premier roman de la créatrice du podcast La Poudre<br />
22 juin 2060. Après des siècles à vivre comme si demain n&rsquo;existait pas, l&rsquo;humanité se prépare à une Fin du Monde, rebaptisée FDM comme pour conjurer l&rsquo;inéluctable.<br />
Durant son ultime journée, heure après heure, l&rsquo;héroïne va revivre les combats féministes et écologistes qui ont rythmé sa vie.<br />
Dans une ambiance à la fois mélancolique et poignante, qui évoque Charlotte Perkins Gilman ou Virginia Woolf, cette fiction trouve un équilibre subtil entre anticipation, littérature et politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> On ne va pas se mentir, la quatrième de couverture survend ce livre. Difficile en effet de pousser la réflexion dans un texte de 85 pages (le format et la mise en page me font dire que le texte est encore plus court qu&rsquo;il n&rsquo;en a l&rsquo;air). L&rsquo;idée de départ est simple : tout ce qui pouvait arriver de pire arrive. L&rsquo;extrême-droite accède au pouvoir et ne le lâche plus, les cathos intégristes reprennent du poil de la bête et imposent leur vision du monde à tous, rien ne vient enrayer le dérèglement climatique, la société finit de se déliter. Et en plus de ça, nous n&rsquo;aurons pas le luxe de nous regarder nous éteindre à petit feu puisqu&rsquo;une météorite va détruire la planète. </p>
<p>Le problème, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;agit ici d&rsquo;un livre du constat qui ne pousse pas à plus réfléchir que nous ne le faisons déjà. L&rsquo;histoire se contente de suivre la dernière journée d&rsquo;une femme âgée qui a vécu plusieurs vies de femme et de militante jusqu&rsquo;à décider qu&rsquo;il était maintenant préférable de cultiver son jardin, au sens propre. On en arrive tous là avec l&rsquo;âge. Elle s&rsquo;extrait tellement du monde qui l&rsquo;entoure qu&rsquo;elle ne sait même plus que c&rsquo;est son dernier jour, mais elle va néanmoins faire un choix à la fin qui est à son image et tout à son honneur.</p>
<p>Si l&rsquo;on met de côté le propos somme toute sans surprises, il reste l&rsquo;écriture. La plume est belle, poétique, elle crée un cocon autour de cette femme si volontairement isolée. Je garde des impressions de chaleur insoutenable, d&rsquo;air irrespirable, d&rsquo;humidité, d&rsquo;odeurs de végétation. C&rsquo;est maigre, mais ça donne malgré tout un peu d&rsquo;intérêt à cette lecture qui a tout pour rester anecdotique. </p>
<p>En bref, si vous êtes déjà angoissé·e·s par tout ce qui nous pend au nez, ce récit d&rsquo;anticipation est probablement fait pour vous et aura sans doute un petit effet cathartique. Si vous avez en plus aimé <em>Le Mur invisible</em> de Marlen Haushofer, il est probable que <em>2060</em> vous plaise aussi. Si vous êtes un peu plus exigeant·e·s en matière de prospective, passez votre chemin.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>La prochaine fois que tu mordras la poussière de Panayotis Pascot</title>
		<link>https://www.bouilloiremagique.net/2023/10/la-prochaine-fois-que-tu-mordras-la-poussiere-de-panayotis-pascot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tanuki]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Oct 2023 12:31:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avis chapitrés]]></category>
		<category><![CDATA[La prochaine fois que tu mordras la poussière]]></category>
		<category><![CDATA[Panayotis Pascot]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.bouilloiremagique.net/?p=12270</guid>

					<description><![CDATA[<a href="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/panayotis.jpg"><img src="http://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/panayotis-188x300.jpg" alt="" width="100" class="alignleft size-medium wp-image-12271" /></a> <strong>Présentation de l'éditeur :</strong> « Ce livre me fait peur. Le processus a été douloureux. Mon père nous a annoncé qu’il n’allait pas tarder à mourir et je me suis mis à écrire. Trois années au peigne fin, mes relations, mes pensées paranoïaques, mon rapport étrange à lui, crachés sur le papier. Je me suis donné pour but de le tuer avant qu’il ne meure. C’est l’histoire de quelqu’un qui cherche à tuer. Soi, ou le père, finalement ça revient au même. »

Panayotis Pascot s’attaque d’une plume tranchante et moderne à trois thématiques qu’il tisse pour composer un récit autobiographique aussi acide qu’ultralucide. La relation au père, l’acceptation de son homosexualité et la dépression s’enchevêtrent ici dans un violent passage à l’âge adulte. Mais la lumière en sort toujours, d’un regard, d’une façon d’observer le quotidien avec autant de tendresse et d’humour que de clairvoyance.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/panayotis.jpg"><img decoding="async" src="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/panayotis-188x300.jpg" alt="" width="188" height="300" class="alignleft size-medium wp-image-12271" srcset="https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/panayotis-188x300.jpg 188w, https://www.bouilloiremagique.net/wp-content/uploads/2023/10/panayotis.jpg 502w" sizes="(max-width: 188px) 100vw, 188px" /></a> <strong>Présentation de l&rsquo;éditeur :</strong> « Ce livre me fait peur. Le processus a été douloureux. Mon père nous a annoncé qu’il n’allait pas tarder à mourir et je me suis mis à écrire. Trois années au peigne fin, mes relations, mes pensées paranoïaques, mon rapport étrange à lui, crachés sur le papier. Je me suis donné pour but de le tuer avant qu’il ne meure. C’est l’histoire de quelqu’un qui cherche à tuer. Soi, ou le père, finalement ça revient au même. »</p>
<p>Panayotis Pascot s’attaque d’une plume tranchante et moderne à trois thématiques qu’il tisse pour composer un récit autobiographique aussi acide qu’ultralucide. La relation au père, l’acceptation de son homosexualité et la dépression s’enchevêtrent ici dans un violent passage à l’âge adulte. Mais la lumière en sort toujours, d’un regard, d’une façon d’observer le quotidien avec autant de tendresse et d’humour que de clairvoyance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Avis :</strong> Je crois qu&rsquo;il est temps que j&rsquo;arrête d&rsquo;essayer d&rsquo;être touchée par ce que Panayotis Pascot a à raconter. Ça ne marche pas. Ici, il est bon de préciser que je n&rsquo;ai pas la moindre idée de ce qu&rsquo;il fait en temps normal. Je n&rsquo;avais jamais vu aucun de ses sketchs ou rôles au ciné ou à la télé avant de regarder son spectacle l&rsquo;année dernière sur Netflix et je n&rsquo;ai pas creusé après. Par contre, j&rsquo;adore son prénom et j&rsquo;ai été intriguée par le buzz autour de lui. J&rsquo;ai donc regardé <em>Presque</em> par curiosité. J&rsquo;en suis ressortie assez mitigée. Émotionnellement parlant, je passe à côté. Le <em>storytelling</em> ne m&rsquo;a pas captée. Je vois bien l&rsquo;intention, sauf que j&rsquo;ai compris très vite ce qui se passait au sujet de son <em>coming out</em> et de son père avec qui il entretient une relation conflictuelle. Pas étonnant qu&rsquo;il se sente mal dans ses pompes avec toute la masculinité toxique dont il a fait les frais au cours de sa vie (pour rappel, il a 25 ans). Le présent livre revient sur tout ça, en allant un peu plus loin et en rajoutant la dépression dans le mix. Je n&rsquo;ai pas accroché non plus, hélas.</p>
<p>J&rsquo;ai mis du temps à comprendre pourquoi je n&rsquo;arrivais pas à me connecter à ses émotions alors que je suis normalement bon public. Quelqu&rsquo;un met presque le doigt dessus dans le livre à un moment d&rsquo;ailleurs. De là où je suis, j&rsquo;ai la sensation qu&rsquo;il y a quelque chose qui sonne faux dans tout ce qu&rsquo;il raconte. Non pas qu&rsquo;il ne soit pas honnête ; il balance tout ce qu&rsquo;il a sur le cœur sans vraiment filtrer après tout. Mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;il ne fait encore que gratter la surface, qu&rsquo;il a besoin d&rsquo;approfondir les pistes pour se confronter vraiment à son mal-être et se réconcilier avec lui-même. C&rsquo;est sans doute cette distance avec son moi profond qui fait que je suis aussi émotionnellement tenue à distance. Après, je n&rsquo;éprouve pas particulièrement le besoin d&rsquo;être témoin de tout son cheminement. Ce qui vient souligner qu&rsquo;il y a peut-être un peu de voyeurisme chez certains lecteurs et un peu d&rsquo;exhibitionnisme chez l&rsquo;auteur. Mais passons.</p>
<p>Ensuite, je reste sur l&rsquo;idée que son histoire personnelle, même si elle semble parler à beaucoup de monde, reste assez peu originale et que s&rsquo;il n&rsquo;était pas connu, son texte aurait été remisé dans le tiroir des autobiographies sans grand intérêt à part pour son auteur. Il n&rsquo;y a pas de talent d&rsquo;écriture particulier pour soutenir le texte. Il ne fait que déverser tout ce qui lui passe par la tête avec des formulations, certes, parfois joliment trouvées, mais qui restent des fulgurances mises en scène. On a tous des fulgurances. Habituellement, on les consigne dans un carnet, on les poste sur Instagram ou on en fait de la poésie en prose. (C&rsquo;est beau, la prose. Lisez Cécile Coulon, Rupi Kaur et Pauline Bilisari.) Et puis, il se pose la question du travail éditorial derrière. Sous couvert d&rsquo;un texte à fleur de peau projeté sur la page et qu&rsquo;il ne faudrait pas dénaturer, on se retrouve avec une ponctuation parfois aléatoire, des citations introduites par une simple majuscule en plein milieu d&rsquo;une phrase, un texte qui au lieu de couler force à faire des pauses. Le plaisir des mots est donc limité.</p>
<p>C&rsquo;est bien sûr compliqué de faire une critique de l&rsquo;histoire personnelle de quelqu&rsquo;un qui a mis ses tripes sur la table dans une tentative de trouver un écho dans ce monde qui est devenu si dur, surtout pour les êtres sensibles. Cet écho, il le trouve actuellement avec le succès de son livre. J&rsquo;espère donc qu&rsquo;il se sent moins seul et que ça lui permettra d&rsquo;aller un peu mieux. Pour ma part, je ne vais pas insister.</p>
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